lundi 11 février - par rosemar

Les profs ont-ils le droit d’être malades ?

Depuis plus de trois semaines, un professeur de lettres du lycée est en congé-maladie : une dépression a conduit cette enseignante à l'hôpital... On imagine le désarroi des parents, des élèves qui se retrouvent privés de cours, depuis plusieurs jours.

Cette enseignante avait en charge 4 classes, au total, environ 140 élèves, notamment deux classes de première qui doivent passer l'épreuve anticipée de français du Baccalauréat, à l'issue de l'année scolaire...

Ces élèves ont pris du retard dans le programme et risquent d'être pénalisés... En catastrophe, le lycée a fait appel à un professeur en retraite pour dispenser quelques cours à ces élèves.

Mais le rectorat n'a pas trouvé de remplaçant pour assurer l'ensemble du service...

On le voit : la maladie d'un professeur peut entraîner des conséquences assez lourdes, notamment en cas d'examen de fin d'année. Voilà un métier où il est difficile de s'absenter : la responsabilité totale de l'année repose sur un seul enseignant, dans une discipline...

L'administration ne trouve pas toujours des remplaçants et les élèves risquent d'en pâtir.

Encore une fois, force est de constater la lourdeur de ce métier : l'enseignante malade a subi trop de pressions : elle devait affronter des classes surchargées, difficiles, indisciplinées et nous savons tous qu'elle n'a pas pu le supporter.

Or, l'enseignant malade est souvent montré du doigt, rendu responsable de cette défaillance et les professeurs se retrouvent, ainsi, culpabilisés de leur propre absence, de leur propre maladie.

Un enseignant malade... et ce sont des dizaines d'élèves qui sont concernés...

Oui, il est difficile de s'absenter dans ce métier, tant les responsabilités sont lourdes et importantes !

Et de plus en plus, l'administration peine à trouver des remplaçants.

Les tâches des enseignants se multiplient, leur travail devient de plus en plus complexe face à des classes chargées, peu attentives, hétérogènes.

Lourdeurs des corrections, multiplication des rencontres avec les parents, organisation de devoirs communs, le métier de professeur est de plus en plus prenant : les enseignants n'auront, bientôt, plus de loisirs et seront condamnés à se consacrer uniquement à leurs élèves...

On ne peut ainsi, sans cesse, charger les professeurs de toutes sortes de difficultés et de contraintes, on ne peut, sans cesse, les accabler d'un travail qui devient impossible à assurer dans de bonnes conditions.

Bientôt, ce métier n'attirera plus aucune vocation, car il devient de plus en plus exigeant, et les candidats aux concours risquent de se raréfier...

Non seulement, ce métier peut rendre malade mais, en plus, l'enseignant devient souvent un bouc émissaire, jugé coupable de ses propres absences.

Le burn out des enseignants est une réalité : les politiques se doivent de comprendre toutes les exigences de ce métier, il ne faut plus alourdir les tâches des professeurs et prendre, enfin, en considération leurs souffrances et leurs difficultés.

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/article-les-profs-ont-ils-le-droit-d-etre-malades-121548610.html



44 réactions


  • Sergio Sergio 11 février 11:22

    Les profs ont-ils le devoir de ne pas être malades ?


  • MagicBuster 11 février 11:44

    En 2018, ne faut-il pas être malade pour être prof ?


    • Venceslas Venceslas 11 février 15:44

      @MagicBuster
      Avec tout ce qu’ils subissent, c’est à se demander...


    • Alren Alren 11 février 18:34

      @MagicBuster

      En 2018, ne faut-il pas être malade pour être prof ?

      Il faut en tout cas avoir un profil particulier d’empathie pour les jeunes, le désir de les faire progresser afin qu’ils aient le meilleur un avenir possible.
      C’est à l’opposé de l’égoïsme et de l’individualisme que promeut insidieusement le capitalisme.

      Ce sont vec les soignants, infirmières, aides-soignantes et médecins d’hôpitaux, les quelques personnes qui luttent et font grève non pour eux-mêmes, mais pour autrui, élèves ou malades.


    • rosemar rosemar 11 février 22:37

      @MagicBuster

      Eh oui : beaucoup de jeunes se détournent de ce métier et le ministère peine à recruter des candidats.


  • Sophie Sophie 11 février 12:18

    @rosemar

    A propos du métier d’enseignant, il y a un phénomène passé sous silence par le ministère de l’ Education nationale : de plus en plus de jeunes profs, Capes en poche, envoyés au casse-pipe dans les établissements les plus difficiles, jettent l’éponge dès les deux premières années de leur titularisation... En dépit de la sécurité de l’emploi. Ce n’est pas un fait marginal, mais l’Administration concernée refuse de rendre les chiffres publics. Vous avez dit malaise ?


    • rosemar rosemar 11 février 22:38

      @Sophie

      Un vrai malaise, oui : il serait temps de revaloriser ce métier... mais il y a beaucoup à faire.


  • gerard JOURDAIN 11 février 12:25

    Vous aurez du mal à faire pleurer les foules sur l’éducation nationale...

    même si des profs en souffrent.

    Réglons l’exposé suivant :

    Les faits :

    Un budget éducation dans la norme haute de l’Europe.

    Une baisse du niveau par rapport à l’Europe !!!

    Vous avez deux heures pour développer....et on ne triche pas sur le voisin....


    • Venceslas Venceslas 11 février 15:50

      @gerard JOURDAIN
      La sècheresse de coeur des Français est inquiétante.
      Je reprends 
      « Un budget éduction dans la norme haute de l’Europe. » Ça prouve quoi ? Les enseignants n’en voient pas la couleur. Leur salaire a baissé d’environ 30 % sur une génération, ils sont parmi les plus mal payés d’Europe et vous le savez très bien. Où passe ce fric ? Les enseignants n’en voient pas la couleur, alors ça leur fait une belle jambe. 
      « Une baisse du niveau par rapport à l’Europe. » Parlons-on. A chaque réforme, les horaires de français et de mathématiques baissent insidieusement, lentement, mais sûrement. Au sortir de l’école primaire, les élèves ont déjà perdu l’équivalent de deux ans de français par rapport à la génération précédente. Et ça continue au collège, bien sûr. Plus que 4 heures en 6ème, 3 heures et demi en 3ème, etc...
      Vous avez une partie de l’explication. Je n’ai pas triché sur le voisin. D’autres questions ? Je suis tout ouïe.


    • Sophie Sophie 11 février 16:22

      @Venceslas

      Ce n’est pas de la sécheresse de coeur, mais la traditionnelle guéguerre public/privé. Les tensions à l’intérieur de la société sont de plus en plus fortes et la solidarité un vain mot, y compris au sein de l’enseignement.
      Il y a quelques décennies à peine, lorsqu’un prof flanchait, il était le plus souvent soutenu par ses collègues, qui s’organisaient pour limiter les conséquences de ses difficultés momentanées ; aujourd’hui, il est mis en arrêt maladie, point barre. Chacun pour soi. On appelle ça le darwinisme social...

      Et, paradoxalement, il y a une véritable omerta sur les quelques enseignants parfaitement toxiques. Va comprendre ! 
      Il est vrai que l’ Education nationale n’en finit pas de sombrer, les causes sont multiples et les vraies solutions ne sont manifestement pas à l’ordre du jour.
      PS : Je ne fais plus partie de la boutique et n’ai donc plus le devoir de réserve.


    • rosemar rosemar 11 février 22:40

      @Venceslas

      MERCI pour cette mise au point...


    • Venceslas Venceslas 12 février 00:49

      @Sophie
      Eh si, c’est de la sécheresse de coeur. On a beau dire ce qui se passe, tout le monde s’en fout ! Moi, je ne me moque pas du tout du sort de mon prochain. Il y a un vrai malaise en France, et je ne me permets pas de dire que ça ne va pas me faire pleurer. Il arrive un moment où il faut savoir se poser des questions sur la bonne santé de son pays. Maintenant, de la part d’un peuple qui a été capable de voter Macron, qu’attendre ?


  • Ruut Ruut 11 février 12:37

    Le soucis ce n’est pas la maladie du professeur, c’est son non remplacement.

    Durant mon enfance j’ai eu un prof de technologie qui n’as donné sur toute l’année que 4 cours et n’as JAMAIS été remplacé.

    Lacunes en compétences que nous dûmes compenser nous mêmes (les élèves non redoublants de la classe) les années suivantes.

    C’est la véritable tragédie, le non remplacement des malades.

    Visiblement, ce n’est toujours pas réglé.......


    • rosemar rosemar 11 février 22:41

      @Ruut

      Dès qu’un prof s’absente, c’est la panique : mais le ministère peine à recruter des profs... pourquoi à votre avis ?


  • Giordano Bruno 11 février 13:58

    L’élève à l’épicentre du système éducatif fait progressivement le désert autour de lui.


  • aimable 11 février 14:58

    Dans les profs , ceux nés avant les années 60 étaient beaucoup beaucoup moins malades que ceux nés après , ceux ci , l’environnement et la pollution n’ont pas arrangé leur santé vu leur fragilité .


    • Venceslas Venceslas 11 février 15:52

      @aimable
      Leurs conditions de travail était nettement moins dure que celles des jeunes envoyés à Trifouillis les Oies et non soutenus par leur administartion. 


    • aimable 11 février 16:18

      @Venceslas
      c’est bien pour cela que je parle de leur environnement .


  • Pierre 11 février 15:35

    Il est certainement difficile d’être prof à notre époque où nous subissons les ravages de 68, le mythe de l’enfant-roi qui ne respecte plus rien puisqu’il est roi, l’absence de beaucoup de pères qui font des gamins comme ils prennent des chiens ou des chats, etc...Toutefois j’ai connu une femme prof qui n’a pratiquement pas enseigné, a toujours été en congé-maladie et que l’administration n’a pas réussi à virer !


    • François Pignon François Pignon 11 février 15:48

      @Pierre

      68 ? c’était il y a cinquante ans
      pour les démographes, cela représente deux générations et demi
      pourquoi ne pas parler du frant populaire ou de la guerre de 70 pendant que vous y êtes ?


    • Pierre 11 février 16:36

      @François Pignon
      Le « interdit d’interdire » vient de 68, d’ailleurs crié à l’époque par des gus devenus pour beaucoup des puritains ! La perspective historique explique toujours ou presque des situations actuelles, CQFD !


    • François Pignon François Pignon 11 février 16:58

      @Pierre

      en 68, Finkielkraut était Mao-spontex !


    • stef 11 février 18:56

      @Pierre
      Cas extrême pour donner un coup de poignard aux fonctionnaires : bien joué mais petit . 


    • Pierre 12 février 00:51

      @François Pignon
      Finkielkraut est cependant resté l’un des plus buvables


    • Pierre 12 février 00:53

      @stef
      Désolé de vous causer une telle gêne...


  • ZenZoe ZenZoe 11 février 16:08

    Quel titre ridicule !

    Personne n’empêche les profs d’être malades, ni de prendre un congé maladie.

    Par ailleurs, l’auteur profite de manière indécente de la dépression de l’une de ses collègues pour nous servir une succession de pleurnicheries grotesques et habituelles de l’auteur sur les difficultés d’être enseignant (Lourdeurs des corrections, multiplication des rencontres avec les parents, organisation de devoirs communs.... mais ces missions, qui d’ailleurs ne me semblent pas scandaleuses, ne font-elles pas justement partie du métier ?).

    Certes, certains profs ont la vie dure - mais pas tous. Tout dépend de l’endroit où ils enseignent. Et les chiffres sont formels. Les enseignants sont dans la moyenne concernant l’absentéisme, pas plus. Et ils vivent plus longtemps... Comme quoi les moins bien lotis concernant la souffrance au travail ne sont peut-être pas à chercher dans l’EN.

    Le véritable problème soulevé (et vite reposé) par l’auteur est celui du non remplacement. Il est en vérité inadmissible que des élèves se retrouvent sans prof. Las, l’auteur s’en moque un peu à vrai dire des élèves, toute à ses lamentations permanentes et lassantes de la « dureté » d’un métier qu’elle n’a pourtant jamais quitté !


    • Alren Alren 11 février 18:49

      @ZenZoe
      Et ils vivent plus longtemps...

      Les profs vivent plus longtemps que les ouvriers exposés aux produits chimiques ou subissant diverses maladies professionnelles, travail de nuit ou posté, et accidents du travail.
      Mais ils vivent moins longtemps que les PDG.
      Pourquoi ne le dites-vous pas ?

      Autrefois les instituteurs faisaient partie avec les moines et les PDG, des catégories sociales qui vivaient le plus longtemps.
      Mais ils prenaient leur retraite, décente (75% du salaire brut), à 55 ans alors que les autres partaient à 65 ans !

      Qui plus est, beaucoup, habitant un logement de fonction près de l’école dans les campagnes, avaient beaucoup moins d’accidents de la route...
      ce qui fait que la MAIF était moins chère !

      Mais visiblement vous parlez sans savoir avec un a priori d’hostilité pour l’enseignement public émancipateur.


    • stef 11 février 18:52

      @Alren
      Les enseignants en général ont une hygiène de vie meilleure ( moins d’alcool , de tabac et une alimentation étudiée ) .
      Tout mettre sur les conditions professionnelles est réducteur 


    • stef 11 février 18:55

      @ZenZoe
      J’ai été enseignant j’ait toujours passé beaucoup de temps à préparer mes repas et à manger bio , cela a forcément une grande importance au niveau de la santé et de la longévité . Celui qui se nourrirait de boîtes de conserves et de fast food est condamné à mourir jeune même s’il travaille peu sans stress .


    • foufouille foufouille 11 février 19:05

      @stef
      second degré ou khmer vert ?


    • stef 11 février 20:12

      @foufouille
      cC’est du premier degré : il est évident que la qualité de l’alimentation a une influence considérable sur la santé : que la nourriture soit ton premier médicament , disait déjà Hippocrate il y a 2 000 ans 


    • foufouille foufouille 11 février 20:46

      @stef
      donc khmer vert taré complet.


    • stef 12 février 07:01

      @foufouille
      Si pour vous Hippocrate est un taré, c’est vous le taré : vous niez l’évidence ! 


    • Alren Alren 12 février 13:34

      @stef
       Les diplômés du supérieur qui ne sont pas enseignants sont aussi conscients qu’eux de l’importance du bien manger et du sport.
      Et les enseignants débutants n’ont pas forcément les moyens de manger bio.
      Mais la longévité des instituteurs et surtout institutrices ayant pris leur retraite à 55 ans avec une pension décente est incontestablement due à ce facteur particulier.
      Celle des PDG est plutôt à chercher dans leurs conditions de travail, légères.


  • MagicBuster 11 février 16:56

    Il suffirait de payer plus les bons profs que les mauvais ,

    mais personne n’est foutu de savoir qui est bon alors tout le monde a la même chose.

    Ca ressemble d’avantage à un nivellement par le bas qu’à de l’égalité.

    Accessoirement ça permet de ne pas s’occuper des profs et de les laisser entre eux.

    Les enseignants sont toujours entre eux ( de père en fils, de mère en fille — entre nous Ca ressemble à une secte vue de l’extérieur ).


    • François Pignon François Pignon 11 février 17:12

      @MagicBuster

      c est ce qui se passe dans le privé, et c’est pour ça que les chefs envoient leurs enfants futurs chefs dans le privé !


    • MagicBuster 11 février 17:18

      @François Pignon

      Récompenser les mauvaises personnes n’a jamais arrangé aucune situation.

      Cela fait fuir les bons et attire ceux qui ne peuvent espérer obtenir la même chose ailleurs.

      CQFD.


    • Désintox Désintox 11 février 19:49

      @MagicBuster
      « Les enseignants sont toujours entre eux ( de père en fils, de mère en fille — entre nous — Ca ressemble à une secte vue de l’extérieur ). »

      Les concours sont ouverts à tous. Présentez vous, et vous pourrez enfin être payé grassement en faisant presque rien.


    • Venceslas Venceslas 12 février 00:51

      @MagicBuster
      Vous seriez prêts à avoir des amis enseignants sans les agresser ? J’en doute.


    • Cadoudal Cadoudal 12 février 01:14

      @Désintox
      Moi j’attends qu’ils passent à 12 profs indigènes pour chaque colon mineur isolé de 38 ans...

      En dessous ça reste trop dangereux de défendre les valeurs de la république pour des clopinettes et de se faire cracher dessus sans broncher....


  • Sophie Sophie 11 février 17:48

    Je vais me faire l’avocat du diable.

    Question : pourquoi ce métier, qui comporte encore pas mal d’avantages (je vais faire tousser Rosemar) n’attire plus les jeunes générations, dans un contexte de chômage de masse et de précarité galopante ? Problème de recrutement, chaque année, des milliers de postes mis aux concours ne sont pas pourvus, démission de nombre d’entre eux dès le début de carrière (dit plus haut) ou plus tardivement. Les meilleurs étudiants préfèrent aller dans le privé. Les contractuels, peu ou pas formés, de plus en plus nombreux. Et les non-remplacements sont légion.

    Réponse (s) : vous avez quatre heures.


    • waymel bernard waymel bernard 11 février 18:32

      @Sophie
      Lorsque j’ai débuté, il suffisait de bac+1 pour devenir instituteur. Le salaire était correct pour ce niveau d’étude.
      A-t-on besoin d’un bac+5 pour enseigner en primaire ou en maternelle et même au collège ?
      Il est vrai que le niveau du bac a bien baissé.


  • stef 11 février 18:50

    Les professeurs devraient être mieux payés : les pauvres sont obligés de faire des heures supplémentaires pour avoir un salaire décent et donc les fragilisent car 18 heures de cours devant des élèves n’a absolument rien à voir avec 18 heures de travail dans un bureau ! ! ! 

    Honteux de payer aussi mal les professeurs , cela ne grandit pas la France ! 


    • Rincevent Rincevent 12 février 13:58

      @stef

      Tant que le guichetier de votre banque (bac + 3) sera largement mieux payé qu’un enseignant débutant, ça ne bougera pas. Après il y a tout le reste, dont les problèmes de discipline, qui ne sera pas réglé par une augmentation de salaire…


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