samedi 24 septembre 2011 - par enréfléchissant

Les indignés et les médias : l’histoire de fond

1. Décidément, les médias et les journalistes, inconsciemment ou non, ont beaucoup de mal avec le mouvement des indignés.

- La première chose qui saute aux yeux c'est le peu d'intérêt qu'ils manifestent pour les mouvements populaires, que ce soit en Espagne, au Portugal en Grèce, et dans tout le reste de l'Europe, à des niveaux d'avancements beaucoup plus restreints. Ainsi le nombre d'articles produits est très faible en comparaison à d'autres sujets(DSK, Sarko, Le Pen.., 2012), et les médias sortent en général des articles après les évènements importants, de sorte à ne surtout pas faire être responsable des hypothétiques succès des protestations.

- Une deuxième chose est remarquable pratiquement dans tous les articles et reportages fait par les médias de masse sur le mouvement des "Indignés" : ils sont présentés comme un mouvement de protestation anti-crise, anti-austérité, voire anti-capitaliste. Rien n'est plus faux, si les "indignés" à titres personnels possèdent ces positions, le mouvement se veut lui principalement démocratique. Le mouvement est né d'une plate-forme citoyenne en Espagne nommée "Democracia Real Ya !", Démocratie Réelle Maintenant.

Vous l'aurez compris, les médias en France, ainsi que dans les autres pays, essaient le plus possible de catégoriser les indignés comme de vulgaires militants d'extrême gauche, histoire de bien montrer qu'il n'y a rien de novateur dans le mouvement.
 
Et si les médias cachent la réelle revendication du mouvement, c'est peut-être pour une raison bien précise. Le mouvement déclare que nous ne vivons pas dans des régimes démocratiques mais dans des régimes oligarchiques. Il propose de créer une véritable démocratie, en commençant par créer de vastes mouvements populaires capables de donner le pouvoir au peuple et de délégitimer le système en place. Les médias, ce sont justement eux qui font subsister et qui ont ancré dans toute la société, avec la volonté des dirigeants (politiques et économiques), qu nous vivons en démocratie. La France, une démocratie ? Non, pourtant, grâce aux médias, couplés aux programmes de l'éducation nationale, la majorité des citoyen le pensent. Quelle stratégie efficace au possible tout trouvé là pour les oligarques : les gens pensent vivre dans un système politique juste et le plus enviable qu'il soit : le système leur semble légitime.
 
2. Maintenant que les choses sont mises au clair, attaquons nous à un édito qui évite les erreurs précédemment vues sur le mouvement 15M(nom espagnol), mais qui en commet d'autres.
 
 
Le journaliste se nomme Thomas Legrand, je cite :
 
"Les indignés qui se sont baptisés ainsi en référence au petit livre de Stéphane Hessel"
 
La plupart des participants à ce mouvement n'aiment pas ce terme, ce sont les médias qui l'ont employé en Espagne d'abord puis ici ensuite. L'indignation a un lien avec la passivité pour beaucoup, de plus, Stéphane Hessel est loin de faire l'unanimité notamment après ces propos envers Los Indignados.
 
"Contrairement aux espagnols, aux anglais ou aux italiens, l'offre politique française permet à tous ceux qui bouent de révolte, de se sentir représentés par un parti politique installé [...]"
 
Il suffit de jeter un rapide coup d'oeil sur Wikipédia pour s'appercevoir que les espagnols, les anglais et les italiens ont aussi une offre politique en terme de partis variée à l'extrême gauche. Ainsi il y-a des partis communistes dans chacun de ces pays et plusieurs "partis" anarchistes, (ne se participant pas aux élections).
 
"La subvertion a bonne presse en France"
 
Pourquoi Besancenot a-t-il si peu le droit à l'antenne lors des campagnes ? Pourquoi n'y a-t-il jamais de reportage sur l'anarchisme ? Pourquoi n'a-t-on jamais vu un débat sur le communisme ? Pourquoi doit-on déclarer tout rassemblement ? Pourquoi on a eu si peu d'information en rapport avec ces centaines d'indignés harcelés à Paris pendant une semaine ?
 
"Quand ils contestent l'organisation de la société, ils n'ont pas de vision limpide de celle qu'il faudrait instaurer à la place"
 
La démocratie réelle, ou plutôt démocratie directe, que désirent mettre en place la grande majorité des indignés, a été pensée et l'est toujours, depuis l'antiquité, mais ça, vous ne le dites pas, ça remettrait en cause trop de choses(ou alors vous l'ignorez). Sur internet il existe beaucoup de modèles et de documentation sur la démocratie directe.
 
"La cible est floue, on sait bien que le vrai pouvoir n'est ni à l'Elysée, ni à l'assemblée ni même au medef. Combattre ce pouvoir evanescent nécessite un retour des états, des autorités élues, l'action qu'il convient de mener est tout sauf révolutionnaire au sens de 1789, puisqu'il ne s'agit non pas de renverser le pouvoir, mais au contraire de rendre du pouvoir au pouvoir"
 
Soit vous n'êtes pas allé parlé aux indignés directement, soit vous ne rapportez que ce qu'il vous semble bon de rapporter, soit vous avez parlé a des indignés idiots.
 
A votre grande surprise, oui , il faut renverser le pouvoir en place, car il n'est pas démocratique, il est l'objet d'une minorité de la population, qui, même si elle est élue(encore faut-il en voir les conditions), représente une oppression et une classe différente du reste de la population. Le pouvoir sait bien qu'il n'est pas légitime, sinon ses seuls discours et la sagesse populaire rappeleraient au peuple qu'il ne doit pas lutter contre l'état actuel. Bizarrement, rien n'y fait, le pouvoir ne discute pas pour résoudre les conflits avec les dissidents(pas les syndicats tout gentils), mais envoie la police et les CRS. Le pouvoir sait pertinemment qu'il n'est pas légitime, que le système est une arnaque, et il s'en prémunise pour eviter l'effondrement de son monopole : monopole d'une minorité sur le politique ; censée être affaire de tous.
 
Je peux en profiter pour approfondir sur le pouvoir économique et politique. Vous dites, et beaucoup de gens le pensent aussi, que le pouvoir n'est ni à l'Assemblée ni à l'Elysée. C'est faux. Les banques et le pouvoir économique n'ont aucunes légitimités auprès de la majorité des citoyens. C'est le pouvoir politique qui est légitime (à leurs yeux). Ainsi si l'oligarchie économique passe-outre l'oligarchie politique, les gens vont se révolter puisque si ils acceptent le système, c'est bien par légitimité de l'oligarchie politique. Donc le politique a le dessus sur l'économique, car c'est sur le politique que repose la confiance des gens, et sans confiance, l'oligarchie et le système économique n'est rien. Exemple : la majorité des gens sont radicalement pour une taxation importante des très riches mais ça ne se fait pas : les gens l'acceptent car ils pensent que le système, qui ne taxe pas les plus riches, est légitime. Sans cette légitimité, les gens iraient au créneau pour taxer équitablement les très riches. Conclusion : notre système politique appelé "démocratie représentative" tend à rendre passifs les citoyens.
 
Les "indignés" VS les médias, une courte histoire qui va être longue !


6 réactions


  • eric 24 septembre 2011 10:18

    Alors là tous faux !
    Je suis du coin de l’œil ces mouvementicules. Le constat évident est qu’ils bénéficient d’une couverture médiatique absolument sans commune mesure avec leur ampleur populaire. Dans l’essentiel des cas dont on nous parle, les participants se comptent même pas par centaines mais par dizaines. Tout absolument est fait pour tenter désespérément de retenir l’attention des médias, quitte à être en contradiction avec les soi disant principes de ces mouvements.
    C’est un produit purement marketing, d’assez mauvaise qualité.
    SI il y a un fort investissement dans le plan média, le produit lui même n’est en rien proche de ses « promesses ». C’est notamment ce contraste qui explique son incapacité à embrayer sur la société et le réel.

    Des soi disant mouvements populaires démocratiques, qui font des AG, en centre ville, aux heures ouvrables, en se préoccupant plus de la disponibilité, de la proximité géographique et de la présence de journalistes que du peuple.....

    Et bien sur que ce sont des mouvements d’extrême gauche. Et pourquoi pas du reste ? Mais à nouveau, gravissime erreur de com. Il faut qu’il y ait un minimum de coherénce entre le message et le produit. Il y a certainement de naifs de base qui sont sincères, mais il suffit de regarder quels sites et groupes appellent et organisent ces mouvement pour ne pas avoir la moindre illusion.
    L’incohérence à présenter ce mouvement comme une demande de transparence et de démocratie alors qu’il est présenté dès le départ, de façon mensongère, constitue déjà une contradiction insurmontable au sein du message.

    En 68 ; les meilleurs se sont recasés avec un certain succès dans la pub, mais ils étaient porté par un vrai mouvement, une classe sociale entière de petit bourgeois avides de prendre toute leur place dans la société.
    Ici, on voit clairement quelques anciens combattant tenter d’utiliser quelques laissés pour comptes pour essayer de se faire mousser, dés lors qu’il n’y parviennent pas dans les urnes.
    En 68, les gosses de prolos manipulés ont servis de marche pieds aux petits bourgeois dans leur ascension sociale avant de finir dans les laissés pour compte de la société, pour avoir cru aux discours des premiers ( voir toutes les études sociologiques sur 68). Mais au moins ont ils connu leur heure de gloire. Ici, les paumés manipulés n’auront même pas cette satisfaction, et les communicateurs qui sont derrière, au vu des résultat, ne se recycleront peut être même pas aussi bien que leurs grands anciens.


    • enréfléchissant 24 septembre 2011 12:16

      Les médias ont passé sous silence le mouvement des indignés espagnols et encore plus celui des grecs, et par conséquent, le mouvement étant un mouvement global, ont passé sous silence le mouvement des « indignés » français.


    • MrKellear 24 septembre 2011 14:37

      Dans la mesure ou le mouvement des indignés n’est absolument pas un mouvement de gauche et qu’ils ne seront, par nature, jamais représenté au sein d’une éléction, je dirais qu’il faudrait en parler beaucoup plus afin d’évitez que les gens comme vous et eric ne disent de la merde car ils ne comprennent même pas ce qu’il se passe...


  • eric 24 septembre 2011 12:46

    A Gelone, et encore, la plupart des vrais gauchistes tendance dure, genre canal historique, sont eux aussi convaincus que ce sont des touristes. Derrière les indignés, il n’y a que les tendances soft, new wave. Ils sont à la fois jaloux parce qu’ils tourvent aussi que l’on parle trop de ces guignols et ulcérés parce qu’ils sont trop sectaires pour recourir aux mêmes méthodes « modernes » d’agit prop...


    • enréfléchissant 25 septembre 2011 13:40

      Il est vrai qu’en Espagne, et par dérivation en France, le mouvement peut malheureusement être positionné sur l’échiquier politique. Je lutte contre les revendications sociales, je pense que le seule chose qui puisse unir le plus grand nombre, c’est un changement de système politique : une démocratie réelle ; ensuite, par le débat, la parole et le pouvoir, les gens décideront ce que l’on doit faire. Ne pas mettre la charrue avant les boeufs.


  • RougeVif 24 septembre 2011 14:31

    qques réponses à l’auteur :

     

    Pourquoi Besancenot a-t-il si peu le droit à l’antenne lors des campagnes ?

    Besancenot a été très médiatisé très tôt, et très « utilisé » par les médias car il flattait l’électorat bobo de gauche et les étudiants. On ne le voit plus tout simplement parce-qu’il n’est plus porte-parole ni candidat, c’est M. Poutoux désormais. Qui le connait ?

    Le NPA (ex-LCR) n’est plus l’extrême gauche à mon humble avis. Il faut plutôt se tourner vers Lutte Ouvrière de Nathalie Arthaud et Arlette Laguillier, qui n’a pas tourné le dos à la base ouvrière, seuls « indignés » qui feraient réellement peur au Pouvoir.

    Pourquoi n’y a-t-il jamais de reportage sur l’anarchisme ?

    A votre avis ? Sûr que si un sujet voit le jour à la TV il sera traité par De Villardière dans Enquête Exclusive et son sensationnalisme de mauvaise foi, avec pleins de drogués et de casseurs dedans.

    Pourquoi n’a-t-on jamais vu un débat sur le communisme ?

    A votre avis (bis) ? Et puis un débat est tout simplement impossible car un point Godwin surgit immédiatement : « les millions de morts » dans les goulags, ou la Corée du Nord, au choix.

    Pourquoi doit-on déclarer tout rassemblement ?

    Pour mieux nous controler mon enfant. Mes parents ont fui une dictature européenne dans les années 70 où au-delà de 3 personnes les flics dispersaient. C’est un grand classique. Nous n’en sommes peut-être pas loin.

    Pourquoi on a eu si peu d’information en rapport avec ces centaines d’indignés harcelés à Paris pendant une semaine ?

    lire plus haut.

     

    J’ajouterai à votre article salutaire les manifestations populaires en Israël depuis des semaines avec des centaines de milliers de manifestants, le silence des médias est assourdissant alors qu’Israel fait l’actualité à l’ONU.

    Cordialement.


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