Les intellectuels félons
Les intellectuels félons
Du col Mao au Rotary
Ils ont commencé avec le col Mao, le petit livre rouge à la main, la bouche pleine de « révolution culturelle », de « lutte contre le révisionnisme » et de « mort aux porcs ».
Ils ont fini au Rotary. Ou pire : professeur invité aux États-Unis, recteur d’académie, tribunes dans la presse bien-pensante, Légion d’honneur et postes bien payés dans les universités parisiennes ou au CNRS.
De Politzer à Doriot.
Mais en pire. Parce que Doriot a trahi en temps de guerre, sous la botte nazie. Eux, ils trahissent en temps de paix, sous la botte du capital mondialisé, de l’UE, de l’OTAN et du pouvoir en place, et ils le font avec le sourire, en gardant la posture du « critique du système » tout en menant une vie douillette, matériellement et intellectuellement.
Ces intellectuels de gauche universitaire : voilà les salauds.
Hier, ils dénonçaient l’impérialisme américain, le capitalisme bourgeois, l’État répressif, la famille patriarcale.
Aujourd’hui, ils défendent l’OTAN, l’UE, l’ouverture des frontières, la discrimination positive et la guerre par procuration en Ukraine et les tueurs occidentaux en Iran.
Hier, ils parlaient de classe ouvrière.
Aujourd’hui, ils parlent d’« immigrés précaires » comme « vrais prolétaires » pendant que les ouvriers français de souche, ruraux ou ex-usine, finissent chauffeur de taxi après la délocalisation de leur usine, obligés de faire des heures interminables pour vivre comme avant.
Et pendant ce temps, eux ?
Ils vivent une vie douillette, protégée, confortable, à des années-lumière de la réalité qu’ils prétendaient analyser. Certains sont devenus professeurs invités aux États-Unis, cul et chemise avec les grands sociologues mondialistes, co-auteurs de livres vendus dans les cercles élitistes. Des séjours réguliers dans les universités les plus prestigieuses, des salaires confortables en dollars, des retraites assurées, des invitations dans les colloques internationaux.
Ils théorisent la « citoyenneté européenne » et l’« universalisme cosmopolitique » depuis des campus protégés, loin des HLM saturés et des usines délocalisées.
D’autres ont fini recteurs d’académie, décorés, gestionnaires loyaux de l’Éducation nationale républicaine qu’ils vomissaient dans les années 70, avec un salaire de haut fonctionnaire et une retraite confortable.
Ces gens-là ne sont pas des traîtres ordinaires.
Ils sont des traîtres qui ont vendu la classe ouvrière pour garder leur place au chaud dans le système qu’ils prétendaient détruire.
Ils ont choisi le camp de ceux qui délocalisent nos usines, qui saturent le logement social, qui précarisent nos enfants et qui nous traitent de racistes quand on ose dire que les ouvriers français n’ont pas à crever pour faire de la place aux nouveaux arrivants. Et ces mêmes migrants, du moins une partie massive d’entre eux, sans conscience de classe, arrivistes en diable, absents des luttes ( gilets jaunes) ont fui la lutte des classes dans leur pays.
Ils ont laissé sur place leurs compatriotes les plus exploités, les plus pauvres, ceux qui n’avaient pas les moyens de payer un passeur ou de survivre au désert.
Ils ont abandonné les ouvriers, les paysans, les chômeurs les plus durs aux mains des patrons locaux et des pouvoirs corrompus qui se débarrassent volontiers de leur lumpen et de leur surplus de population ingérable.
Et ce surplus exporté vient pourrir nos cités : insécurité, trafics, division ethnique, concurrence salariale.
Ceux qui restent, eux, sont comme cette femme de ménage avec enfant qui gagne 60 € par mois pour un travail d’esclave (illimité, nourrie-logée coincée) dans une misère sans nom, sans droit, sans espoir de révolte.
Et même les « petits-bourgeois » locaux, comme cette institutrice à la veille de sa retraite, fuient les coupures d’eau et d’électricité, les salaires bloqués, les conditions de vie qui s’effondrent, préférant partir plutôt que de partager le sort des ouvriers au taquet et de lutter avec eux.
Et que dire de ceux qui, comme Sibeth Ndiaye, fille de diplomate, profitent du système français (éducation gratuite, postes protégés) pour grimper grâce à la discrimination positive, tout en défendant une immigration massive qui sature les services publics et précarise encore plus les ouvriers d’ici et de là-bas ?
Ils fuient les réalités de leur pays d’origine et les réalités de la France populaire, pour aller se réfugier dans les beaux quartiers parisiens ou les postes bien au chaud, tout en donnant des leçons de morale aux ouvriers qui galèrent.Ils ont fui le combat, laissant le terrain aux plus faibles et aux plus démunis. Au Sénégal il y a du travail sur place, sinon d’où viennent les nouveaux quartier de Dakar ? Pour les salaires, il faut se battre !
Et ces intellectuels qui les idéalisent comme « vrais prolétaires » ou des « réfugiés » sont complices de cette double trahison :
trahison des exploités du Sud,
trahison des exploités du Nord.
Ils vivent douillettement : salaires élevés, postes protégés, retraites assurées, invitations dans les cercles élitistes, collaborations avec les stars de la gauche mondiale.
Ils théorisaient la révolution depuis des bureaux climatisés et des campus américains.
Ils finissent par défendre l’OTAN, l’UE et la guerre contre les BRICS depuis les mêmes bureaux climatisés.
Et pendant ce temps, celui qui avait raison, c’était Marchais.
Il dénonçait déjà l’immigration massive comme une arme du patronat contre les salaires et les acquis ouvriers.
Il a été vilipendé, traité de « raciste », de « nationaliste » par la social-démocratie et par ces mêmes intellectuels qui ont fini par rejoindre le PS, l’UE et l’OTAN.
Ils ont trahi Marchais, trahi la classe ouvrière, et trahi le marxisme lui-même.
De Politzer à Doriot.
De la Résistance intellectuelle à la collaboration libérale. L’histoire les jugera. Et elle ne sera pas tendre.




