jeudi 8 novembre - par BretonEnColère

Lettre ouverte aux sociétaires d’Arkéa

Sociétaires du CMB et du Crédit Mutuel du Sud-Ouest, prenez exemple sur les sociétaires du Crédit Mutuel Massif Central : exigez un vote, et, par les urnes, mettez un terme aux délires capitalistes de notre patron, Jean-Pierre Denis !

Salarié d'Arkéa depuis de nombreuses années, je suis fier de ma banque. Fier de ce qu'ensemble, collaborateurs, salariés et sociétaires, nous avons fait de notre entreprise. Mais aujourd'hui, la fierté fait place à l'inquiétude. Inquiétude devant les projets de note direction, qui menacent gravement la stabilité et même la survie d'Arkéa. Inquiétude, aussi et surtout, de voir notre entreprise si divisée, si déchirée, par ceux-là mêmes qui jurent leurs grands dieux qu'ils œuvrent pour le bien commun de notre banque.

Je veux parler de cet autoproclamé « collectif de salariés » en faveur de l'indépendance, aussi bruyant que fuyant – car qui se cache derrière ces campagnes de mails et de tweets ? Où se réunissent ces partisans de la scission ? Qui les dirige ? Un collectif « anonyme », qui ne trompe plus personne en interne, nos camarades de la CFDT estimant qu'il est « dirigé par la direction d'Arkéa » et l'intersyndicale jugeant qu'il diffuse en toute impunité « de fausses informations ».

Ce collectif, s'il existe ailleurs que dans l'esprit de nos dirigeants, ne se contente hélas pas de s'en prendre à nos organisations représentatives. Après les pressions internes, après la manifestation quasi obligatoire et tous frais payés à Paris, ce sont aujourd'hui les sociétaires d'Arkéa – nos propres clients ! – qui sont dans la ligne de mire de notre direction et de ses obligés. Nous savons tous que l'ancienne ministre Marylise Lebranchu organise en Bretagne, avec son association « Restons Mutualistes », des réunions citoyennes, ouvertes à tous, afin que les sociétaires soient – enfin – éclairés sur les projets de notre direction et sur les conséquences d'une désaffiliation unilatérale du Crédit Mutuel.

Après des mois de désinformation et de manipulation par notre patron, Jean-Pierre Denis, et ses amis, ces réunions sont une bouffée d'oxygène pour des sociétaires qui naviguent en plein brouillard. « Il est important qu'ils soient bien informés », explique ainsi Marylise Lebranchu au Télégramme. « Plusieurs d'entre eux sont inquiets pour leur épargne ou leur assurance-vie ». Et nos sociétaires ne s'y trompent pas : « la nouvelle structure ne sera pas mutualiste ni associative » ; « Ce conflit porte (…) atteinte à l'image de la banque » ; etc.

Car toute « petite » que notre banque soit, elle représente tout de même 10 000 salariés et 4,2 millions de clients et sociétaires. Autant de particuliers auxquels on demande, littéralement, de sauter dans l'inconnu. Quid de notre agrément bancaire ? Quid de l'indépendance de nos caisses locales ? Quid de notre solvabilité financière ? Quid de notre notation ? Quid de notre nom de marque, la préférée des Français, et de l'éventuelle concurrence directe de futures agences Crédit Mutuel en face des nôtres ? Pour la quasi-totalité de nos camarades syndiqués, « la confusion serait totale pour nos sociétaires et clients », d'autant plus qu'on ne leur a jamais demandé leur avis. Ils sont, comme nous salariés, littéralement pris en otage par les patrons d’Arkéa.

Ce n'est pourtant pas faute, pour nos camarades syndiqués, d'avoir tiré la sonnette d’alarme, dénonçant une « dégradation sensible du dialogue social » au sein de notre banque. « Les attaques répétées du collectif de salariés, dénigrant le travail des instances représentatives du personnel, avec les moyens que la direction leur a largement octroyés, (…) ont renforcé le clivage entre salariés », juge notre intersyndicale, déplorant aussi que « l’outil Twitter [ait été] largement utilisé (…) de manière outrancière et univoque par la communication de l’entreprise pour appuyer son projet d’indépendance ».

Des tweets et des mails intrusifs, voilà ce qui a, pendant des mois, servi d'argumentaire à nos managers pour défendre leur projet d'indépendance. Jusqu'au 29 août dernier, lorsque l'Autorité des marchés financiers (AMF) a sommé nos patrons de détailler leurs projets noir sur blanc dans un « document de référence actualisé ». Le journal Mediapart en a fait une analyse en profondeur, dont je conseille la lecture à tous nos collègues et sociétaires. Dénonçant les « jongleries sémantiques » d'Arkéa, l'article liste l'ensemble des immenses risques qui pèsent sur notre banque si nous nous séparons du Crédit Mutuel. Avec une conclusion qui s'impose : « le bon sens serait de mettre fin aux hostilités et de suspendre cette guerre bancaire stupéfiante ».

Au risque de me répéter.

Sociétaires du CMB et du Crédit Mutuel du Sud-Ouest, prenez exemple sur les sociétaires du Crédit Mutuel Massif Central : exigez un vote, et, par les urnes, mettez un terme aux délires capitalistes de notre patron, Jean-Pierre Denis !



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