samedi 17 février - par Dr. salem alketbi

Les démonstrations de force miliciennes et le destin du Moyen-Orient

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Le Moyen-Orient s’endort et se réveille presque quotidiennement avec des clips vidéo montrant des milices et des factions armées en train d’attaquer diverses cibles. Les attaques vont d’Israël aux bases américaines en Irak et en Syrie, en passant par les navires marchands traversant la mer Rouge. La région est devenue un immense champ de turbulences géopolitiques qui pourrait exploser à tout moment comme une poudrière. Dans ce contexte, un développement récent remarquable est la séquence montrée par la soi-disant Résistance islamique en Irak, une coalition globale englobant plusieurs mouvements et groupes chiites. Ces images illustrent le lancement de deux drones sur des bases américaines en Irak et en Syrie.

Les médias de guerre de ces organisations sont devenus une sensation de la scène médiatique actuelle en transformant les lancements de drones en événements festifs visant diverses cibles dans une région marquée par le chaos et l’absence de souveraineté étatique. L’une des principales causes de cette agitation, comme nous l’avons souligné à maintes reprises en tant qu’observateurs, est la fragilité des États-nations au Moyen-Orient. Cette maladie chronique est un facteur majeur dans les pratiques quotidiennes qui conduisent la région au bord de l’abîme. Il est certain que le destin de l’ensemble du Moyen-Orient ne peut être confié à des milices dont les patrons recherchent un déni plausible.

Dans ce contexte, nous attirons l’attention sur les déclarations officielles répétées de l’Iran selon lesquelles Téhéran n’est pas responsable des actions des groupes et factions disséminés dans la région. Selon ces déclarations, ces groupes armés ne reçoivent pas d’ordres de l’Iran. Même si l’on considère hypothétiquement la véracité de ces déclarations, la situation devient encore plus énigmatique et obscure.

Un effort opérationnel international conjoint est nécessaire pour vaincre ces groupes et éliminer complètement leur menace. Atteindre cet objectif dans les délais souhaités peut s’avérer difficile en raison des capacités d’armement croissantes de certains groupes terroristes, tels que le Hezbollah libanais et, dans une moindre mesure, le groupe Houthi au Yémen. Il ne fait aucun doute que la communauté internationale dans son ensemble paie le prix de son silence face à ce qu’elle perçoit comme une escalade de la menace au cours des dernières années. Malgré les avertissements répétés de nombreux pays de la région, tous, sous la houlette des États-Unis, ont privilégié les objectifs tactiques à court terme sur les objectifs à long terme de sécurité et de stabilité.

En fin de compte, à quoi bon se lamenter. Tout le monde doit accepter la réalité stratégique alarmante que représente la férocité des groupes armés. Ces groupes ont formé une sorte d’alliance stratégique et n’hésitent pas à se soutenir mutuellement de manière explicite.

Cela se passe dans le contexte d’un mépris américain pour ce qui se passe au Moyen-Orient et d’une sous-estimation catastrophique des conséquences potentielles en raison de l’attention excessive portée par les Etats-Unis à la lutte contre le défi stratégique posé par la Chine. Cette attention a atteint un point que le président de la Chambre des représentants américaine, Mike Johnson, a qualifié de stratégie d’apaisement de l’administration Biden à l’égard de l’Iran. Cette stratégie a eu pour effet de miner la stabilité régionale, a déclaré M. Johnson, appelant le président américain à se réveiller et à reconnaître l’échec de cette politique.

Est-il compréhensible que les forces américaines au Moyen-Orient aient subi quelque 165 attaques de la part de milices et de groupes armés en Irak et en Syrie depuis octobre 2023, c’est-à-dire en l’espace de quatre mois  ? À cela se sont ajoutés récemment les Houthis, qui ont mené des attaques de missiles et de drones contre des navires américains.

Est-il concevable que la superpuissance mondiale se batte avec autant d’acharnement uniquement pour empêcher les milices terroristes de cibler ses soldats, ses navires et ses intérêts  ?

La mauvaise nouvelle, c’est que le moment n’est pas propice aux efforts de lutte contre ces milices, du moins pas cette année, tant que les étapes de l’élection présidentielle américaine ne sont pas terminées. De plus, les décisions de la Maison Blanche ne semblent pas dépendre uniquement de l’impact sur le processus électoral et des chances du Président Biden pour un second mandat.

Les rapports citent les évaluations de certains experts occidentaux sur les capacités nucléaires de l’Iran, notamment David Albright, ancien inspecteur des armes en Irak, qui a déclaré qu’un Iran doté de l’arme nucléaire aurait besoin de moins d’une semaine pour produire une arme nucléaire une fois que le guide suprême de l’Iran, Ali Khamenei, en aurait donné l’ordre. Compte tenu des attaques constantes contre leurs bases dans la région, les Etats-Unis craignent naturellement un scénario similaire à celui du retrait d’Afghanistan. Washington ne veut pas répéter à l’identique le retrait de ses troupes du Moyen-Orient, d’autant plus que la menace qui pèse actuellement sur Israël est de plus en plus forte.

Les milices ne sont généralement que le symptôme d’une maladie grave. Les frappes militaires dirigées contre elles ne portent pas leurs fruits car les commanditaires de ces groupes ne se soucient pas des pertes humaines et matérielles dans leurs rangs, même s’ils sont complètement détruits. Les voyages de pouvoir de la guérilla ruinent toute vision de sécurité et de stabilité au Moyen-Orient.

Ce qui se passe à Gaza, dans le détroit de Bab-el-Mandeb et ailleurs n’est que la conséquence du silence sur une épidémie de milices armées capables de déjouer tous les calculs en intervenant dans les crises et en provoquant des conflits religieux qui menacent de déborder le cadre du Moyen-Orient.

Le véritable défi dans la région n’est pas seulement le démantèlement de certaines organisations terroristes et mouvements armés, mais aussi l’éradication complète des milices, longtemps prônée.

La prolifération des milices dans certaines parties de la région donne lieu à des mouvements imitateurs. Leur survie, leur persistance et leur implication dans les crises font courir à la région le risque de sombrer dans le chaos, rendant presque vains les discours sur la stabilité, la sécurité et le destin commun.



13 réactions


  • Samy Levrai Samy Levrai 17 février 21:53

    Alketbi ne peut être autre chose qu’un agent israelien, c’est lassant de lire la propagande sioniste de ce type.


    • Berthe 18 février 02:01

      @Samy Levrai

      vous avez lu le pédigree ? Je me demande ce qu’il fout sur Agoravox, avec tant de bagage il devrait bosser dans un médias meanstream et ganger un pognon de dingue  !!  :
      Et d’en rajouter sur Gaza, en dépit de tout ce qu’on sait sur leur condition d’existence depuis 1947 !! de tout ramener à des miciles islamiste !! Mais quel co******rd ce type  !!! On va parler milices, avec les Emirats çà va nous changer. Une fédération dont la population est 90% d’immigrants. avec Dubai qui controle « les ports francs » ou sont stockés de oeuvres d’arts internationales (paradis fiscal poru faire cour). La cerise sur le gateau, Hollande en 2015 dénoncait la présence de Deach qui prélevait des taxes sur les produits qui transitent par ces ports pour alimenter le terrorisme itntenaional.
      Mais le bouffon, aveuglé par sa haine, vient nous bassiner contre des pauvres gens mutilés par ses ordures, des nazis en puissance, plus de 200 000 victimes syriennes, pas assez musulmanes à leur yeux ! Sa préférence va cinyquement vers le sio****ard boucher de ghaza, le laver des ses crimes et au delà faire endosser la responsablité à plus de 30000 victimes en à peine 5 mois de bombardements... 
      Nan mais dr maboule, il est temps de décrocher. 


    • Brutus S. Lampion 18 février 17:40

      @Berthe

      c’est surtout un peu con


  • Ilan 18 février 08:48

    Bataclan, 10 février : « Free Free Palestine » scandé au Bataclan !

    Un lieu martyr du terrorisme islamiste qui célèbre le terrorisme islamiste.

    C’est comme si les nazis étaient acclamés à Oradour sur Glane.

     

    Isabelle Savoie sur X : « Bataclan, 10 février : »Free Free Palestine« scandé au Bataclan ! #Gaza #Rafah #FreePalestine https://t.co/vLymwA9MPz » / X (twitter.com)


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 18 février 08:57

      @Ilan
       
      ’’C’est comme si les nazis étaient acclamés à Oradour sur Glane.’’
      >
       Désolé, mais je ne vois pas le rapport. Un rapport que je trouve particulièrement odieux, et doublement du fait que vous êtes connu ici pour réagir violemment à toutes les analogies qui vous défrisent.


    • Ilan 18 février 09:10

      @Francis, agnotologue
        
      Manifester son soutien au Hamas au Bataclan, c’est indigne.
      Une abjection absolue.
      Free Palestine, c’est « de la mer au Jourdain ».
      Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages.


    • njama njama 18 février 09:21

      @Ilan
      Oradour-sur-Glane une histoire pas bien élucidée...

      En 2014, dans une brochure parue à l’occasion soixante-dixième anniversaire du drame d’Oradour, un historien accrédité écrivit : « Des maquis installent au fil des mois plusieurs camps dans les monts de Blond, à une quinzaine de kilomètres au nord du village [Oradour-sur-Glane]. Des sympathisants radounauds [habitants d’Oradour] participent même à une filière d’évasion de pilotes alliés. » À la même époque, un survivant, Marcel Darthout, confia : « Oui, bien sûr, il y avait des armes à Oradour, mais sûrement pas des stocks d’armes comme veulent bien l’écrire les négationnistes afin de faire peser les raisons du massacre sur la Résistance. »

      Or, dans un livre publié en juin 1997 et interdit trois mois plus tard, Vincent Reynouard avait — le premier — révélé l’existence de ce réseau d’évasion de pilotes alliés passant par Oradour. De même, avait-il affirmé la présence d’un maquis armé dans le village. C’était donc lui qui avait raison, et c’est sans doute pourquoi les gardiens de la Mémoire avaient refusé le débat loyal qu’il acceptait d’avance, préférant recourir aux juges pour tenter de le faire taire.

      Toutefois, la répression n’a jamais intimidé Vincent Reynouard. Vingt-cinq ans après la publication de ses conclusions, il revient avec un nouvel ouvrage : Oradour, le cri de victimes. Bien plus qu’une simple réédition, ce nouveau travail s’appuie sur de nombreux éléments rendus publics depuis 1997. Ils permettent à l’auteur de corriger certaines erreurs commises dans son premier livre et de reconstituer le drame du 10 juin 1944 avec bien plus de précision qu’auparavant.

      Que s’est-il vraiment passé ce 10 juin 1944 tragique à Oradour ? Pourquoi, depuis 1945, les autorités persistent-elles à occulter la vérité ? Ce livre apporte des réponses.

      Nouvelle Édition 2022


    • njama njama 18 février 09:54

      @Ilan
      Les Palestiniens n’ont pas d’autre choix que la lutte armée... à qui la faute ?


    • Samy Levrai Samy Levrai 18 février 11:46

      @Ilan
      vouloir libérer son pays d’une occupation ignoble et génocidaire ( ou supporter un mouvement de libération nationale ) serait crime...
      J’apprécie le parallèle avec l’occupation nazie et ses crimes à sa juste valeur et t’en remercie. 
      Quel est le ratio militaires tués / civils tués, des meurtriers qui s’attaquent aux femmes et aux enfants à Gaza ?


    • amiaplacidus amiaplacidus 18 février 12:02

      @Ilan
      Manifester son soutien à l’armée la plus immorale du monde est une ignominie.

      Laquelle armée immorale est bien plus efficace dans le massacre des civils et des enfants que les armées ukrainiennes et russes réunies.

      Deux ans de guerre en Ukraine : 10.000 victimes civiles, tant du fait des Ukrainiens que des Russes.

      Moins de 5 mois de guerre à Gaza : 28.000 morts, dont 70 % de femmes et d’enfants. Du fait exclusif de l’armée la plus immorale du monde.

       Références parmi d’autres :
      https://news.un.org/fr/story/2024/02/1142997


      https://www.lemonde.fr/international/article/2024/02/12/les-visages-du-massacre-dans-la-bande-de-gaza_6216068_3210.html

      https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2024/02/israel-opt-new-evidence-of-unlawful-israeli-attacks-in-gaza-causing-mass-civilian-casualties-amid-real-risk-of-genocide/


    • Seth 18 février 14:09

      @amiaplacidus

      On ne peut pas demander à Ilan, prisonnier de sa croyance, de la certitude qu’il a de faire parti du « peuple élu » (on se donne de la valeur comme on peut) et du droit qu’il a après l’holocauste de se faire dédommager par les pires forfaits puisque tant qu’il le voudra il ne s’en estimera jamais « remboursé » et que c’est ce que lui a enseigné sa secte (c’est bien une secte au pouvoir dans l’état uniquement religieux installé sur la terre des autres).

      Pas la peine de se fatiguer, ceux qui ne veulent pas voir la réalité ne sont pas récupérables.

      il reste que tant qu’aucun messie ne les conduira vers la terre promise sans violence et par la seule volonté de Dieu, ceux qui le font sont des hérétiques. Un état hérétique, voilà ce qu’est ce pays pour faire référence à sa seule raison d’exister : la religion. Mais l’expérience n’est pas nouvelle qui fait dire n’importe quoi à une religion (et non une Foi...).

      Ils sont au niveau des pires fondamentalistes aveugles des pires religions contre lesquelles l’oxydant prétend qu’ils se battent, étant eux-mêmes infestés des Ilan.


  • Seth 18 février 14:25

    Le sunnite américaniste Dr A. en tête de gondole tout un week end, rakoko lui ayant laissé la place, le pied ! smiley


    • ggo56 18 février 20:43

      @Seth Le rat catho qui fait sa crotte 2 fois par jour sur ce papier ? Pisse tonné par qui dans le comité de lecture ?


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