vendredi 18 mars 2011 - par Gabriel

Les prémices d’un changement

Un nouveau monde est entrain de naître sous nos yeux. Issu d’une profonde mutation des consciences et fruit d’une évolution culturelle touchant un nombre d’individu toujours plus important. Certes les soubresauts du monde agonisant sont encore nombreux, provoqués par les profiteurs bien installés dans leurs acquis et qui sont prêts à une guerre sans merci pour la conservation de ceux-ci. Mais le sens de l’histoire est indiqué par la volonté des peuples et ceux-ci sont entrain d’ouvrir les yeux faces aux dictatures qu’elles soient douces ou féroces. Pendant que des dirigeants fous massacrent leurs peuples quelque part sur le continent Africain, chez nous les présidents et les ministres de nos démocraties tournent la tête ailleurs et s’accrochent désespérément à leurs joujoux nucléaires appartenant à des sociétés qui se chargent, en contrepartie, de garnir leurs comptes en banque. Dangereuses et inconscientes attitudes, paris irraisonnés et irraisonnables sur l’avenir de millions de personnes. Alors que les peuples des pays d’Afrique luttent courageusement pour leur liberté, nos démocraties se replient frileusement dans l’identitaire et pendant que le pays nippon sombre dans l’enfer, ici en France nous nous équipons sans vergogne en prenant des risques aux conséquences incalculables. Notre gouvernement nous présente comme les champions du monde en terme de sécurité nucléaire, il faudra prévenir la nature qu’elle n’a aucune chance devant autant de superbe. Le Diable si il existe est dans les détails mais il peut se reposer, à chatouiller la queue du dragon, nous oeuvrons à sa place.

Pouvons nous négocier avec des chiens enragés qui n’hésiteront pas à nous mordre la main dés que nous l’aurons tendu ? Faut il des loups pour traiter avec des semblants d’humains qui ont subit l’ablation du cœur afin de pouvoir, à cette place gagnée, ranger de plus volumineux portefeuilles ? Ou nous faut il des justes ? Des justes, oui vous savez, ceux qui pensent et agissent collectif, il y a bien longtemps que nous n’en avons plus vu à la tête des nations mais n’est ce pas parce que nous leurs avons préféré les menteurs et les racoleurs ? Tout pouvoir qui cultive l'hypocrisie de sa perfection ne tombe pas seulement dans le ridicule et dans les excès de la dévotion à lui-même ; il détruit aussi l'espoir de la nature humaine en la continuité du progrès.

Nos dirigeants arc-bouter sur des biens souvent mal acquit, stupides et tristement nostalgiques d’une sombre période à l’agonie, sont dans l’incapacité temporaire d’évoluer dans le sens d’une humanité partagée. Ils ont sacrifié les droits de l’homme sur l’autel de la finance en signant des traités avec les pires dictateurs de ce monde. Les compromis qu’ils ont passé avec la folie afin d’asseoir leur confort et d’enrichir leurs mentors ont fait des milliers victimes. Les temps changent et pour eux, le temps des regrets et du repenti est bientôt là. Ces messieurs devront rendre des comptes à leurs peuples sur les pactes faustiens qu’ils ont engagés au nom des nations qu’ils ont trahis. Un incendie nommer business consomme les âmes de la planète et les politiciens gangrenés par le profit ne se préoccupent plus de ce pourquoi ils ont été élus. (Les ventes d’armes ont rapportées 401 milliards de dollars en 2010 sur l’ensemble du globe.) Imaginez combien de vies auraient pu être épargnées et ce que nous aurions pu faire avec une telle somme ! L’éternelle guerre entre les fils de Cassandre et les enfants de Vénus finira par basculer à l’avantage des derniers car ils sont majoritaires, c’est la loi du nombre. La leçon que nous avons oubliée et que nous rappelle les peuples des pays arabes, c’est que les saines et pacifiques révoltes face à des paranoïaques mythomanes qui distillent leur poison au plus aux sommets des états, font évoluer l’humanité dans sa globalité. C’est en pensant et agissant collectivement que les solutions prisent par des gouvernements, sous contrôle permanent des peuples, seront bénéfiques. Un retour à la véritable démocratie ne se fera que par une refonte totale des institutions ou le peuple aujourd’hui écarté reprendra sa place légitime. Ainsi par le fractionnement du pouvoir nous mettrons en œuvre la plus sûre manière d'en empêcher les abus car une nation qui cède le pouvoir absolu à un homme lui donne le droit de tout oser, et de fait, s'impose la nécessité de tout souffrir. Nous voyons bien aujourd’hui, chez nous, que l'abus du pouvoir enfante tous les crimes. A l’heure actuelle nos dirigeants ont confondu pouvoir et délégation de pouvoir. Déconnectés des réalités et vendus aux différents lobbys, ils ne représentent plus qu’eux même et leurs intérêts, ils ont déifié la fonction et le pouvoir ce qui a produit automatiquement une perverse théologie de gouvernance.

Pour finir ces quelques vers de Corneille issu de la mort de Pompée qui illustre bien le contexte et la nécessité du partage et du contrôle de ce pouvoir par le peuple.

Quand on craint d'être injuste, on a toujours à craindre ;
Et qui veut tout pouvoir doit oser tout enfreindre,
Fuir comme un déshonneur la vertu qui le perd,
Et voler sans scrupule au crime qui le sert.



27 réactions


    • Gabriel Gabriel 18 mars 2011 11:55

      Bonjour Frabri,

      Merci pour tes liens. Je ne suis pas spécialement un adepte de la décroissance, je préfèrerai plutôt le terme de croissance maîtrisée dans un respect environnemental et dont les fruits sont justement répartis.


  • clostra 18 mars 2011 12:17

    Nous on a décrété que « small is beautifull »
    « mini mini tout est mini dans notre vie »
    On en a un « de poche »
    N’importe naouac !


    • Gabriel Gabriel 18 mars 2011 13:25

      Est ce que la taille rend agressif, aux vues des événements et de l’histoire la question mérite d’être posée.


    • Ronald Thatcher rienafoutiste 19 mars 2011 08:11

      la petite taille rend bien entendu plus agressif...
      souvenez-vous a la petite ecole, le plus petit etait martyrise par les plus grands, moque, violente, bizute... ca forge le caractere, mais ca developpe surtout un gros sentiment de revanche et de vengeance dans la vie adulte...


  • Cocasse cocasse 18 mars 2011 12:42

    nos démocraties se replient frileusement dans l’identitaire

    Encore un qui n’a rien compris à la monnaie, l’europe, le mondialisme et l’immigration.

    En une phrase, tous les termes biaisés aglutinnés : « démocratie », « replis », « frileux », « identitaire ». On va pas aller loin avec ça.


    • Gabriel Gabriel 18 mars 2011 13:36

      Bonjour Monsieur Cocasse,

      Vous sentez vous agressé, vous et vos idées politiques ? Que vous le vouliez ou non, vous aurez beau vous enfermer dans votre cabine cela n’empêche pas que nous sommes tous sur le même bateau et qu’un pays seul ne réglera pas les problèmes fondamentaux tel que l’énergie, la surpopulation, les changements climatiques, les flux migratoires, la pollution (Aujourd’hui nucléaire entre autre..) etc etc… De plus quelque soit le bord politique que vous avez choisi, sans une participation et un contrôle citoyen avec pouvoir de destitution immédiat envers les élus malhonnêtes vous aurez un UMP bis. Mais bon j’ai rien compris et vous avez tout compris donc, je suis rassuré. Merci de vos commentaires


    • Cocasse cocasse 18 mars 2011 13:59

      Bonjour,
      Je n’ai rien contre le reste de votre article, mais ce genre de phrase balancée comme cela à la va vite, cela saute aux yeux et je ne peux laisser passer sans réagir. C’est de la pure intox comme on en trouve sur les médias alignés.


    • Gabriel Gabriel 18 mars 2011 14:14

      Cocasse,

      Ce n’est pas de l’intox, c’est la réalité, regardez dans tous les pays d’Europe et vous verrez. Maintenant, c’est un choix, et il faut l’assumer. Libre d’être pour ou contre, là c’est un autre débat, personnellement je ne fais que constater la situation.


    • Cocasse cocasse 18 mars 2011 16:27

      D’abord, je crois avoir été un abrupt avec vous à ma toute première intervention, ce qui ne facilite pas l’échange, je m’en excuse.

      Vous ne faites pas que constater une situation, vous y apposez les termes péjoratifs habituels, tel que « frileux », ou « repli ». Il s’agit bien d’induire, comme le font les médias de marché, une opinion et une couleur morale.

      Faire un constat soudain, comme si c’était du jour au lendemain, n’a pas de sens non plus.

      Il y a une dynamique, et celle ci existait déjà il y a 30 ou 40 ans. A cette époque déjà, nous étions dans cette situation. Ce qui n’a pas permis son éclosion progressive sont les discours fabriqués dans les années 80, pro-immigrationnistes, anti-racistes, faisant office de digues. Mais le sentiment n’a pas disparu.
      C’est par la débauche accélérée de l’immigration, et l’accumulation de ses problèmes, que ces digues cèdent. Ces digues n’auraient jamais du exister puisque faussant la réalité.
      Ca c’est pour le coté identitaire.
      Au delà d’être « pour » ou « contre », j’essaie d’avoir une analyse du phénomène, et certainement que de brillants intellectuels l’on faite bien mieux encore.

      Ensuite, j’ai du mal à savoir si vous ne parlez que de l’identitaire, ou aussi du repli sur soi « nationaliste ». Autrement dit, le retour des souverainistes. Auquel cas, il s’agit là d’une mesure de défense nécessaire, indispensable, afin d’affronter les désastres du mondialisme, et aussi pour sortir du système de l’argent-dette. A nouveau, le terme « repli » ou « repli frileux » est déplacé, et constitue une opinion déguisée, à laquelle je suis forcé de réagir.


    • Gabriel Gabriel 18 mars 2011 17:01

      @cocasse

      Ce que je nomme par repli identitaire va de pair avec le nationalisme. Attention je ne formule pas cela en tant que critique et je comprends même ce repli étant donné le libéralisme sauvage et l’Europe des supermarchés qu’on nous impose et qui, si cela ne change pas, nous réduira tous en esclavage. Seulement, je ne crois pas que ce positionnement soit fiable sur le long terme. Je pencherai plutôt pour une Europe qui soit sous le contrôle démocratique des citoyens et non comme actuellement sous le contrôle des marchés et des lobbys. Une Europe avec des règles financières, sociales et environnementales communes. Un banque Européenne et des ministres qui soit sous le contrôle démocratique des jurys citoyens renouvelables avec pouvoir de destitution des  élus. J’insiste sur cette dernière condition qui est la seule garantie contre la confiscation du pouvoir par une élite avec les dérives que cela comporte et que nous connaissons car nous les subissons depuis maintenant un demi siècle.  Cependant ou je vais dans votre sens, c’est au niveau du tissu économique et là je prône en priorité le régionalisme et le savoir faire local pour redynamiser les territoires. Cela permettrai entre autre de relancer le petit commerce, l’artisanat et de limiter les importations de produit qui en terme de qualité, de destruction d’emploi et d’impacte écologique sont épouvantables. Maintenant ce ne sont que quelques idées de profane à débattre …


    • Cocasse cocasse 18 mars 2011 17:43

      Je vous conseille (si ce n’est déjà fait), de vous intéresser un peu au bloc identitaire, et à son partenaire italien. Par curiosité bien sur.
      Ce bloc prone une politique régionale (appelée localisme), et une identité française mais surtout européenne. Il s’en dégage finalement que cela rentre dans le moule européen libéral.
      En effet, en même temps que la destruction des états nations, l’europe cherche à créer un modèle de gouvernance plus implacable, en gérant des organismes plus petits, moins aptes à se défendre : les régions.
      Ce que vous appelez « repli identitaire » est en réalité plus proche des idées de ce bloc, que celles des partis proposant le retour à la souveraineté nationale.

      Vos idées sont celles d’une « autre europe », qui n’est plus inféodé aux marchés, et un développement vers plus d’autonomie et plus écologique, par la production et l’action locale.
      Dans le cas où cette autre europe n’apparaitrait pas, on se retrouverait dans le premier cas que je vous ai cité : Europe libérale + régions.

      La question principale qu’on tend à se poser alors est « comment faire pour parvenir à cette europe là ». Pour ma part, j’ai fini par être convaincu que cela était impossible, et qu’il fallait tout refaire à zéro. Les arguments qui ont pesé le plus pour m’en faire arriver à cette conclusion sont ceux de F.Asselineau (UPR), offrant un recul historique et décrivant les forces à l’oeuvre de façon documentée. Ces arguments sont trop nombreux pour que je puisse en faire un inventaire ici.

      Même s’il m’arrive de défendre des idées comme le refus de l’immigration, cela reste très minoritaire par rapport aux sujets clés que sont l’europe et la monnaie (et par extension le mondialisme). Le déficit démocratique d’une gouvernance européenne, donc dictant des règles de plus en plus nombreuses sur tous les aspects de la vie à tous ses pays (80 à 90% de la législation), m’a naturellement conduit à envisager la souveraineté comme seule garante qu’un pouvoir étatique soit réel, et reflet de la volonté populaire.


    • Gabriel Gabriel 18 mars 2011 18:01

      Cocasse, merci d’avoir dialogué. Pour finir je vous citerai le grand Jacques : « On n’était pas du même bord, on ne suivait pas le même chemin mais on cherchait le même port.. »


    • Gabriel Gabriel 18 mars 2011 14:27

      Bonjour Orion,

      Merci de votre commentaire, vous avez raison c’est grâce à l’information libre (Internet) que les peuples prennent conscience des réalités. De plus les enjeux qui nous attendent (Climat, énergie, surpopulation, gestion de l’eau, biotechnologie etc..) Exigent des débats et des réponses collégiales et nous ne pouvons laisser cela entre les mains d’une poignée de dirigeants à la solde des multinationales et des financiers de la planète. Aux citoyens de prendre leurs destinés en main. Cordialement


  • Parrison Parrison 18 mars 2011 17:08

    « A l’heure actuelle nos dirigeants ont confondu pouvoir et délégation de pouvoir. Déconnectés des réalités et vendus aux différents lobbys, ils ne représentent plus qu’eux même et leurs intérêts, ils ont déifié la fonction et le pouvoir ce qui a produit automatiquement une perverse théologie de gouvernance. »

    Moi... là, j’applaudis... !

    Analyse très fine qui redonne espoir en l’humain....J’espère que votre article sera lu par le plus grand nombre.... !

     Merci Gabriel... !

    Laeti


  • ELCHETORIX 18 mars 2011 19:05

    bon article l’auteur oui le tout début de changement amorcé par ce qui se passe en Afrique du nord et ailleurs dans le monde arabe !
    Mais l’EMPIRE le NOM est toujours là , il change de mode de direction , il s’adapte , il tergiverse mais comme en Egypte , le pharaon est parti , mais son système reste intact .
    Tant que le système économique capitaliste perdure , rien ne changera ou plutôt le monde va tout droit contre le mur - nous en avons un aperçu au malheureux JAPON .
    néanmoins , j’espère qu’après tous ces derniers événements , le monde , les peuples commenceront à dire leur mot càd prendre leur destinée en mains pour le plus grand bien de l’humanité - un monde apaisé de ses peurs et craintes dues par la cupidité et l’égoïsme de certains ( les soit-disants élites ) .
    Moi aussi j’observe et je commence à être fatigué d’aller voter sans que rien ne bouge , mais bon encore un espoir en l’humain , encore que la nature humaine semble immuable comme tétanisée donc sans avenir !
    RA .
    .


    • Gabriel Gabriel 19 mars 2011 06:12

      Bonjour ELCHETORIX

      Notre monde est entrain de muter. Cette mutation est le fruit d’une évolution des consciences qui elle-même est la résultante d’une élévation du niveau de culture des citoyens. Le chemin est encore long mais la direction est la bonne. Ceux qui ont le pouvoir feront tout pour freiner ou stopper l’émancipation des peuples, cela autant par cupidité que par ignorance. Comme tu le rappelles si bien, la nature par sa révolte soude les individus et fait rejaillir ce qu’il y a de bon en eux (Solidarité). Merci de ton passage.


  • ddacoudre ddacoudre 18 mars 2011 19:38

    bonjour gabriel
    merci pour cet excellent article, moi aussi parfois je suis fatigué attendre. je sais que cela s’inversera, mais peut être pas de mon vivant, car le capitalisme à encore de la matière a consommer pour lui donner de l’énergie et ces peuples que tu prends en référence il n’est pas à exclure que ce soit du capitalisme qu’il veuille, ignorant que c’est de lui qu’ils tirent leur maux.
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    cordialement.


    • Gabriel Gabriel 19 mars 2011 06:20

      Bonjour ddacoudre,

      Je crois que le capitaliste est entrain de s’autodétruire car à chaque fois qu’il fabrique des pauvres, il tue ses clients. De plus les ressources de la planète s’épuisent. Le système capitaliste n’en n’a jamais assez, ne connaît aucune limite, il me fait penser au serpent affamé qui commence par se mordre la queue jusqu’à la tête. Stupide et meurtrier. Cordialement


  • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 18 mars 2011 21:27

    Cet article est un recueil de lieux communs.


    Quand comprendrez vous donc que la principale cause des maux que vous dénoncez est justement cette DÉMOCRATIE que vous et bien d’autres continuez à incanter ?

    Quand comprendrez vous donc que la seule alternative est INDIVIDUELLE et ne passe pas par le peuple, ce royaume de médiocrité insane ?

    • ddacoudre ddacoudre 19 mars 2011 00:23

      bonjour axel

      la régression vers l’animalité n’est pas un acte de civilisation, même si la démocratie n’est pas la panacée tant faire qu’il puisse en exister une.

      Nous naissons unique mais dépendant.

       

      Être un sujet unique porteur de notre individualité ne s’acquiert pas, nous naissons comme cela grâce à la dépendance, l’attraction de deux Êtres dont nous allons être culturellement dépendants.

      Nous qui tenons tant à notre individualité, imaginons-nous seul dans un espace ou tout serait uniforme, quelle que soit notre capacité individuelle : nous en mourrions.

      Pour vivre, il suffirait que dans cet espace uniforme il y ait une chose qui dénote, quelque chose avec laquelle il peut y avoir un échange d’information qui créerait un mouvement, qui attirerait notre attention comme nous le disons. Alors cette chose deviendrait le centre de notre existence non pas parce qu’elle a une quelconque, valeur mais parce que l’information que nous captons d’elle nous donne un repère auquel nous allons nous associer pour nous mettre en mouvement.

      Dans l’uniformité d’un ciel bleu, ce serait un tout petit nuage et dans une uniformité nuageuse ce serait un coin de ciel bleu.

      Ainsi s’il y a vie et mouvement, ce n’est pas parce que nous avons une existence unique, avec son tempérament, mais parce que nous pouvons « nous regarder, nous percevoir, nous sentir » les uns les autres et acquérir un caractère.

      S’il y a vie et mouvement, c’est parce qu’il y a le monde, un miroir gigantesque dont nous deviendrons le reflet.

      Ainsi, dès que l’on naît, on est dépendant de la matrice maternelle, puis des tiers que l’on côtoie. Et quand l’on est enfin à l’âge de comprendre que l’on est qu’un sujet unique il est trop tard, parce que le Moi a déjà été en partie façonné par les autres et l’environnement. 

      Peut-il en être autrement ? 

       

      Aussi, affirmer son indépendance vis à vis d’autrui cela conduirait à s’isoler et ne plus avoir conscience d’exister ; à ne plus rechercher de lien avec l’autre (qui est toujours une entrave à sa « liberté arbitraire ») ; exercer une tyrannie irréductible, ce qui s’avérerait impossible (dans le sens où le tyran doit toujours être en état de vigilance donc tenir compte des autres). 

       

      L’individualisme n’est donc qu’un état d’être. L’individualisme c’est le commencement, c’est la naissance sans cesse recommencée. A l’inverse se réaliser en tant que personne, individu, sujet unique (se personnaliser) en partant de tout ce que nous ont apporté les autres ajouté à notre tempérament, pour forger notre caractère, notre singularité dont découlera notre existence : c’est un autre discours.

      Ce n’est pas être indépendant des autres, mais être dépendant de toutes leurs histoires. De plus les nouveaux venus, en fonction de l’apprentissage et du savoir qu’ils auront accumulé, seront en mesure de faire évoluer la relation de dépendance de l’Homme à l’Homme et à son environnement.

      Non pour en être indépendant, mais pour s’y développer et améliorer si possible sa condition humaine en prenant en compte ses différences et ses singularités. Mais pour cela encore faut-il comprendre ce discours.

      Si bien qu’avoir une association d’idées que d’autres n’ont pas eue, n’est pas être indépendant d’eux. C’est simplement faire une analyse à partir de ce qui est notre existence unique à laquelle nous associons les informations d’événements que nous vivons, ainsi que les informations sur la vie des autres que nous avons emmagasinées dans notre mémoire.

      Sauf que ceci inclut quelque chose d’important la reconnaissance due à autrui d’être ce que chacun devient, tout en affirmant sa propre personnalité source de créativité qui est pondéré par le groupe.

      Ce dernier point n’est pas une décision concertée du groupe, mais plutôt une obligation immanente (obligation de se rencontrer, conscience collective ou loi des probabilités) pour atteindre des objectifs collectifs qui dépassent la seule capacité d’un individu et exigent la durée. Le tout dans une convergence de buts au travers d’enchaînements d’événements associatifs et dispersifs. Dans ce cas affirmer son indépendance revient à nouer de nouveaux liens d’interdépendances dans la permanence d’une sociabilité qui bien que variable, n’en reste pas moins incontournable.

       

       à la recherche d’un paradoxe irréalisable

      Toutefois, ce n’est pas dans l’optique de la reconnaissance de cette sociabilité que l’on s’éduque. Elle est le plus souvent regardée comme le moyen de se garantir la recherche d’une indépendance et d’une autonomie individuelle par l’Independence économique.

      En fait les individus veulent une sociabilité qui leur garantisse « la liberté arbitraire » au travers de l’individualisme qui génère en fait une désocialisation par la disparition des phénomènes de solidarité qui lient inévitablement les individus entre eux, au prétexte de la nécessité de se livrer à la compétition sans foi ni lois.

      Cela pour maintenir une activité basée sur la croissance de la consommation qui, pour être attractive, doit être désirée et donc, dans nos pays riches, « individualisante ».

      Ceci renforce notre perception de sujet unique qui finit par considérer qu’il peut exister tout seul, et qu’en disposant des moyens financiers il peut tout obtenir des autres dans un meilleur rapport coût/avantage compétitif qui forcément exclut des tiers.

      Ces derniers deviennent alors sources de problèmes et engendrent une désocialisation qui se révèlent par un accroissement de désenchantement (mal être), de la délinquance et de ce que nous appelons aussi les incivilités.

      Et curieusement au lieu de faire face à ce problème, les individus réclament une protection isolationniste pour étouffer le problème. Problème qui ne pourra que croître puisque les individus réclament une sociabilité « désocialisante » et « désolidarisatrice ».

       

      Par certains côtés cela ressemble à du suicide psychique, parce que par idéologie dogmatique les individus sont à la recherche d’une indépendance et d’une autonomie individuelle qui en fait ne dépendent que des autres et de la place que l’on a dans une communauté humaine que l’on s’évertue à juger trop pesante.

       

      Ceci sans se rendre compte que ce sont des Autres que l’on parle ainsi, de l’Autre sans lequel on n’aurait pas conscience de sa propre existence.

       

      Et non content de parler ainsi, l’on agit ainsi, car dans notre organisation économique l’Autre est devenu un coût. Si bien que la vie est devenue un coût qui se marchande.

       

      Si nous devions donner le symbole de l’échec de la contestation de Mai 68 qui se voulait nourrir de nouvelles espérances émancipatrices, ce serait l’individualisme qui s’est retourné contre ses promoteurs dans la recherche d’une autonomie devenue castratrice de la liberté positive.

      Ceci parce que l’idée a été reprise et réorientée par une économie « rationalisante » qui emploie un langage ambivalent tendu vers un seul objectif, faire le meilleur rapport coût/avantage qui conduit à ce que Gérard Mermet a appelé « l’égologie ».

      De plus, le mode de vie urbanisé « concentrationnaire » n’est pas étranger à cette recherche d’autonomie qui est une réponse à la promiscuité, et à tous les petits problèmes qui en découlent, et qui demandent un effort permanent de civilités.

      Dans cet univers l’autonomie se rapproche plus de la recherche d’un havre de paix où l’on peut souffler sans devoir en permanence composer avec l’autre (les trois quarts des français vivent dans des zones urbaines).

      Généralement ce besoin d’évasion se compense par une consommation dont les grands magasins, centre commerciaux et autres ont su en faire l’analyse psychologique pour offrir la possibilité de jouer, se promener et rêver.

       

      Les individus compensent l’ennuie, le désœuvrement par une consommation presque compulsive, ou se fédère par les drames ce que nous vivons depuis trente ans, et dont l’actualité le démontre encore.

       

      Ceci et la conséquence des cités urbaines où les citadins ne disposent d’aucun horizon, d’aucune perception apaisante mais où l’autre est toujours présent grâce à la télévision notamment.

       

      Nous nous trouvons ainsi devant une situation étrange, celle d’un univers aussi « concentrationnaire » que les cités urbaines qui devrait pousser les individus à rechercher l’évasion dans de grands espaces pour se régénérer, en clair de disposer de plus temps pour une retraite ou de congés apaisant.

      Au lieu de cela ils se « ré agglutinent » la plus part dans des espaces tout aussi concentrationnaires pour consommer des produits ou du tourisme. Ce phénomène est connu dans l’étude des comportements des animaux dans les zoos, des individus dans des établissements d’aliénés et dans celui des prisons. Les animaux libérés retournent vers leur cage, certains aliénés retombent malade quand on leur dit qu’ils sont guéris, des détenus craignent leur libération et compensent l’incarcération par une boulimie nutritionnelle.

       

      Chaque individu tient de son existence unique la capacité d’analyser les informations qu’il perçoit à l’aide d’une structure cérébrale identique à chacun.

      Les différenciations ne viendront que par l’apprentissage du traitement des informations qu’il ramènera à soi de manière immanente, pour ensuite les restituer et donner un mouvement à son existence.

      Mais nous savons aussi que les informations partent des cités urbaines pour se répercuter dans les « campagnes » (la dernière campagne électorale sur l’insécurité en a été le parfait exemple).

      Ainsi, chaque vie s’exerce dans un milieu restreint dû à notre condition humaine et nous ne traitons que des informations partielles.

      De telle manière que plus nous nous écartons d’une qualité des relations humaines plus nous réduisons la quantité et la qualité d’informations perceptibles ; plus nous n’écoutons qu’un type d’informations ciblées, moins nous disposons d’une appréciation globale. On comprend mieux que s’affirmer indépendant des autres, affirmer son individualité en ce sens n’est qu’un processus régressif qui conduit à la désintégration de toute communauté humaine ou société si l’individu ne veut exister que pour « soi-même ».

      De fait l’individu génère un surcroît de violence car celui-ci ne peut avoir conscience de son individualisme que par l’existence des Autres qu’il veut paradoxalement ramener à son image, niant par-là leur propre individualité, alors que l’Autre n’est là que comme repère et complément.

      La perception de ce phénomène que l’on cultive est rendue possible par le fait que chacun perçoit qu’il a une existence unique, mais qu’il ne perçoit pas que c’est l’Autre qui y donne vie.

      L’Autre lorsqu’il est le pendule, le nuage ou le coin de ciel bleu.

       

      En conséquence la contrainte exercée par un discours d’autonomie laisse supposer qu’en son nom on acquiert l’indépendance et la « liberté arbitraire ». Cette autonomie rejette le contrôle interne et, par l’impossibilité de son exercice toujours interféré par l’Autre, pousse l’individu à se sentir « agressé » dans son indépendance, et à réclamer pour les Autres l’autoritarisme répressif d’un contrôle externe dans le but de faire face aux conséquences d’une anomie issue d’une individuation trop faible.

      Existence unique et désir de voir l’Autre identique à notre image, constituent un paradoxe irréalisable

      Ainsi nous vivons en permanence dans cette dichotomie. Cette dernière ne semble alors ne pouvoir être surmonté que par une uniformisation négatrice de toute individuation.

      Ce sont les débats dans lesquels nous sommes entrés ou vers lesquels l’on nous pousse.

      Alors que l’individuation permet à l’individu de vivre en harmonie avec le groupe.

       

      Donc, l’individuation reste la seule solution civilisatrice au paradoxe, tandis que l’individualisme le nourrit dans un retour aux sources animalières.

       

      Nous voyons donc que l’autonomie n’est pas seulement posséder un moyen économique ; ce n’est pas seulement dire « j’existe » ; ni retirer un usage exclusivement personnel de l’acquis. C’est plutôt une intégration socialisante dans une solidarité « organico/mécanique » « capitalisatrice » des énergies et compétences, dans laquelle chacun devrait être un partenaire nanti d’une capacité « transgressive » de jugement, sans laquelle aucune évolution ne peut être accompagnée et aucune créativité ne peu naître.

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      cordialement.



    • Gabriel Gabriel 19 mars 2011 06:36

      Monsieur Axel de Saint Machin,

      L’individualité que vous prônez est la source de tous nos problèmes actuels. Captation des richesses par une minorité affamant la majorité = individualité. Pour conserver ces richesses la minorité possédante n’a pas d’autre alternative que d’instaurer une dictature (Seul système permettant de tenir le peuple dans la peur et dans l’ignorance) Dictature dure basée sur la violence et la répression comme dans les pays du tiers monde et dictature douce basée sur la peur, le mensonge et la rétention d’information dans les pays dit « Démocratique ». Quant au peuple que vos prenez pour un ramassis de crétin, dois je vous rappeler que vous en faites parti à moins que vous estimez être supérieur a la majorité. Si c’est la cas vous allez vers de sévères déceptions j’en ai peur…A vous lire. 


    • Gabriel Gabriel 19 mars 2011 09:23

      Bonjour Marc,

      Cela c’est avéré exact pendant 2000 ans, je n’y crois plus, c’est une impasse. L’évolution actuelle des consciences et la prise en compte par l’homme de son environnement font inverser cette tendance. Merci pour la citation.

    • Gabriel Gabriel 19 mars 2011 09:52

      Marc, je vous parle de l’évolution d’une conscience globale, universelle, vous me citez des systèmes totalitaires qui n’ont rien dévolutif et qui sont à la base réducteurs et destructeurs, nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde. Ceci dit, peut-être avez-vous raison quant à votre vision pessimiste de l’avenir, mais sincèrement j’espère que vous vous trompez. Merci de tout vos commentaires

       


    • Gabriel Gabriel 20 mars 2011 10:10

      Il est un fait que la perfection n’existe pas et n’existera jamais dans ce monde car l’homme, comme vous le dites, est fait de faiblesses et c’est pour cela que, sans croire que tout peu aller bien, on peut faire en sorte que tout aille un peu mieux. Dans cette optique il faut répartir les pouvoirs et confier le choix de ses orientations aux peuples et cesser la concentration des décisions entre les mains d’un seul groupe imposant ses lois à l’ensemble. Rassurez vous je ne crois pas en un monde de bisounours mais j’ai la ferme conviction que l’on peut faire beaucoup mieux que ce que l’on nous propose actuellement et de plus en plus d’individus en prennent conscience. Pour finir vous dites que vous pouvez vivre sereinement sans espoir, c’est une façon de voir et ce n’est pas très difficile pour peu qu’on sache cultiver l’impermanence, c’est la cool attitude « Après moi le déluge… » Pourquoi pas, chacun ses envies et ses pulsions ? 


    • Gabriel Gabriel 20 mars 2011 14:45

      Je pense que vous êtes très marqué politiquement, attention ce n’est pas un reproche que je formule, juste une constatation. Comme je l’ai dit précédemment, je ne crois plus en la possibilité d’un groupe de décider pour l’ensemble. Nous espérons tous atteindre le même but (Une vie meilleure pour la plus grande majorité) seul les chemins que l’on empreinte pour y parvenir diffèrent. Dans tout les cas merci d’avoir partagé vos idées et d’avoir écouté les miennes.


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