Les Israéliens devraient procéder à leur propre « régime change »
Plutôt que d’attaquer systématiquement leurs voisins sous prétexte fallacieux de régime change, les Israéliens, s’ils veulent survivre, devraient faire leur propre changement de régime.
Leur ennemi fondamental ne sont ni les Palestiniens, ni les Iraniens, ni les Libanais, ni les Syriens, mais leur propre gouvernement dirigé par le furieux Benjamin Netanyahou.
C’est lui qui a lors de son premier mandat rendu caduques les accords d’Oslo, suite à l’assassinat d’Yitzhak Rabin. C’est lui qui a favorisé le Hamas en cachette en vue d’avoir face à lui des extrémistes qui lui permettent d’être lui-même extrémiste jusqu’au jour fatidique où le Hamas a déclenché son opération, tombant dans un piège fatal.
Les aventures sans fin du gouvernement actuel, sous prétexte d’un « Grand Israël » mythique et absurde, détruisant systématiquement ses voisins et leur population, le génocide des Palestiniens et la transformation de Gaza en ghetto de la mort, l’attaque irréfléchie contre l’Iran, un pays de 93 millions d’habitants et d’une superficie d’environ deux fois la France, ne contribuent pas à la pérennité de l’État et surtout de la population israélienne elle-même, mais au contraire met en danger sa survie même.
En ce sens, la fait que Benjamin Netanyahou ait fui son propre pays devrait interroger ses citoyens. Le capitaine d’un navire quitte-t-il celui-ci lors d’une tempête qu’il s’est acharné de traverser ? Comme si le capitaine du Titanic avait délibérément heurté un iceberg et sauté le premier dans un canot de sauvetage réservé à sa personne.
Aujourd’hui, les dégâts provoqués contre Israël par la riposte iranienne à l’agression israélo-étatsunienne sont censurés dans les médias. Jusqu’où vont-ils aller ? Jusqu’où le désir de destruction tous azimuts va-t-il cesser ?
Il semble que les attaquants n’aient pas prévus la résistance de l’Iran, ne connaissaient pas sa capacité à la fois en terme matériel, mais aussi humains, par la compétence de ses responsables, par leur stratégie à long terme, par ses capacités techniques, par son ingénierie.
Pourtant, n’importe quel quidam un peu renseigné sur les réseaux pouvait le savoir, mais pas les services secrets israéliens ? Sont-ils à ce point incompétents, ou sont-ils malhonnêtes, ou un petit mélange des deux ?
La décision d’attaquer coûte que coûte est donc bien une responsabilité du gouvernement israélien, et étatsunien. Responsabilité dont la population iranienne paie les frais, et à quel prix, mais aussi celle d’Israël lui-même.
Les Israéliens ne peuvent pas vivre en paix grâce à la guerre perpétuelle. Il leur faudra mettre à leur tête un jour ou l’autre des dirigeants courageux, capables de s’entendre avec les Palestiniens, capables de faire la paix avec l’ensemble de leurs voisins, sans les obliger à adopter des régimes qui se durcissent justement à cause de leur politique belliciste. La radicalité du Hamas a aussi pour base celle du Likoud. Les faucons pour exister ont besoin d’autres faucons face à eux pour justifier leurs exactions. En ce sens le Fatah ne correspondait pas à leur schéma extrémiste. Et ils opèrent en Cisjordanie de telle sorte que seuls les radicaux à leur tour l’emportent là-bas. C’est la politique du pire.
Il faudra un long chemin pour retrouver une paix réelle, accepter que les victimes, notamment à Gaza, puissent s’exprimer, juger les crimes de guerre ordonnés par des membres du gouvernement, faire acte de repentance, accepter que les Juifs ne soient plus considérés comme des citoyens au-dessus des lois internationales, mais entrent enfin dans le cadre de celles-ci, que leur statut de victime ne leur donne pas le droit de devenir à leur tour bourreaux, accepter que les Palestiniens vivent en paix dans une nation autonome où la circulation est libre. De l’autre côté, accepter que les Israéliens puissent vivre en paix dans leur propre pays, et avoir enfin des relations entre les Juifs et les Palestiniens réellement apaisées, avec deux nations autonomes qui sont enfin capables de coopérer librement.
Mais pour cela, la première priorité est de changer de régime.



