vendredi 19 octobre 2012 - par Michel Koutouzis

Les drogues, l’irrationnel et les irresponsables

Les toutes dernières saillies de l’opposition, en particulier celle de Rachida Dati envoyée au front comme « spécialiste » (vu son expérience familiale en la matière), et la sèche réponse de Matignon comme quoi « il n’y aura pas de changement à la loi de 1970 », indiquent, comme le faisait remarquer le regretté Peter Cohen (La culture de l’interdit du cannabis, Université de Gent, 3 décembre 2007), que tout débat sur ce produit relève de la religion. Comment expliquer autrement que les dizaines d’études, d’interventions, de résultats, de faits, n’ont aucune influence sur la croyance qui a engendré la loi de 1970 en France, et sur l’impossibilité de la changer en fonction des acquis scientifiques, des résultats concernant non seulement l’usage (la France est devenue la plus grande consommatrice de cannabis en Europe), mais aussi de trafic et ses effets (néfastes) concernant la justice, la police et en fin de compte l’Etat de droit, l’égalité et l’équité dans ce pays. 

La levée des boucliers moralistes et irrationnels contre la politique de la réduction des risques concernant l’héroïne tout au long des années 1990, n’a pas - heureusement -, sabordé cette initiative enclenchée par les professionnels en la matière et ainsi - personne n’en parle non plus -, a enrayé puis fait disparaître le long cortège des victimes de cette drogue en France. Ce résultat positif qui a sauvé des centaines de vies et a enrayé sérieusement l’épidémie du SIDA dans notre pays, (et qui s’est faite en dépit de la lettre et de l’esprit de la loi de 1970), est sans doute le meilleur résultat de la lutte contre les drogues enregistré par la France, et Paris, au lieu de marmonner sur ses applications futures (sales dites d’injection par exemple), devrait en tirer fierté et la partager avec le (peu) de pays européens qui n’ont pas encore mis en place cette politique.

Tout dogme est difficile à contester, il appauvrit la pensée, dénude d’intelligence tout débat, le faisant traîner dans les limbes du n’importe quoi, des platitudes et des idées reçues. En ce sent, le débat sur le cannabis, en particulier, et les drogues, en général, reste eschatologique. Or, figer un problème, le faire entrer dans une glaciation de l’entendement, n’aide en rien à le résoudre. Bien au contraire : les effets pervers directs et les dommages collatéraux de cette politique sont désormais visibles à l’œil nu. Multiplication et rajeunissement des consommateurs, inégalité devant la loi, compromissions et corruptions de ceux qui sont en charge de cette politique, conflits perpétuels entre les juges et les forces de l’ordre, découragement de ces derniers par leur supplice de Tantale imposé, insertion des fonds illégaux dans l’économie par la corruption, apparition de nouvelles générations d’une criminalité organisée, abandon des espaces de la République qu’ils soient situés dans les quartiers sensibles ou dans le monde de la banque au point qu'Antonio Maria Da Costa, directeur de l'UNODC pouvait affirmer que l'argent des trafiquants de drogue injectés à l'économie financière a sauvé les banques de la crise financière (The economics of crime, avril 2011, Costa corner, htpp ://www.antoniomariacosta.com). 

Le débat sur le cannabis devrait porter beaucoup plus sur le Rif marocain, où en quinze ans les cultures se sont multipliées par trois, posant de graves problèmes écologiques, politiques et sociaux, des luttes pour la terre irrigable et une corruption assumée aux plus hautes sphères de l’Etat. Le débat sur les drogues devrait assumer que depuis l’intervention en Afghanistan ce pays est devenu le premier producteur d’opium, que désormais il contrôle toutes les phases de cette production exportant massivement, de l’héroïne multipliant les voies d’acheminement maritimes et asiatiques, tandis que sous les Talibans la production était proche de zéro. L’Etat devrait, s’il était vraiment responsable réfléchir sur la mexicanisation de nos banlieues et de nos Dom Tom antillais, et prendre justement plus au sérieux ce qui se passe au Mexique et aux Caraïbes où justement les responsables politiques, observant une déperdition dramatique de l’Etat de droit exigent la fin de la « guerre à la drogue » et d’une prohibition forcenée qui a jadis permis toutes les interventions musclées des USA sur le sous continent latino-américain et la criminalisation du politique. Enfin, l’Etat responsable devrait, avant de lancer des cris de guerre hallucinants, observer la gangrène financière qui entraîne une culture de l’illégalisme, basée sur l’appât du gain. Lorsque le commissaire européen Olin décrit le monde comme régit par la cupidité et la peur, il ne parle pas des caïds des quartiers, mais bien de nos hommes d’affaires, de nos financiers et il serait naïf de la part des gouvernants de croire que cela n’a aucune incidence sur justement ces apprentis caïds. Ceux qui prônent un débat et souhaitent la fin d’une politique qui a fait ses preuves criardes d’inefficacité sont responsables. Sont irresponsables ceux qui s’attachent désespérément à un dogme désuet, tandis que ceux qui évitent le débat, laissant les sondages et leurs communicants décider à leur place, le sont encore plus. 

Les libertés que l’on prend avec des structures, des hommes et des Etats dès lors qu’ils semblent garantir la lutte contre nos phobies élémentaires issues d’un monde instable, ou, trivialement, par pur intérêt économique ont comme conséquence la déperdition des règles les plus élémentaires de l’Etat de droit, pour ne pas introduire ici d’autres, tout aussi fondamentales et qui concernent l’éthique et la morale. C’est au sein de ce no man’s land de l’arbitraire juridique et institutionnel - et sur lequel on agit si peu -, que naît et se développe le crime polymorphe organisé.

Nos gouvernants devraient faire l’effort d’aller voir Sauvages le dernier film (plutôt médiocre) d’Oliver Stone, qui traite justement de tous les sujets inhérents à la drogue, cette mixture d’une modernité bourgeoise googelienne qui se voudrait zen et carburant au tetrahydrocannabinol au contact de la sauvagerie des cartels et s’épanouissant grâce aux compromissions d’une police corrompue jusqu’à l’os qui devient de la sorte partie pérennisant du problème. Soldats perdus de l’Irak recyclés à l’industrie de l’herbe, geeks écolos, bobos millionnaires et hackers « pragmatiques » dessinent et surtout singent le monde absurde tel qu’il est : irrationnel, individualiste et sauvage régit par l’argent comme seule variable constante. Le joint c’est mauvais ; Mais dans un monde aussi cruel et absurde, c’est plutôt bon dit le commentaire. Ce film confus perçoit la réalité et sa complexité bien mieux que tous les politiques, en leur renvoyant sur la figure leur propre incompétence, leur mauvaise foi et surtout leur irresponsabilité. 

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Crimes, trafics et réseaux
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33 réactions


  • Yvance77 19 octobre 2012 11:58

    Salut,

    Je crois personnellement que le meilleur rempart contre la (les) drogue(s) reste l’unité familiale et l’amour que l’on porte à nos enfants. L’éducation en somme.

    Médicalement le constat est limpide, le corps humain n’a pas besoin de cela, y compris la drogue légale des états, ils nomment cela « cigarette ».

    La meilleure citadelle est ensuite le sport, et faire travailler le cerveau en douceur et progressivement.

    J’ai une fille grande et j’ai bien réussi (sa mère en premier lieu cela dit) de ce point de vue, maintenant au tour de junior. Le mettre à l’aikido, lui faire faire ouvrir des livres, l’inciter à sortir plutôt que des rester des heures devant un pc... etc... tout commence par ce petit chemin qu’il faut prendre, car si l’on démissionne de son rôle de parents c’est mort.


    • airspeed 20 octobre 2012 07:05

      Vous savait ; il y a plein de gens lettrés, sportifs,qui aime leur conjoint et enfants et qui consomme du cannabis .
      Votre vue simpliste et un des freins à cette éventuelle révision des lois .


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 20 octobre 2012 23:21

      On parle du cannabis. Indirectement des autres drogues, mais le jeu du diable est toujours de compliquer ce qui est simple. Il vaudrait mieux ne prendre aucune drogue ni aucun stimulant, mais les inconvénients d’une prohibition dépassent largement ceux de la consommation d’une drogue aux effets secondaires légers comme le cannabis. Cette prohibition est donc une aberration.


      Quand une gouvernance pas trop bête met en place de lois aberrantes, ne cherchez pas midi à 14 heures ; c’est que ceux qui en profitent corrompent les politiciens pour que ces lois soient maintenues. Si ça ne vous semble pas évident, ça ne vaut pas la peine de chercher à vous en convaincre.



       Pierre JC Allard

       

  • ottomatic 19 octobre 2012 12:12

    C’est loin d’être aussi irrationnel que ça...

    Le cannabis en france, C’était le SAC (RPR donc) qui s’y collait. Maintenant ça tombe dans l’escarcelle de la gauche parisienne (dédicace à EELV).
    On a la CIA qui se fait chopper avec des avions bourré de coke. Y a eu les cadavres de GI bourrés d’héroïne au vietnam... et maintenant l’héroïne afghane prends les avions de l’OTAN.

    Les gens qui l’interdisent et son chargé de lutter contre sont souvent les même que ceux qui aident les snoufs de tout genre à rentrer chez nous.

    Pour le cannabis, il faut rajouter que cette plante est utilisable à 100% pour faire papier, tissus etc... du coup ça géne pas mal de monde aussi...

    • Aleth Aleth 19 octobre 2012 19:35

      "Pour le cannabis, il faut rajouter que cette plante est utilisable à 100% pour faire papier, tissus etc... du coup ça géne pas mal de monde aussi..."

      Voici (après introduction) les raisons principales de la prohibition du cannabis... une affaire de lobbies, d’argent et de profits ! La question sanitaire est un écran de fumée, un prétexte. Le cannabis permet d’engendrer des dizaines de produits dérivés... dont les hydrocarbures. Et les adeptes du monopole voient ça d’un mauvais oeil. Le sujet est aussi traité sur AVTV... Faut-il dépénaliser le cannabis ?


  • goc goc 19 octobre 2012 12:15

    Le cannabis pose deux problèmes a priori antinomiques
    1 - le fait d’etre surtout consommé par des jeunes et compte tenu des dégâts que cela provoque est un danger majeur
    2 - le traffic est tellement lucratif et si peu dangereux qu’il devient un exemple d’ascension social dans les banlieues.

    A cela on est en droit de penser que nos hommes politiques n’ont de cesse que de trouver la solution. Or le problème est surtout qu’ils ne cherchent pas à trouver de solution, bien au contraire, ils ont compris depuis longtemps que stopper la drogue (et ils en ont les moyens) déclencherait une guerre sociale dont ils n’auraient aucune maitrise
    Bref pour eux la drogue est la garantie d’une paix sociale, même si c’est au prix de dommages colateraux (bandes, overdoses, etc..)
    et puis n’oublions pas que les liens entre maffia et politique sont plus qu’étroits, et que la prostitution et la drogue ont toujours été considéré comme « nécessaires » par nos politiciens

    Alors si vous comptez sur ces gens-là pour résoudre le problème, vous pouvez attendre longtemps


    • julius 1ER 20 octobre 2012 12:11

      assez d’accord mais n’écrit pas cela sur Slate car pour sûr tu seras censuré !!!!!


    • le moine du côté obscur 21 octobre 2012 12:22

      Je suis assez d’accord avec vous ! Les romains disaient du « pain et des jeux », maintenant on devrait plutôt dire de « la drogue et des jeux », mais le principe semble être le même, empêcher le bon peuple de se révolter. Gageons que nous n’aurons pas d’évolution de la situation avant un bon moment, tristement ! 


    • lionel 22 octobre 2012 08:10

      Le cannabis n’est pas en soi un facteur de léthargie et d’absence de conscience politique. En revanche sa pénalisation permet de contrôler, d’étouffer cette conscience et de la rendre inopérante. Trop de gens ne considèrent le cannabis que par les traffics qui profitent à certaines de nos personnalité politiques et à certains habitants des quartiers abritants les plus pauvres. Depuis une décennie, des milliers de gens se sont mis à produire leur propre marijuana, que se soit en extérieur (la plante pousse très bien dans nos contrées) ou en intérieur. Il y a maintenant des boutiques de culture intérieur dans toute la France. Il existe même un chaîne pour ce type de boutique (il y a du pognon à faire donc des investisseurs se sont engouffrés dans le business du « potager d’intérieur »).


      Dans les faits, lorsque vous avez un « placard » chez vous ou quelques pieds dans votre jardins, vous êtes un délinquant. Il vaut donc mieux faire profil bas et se montrer dicret pour ne pas se faire attrapaer. Cela inhibe la participation citoyenne et militante de milliers de gens qui ont une conscience aigue des problèmes étiques de notre société. La pénalisation est donc indirectement, dans les faits, un facteur de non intervention dans la sphère politique. 

      N’en déplaise à ceux qui considèrent le cannabis comme un fléaux, une légalisation libererait beaucoup d’énergie pour les luttes politiques car des dizaines de milliers de personnes ne pourraient plus être prises en otage pour leur consommation. De plus, la liberté de produire en France, limiterait les traffics internationaux et donc les possibilités pour les mafias au sein de la politique de notre nation de s’engraisser sur la prohibition.

  • totor101 totor101 19 octobre 2012 12:42

    article lobbyiste ?


  • alinea Alinea 19 octobre 2012 12:57

    Je suis d’accord avec Goc.
    Les intérêts sont bien trop grands pour désirer y mettre fin ; la répression où les « petits » sont pris au hasard, donne bonne conscience peut-être mais surtout fait figure de morale sociale !
    Ce n’est même plus de l’irresponsabilité de la part de l’État, j’irais jusqu’à dire que c’est de la complicité, de l’hypocrisie.
    On sait bien que les libéraux, non seulement se foutent du peuple, mais encore s’assoient sur leurs misères ; c’est un abandon pur et simple.


  • pissefroid pissefroid 19 octobre 2012 13:10

    Ces pays où le paysans cultive la drogue,
    permettent
    aux multinationales agroalimentaires de vendre leurs produits alimentaires
    pour nourrir les populations de ces pays.

    En fait le trafic nourrit les dirigeants de ces pays
    ainsi que les dirigeants des multinationales agroalimentaires qui fournissent à ces pays la nourriture que leurs paysans ne cultive pas.

    Nos dirigeants « démocratiques » ne veulent pas voir à qui profite le trafic.


  • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 19 octobre 2012 13:11

    C’est l’éternel problème de savoir où il faut mettre des limites.

    Faut il interdire le tabac en raison des cancers qu’il provoque ?

    Faut il interdire le canabis en raison des problèmes de santé que ça implique : cancers comme le tabac en plus de problèmes psychologiques.

    Idem pour la cocaïne , finalement.

    Et pourquoi pas légaliser l’héroïne tant qu’on y est ?

    Pourquoi interdire la prostitution des adultes consentants ?

    Pourquoi interdire la vente d’armes de guerre légères pour les particuliers : il n’y a finalement pas tant de morts que ça aux States finalement.








    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 19 octobre 2012 13:15

      Comme toutes ces questions n’ont pas de réponses claires et évidentes, le meilleur moyen de savoir ce qu’il faut interdire ou non est laissé aux bons soins des parlementaires ou mieux encore pourrait être permis ou interdit au moyen de référendums, ce qui me semble la meilleure façon de faire dans une démocratie qui se respecte.

      On a suffisamment d’élections pour que les citoyens puissent être consultés sur ces questions à un moment donné.


    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 19 octobre 2012 13:20

      Et en plus ce serait facile à exprimer dans le genre :

      Voulez vous dépénaliser la possession de 100 grammes de cannabis : oui / non / abstention
      Voulez vous autoriser le commerce de cannabis : oui / non / abstention
      Voulez vous dépénaliser la possession de 100 grammes de cocaïne : oui / non / abstention
      ect ...



    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 19 octobre 2012 13:22

      Evidemment, les professionnels de la politique n’apprécient pas qu’on vienne piétiner leurs plates bandes avec des référendums sur des questions de société.


    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 19 octobre 2012 13:39

      Bref, il y en a au moins un qui est hostile aux référendums concernant les questions de société.

      Encore un qui croit qu’il sait tout mieux que tout le monde et que s’il était dictateur ce serait mieux !


    • julius 1ER 20 octobre 2012 12:19

      le problème de la prohibition c’est que d’une part elle accélère les trafics mais d’autre part la matière en elle-même devient encore plus dangereuse car coupée avec des produits encore plus nocifs car comme il n’y a pas de contrôle la nature du produit est invérifiable(on l’avait constaté aux US dans les années 20 ou l’alcool frelaté tuait plus que l’alcool lui-même 

      mais là bien-sûr c’est l’omerta qui prédomine.

    • lionel 22 octobre 2012 08:17

      Vous oubliez : « Doit on laisser les gens produire librement du cannabis ? »

      « Doit-on considérer les potentialités avérées au niveau internationale du chanvre en tant que facteur d’évolution technologique et économique pour nos société ? »


    • cogno4 19 octobre 2012 14:27

      hé beh, ça doit être un sacré bordel dans ta tête....


    • tf1Goupie 19 octobre 2012 20:10

      Et donc les chiliens qui machent de la coca c’est représentatif de notre société de merde ?

      Je pense que c’est plutôt le lexomil et les anidépresseurs, ou même la Ritaline pour les enfants, qui sont représentatifs de notre société


  • frugeky 19 octobre 2012 15:24

    Nos politiques, Dati comprise, ne sont pas les idiots finis que nous aimons critiquer. Ils ont souvent fait de hautes études, sont pour une part d’entre eux d’anciens médecins...et ont lu comme vous et moi les rapports sur les drogues. Qu’une Dati s’évertue à dire que le cannabis mène à l’héroïne est profondément démagogique. Cette antienne vaut, peut-être, par la promiscuité des circuits de distribution.

    Si donc ces personnes informées sortent de telles âneries, pour rester poli, comment y voir autre chose qu’un bénéfice, primaire ou secondaire (l’élue EELV, par exemple) ? Ces, si peu, politiques ne veulent ni le débat, ni la fin de cette loi de 1970 (je pensais que le traité international était de 1971) parce qu’ils en croquent. Je ne vois que ça. Outre que la consommation de cocaïne n’est pas l’apanage des stars du show-biz ou de la télévision (je crois me souvenir qu’on en avait retrouvé des traces dans les toilettes du Bundestag, certainement pas d’études au Palais Bourbon...).

  • Le péripate Le péripate 19 octobre 2012 16:12

    Les vices ne sont pas des crimes.

    La lutte contre la drogue a une influence au mieux marginale sur la consommation et coute un bras.

    Mais libéraliser dans une société d’assistance et de laxisme conduirai à des effets de bord dont on n’a aucune idée. La contrepartie du droit étant la responsabilité.

    Conclusion : nous avons besoin d’une société libérale.


    • Karash 20 octobre 2012 02:22

      Vous voulez dire, une société ayant une mentalité libérale ?

      Certes, oui, mais il y a une question de trajectoire bien énigmatique derrière tout ça. Et avec des média participatifs saturés par la gauche étatiste ... ce n’est décidément pas gagné.


  • tf1Goupie 19 octobre 2012 16:37

    " Le débat sur le cannabis devrait porter beaucoup plus sur le Rif marocain, où en quinze ans les cultures se sont multipliées par trois, posant de graves problèmes écologiques, politiques et sociaux, des luttes pour la terre irrigable et une corruption assumée aux plus hautes sphères de l’Etat"

    Ah parce que c’est la seule culture à poser des problèmes écologiques, politiques et sociaux ???

    De tels arguments laissent perplexe.


    • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 19 octobre 2012 18:14

      Non, elle n’est pas la seule, mais celle-ci, par son aspect « légal-illégal » empêche toute prise en compte. Par ailleurs, le problème de l’irrigation et celui des « nouveaux arrivants » sont lourds, tout en restant cachés et hors de tout accès à l’évaluation. Ce n’est pas la même chose que le problème des nitrates en Bretagne, par exemple, où les informations percent (même avec difficulté) et les enjeux finissent par apparaître... 


    • tf1Goupie 19 octobre 2012 20:07

      Le problème de l’irrigation est inhérent à la quasi-totalité des cultures il me semble.
      Par ailleurs je ne crois pas que le cannabis soit une plante particulièrement gourmande en eau : c’est plutôt une plante de pays sec.

      Un tel argument parait donc peu approprié et donc comme tout argument marginal il pourra sembler être une tentative de biaiser le débat


    • lionel 22 octobre 2012 08:26

      Une dépénalisation de la production du cannabis (contrôlée ou non, c’est un autre problème) dans les pays occidentaux rendrait l eRif moins « rentable ». Les Français pourraient largement produire (et je ne pas pas de commerce) de quoi se passer du hachich Rifin ou de le considérer que comme un produit exotique. Une dépénalisation de l’auto production serait certainement un frein à toute économie mafieuse autour de cette plante.


  • Yohan Yohan 19 octobre 2012 18:19

    Question cannabis, on devrait plutôt écouter une Samia Ghali qu’une Cécile Duflot avant de légiférer sur la pression des bisounours. Si fumer le chichon prête rarement à conséquence chez les fils de bourges qui savent s’arrêter quand leur carrière ou leur santé le leur dicte, c’est souvent plus lourd de conséquences chez les jeunes en manque de repères. Où quand la misère s’ajoute à la misère et au désoeuvrement. L’intervention de Peillon aura des conséquences bien plus pernicieuses qu’on ne le pense sur nos jeunes qui ont plus que jamais besoin que les adultes leur fixent les barrières avec précision. Les transgresser c’est une chose, mais faire sauter les barrières en est une autre, bien plus préoccupante.

    Si l’auteur a raison de pointer des dégâts écologiques dans les plaines du RIF, il devrait aussi s’interroger sur les responsabilités des Etats (vendeurs, et acheteurs), incapables de s’attaquer aux racines du mal.

    • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 19 octobre 2012 18:37

      En effet, la consomation de drogues (et pas seulement du cannabis) porte en soi une très grande « inégalité de classe ». Pour faire bref, riche et bien portant on risque bien moins que pauvre et malade. Les prix : plus on est riche et plus on s’approvisonne bon marché. Idem pour la qualité et la pureté. Il en va de même pour l’aspect pénal. Cependant l’interdit fait aussi partie de cette inégalité intrasèque. Enfin, les Etats, qui clament haut et fort leur volonté de lutter contre les drogues, considèrent que le problème s’efface devant des impératifs géopolitiques, diplomatiques ou économiques. Au point de créer la situation actuelle : une hausse de la consommation, une multiplication des espaces de non droit, une criminalisation du politique, une culture de l’illégalisme qui se propage et surtout une deperdition de la notion même de l’Etat de droit chez les pays producteurs ou de transit mais aussi au sein de plusieurs espaces européens pour l’instant circonscrits.... 


  • airspeed 20 octobre 2012 07:30

    la production, la distribution des drogues est une vaste escroquerie mondiale,
    l’exemple de Afghanistan est criant ; la production, le contrôle de l’opium était aux mains des talibans. le besoin de matière première ( justifié) pour les labos et la production de morphine étant important. les USA ( entre autres ) ont mis la main sur la production mondiale.
    Une énorme manne financière qui ne tarira pas de sitôt.

    concernant le cannabis en France, encore une fois, tout le monde en croque :
    un exemple parmi d’autres :
    Des gardés a vue pour possession de cannabis qui se font remettre discrètement une carte de visite d’avocat spécialisé ( hors de prix ) par les « forces » de l’ordre pour le tribunal ...
     


  • Dominique TONIN Dominique TONIN 20 octobre 2012 23:23

    A mon grand regret, je pense que la drogue est un mal nécessaire, au même titre que le tabac et les alcools. Ils représentent de telles mannes financières qui profitent pleinement à l’économie. Même les politiques (certains) s’en servent pour blanchir, c’est vous dire combien c’est foutu...il faudra, malheureusement apprendre à vivre avec !

    Maintenant, s’il y avait de véritables volontés de la part des gouvernants d’éradiquer ce fléau, cela ne prendrait pas plus de 6 mois ! Mais voilà !

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