jeudi 8 octobre - par Patrice Bravo

Les Etats-Unis vont déplacer une base maritime géante flottante en Grèce

En raison de la crise connue par la Grèce avec la Turquie, la politique actuelle turque, le secrétaire d'Etat, Mike Pompeo a tenu à rassurer Athènes cette semaine en montrant l'existence de solides relations de défense avec les Etats-Unis alors qu'elle fait face à une impasse avec Ankara, comme l'écrit le site The National. En fait, des alliances stratégiques surprenantes se dévoilent dans cette partie du globe avec la révélation d’une nouvelle stratégie militaire américaine. 

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Mike Pompeo, le secrétaire d'Etat américain, était en visite sur la frégate grecque Salamis à la base d'activités de soutien naval de Souda (base de l'Otan), sur l'île grecque de Crète, ce mardi 29 septembre. The National, explique que « le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, a annoncé mardi que la marine américaine déplaçait son navire de base maritime géant USS Hershel « Woody » Williams vers la base militaire de la baie de Souda en Grèce ». S'exprimant depuis la base de l'île grecque de Crète, Mike Pompeo a assuré à Athènes le soutien des Etats-Unis militairement dans ce contexte de fortes tensions avec la Turquie. Il a déclaré qu' « aujourd’hui, j’ai une annonce, comme déclaré par le premier ministre, que l’USS Hershel« Woody »Williams, la nouvelle base maritime expéditionnaire de la marine américaine… aura comme base la baie de Souda ». Pour les Etats-Unis, c'est un choix parfait compte tenu de l’emplacement stratégique de l’installation et c'est aussi « le symbole d’un partenariat de défense qui continuera de s’étendre et de se développer », comme l'indique le média anglophone. On apprend que, selon « un haut responsable américain », « cette décision était un investissement à long terme dans l'armée américaine en Méditerranée » car « nous tirons parti de l'atout unique que fournit la baie de Souda » avec « sa situation géographique dans cette région dynamique de la Méditerranée orientale ; le soutien exceptionnel de nos hôtes des forces armées helléniques et la possibilité de se déployer rapidement dans un théâtre actif ». Citant ce haut responsable américain, le média spécialisé sur les questions du Moyen-Orient, nous indique que la baie de Souda serait utilisée comme « une station-service », « un site de ravitaillement, un lieu d'échange d'équipages tout en maintenant l'efficacité opérationnelle de nos moyens militaires ». 

En outre, ce fonctionnaire, dont le nom n'a pas été donné, « a parlé des alliances stratégiques que la Grèce et Chypre ont formées en Méditerranée orientale, y compris celles avec les Emirats arabes unis, l'Egypte et Israël » et que « la semaine dernière, le chef d'état-major des forces armées des Emirats arabes unis [Le général Hamad Mohammed Thani Al Rumaithi] a effectué une tournée en Grèce alors que les deux parties cherchaient à renforcer la coopération ». Le général Al Rumaithi a, cette occasion, rencontré le chef d'état-major grec, le général Konstantinos Floros. Mardi, comme indiqué par The National, « le général Al Rumaithi a inspecté le site des exercices militaires conjoints entre les forces aériennes des deux pays en Crète ». Des questions se posent sur la base américaine située à 950 kilomètres de la baie de Souda, mais ce fonctionnaire énigmatique « n'a pas dit que les Etats-Unis exploraient d'autres options pour sa présence à la base d'Incirlik située en Turquie » mais dit que « ce sont les pommes et les oranges en termes de nos opérations en Turquie qui sont importantes mais qui sont indépendantes de ce que nous faisons ici en Grèce ».

En fait, on apprend que « les experts ont considéré cette décision comme un élargissement de la présence régionale des Etats-Unis et une réduction de leur dépendance à l'égard d'Incirlik. « Incirlik n’a pas d’avion permanent [américain] basé là-bas », a déclaré Aaron Stein, du Foreign Policy Research Institute, selon The National en rajoutant que « c’est une base politique dans le sens où c’est une chose physique qui relie la Turquie et les Etats-Unis et qu' « elle héberge également des armes nucléaires américaines, donc elle ne sera jamais fermée ». Incirlik stocke 50 armes nucléaires tactiques américaines sous contrôle américain. « La base de la baie de Souda existe déjà, c’est un port pour les porte-avions en Méditerranée orientale et il a une piste. Cela fonctionne. Je la vois comme un avantage pour les Etats-Unis qui construisent plus d'options », explique-t-il en donnant un sens à ce mouvement américain, « à cause du ralentissement des relations américano-turques ». De plus, le sénateur Ron Johnson a déclaré en septembre au Washington Examiner que les Etats-Unis cherchaient des alternatives à la base d'Incirlik. Pour Ryan Bohl, chercheur principal à la société de renseignement Stratfor, cité par le site de Londres, « la base de Souda permettrait encore aux Etats-Unis les capacités opérationnelles dont ils disposent depuis la Turquie en Méditerranée orientale sans être entravés par la politique » car « pour les Etats-Unis, la base d'Incirlik était autrefois un puissant centre d'opérations anti-soviétique, mais ce n'est plus le cas ». 

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Pierre Duval

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Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2047



14 réactions


  • samy Levrai samy Levrai 8 octobre 13:44

    Et en même temps, comme dirait le sbire Macron, des manœuvres militaires navales avec les turcs...


  • JC_Lavau JC_Lavau 8 octobre 13:58

    Le lien entre l’illustration et le propos est particulièrement opaque.


  • Septime Sévère 8 octobre 14:31

    Les Américains en Méditerranée, une tradition vénérable... Dès 1801 leur flotte y cassait déjà la figure à celle des Tripolitains... les Libyens, quoi... Pas de quoi donc s’affoler !

    Je comprends qu’on y préférerait une flotte russe ou chinoise, mais on ne choisit pas toujours ! 


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 8 octobre 16:23

    Macron va envoyer le Charles De gaulle pour s’interposer ; la méditerranée, c’est à nous et un peu aux Grecs, mais pas aux Turcs, et les Américains, y zont qu’à rester chez eux !


    • Septime Sévère 8 octobre 16:42

      @Séraphin Lampion
      .
      Ils ont la mer des Sargasses ! 


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 8 octobre 16:56

      @Septime Sévère

      et le Triangle des Bermudes :

      « Allô Papa Tango Charly
      Allô Papa Tango Charly
      Répondez, nous vous cherchons »

      Sérieusement, vous croyez qu’ils vont remonter nos rivières pour venir pondre où leurs ancêtres son nés, comme les anguilles ?


  • vraidrapo 8 octobre 17:11

    Tout ça c’est des conneries.

    On tait l’existence de 2 bases aéronavales rosbifs de part et d’autre de Chypre.

    L’une mesure 30 km.. excusez du peu.

    Qui prétendrait que le Yanki et le Rosbif ne peuvent pas cohabiter le temps d’une crise.

    Inçirlik est bien une base aérienne yanki chez les Turcs.

    Quel cinéma, mais quel cinéma !


  • zygzornifle zygzornifle 9 octobre 09:50

    Nous on a des sous marins en méditerrané L’ « Eurydice » et la « Minerve »

    et même a demeure depuis qu’ils ont coulés ou disparus.

    Les deux sous-marins français se sont évaporés au fond de la Méditerranée avec leurs équipages :

    https://www.ladepeche.fr/article/2000/08/27/83146-eurydice-minerve-trente-ans-apres-toujours-enigme.html



  • ETTORE ETTORE 9 octobre 13:04

    Dites ......

    Il y a tellement de circulation actuellement dans cette baignoire qu’est la Méditerranée, qu’il vas falloir penser à mettre des « dos de chameaux » pour ralentir le flux des passages.

    Débile tout ce fatras, pour des histoires de tête de turc avec ses hémoroïdes, qui cherche à les refiler à tout le monde, histoire d’être reconnu comme instigateur principal du grattage à deux doigts.

    Quand on voit le nombre de pays, qui ont cette mer comme côte frontière....

    Ca va de soi, que le simple pet d’un in-continent, fait des vagues chez bon nombre de limitrophes.

    Tout est peut être juste là. Et la Russie l’as peut être compris.

    Mais cela .ne veut pas dire qu’elle n’est pas attentive à un « dérapage » d’intérêts de certains « particuliers » très bénévoles.


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