mercredi 21 juillet 2010 - par
Les sondages, ce miroir aux alouettes
A l’instar du proverbe « les promesses n’engagent que ceux qui y croient », on serait tenté d’employer la même expression à propos des instituts de sondages qui, jour après jour, ne cessent de nous siffler dans les oreilles des chiffres dont on peut se demander s’ils n’ont pas été pondus par quelques illuminés sur leur trône au réveil (mais si, vous savez, après le café-clope)...
Je me suis donc amusé, à partir de chiffres présentés sur le site Sondages en France, à relever les opinions favorables et défavorables des principaux présumés candidats aux élections présidentielles de 2012, selon différents instituts de sondages (on pourrait allonger la liste, mais pour la démonstration cela devrait suffire). Afin d’y voir plus clair j’ai dressé cette liste sous forme de tableau.
| Avis Favorables |
Avis défavorables |
|||||||||
| - | + | dif | moy | - | + | dif | moy | |||
| Martine Aubry | 41d | 62a | 21 | 51,5 | 37a | 53f | 16 | 45 | ||
| François Bayrou | 25d | 53a | 28 | 39 | 52c | 66f | 14 | 59 | ||
|
28d | 53a | 25 | 40,5 | 43a | 65f | 22 | 54 | ||
| Marie-George Buffet | 18d | 51a | 33 | 34,5 | 37a | 46c | 9 | 41,5 | ||
| Daniel Cohn-Bendit | 26d | 53b | 27 | 39,5 | 33b | 59f | 26 | 46 | ||
| Dominique de Villepin | 30d | 55a | 25 | 42,5 | 42a | 60f | 18 | 51 | ||
| Marine Le Pen | 18d | 28a | 10 | 23 | 69a | 77f | 8 | 73 | ||
| Jean-Luc Mélenchon | 20f | 35b | 15 | 27,5 | 32c | 65f | 33 | 48,5 | ||
| Ségolène Royal | 31d | 38a | 7 | 34,5 | 61ab | 65f | 4 | 63 | ||
| Nicolas Sarkozy | 26d | 39a | 13 | 32,5 | 61a | 71d | 10 | 66 | ||
| Dominique Strauss-Kahn | 43d | 72a | 29 | 57,5 | 22a | 43f | 21 | 32,5 | ||
Légende :
"-" : note la plus basse obtenue par un institut de sondage
"+" : note la plus élevée obtenue par un institut de sondage
"dif" : différentiel entre la note la plus élevée et la plus basse
"moy" : moyenne des deux notes
a : Ifop/Paris Match
b : OpinionWay/Metro/Krief Group
c : ViaVoice/Libération
d : TNS Sofres/Logica/Le Figaro Magazine
e : Ipsos/le Point
f : BVA/Orange, l’Express et France Inter
g : LH2/nouvelObs.com
h : CSA/Le Parisien et Aujourd’hui en France
"-" : note la plus basse obtenue par un institut de sondage
"+" : note la plus élevée obtenue par un institut de sondage
"dif" : différentiel entre la note la plus élevée et la plus basse
"moy" : moyenne des deux notes
a : Ifop/Paris Match
b : OpinionWay/Metro/Krief Group
c : ViaVoice/Libération
d : TNS Sofres/Logica/Le Figaro Magazine
e : Ipsos/le Point
f : BVA/Orange, l’Express et France Inter
g : LH2/nouvelObs.com
h : CSA/Le Parisien et Aujourd’hui en France
Voyons ce que pouvons-nous tirer de tout cela à présent. Tout d’abord je constate que ce sont souvent les mêmes instituts de sondages qui ont tendance à surcoter ou "sous-coter" un candidat. Sur les onze candidats proposés, on peut en effet remarquer que TNS Sofres obtient dix fois la note la plus basse sur les avis favorables, alors que l’Ifop obtient neuf fois la note la plus élevée. Concernant les avis défavorables, c’est encore l’Ifop qui se place devant les autres en nous révélant à huit reprises des chiffres au plus bas, et BVA qui, par neuf fois, propose des statistiques élevées. Sur huit instituts cités, seuls trois semblent être de très mauvais élèves : Ifop, BVA et TNS Sofres. En effet, comment ne pas douter de leur compétences devant tant de différences face à leurs confrères ?
A présent je vais évoquer le différentiel qui existe entre un institut de sondage et un autre. On peut considérer que si l’ensemble des instituts obtiennent des différences minimes dans leurs résultats, que ceux-ci peuvent s’avérer plus ou moins exacts. A contrario un différentiel élevé ne peut relever que de la pure spéculation quant à l’interprétation des chiffres. Nous pouvons relever, par exemple, que les chiffres concernant Ségolène Royal(dif. favorables 7 / dif. défavorables 4), Marine Le Pen(10/8) ou Nicolas Sarkozy(13/10) présentent peu de différences d’un institut à l’autre. On peut supposer, de fait, que ceux-ci sont proches de la réalité. A l’inverse, Marie-George Buffet(dif. favorables 33), Dominique Strauss-Kahn(29) et François Bayrou(28) ont de tels différentiels sur leurs avis favorables qu’il nous est permis de douter sérieusement de l’efficacité des sondages les concernant. Il en est de même à propos de Jean-Luc Mélenchon(dif. défavorables 33), Daniel Cohn-Bendit(26) ou Olivier Besancenot(22) sur leurs avis défavorables.
Alors, les sondages, nouveau miroir aux alouettes ? Je n’en avais jamais vraiment douté, mais à présent que j’ai décortiqué un peu les chiffres, j’en suis pleinement convaincu. Je ne nierai pas que ma synthèse est un peu légère, mais elle n’est pas plus folle que les chiffres qu’on essaie de nous faire avaler. Pour le reste, je vous laisse en tirer vos propres conclusions.
Pour terminer, j’ajoute une précision : j’ai relevé les chiffres, présentés dans le tableau, en date du 19 juillet 2010, il se peut donc qu’au moment où sera publié cet article les chiffres aient changés. Vous savez ce que c’est avec les sondages, c’est comme à la météo, ils annoncent des pluies pour le lendemain, et au final c’est un grand soleil qui domine ! Tenez, par exemple, je ne suis pas un fervent admirateur de Nicolas Sarkozy, mais allez savoir si demain je ne vais pas me lever du bon pied et voir en cet homme l’incarnation de la Providence... J’ai bien le droit de changer d’avis comme les sondages ou la météo, non ?
A présent je vais évoquer le différentiel qui existe entre un institut de sondage et un autre. On peut considérer que si l’ensemble des instituts obtiennent des différences minimes dans leurs résultats, que ceux-ci peuvent s’avérer plus ou moins exacts. A contrario un différentiel élevé ne peut relever que de la pure spéculation quant à l’interprétation des chiffres. Nous pouvons relever, par exemple, que les chiffres concernant Ségolène Royal(dif. favorables 7 / dif. défavorables 4), Marine Le Pen(10/8) ou Nicolas Sarkozy(13/10) présentent peu de différences d’un institut à l’autre. On peut supposer, de fait, que ceux-ci sont proches de la réalité. A l’inverse, Marie-George Buffet(dif. favorables 33), Dominique Strauss-Kahn(29) et François Bayrou(28) ont de tels différentiels sur leurs avis favorables qu’il nous est permis de douter sérieusement de l’efficacité des sondages les concernant. Il en est de même à propos de Jean-Luc Mélenchon(dif. défavorables 33), Daniel Cohn-Bendit(26) ou Olivier Besancenot(22) sur leurs avis défavorables.
Alors, les sondages, nouveau miroir aux alouettes ? Je n’en avais jamais vraiment douté, mais à présent que j’ai décortiqué un peu les chiffres, j’en suis pleinement convaincu. Je ne nierai pas que ma synthèse est un peu légère, mais elle n’est pas plus folle que les chiffres qu’on essaie de nous faire avaler. Pour le reste, je vous laisse en tirer vos propres conclusions.
Pour terminer, j’ajoute une précision : j’ai relevé les chiffres, présentés dans le tableau, en date du 19 juillet 2010, il se peut donc qu’au moment où sera publié cet article les chiffres aient changés. Vous savez ce que c’est avec les sondages, c’est comme à la météo, ils annoncent des pluies pour le lendemain, et au final c’est un grand soleil qui domine ! Tenez, par exemple, je ne suis pas un fervent admirateur de Nicolas Sarkozy, mais allez savoir si demain je ne vais pas me lever du bon pied et voir en cet homme l’incarnation de la Providence... J’ai bien le droit de changer d’avis comme les sondages ou la météo, non ?


