vendredi 18 septembre - par Franck ABED

Les intelligences artificielles dépenseront-elles notre argent ?

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L’intelligence artificielle ne se contente plus de répondre à nos questions, de rédiger nos textes ou d’analyser des données. Elle commence désormais à agir dans le monde économique à notre place.

 

Revolut et Visa viennent ainsi de franchir une étape importante en réalisant en France une expérimentation de paiement initié par une intelligence artificielle en conditions réelles.

 

Jusqu’à présent, les innovations dans les moyens de paiement avaient principalement transformé l’instrument. Nous sommes passés des espèces au chèque, du chèque à la carte bancaire, puis au paiement sans contact et au smartphone. Mais l’homme demeurait à l’origine immédiate de l’acte car il choisissait et il payait.

 

Avec l’intelligence artificielle des " agents ", le changement se révèle d’une autre nature. Une IA peut rechercher un produit, comparer différentes offres, sélectionner une solution et dans un cadre préalablement défini par l’utilisateur aller jusqu’à l’acte de paiement.

 

Nous ne sommes donc plus seulement face à une évolution des moyens de paiement. Nous assistons potentiellement à une transformation de l’acte économique lui-même. Pendant longtemps, l’ordinateur exécutait une décision humaine. Désormais, la machine peut analyser une situation et accomplir une succession d’actions permettant d’atteindre un objectif.

 

Pour les banques et le secteur financier, les perspectives sont considérables... Je cite entre autres l'automatisation de certains achats, la gestion intelligente des dépenses, l'optimisation des abonnements ou des assistants financiers capables d’exécuter certaines opérations.

 

Toutefois, cette évolution pose également des questions essentielles de sécurité, de consentement, de responsabilité et de lutte contre la fraude. Une erreur dans un texte généré par une IA peut être corrigée. Une erreur dans une opération financière peut immédiatement avoir des conséquences patrimoniales, parfois durables voire incalculables.

 

Derrière la prouesse technologique apparaît donc une question profondément philosophique : jusqu’où l’homme souhaite-t-il déléguer sa capacité de décision ? La véritable révolution de l’intelligence artificielle ne réside peut-être pas dans sa capacité à « penser » comme nous, mais dans notre volonté de l’autoriser à agir pour nous.

 

Après avoir confié aux machines une partie de nos calculs, de notre mémoire et de notre travail intellectuel, nous commençons à leur déléguer certaines actions économiques.

 

La question n’est donc plus seulement que peut faire l’intelligence artificielle ? Elle devient, de fait, que voulons-nous réellement lui permettre de faire à notre place ?

 

#Economie #Philosophie #Civilisation



3 réactions


  • sylvain sylvain 18 septembre 13:22

    Si vous y reflechissez un peu plus, il y a de grandes chances que les IA nous donnent notre argent. Ou qu’on creve tous.


  • Decouz 18 septembre 18:05

    L’IA est efficace dans les situations récurrentes, mais dans d’autres cas elle passe à coté, je viens de lire un livre un peu ironique sur les cabinets immobiliers (à charge), il y a des situations où il faut de la curiosité, des capacités de négociations, de la psychologie (dans ce cas capacités de ruse et de nuisance), un exemple, une affaire a été conclue pour un magasin, mais les collègues de l’agence se demandent si la représentante de la société a négocié au mieux ou si elle a vendu trop bas, donc il faut aller sur place, regarder l’environnement, les magasins semblables, avoir du flair, la machine ne sait pas faire.


  • Decouz 18 septembre 18:35

    Je mets ce lien parce que les vidéos de l’auteur concernent souvent l’IA, la différence entre la conscience humaine et la pensée automatisée, il utilise l’IA pour générer des images, et aussi sans doute pour les aspects théoriques, je laisse de coté pour le bouddhisme yogacara (il dit qu’il y a coïncidence entre cette doctrine et les découvertes récentes sur le fonctionnement du cerveau, de la perception, de la conscience) on peut critiquer ou admettre telle doctrine, tout en trouvant des éléments de réflexion (il est aussi un investisseur et dans ce domaine il se sert de l’IA), il parle ici de « Blade Runner ».

    https://www.youtube.com/watch?v=zhG6oi00OYs

    IA : Blade Runner pose la question : qu’est-ce qui distingue un humain d’un être artificiel qui lui ressemble ?

    Les réplicants possèdent des souvenirs, des émotions et le désir de vivre. En les considérant comme de simples machines, les humains sont confrontés à leurs propres contradictions.

    Le film interroge ainsi le lien entre intelligence, conscience, mémoire et humanité. Il rejoint les questions actuelles sur l’IA : imiter l’humain signifie-t-il éprouver et être conscient comme lui ?


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