Lettre au peuple français
Comme presque tout le monde, je commente l’actualité internationale (et en particulier celle de la France) sur les réseaux sociaux notamment sur X (anciennement Twitter).
D’emblée, je tiens à préciser que je suis médecin algérien (chirurgien pour être exact) et il m’arrive souvent de débattre, sur les réseaux sociaux, avec des Français sur la « question palestinienne » particulièrement depuis la date du 7 octobre, date condamnée, à l’époque, par l’ensemble de la communauté internationale.
La riposte de l’armée de Tsahal ne s’est pas fait attendre ; dès la semaine d’après, il y eut un déluge de feu sur Gaza. C’était prévisible d’autant plus que les responsables civils et militaires de l’Etat d’Israël, choqués par ce qui venait de se passer, avaient fait des déclarations dans ce sens, traitant même l’ensemble des Gazaouis « d’animaux humains » qu’il fallait priver de tout. Plus que ça, qu’il fallait éradiquer. De Gaza, il ne subsiste pratiquement plus rien aujourd’hui. Gaza est en ruine ? Elle est réduite à un tas de ferrailles et de gravât dont le déblaiement nécessitera probablement des années. Quant à sa reconstruction n’en parlons pas.
Mais cela est peut-être secondaire vu le drame humain qui s’y joue. En disant cela, il me vient d’ailleurs à l’esprit une vieille chanson d’un groupe marocain, Nas El Ghiwane, je crois, qui disait en substance ceci : « ne me préoccupe que le sort des enfants, les murs, s’ils sont tombés, on en rebâtira ».
En effet, la vengeance des Israéliens a été si terrible. Aucune distinction n’a été faite entre enfants et adultes, hommes et femmes. TOUT le monde était traité de terroriste qu’il fallait abattre le plus vite possible. Sans délai. C’est à un carnage en bonne et due forme qu’on s’est livré. Cela fait presque deux ans maintenant que cela dure et que les armes ne veulent pas se taire. Que les bombardements incessants se font entendre. De Tel Aviv même. Chaque jour que Dieu fait apporte son lot de morts et de blessés particulièrement parmi les enfants. Selon les statistiques fournies, presque quotidiennement, par les autorités israéliennes même, on en est à plus de 200 000 victimes entre morts et blessés. Ceux qui sont encore ensevelis sous les décombres, on en a aucune idée.
Quand est-ce que cela va s’arrêter, se demandent les bonnes consciences ? Mais nul n’est en mesure, aujourd’hui, d’apporter une réponse à cette question.
La communauté internationale semble prendre conscience, depuis quelques jours, que l’agissement des FDI s’apparenterait à un génocide auquel il faudrait s’opposer. Ne serait-ce que diplomatiquement. Au sein des instances internationales (ONU).
C’est ainsi que le président français a pris la sage décision de reconnaître un Etat palestinien.
Israël devrait accepter cette reconnaissance. Il y va de son intérêt. De notre point de vue, il vaut mieux 2 petits États vivant en paix, côte à côte, qu'une guerre éternelle pour la réalisation d'un hypothétique Grand Israël.
Aux Juifs français qui critiquent aujourd’hui le président Macron pour cette décision, je réponds de façon très simple en leur disant « Essayez de voir les choses autrement, vous verrez que cette reconnaissance d'un État palestinien est une bonne chose pour Israël. La coexistence de 2 États, pacifiques et aspirant à une vie normale, mettra fin à toutes ces guerres inutiles”.
A ceux qui parlent de trahison, j’ajouterai ceci : Il n'y a aucune trahison. Il s'agit plutôt d'une réparation historique envers le peuple palestinien. Macron avait annoncé cela, la reconnaissance de l'État palestinien, depuis plusieurs jours. La trahison, c'est quand on fait quelque chose derrière le dos de quelqu'un.
A ceux qui disent que « Macron aurait dû d’abord exiger la libération des otages avant la reconnaissance de l’Etat palestinien », ma réponse se résume à quelques mots très simples dans leur formulation : Macron a raison de procéder ainsi. Il ne met pas la charrue avant les bœufs. Chaque chose en son temps.
Enfin, en reconnaissant aujourd’hui l’Etat palestinien, E. Macron redonne des couleurs à la diplomatie française. Les Français de toutes obedience, Chrétiens, Juifs, Musulmans ou athées, les Français de tout bord politique devraient en être fiers.


