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Les petits pas qui auront été faits en Indochine, avant que n’émerge le vampire De Gaulle… (47) - AgoraVox le média citoyen
jeudi 13 novembre 2025 - par Michel J. Cuny

Les petits pas qui auront été faits en Indochine, avant que n’émerge le vampire De Gaulle… (47)

S’agissant de la petite place faite par L’Écho de Paris, dans son numéro du 21 juin 1932, aux activités de Paul Reynaud, alors ancien ministre des Colonies, il faut ajouter – rien qu’en passant - une remarque qui peut, tout de même, avoir son importance. Certes, il avait été embarqué naguère dans l’aventure tentée par Henri de Kerillis de participer à une élection partielle… Attelage tout de même plus ou moins brinquebalant. Paul Reynaud n’avait, lui, aucune propension au fascisme…

Avant juin 1940, comme plus tard, en 1958, lorsqu’il présidait le Comité consultatif constitutionnel, Paul Reynaud a toujours marqué ses distances par rapport à la personne même de Charles de Gaulle.

Tout cela ne change rien au fait qu’il était un responsable politique de droite, d’une droite d’une assez impressionnante rigidité en matière économique, ce qui ne l’a jamais empêché, à titre personnel, d’être inventif… et donc d’être très souvent isolé dans son propre camp.

Or, si l’Indochine a été au cœur de la carrière politique de Charles de Gaulle et des crimes auxquels il a pu mettre la main, nous pouvons justement remonter en-deçà de l’époque où Paul Reynaud était ministre des Colonies, pour prendre connaissance de la gravité de la situation à laquelle il avait eu à faire face en Indochine, tandis que celle-ci commençait à prendre une importance de plus en plus criante dans la politique de la France, de sorte qu’il devenait impossible de n’en pas parler à la Chambre des députés…

Nous y voici, lors de la séance du 6 juin 1930, c’est-dire en un temps où le ministre des Colonies était François Piétri…,
https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k6520558w/f1.image.zoom

La parole est alors au socialiste Marius Moutet, à propos, justement, de la situation en Indochine…
« Chaque jour, des manifestations nouvelles nous montrent que la situation s’aggrave, que l’agitation s’amplifie, qu’elle gagne les troupes et les masses, et que la protestation prend un caractère très net de revendication révolutionnaire contre le régime français.
Ces manifestations se traduisent, tantôt par des attentats contre les biens, tantôt par des attentats contre les personnes, tantôt par des démonstrations publiques et tumultueuses. Elles entraînent des répressions lourdes, des condamnations sévères et elles nous placent en face de la nécessité d’examiner la situation, non pas seulement du point de vue des événements actuels, mais surtout du point de vue de l’avenir de l’œuvre française en Indochine. » (page 2428)

Puis vient Pierre Taittinger, dont nous avons gardé à l’esprit qu’Henri de Kerillis le plaçait en parallèle avec André Maginot pour, éventuellement, prendre la tête des anciens combattants, et initier une copie française, plus ou moins conforme, du fascisme italien…
« Que ce soit à Sumatra, que ce soit à Java, au Cap, aux Indes anglaises, à Yen-Bay, celui qui dirige les bras des assassins n’est pas à en-Bay, n’est pas à Sumatra, au Cap, à Java : il est Moscou. » (page 2436)
« La vieille parole de Lénine est à la base de tout cela, cette parole selon laquelle on viendrait à bout de l’Occident par l’Orient. » (page 2436)

Manifestement, Pierre Taittinger force un peu le trait… et semble vouloir nous renvoyer au prétendu péril jaune, alors qu’il n’était question, pour Lénine, que de mettre fin à l’impérialisme occidental, sans du tout transformer les peuples colonisés en hordes sauvages plus ou moins revanchardes… Mais, laissons-le poursuivre son propos…
« C’est Zinoviev qui déclarait, lui aussi, qu’il fallait porter l’agitation au point faible des puissances capitalistes, c’est-à-dire dans leurs possessions lointaines, que c’était là qu’il fallait frapper d’abord.
On y trouve, en effet, des populations à l’âme naïve et candide, qui écoutent plus facilement que d’autres certains appels à la haine. Elles n’ont pas le bon sens robuste de l’ouvrier ou du paysan de France, qui, lorsqu’on lui expose les théories les plus incendiaires et les plus révolutionnaires, en prend et en laisse, et en prend même beaucoup moins qu’il n’en laisse. » (page 2436)
« Ce ne sont pas les bolchevistes russes qui ont agi directement aux Indes néerlandaises, à Yen-Bay, au Cap, aux Indes anglaises. Ce sont des hommes qu’ils ont recrutés dans ces différents pays.


Les Soviets sont allés les chercher en Annam, au Laos, au Cambodge, au Tonkin, à Sumatra, à Java, partout où ils voulaient exercer leur action. Ils les ont attirés, soit à Canton, soit à Moscou ; ils ont modelé en quelque sorte leur état d’esprit, il lesont armés pour la lutte. Ils leur ont donné, non pas simplement des directives, des doctrines, mais en même temps des mots d’ordre et de l’argent.
Et avec des mots d’ordre, de l’argent, de la résolution, ces hommes sont arrivés à provoquer une agitation formidable à travers le monde. » (page 2436)
« Nous nous trouvons, en quelque sorte, entourés par un immense incendie, qui est dans les Indes, qui est en Chine, qui a été aux Indes néerlandaises. Comment vouliez-vous qu’il ne tombât pas un jour des étincelles dans l’Indochine française ? » (page 2436)

Remarquons la grande prudence dont Pierre Taittinger fait preuve ici. Avant d’avancer une solution impérieuse, il pose, avec une certaine retenue, le problème qui se présente… et il se glisse prudemment dans l’une des deux options…
« Les uns disent qu’il faut que la France cesse tout de suite les relations avec les Soviets. » (page 2436)
« D’autres disent, comme moi, qu’il faudrait tâcher de provoquer une sorte d’alliance de tous les peuples qui sont guettés par le bolchevisme. »

Et voilà qui commence à nous intéresser beaucoup… Puisque ce serait revenir à la solution déjà mise en œuvre par treize pays occidentaux dès les lendemains immédiats de la Révolution d’Octobre… Or, désormais, selon Pierre Taittinger et quelques autres, cela est parfaitement logique…
« L’Angleterre travailliste est guettée par le bolchevisme dans ses dominions. Le royaume de Hollande est guetté, lui aussi, par le bolchevisme, dans ses possessions lointaines. La République française est menacée par les entreprises bolcheviques en Indochine et dans beaucoup d’autres de ses colonies. Je voudrais que l’on arrivât à provoquer une sorte d’entente de toutes ces puissances intéressées une sorte de croisade, parfaitement, car il ne s’agit pas de faire faire ce geste à la France seule. Pour être pleinement efficace, il doit être accompli en même temps par d’autres. » (page 2436)

Ah, certes, dans cette courte liste, il n’y a pas l’Allemagne… De ce côté-là, Pierre Taittinger sera longtemps très réticent, et la preuve s’en trouve dans le Rapport de la commission d’enquête parlementaire qu’il avait menée sur le front en mars 1940… et qui nous permettra, le moment venu, de retomber sur les manœuvres de la sinistre équipe Huntziger-De Gaulle…

Pas d’Allemagne, mais le problème reste entier…
« Car Moscou joue merveilleusement, selon les pays, selon les terrains. Moscou se sert des communistes en certains pays et des nationalistes en d’autres. » (page 2436)

Or, en France…
« Il y a, à Paris, une association générale des étudiants indochinois. Cette association est composée de deux parties, l’une qui est communiste, l’autre qui est séparatiste. » (page 2437)
« Les socialistes, comme les patriotes, ont été écartés ; on n’a conservé que les communistes et les séparatistes. » (page 2437)

La solution principale, enfin…
« [Entre autres mesures, il faut] renforcer, en Indochine, les éléments armés européens ou français. On y a envoyé un bataillon de la légion. Ce n’est pas suffisant. » (page 2437)

Et puis, à l’intérieur de la France elle-même…
« J’en arrive à la nécessité de nous défendre contre la propagande bolchevique. Vous avez certainement été tous surpris de l’extension déconcertante de ce mouvement en Indochine. » (page 2438)
« Il y a eu des émissaires de Moscou, avec leurs tracts, leurs brochures, leurs mots d’ordre, leurs consignes, leur action de chaque jour. » (page 2438)
« Notre responsabilité est engagée ; il faut que par la brochure, par le tract, par les émissaires, nous luttions contre cette propagande bolcheviste. » (page 2438)
« Je constate que la Chambre a déjà fait un gros sacrifice, puisque nous avons donné plus de 600 millions – tous les partis y ont consenti – pour l’organisation de la défense en Indochine. » (page 2439)
« Si la France se retirait demain, il ne faut pas croire que ce serait le triomphe de la doctrine de l’Annam aux Annamites, du Laos aux habitants du Laos, ou du Tonkin aux Tonkinois. Il y aurait un autre maître, je ne veux pas savoir lequel. » (page 2440)

Mais si, tout de même…
« Ce serait probablement, en effet, le communisme. » (page 2440)

Certes, en 2025, avec la Chine, le Vietnam, etc… Mais, en 1930, la conclusion de Pierre Taittinger ne pouvait guère manquer d’annoncer un futur guerrier plus ou moins immédiat (1945 - quinze ans, tout de même – pour l’envoi du corps expéditionnaire, sous l’impulsion du président américain Harry Truman visité par… Charles de Gaulle)…
« Il faut que la France déclare ici, par l’organe de son ministre des colonies, qu’on ne touchera à aucune partie de son empire colonial, que partout où flotte le drapeau français, il restera. » (page 2440)

Nous attendons, avec une certaine impatience, la suite de ce débat du 6 juin 1930…

Pour en savoir plus sur le présent travail, veuillez suivre ce lien...
https://dejeanmoulinavladimirpoutin.wordpress.com/

Michel J. Cuny



3 réactions


  • Gasty Gasty 14 novembre 2025 08:42

    Ça va vous faire un choc « Michel J.Cuny » mais il faut que je vous le dise quand même.

    Charles de Gaulle est décédé le 9 novembre 1970 à Colombey-les-deux-Églises, en Haute-Marne.

    Voilà ! Inutile de vouloir sa peau. Votre volonté à vouloir éliminer votre adversaire est vaine.


    • ZenZoe ZenZoe 14 novembre 2025 10:59

      @Gasty
      C’est dans l’air du temps, il y en a même qui s’en prennent à Napoléon, empereur mégalo et belliciste... mort il y a 200 ans. Que voulez-vous, il faut bien occuper le temps quand on ne trouve rien d’utile à faire de sa vie


    • mmbbb 16 novembre 2025 11:31

      @Gasty non pas que je veuille dresser un portrait dithyrambique de Gaulle et sa politique coloniale mais lui attribuer la seule responsabilité dans cette histoire dénote un parti pris de cet auteur .

      La soumission du Tonkin et de l’Annam complète cette expansion dans le cadre d’un programme politique mené par Léon Gambetta puis Jules Ferry : il s’agit d’y trouver des matières premières et des débouchés industriels alors que débute la Grande Dépression (1873-1896) qui provoque en Europe « la course aux colonies »

      Ce grand Ferry jamais déboulonné par cette gauche .

      et la défaite de Dien Phu , ce fut la 4 eme et les politiques n avaient pas une vision pour cette colonie lointaine .

      Bref du Cuni pur jus 





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