Cette maison n’est pas la mienne, et pourtant je l’aime bien. En m’installant, j’ai juste posé des volets. Des volets bleus à claire-voie. Au travers de ces volets ajourés, tel des moucharabiehs, je regarde l’animation de la rue et la place du marché (L’Agora).
Le premier personnage de cette animation, c’est naturellement, le Maire. Comment vous décrire ce petit monarque imbu de sa personne ? Une impression de rondeur déplaisante. Rien ne se brise sur lui, c’est lui qui brise notre espérance. Héritier de cette charge de son père, qui la détenait lui-même de son père. Le premier magistrat de la ville, n’est qu’un homme politique. Fort avec les faibles, mais faible devant les puissants.
Lorsque la politique passe dans la rue, je reste derrière mes volets bleus.
Autre personnage du bourg, le Curé. Guère plus mauvais qu’un autre, il place son argumentaire aux plus naïfs. Son entreprise périclite de jour en jour. Les baptêmes ne payent plus, les mariages c’est la galère. Sont fonds de commerce reste les enterrements. Là, naturellement, il se rattrape. La damnation du pécheur, voilà un sujet porteur et rémunérateur ! Mais, le samedi après-midi sapé en péquin moyen, il part en ville. Dans les bras de dames accueillantes, il oublie son prêche du dimanche, pour se vautrer dans la luxure. Utilisation du denier du cu-lte.
Lorsque la religion passe dans la rue, je reste derrière mes volets bleus.
Impossible d’éviter un autre personnage. Le Brigadier-chef de la gendarmerie. Détenteur de l’autorité, la loi et la justice, c’est lui ! Lorsqu’il descend la rue, le bruit de ses bottes me fait penser à Georges Clémenceau : « Quand les talons claquent, l’esprit se vide ». Dans son uniforme, il brille comme une fille de bordel. Mais sous la dorure, du vent et du mépris pour la vie. Pas la sienne ou celle des décideurs, non uniquement celle du béotien.
Lorsque la loi et la justice passent dans la rue, je reste derrière mes volets bleus.
Par chance, je devine parfois le pas d’une dame d’un certain âge. Sur son visage, la bonté et l’indulgence masquent les ravages du temps. Avec elle, on peut avoir de belles discussions et échanger des idées sans crainte d’insultes. S’il faut l’aider à survivre, que notre modeste obole soit en accord avec sa vie : la discrétion et la retenue dans nos commentaires.
Lorsque la tolérance passe sur la place du marché, j’ouvre en grand mes volets bleus comme le ciel et je laisse entrer le soleil de la mansuétude.
Tout rapprochement entre cet article et le site de la place du marché, est naturellement volontaire. Sur Agoravox, être polis, coule de source.
Très bel article, Papybom, qui me parle triplement.
Pour les volets bleus qui habillaient la fermette du Finistère où j’ai vécu durant 10 ans, derrière les murs en granit. Mais, située dans la campagne, attenante au terrain d’un château ayant appartenu à un corsaire morlaisien, je ne voyais guère qu’un promeneur de loin en loin.
Pour le nom de l’article qui est celui d’un recueil de nouvelles pas tout à fait achevé.
Mais surtout pour cette typologie des personnages dans laquelle je me retrouve assez bien, en ennemi convaincu de l’intolérance. Une différence toutefois, je crois qu’il faut débattre, l’insulte n’étant pas forcément au bout. Pour cela, vivant dans la même maison, j’aurais personnellement ouvert mes volets bleus sur l’Agora.
De retour d’une visite à mes enfants, je suis tombé sur les commentaires, suite à l’appel de dons. Rien n’est parfait, mais est-ce bien utile d’incendier les responsables ?
Respectant le travail d’autrui, j’accepte les petites erreurs car la perfection n’est pas de ce monde. Gardant mon libre arbitre, je botte en touche sur les articles fallacieux.
Dans le monde sportif, que vous connaissez bien, le principal n’est pas de gagner mais de participer. Critiquer pour marquer des buts, très peut pour moi !
Débattre pour comprendre et enrichir son esprit, c’est un programme plaisant.
En parcourant certains articles, je repense à cette phrase de Jay McInerney : « Ecrire, pour moi, c’est explorer tous les chemins que l’on n’a pas pris »
Ce petit article naïf n’est qu’un modeste éclairage de ma pensée. L’ambition n’est pas mon moteur. Ne pas déplaire ou indisposer les lecteurs, demeure mon unique souci. Si parfois, j’égratigne un tantinet, l’ironie demeure mon arme de prédilection.
Bonjour Papybom, J’aime cette maison aux volets bleus. N’y a t-il pas de jeune fille à la robe rose sur un jupon moussant rattrapée par un jeune homme coiffé d’un canotier et poussant un vélocipède ? Mais gare, le curé bienveillant surveille du coin de l’oeil ces jeunes personnes trop frivoles à son goût. Dimanche après la messe, il y aura ripailles chez mme la comtesse au château.
c’est le décor du village de ma jeunesse ,ce Maire girouette,ce Curé libidineux,ce Gendarme qui se prenait pour l’institution et la loi,et la gentille Dame si discréte ....
et puis tous les habitants acteurs sans le savoir de ce grand théatre qu’est la vie communale ,avec ses vices cachés,ses intrigues,ses cocufiages,ses pudeurs,ses générosités ..
Bien dit. Sans colère aucune. Ni injure. Douilletement dit. Avec tendresse aussi. La politesse, à défaut de la tolérance, n’est pas toujours au rendez-vous sur Agora. Hélas !!!
Ne cherchant pas à faire tourner le compteur, je vous remercie collectivement de votre passage.
Sissy 972, vous m’avez percé. Oui, je suis fleur bleu comme mes volets. J’entretien une délectation des belles choses. J’ai relus : Clochemerle de Gabriel Chevallier. Même l’édification d’un urinoir peut être décrite d’une façon savoureuse.
Kitamisa. La vie est un théâtre pour peu que nous prenions la peine d’ouvrir nos yeux. Les trois coups de la vie sont frappés des notre naissance. Libre à nous, ensuite de choisir le scénario. Je préfère Feydeau.
Henry François. Une dame, un jour s’est fait insulter pour un commentaire sur un de mes articles. J’ai songé à ne plus écrire sur ce site, pour éviter de revivre cette abomination. L’injure n’est l’arme ultime, quand l’esprit est en panne sèche. Je déplore encore ce jour, son utilisation.
Bonsoir papybom, Je m’en suis remise, j’ai boudé quelques temps et puis bon, je suis retournée sur le site pour lire d’abord puis cela me démangeait de répondre à certains articles. Il aurait été bien trop dommage que vous remisiez toutes vos belles histoires dans un placard pour des énergumènes sans savoir-vivre.
Je ne voulais pas vous citer, par pudeur et par respect. Le mal que l’on vous a infligé, m’a énormément touché. La preuve, j’en parle encore. Félicitation pour votre force de caractère.
Enfin, depuis quelque temps, je ne rencontre plus ces attaques sur mes articles. Je préfère moins de commentaires et plus de respect. Je ne suis qu’un petit auteur qui n’intéresse pas les « grands contradicteurs ». Quelle chance !
Un village = il y a une chanson de Brel à ce sujet, je crois
@ l’auteur : vous avez aussi de la « sagesse » (au sens des Grecs par exemple) J’ai lu que vous aviez été mineur de fond . Mon père également pendant 16 ans . Perso, je suis descendu 3 fois au fond de la mine : dans le NPdc et en Lorraine
Eh oui dsans ce monde à quoi se raccrocher ?? à l’espoir que procure la VOLONTE
Un peu de douceur dans ce monde, ne peut pas faire de tord. L’Amour avec un immense « A », n’est pas réservé à la religion. Acceptons notre condition sans jalouser notre voisin. C’est le début de la tolérance.
Je ne suis pas aigri par mon inculture, face à de belles plumes. Un littéraire n’aura pas mon expérience du monde du travail. Sachons vivre pleinement notre condition.
Avec le temps, j’ai fait fructifier mon esprit. Merci à la littérature et n’ayons pas honte de l’avouer, à internet.
Si votre père est également un ancien mineur, soyez fier de lui. Si vous fouinez dans les bibliothèques et que vous tombez sur :« Sous le regard des étoiles » de A.J. Cronin, vous comprendrez l’abnégation du mineur.