jeudi 4 octobre 2012 - par

Les velléités dénatalistes du maire de Bruxelles

Proposant à ses concitoyens une piste pour lutter contre la grave surpopulation de la ville de Bruxelles, Freddy Thielemans, bourgmestre (maire) socialiste de la capitale belge vient de défrayer la chronique en « osant » exhorter à la dénatalité, principe oh ! combien tabou, mais sans pour autant - électoralisme oblige - édicter de réelles mesures de limitation des naissances.

Dans un débat jeudi dernier en Flandres, le maire de Bruxelles a réclamé que « Le thème de la limitation des naissances devait pouvoir être abordé dans le cadre de la lutte contre la surpopulation ». Et de justifier ainsi sa déclaration : « Nous avons à Bruxelles, beaucoup de familles nombreuses comptant sept ou huit enfants. Elles demandent un appartement social, mais ces appartements n'existent habituellement pas ».

Blasphème contre les familles nombreuses...

Les regards se portent évidemment sur les Bruxellois d'origines étrangères à l'Europe. Peine perdue, inutile de pointer du doigt une communauté dont le taux de natalité est souvent considéré comme plus élevé que celui du reste de la population, le maire s'en défend, mais par une réponse quelque peu sibylline : « Ce problème, vous le retrouverez aussi bien dans les familles musulmanes que dans les familles juives, et même parmi les chrétiens... ». La ville de Bruxelles compte 520.000 familles dont un peu plus de 2.000 possèdent plus de cinq enfants.

D'ordinaire, sachant qu'on touche ici une notion sacro-sainte de la liberté individuelle, les leaders politiques des démocraties occidentales ont tout intérêt à se réjouir publiquement de voir la population progresser alors que l'ensemble de l'Europe serait menacé par un vieillissement accéléré. Nous feignons d'ignorer l'avenir pour ne se préoccuper que des retraites, quitte à ce que les gens des mégalopoles finissent par se marcher dessus, connaissent des chômages aussi longs que leur vie d'adulte actif ou des salaires de 200 euros et ne bouffent plus que des OGM... Il faut donc rendre grâce à Freddy Thielemans pour sa témérité d'avoir fait une entrée fracassante dans la campagne municipale en vue de l'élection du 10 octobre prochain où il vise, peut-être avec une vérité contre-productive, le renouvellement de son mandat.

Le taux de natalité bruxellois est supérieur à celui de la Belgique, mais en 2009 comme en 2010, l'accroissement de la population de la capitale s'expliquait aussi par le solde migratoire. Bruxelles attire les Belges et les étrangers, surtout Européens, par son potentiel économique. Beaucoup de ces migrants arrivent dans la capitale quand ils sont en âge de procréer. La région de Bruxelles-Capitale est le troisième PIB régional de l'UE. Entre 2000 et 2010, la population bruxelloise a crû de près de 13%. Aujourd'hui à 1,08 million d'habitants, les dernières projections du Bureau Fédéral du Plan (BFP) tablent sur une population bruxelloise de 1.270.000 personnes en 2020, 1.418.000 en 2050 et 1.475.000 en 2060.

Point de vue

À partir de combien de progénitures une famille est-elle "trop" nombreuse ? Nous dirons huit, voire dix pour les cathos ou les musulmans conservateurs et atteints de cécité écologique pour cause d'aveuglement dogmatique. Nous dirons deux pour ceux, écomalthusiens, qui voient loin et estiment que même une croissance démographique zéro ne comporte aucun remède parce que nous sommes déjà surnuméraires, en inéquation avec les ressources, en surcharge sur Terre et qu'il faut envisager une vraie décroissance démographique (et économiques), parce que : 1) nous sommes déjà entrés dans une crise écosystémique ingérable après avoir franchi le pas des 3 milliards dans années 1960 et 2) la planète (qui n'est plus plate...) n'est ni extensible, ni rechargeable et qu'en raison de cette finitude, « Nous périrons sous les berceaux », ainsi que le clamait sans complaisance et avec encore moins de démagogie Jacques-Yves Cousteau, un homme bien-aimé de l'opinion publique.

Gouverner, c'est prévoir...

Le vrai problème (mondial) n'est pas de stabiliser les naissances mais de les réduire, et donc d'inciter sérieusement à la dénatalité. Il nous faudrait (conditionnel !) revenir au seuil de ces 3 milliards des années 1960 et non pas tendre aux 9 ou 10 milliards de 2050. Rien d'eugéniste ou de génocidaire là-dedans, il ne s'agit pas d'éliminer des gens mais d'en produire moins. On ne tue pas un Être non-né ! Et un bébé n'est pas qu'un « jouet » pour des parents trop souvent inconscients, mais aussi un futur adulte consommateur. Un seul Terrien occidental pollue comme plusieurs dizaines d'habitants des pays pauvres. Il est donc aussi urgent de réduire (un peu) les naissances chez nous que de les réduire (beaucoup) dans la plupart des pays émergents (et qui n'émergeront jamais !), notamment en Afrique subsaharienne. Vivre moins nombreux pour que tout le monde puisse vivre heureux et ne pas occuper les niches écologiques des autres espèces. Si Bruxelles ne comprend pas, le Monde doit comprendre !

La solution ? Soyons plus nombreux à l'être moins ! C'est l'ONG francophone Démographie responsable qui le dit, comme je m'épuise à l'expliquer dans tous les sens dans la plupart de mes livres. Les démographes officiels pratiquent une démographie hors-sol, aveuglément économique, faisant abstraction des conditions écologiques et des interdépendances.

Il faut reconnaître que l'homme moderne est devenu une espèce invasive. Parodiant la réflexion de Kenneth Boulding : « Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou, ou un économiste. », je dirais : « Celui qui croit qu’une démographie exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou, ou un démographe ».
 
« Procréer était autrefois un devoir ; c’est aujourd’hui un droit limité ». Albert Jacquard

 « Nous sommes déjà trop nombreux pour vivre, pour vivre non pas en insectes, mais en hommes ; nous multiplions les déserts à force d'épuiser le sol, nos fleuves ne sont plus que des sentines et l'océan entre à son tour en agonie, mais la foi, la morale, l'ordre et l'intérêt matériel s'unissent pour nous condamner à la peuplade : il faut aux religions des fidèles, aux nations des défenseurs, aux industriels des consommateurs, c'est dire qu'il faut des enfants à tout le monde, n'importe ce qu'ils deviendront, adultes. » Albert Caraco



112 réactions


    • Tzecoatl Claude Simon 4 octobre 2012 21:52

      Et oui l’enfoiré, l’humanité doit chercher à résister à toutes ses externalités, au lieu de se morfondre comme le propose Tarrier.


  • Le péripate Le péripate 4 octobre 2012 19:09

    Ce qu’on sait, c’est qu’une population arrivée à un certain niveau de vie d’elle-même fait moins d’enfants. À un point tel d’ailleurs que beaucoup de pays riches ont une natalité en berne et que d’autres s’en sortent à peine avec l’immigration.
    Sortir de la pauvreté est l’enjeu.

    A ce stade l’objection est cette histoire de ressources naturelles finies, et tout le toutim, les 40 planètes nécessaires, etc.... Les ressources sont substituables et nous ne sommes dépendants d’aucune en particulier. N’avez-vous pas confiance en l’homme ?

    Le « hors-sol ». Là je rigole : ça voudrait dire que nous avons l’obligation de « pousser » dans un petit carré bien vert.... surtout pas de voyages non plus... le pied quoi.

    Les petites bébêtes qui disparaissent.... pitié vous allez me faire chialer. La vérité ? La pollution elle aussi recule avec la pauvreté.

    Quand on a examiné de près toutes ces mauvaises raisons reste à comprendre les motifs cachés et inavouables de l’écologisme profond.


    • Le péripate Le péripate 4 octobre 2012 19:43

      Aaaaah oui. Donc la mode est au noir parce que hier elle était au blanc. Je vois... enfin peut-être.

      Religieux, militaires, capitalistes... un bestiaire très ... vous devriez lire « Le cimetière de Prague » d’Umberto Ecco. C’est tout à fait l’ambiance.

      Sérieusement nous sommes en 2012. Actualisez-vous. Faites un reboot, enfin...quelque chose.


    • Croa Croa 7 octobre 2012 23:36

      « Bien sur, les humains survivront, »

      Qui es-tu pour affirmer cela ?


  • hunter hunter 4 octobre 2012 20:10

    « Les ressources sont substituables et nous ne sommes dépendants d’aucune en particulier. N’avez-vous pas confiance en l’homme ? »

    Et l’eau c’est quoi ? H2O, c’est une invention divine ? Vous savez la fabriquer ? putain, vous êtes trop fort vous !
    Les sécheresses, vous avez entendu parler ? Dans mon département du Sud-Ouest, on en parle souvent ! Mais c’est vrai que les scientifiques qui font ces études, ben pour vous c’est des cons ! Ils feraient mieux de « faire du business », c’est vrai que c’est tellement plus utile.
    Et puis la sécheresse, c’est comme « les petites bébêtes qui disparaissent », ça n’existe pas, c’est une invention d’écofascistes !!!!

    https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9cheresse

    Vous vous douchez à la vodka, vous lavez votre linge au gin ? (quoique pour produire ces poisons, il faut de la flotte)
    Et vous ne buvez que de l’alcool sans doute, ce qui expliquerait l’incroyable volume de contre-vérités que vous débitez ici, à longueur de posts en hommage à « l’homme et son génie incommensurable », et à votre autre marotte, le néolibéralisme.

    C’est vrai que tous ces problèmes se résoudront par le sacro-saint « Marché » !
    Suffit de « laissez-faire » c’est ça ?

    Pathetic !

    H/


    • Le péripate Le péripate 4 octobre 2012 20:38

      Du calme. Je suis désolé, il y a moins d’eau au sommet des montagnes qu’au fond de l’océan mais c’est bien sûr la faute du capitalisme neolibéralisé j’en suis sûr.

      Au fait je n’ai pas bien vu où vous me démontriez que les ressources ne sont pas substituables.

      Pouvez répétez ?

       smiley


  • hunter hunter 4 octobre 2012 20:46

    Simple : Par quoi remplacez-vous l’eau, pour quelqu’un qui contrairement à vous, ne boit pas d’alcool ?

    Comment avec votre génie incommensurable, donnez-vous de l’eau à ceux qui en manquent ?

    Vous contestez peut-être le simple fait que le corps humain est constitué à 70% d’eau ?

    C’est vrai que des génies comme vous n’en ont peut-être pas besoin ?
    Donc j’attends, que pouvez-vous substituer à l’eau ?

    Moi je ne vois pas de solutions, mais bon je suis sûr que vous allez m’en donner une...ou enfin plutôt essayer de me la vendre c’est ça ?

    H/


    • Le péripate Le péripate 4 octobre 2012 20:58

       smiley Petit rigolo en plein sophisme. Ce n’est pas de l’eau dont vous parlez mais d’une eau propre, sans sels minéraux, bref, potable. Cette eau là s’obtient avec de l’esprit, celui dont vous êtes si curieusement dépourvu, avec du travail aussi (un truc pénible que je ne vous recommande pas), donc encore en sortant de la pauvreté.

      Anything else ?


  • Karash 4 octobre 2012 20:51

    Sans le savoir, M Tarrier, vous êtes en fait dans le camp des libéraux, dont le péripate (et moi, je crois) fait (faisons) partie.

    Puisque toutes les politiques sociales permettent à des gens irresponsables de faire des mômes sur le dos de la collectivité, il serait logique de proscrire toute politique sociale Etatique.

    Et ensuite .. advienne que pourra.


    • Tzecoatl Claude Simon 4 octobre 2012 21:00

      Oui, en même temps, Tarrier a tendance à prendre pour débiles ceux que vous considérez comme irresponsables. 


    • Karash 4 octobre 2012 21:11

      Ben, comme je l’ai écrit quelque part sur AV, dire qu’être pauvre empêche d’être con, c’est de la discrimination.

      Quand vous voyez le nombre de pauvres qui engraissent les fabricants de soda avec le peu d’argent qu’ils ont, où qui abrutissent consciencieusement leurs enfants avec la télé, ou tous ces glands qui se sont convertis au meuble jetable Ikea alors que des offres de vente de mobilier valable pullulent sur les sites d’occasion en ligne .. ça ne laisse pas beaucoup de place à un autre qualificatif que celui de pauvres imbéciles. Après bien sur, il faut se garder de toute généralisation hâtive.


    • Tzecoatl Claude Simon 4 octobre 2012 21:16

      et des fois que la sourate Tarrier n’° X ne valle rien, es-tu sûr de faire une affaire ?


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