vendredi 11 mars 2022 - par Patrice Bravo

Les Occidentaux en grande difficulté dans la crise énergétique

Si les régimes des pays occidentaux cherchent activement des solutions dans la crise énergétique actuelle, il devient désormais assez évident que les difficultés observées aujourd’hui pourraient au contraire que croître.

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Les prix du pétrole et du gaz continuent de battre des records de plusieurs années. Si les USA ont annoncé l’interdiction des importations de pétrole et de gaz russes, l’UE semble incapable de pouvoir franchir le pas même si les responsables bruxellois continuent de gesticuler quant à la nécessité de réduire la forte dépendance aux livraisons énergétiques en provenance de Russie. 

La Norvège, deuxième fournisseur de l’UE derrière la Russie (20 et 45% des besoins européens respectivement) a d’ores et déjà déclaré ne pas être en mesure de pouvoir augmenter ses livraisons de gaz. Les bureaucrates bruxellois s’activent également en ce moment du côté des pays africains, notamment l’Algérie et le Nigéria, mais là aussi le constat parait évident : il ne sera pas possible, d’autant plus à court terme de pouvoir compenser le volume d’importation de gaz russe de manière sérieuse et notable.

Des faits très intéressants sont en train de se passer également au Moyen-Orient. The Wall Street Journal rapporte que les dirigeants saoudien et émirati ont refusé les appels téléphoniques du président US Joe Biden et auraient également signalé qu’ils n’aideront pas à atténuer la flambée des prix du pétrole, à moins que Washington ne les soutienne officiellement dans la guerre au Yémen.

En parlant toujours des pays du Golfe, il faudrait rappeler que les Emirats arabes unis, n’ont pas souhaité se joindre aux sanctions occidentales contre la Russie et s’étaient abstenus lors du vote au Conseil de sécurité onusien sur le dossier ukrainien en qualité de membre non-permanent. 

Tous ces événements confirment une fois de plus que la spirale des pressions, intimidations et sanctions en tout genre se retourne contre ses instigateurs. L’establishment occidental a beau vouloir faire passer l’idée de son extrême puissance dans les affaires planétaires, tout en continuant d’espérer un retour radical à l’ordre unipolaire – la réalité actuelle démontre que d’une part l’effet boomerang se fera ressentir de plein fouet sur la partie occidentale du monde, et de l’autre que nombre de pays de la planète, longtemps considérés comme ses alliés, s’éloignent progressivement de l’Occident.

Evidemment, les plus radicaux des atlantistes mettront en avant l’idée que l’unité occidentale est aujourd’hui la priorité absolue. Le fait est que même si cette prétendue unité saurait être obtenue, il leur sera extrêmement difficile d’expliquer à leurs populations les effets économiques que ces mêmes populations vont subir. Et pour beaucoup – subissent déjà. Probablement plus important encore, les événements récents auront démontré que le monde dans sa globalité – est effectivement énormément plus grand que le simple petit monde occidental, même si ce dernier continue d’activer des leviers sur lesquels il possède encore un contrôle.

L’autre avantage des événements en cours est qu’il aura également montré que de nombreux pays du monde n’ont plus peur de se libérer du joug « démocratique » occidental. Les masques de l’extrême arrogance et d’hypocrisie au summum sont définitivement tombés, et les nombreuses nations du monde comprennent parfaitement que le monde d’aujourd’hui et à venir ne peut être que post-occidental.

En attendant, les élites atlantistes peuvent continuer à chercher des solutions pour tenter à diminuer les effets de choc qui sont d’ailleurs loin d’avoir atteint toute leur intensité. Le souci est que leur incompétence professionnelle, alliée à une mentalité néocoloniale de supériorité, ne présagent absolument rien de bon. Y compris à destination de leurs propres populations.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs

 

Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3667



6 réactions


  • confiture 11 mars 2022 18:38

    oui , et ?


    • mac 12 mars 2022 11:24

      @confiture
      Et ?
      L’occident réalise qu’il est probablement décadent et que sa chute pourrait être encore plus rapide que celle de l’empire Romain ?
      Le réveille de la population biberonnée à la téléréalité et aux fast food américains risque d’être violent...
      Notre PIB est calculé dans des monnaies de singe (planche à billet) , si on le calcule en PPA, USA +UE ne représentent plus que 30% de la part mondial, ça en met un coup...


  • Attila Attila 11 mars 2022 18:57

    C’est exact, on assiste au basculement du monde. La Chine et la Russie nous font remarquer que l’Occident est minoritaire dans l’ensemble des pays du monde. Nous avons fait tellement de saloperies dans le monde que nous ne sommes plus crédibles pour faire la morale. L’essentiel des ressources du monde ne sont pas en Occident mais dans le monde majoritaire et de plus, l’Occident n’est plus la plus grande puissance économique, la Chine a dépassé les États-Unis, la plus grande puissance militaire sur le terrain est désormais la Russie.

    La Chine et la Russie sont alliés, la Russie a le soutient la Chine pour l’Ukraine et la Russie soutient la Chine pour Taïwan.

    Chine : Les propos stupéfiants de l’Ambassadeur Zhang Jun sur l’Occident

    .


  • sylvain sylvain 11 mars 2022 20:39

    Incontestablement, tout ça montre une impréparation totale a ce qui est en train de se passer .C’est d’autant plus surprenant que les EU étaient apparemment convaincus que la russie attaquerait cet hiver .

    Enfin je suppose que les saoudiens auront leur soutien, et j’ai lu que les EU étaient en train de renégocier avec le venezuela .C’est la grande foire au pétrole ! 

    Les EU ont encore une fois montrés qu’ils n’avaient aucune considération pour l’europe, il serait temps d’en prendre acte


  • Moi ex-adhérent 12 mars 2022 08:36

    Nous avons compris que l’OTAN veut isoler la Russie, l’étouffer, la ruiner, la couper du monde. Les formules étant nombreuses, chaque homme ou femme politique veut la sienne. Seulement, il y a la réalité, cette empêcheuse de tourner en rond.

    BRICS, on aime ou pas, mais a quand même le mérite d’exister. Le G7 tout le monde en entend parler, les journalistes en premiers. BRICS une certaine réticence à l’évoquer, la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, veulent se soutenir mutuellement, et ça fait beaucoup, beaucoup de monde, sans compter les autres pays postulants.

    Le danger serait que l’OTAN s’isole d’elle-même ... comme une grande


    • Attila Attila 12 mars 2022 10:56

      @Moi ex-adhérent
      En plus des BRICS, il y a l’OCS, Organisation de Coopération de Shangaï regroupant la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, l’Inde, le Pakistan et l’Iran.

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