mardi 28 juin 2016 - par taktak

#LoiTravail : Point de non retour ? par la FSU81

 La FSU 81 s’inquiète du climat instauré dans notre pays par un pouvoir impopulaire qui impose, à l’encontre de ses promesses électorales, une régression sociale d’ampleur programmée comme en Grèce, en Italie, en Belgique ou au Portugal, par le grand patronat et l’UE.

La loi impudemment appelée « travail » est en effet l’application servile des recommandations européennes adressées à la France et qui trouvent leur pendant avec le Jobs Act en Italie (dans la langue de Dante !) ou la loi Peteers en Belgique. Elle est aussi la négation pure et simple d’un siècle et demi de luttes sociales pour échapper à l’arbitraire du rapport de force local entre patrons et salariés et pour imposer un progrès général par la loi et l’accord de branches. Cet effort séculaire a donné naissance au code du travail et aux conventions collectives et est au cœur des grandes luttes ouvrières des XIXème et XXème siècles, avec en points d’orgue le Front Populaire et la Libération.

Aujourd’hui, l’offensive planifiée au niveau européen vise donc à détruire ces garanties collectives pour en revenir à la situation de « libre contrat » entre un patron et son employé, typique du libéralisme économique qui prétend égalitaire la relation entre le pot de terre et le pot de fer et qui affirme rejeter l’intervention de l’État dans l’économie… tout en encaissant les multiples aides publiques aux entreprises.

Jean-Claude Juncker, président de la commission de Bruxelles et ancien premier ministre du Luxembourg dont il fit un opaque paradis fiscal au service des multinationales, prévient au passage que la loi El Khomri n’est qu’un début…

Or, le pouvoir est tombé sur os : la résistance du monde du travail depuis 4 mois, portée par une intersyndicale de 7 organisations et soutenue par la majorité de la population.

Pour passer en force, après avoir utilisé le 49-3 contre des parlementaires récalcitrants, le gouvernement utilise depuis sans retenue police, justice et médias aux ordres.

Il y avait eu des coups de semonce : syndicalistes d’Air France et de Goodyear traînés sur la place publique et devant la justice, dénonciations par les responsables syndicaux de la police des consignes de laisser faire les casseurs lors des premières manifestations contre la loi travail, assimilation du blocage des raffineries à du terrorisme par des journalistes de cour dans des organes de presse appartenant à des milliardaires… Mais la journée de grève et de manifestations du 14 juin a atteint un nouveau paroxysme dans la diabolisation de l’action syndicale.

Au cours de la manifestation parisienne qui a été un grand succès en rassemblant plus d’un million de personnes, les casseurs, isolés du cortège par les services d’ordres syndicaux, ont eu une nouvelle fois toute latitude, installés devant le cortège, pour détruire sans que la police les mette hors d’état de nuire. Bizarrement, aucun casseur de vitre de l’hôpital Necker n’a été interpellé…

Le gouvernement a en revanche immédiatement lancé une campagne accusant la CGT d’être complice des « casseurs » qui, pourtant, sont avant tout et objectivement des éléments qui desservent la mobilisation. L’amalgame terroristes-casseurs-manifestants a été orchestré par le gouvernement alimentant une campagne médiatique d’une violence inouïe contre les manifestants et les organisations syndicales, avec des injures spécialement réservées à la CGT.

A qui ces comportements scandaleux profitent-ils ?

Il suffit d’avoir regardé les informations télévisées du mardi 14 au soir pour répondre. Une nouvelle fois, la voix de tous les étudiants, salariés, privés d’emplois a totalement été bafouée par les médias. Seuls les casseurs en marge de la manifestation ont fait la une des JT, laissant de côté le grand succès de la journée d’action et les revendications légitimement exprimées par les centaines de milliers de manifestants. Dans la foulée, le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur et le porte-parole du gouvernement annonçaient leur volonté de s’en prendre à la liberté de manifester.

La violence des discours anti-CGT des médias et du gouvernement, la désinformation systématique, les menaces d’interdiction des manifestations sont le signe d’un gouvernement aux abois qui choisit délibérément la « stratégie de la tension » face à la colère sociale. Alors que, faut-il le rappeler, la responsabilité de la sécurité dans et autour d’une manifestation autorisée incombe bien aux forces de l’ordre et non aux organisations syndicales, comment appellerait-on un régime qui impose par la force et sans débat des lois minoritaires et qui interdit les manifestations ?

La FSU 81 dénonce solennellement la fuite en avant inquiétante, dans les mots comme dans les actes, d’un gouvernement aussi inflexible contre les acquis sociaux qu’il est oublieux de ses engagements. Elle dénonce la campagne ciblant spécifiquement la CGT alors que c’est une intersyndicale qui mène la lutte et que toutes les organisations sont solidaires en l’espèce. Elle dénonce les campagnes massives de désinformation donnant une nouvelle fois raison à Jaurès s’exclamant à propos de la 3ème République de la fin du XIXème siècle : « Et puis, le vice qui résulte de ce développement du régime politico-financier, c’est la confusion croissante de la politique, de la finance et de la presse ».

La FSU 81 rappelle que ce sont les luttes ont construit l’histoire sociale et démocratique de notre pays et que nous sommes fiers de défendre nos droits et de continuer à nous battre pour en obtenir de nouveaux.

Pour cela, la FSU 81 appelle à participer à la réussite des manifestations unitaires prévues les 23 et 28 juin et se déclare prête à participer à tous les rassemblements, toutes les manifestations démocratiques contre la loi El Khomri.

 FSU 81, le 23 juin 2016



7 réactions


  • Robert GIL Robert GIL 28 juin 2016 12:34

    Comment se fait il qu’il y ait tant de menaces et d’invectives contre la CGT ? Comment se fait il qu’il y ait tant d’articles contre la CGT ? Parce que les puissants, les milliardaires, ceux qui licencient et délocalisent, ceux qui emploient la répression et le mensonge contre les salariés et les ouvriers commencent à avoir peur.

    Comment se fait il qu’il y ait tant de commentaires réactionnaires sur les journaux comme le Monde, le Figaro, le JDD, l’Express et tutti quanti pour justifier les menaces et les injures contre la CGT, le premier syndicat de France ? Parce que la bourgeoisie, le Medef et tous ceux qui nous tondent impunément la laine sur le dos craignent l’effet boule de neige et que la contestation s’amplifie.

    Malgré l’effet de la manipulation continue et des mensonges au quotidien des medias de masse, de moins en moins de personnes croient aux bienfaits du capitalisme. Alors ils sont prêts à faire des exemples, à condamner, emprisonner, à essayer coûte que coûte à mater les peuples pour qu’ils retournent sagement produire de la plus value pour les banquiers et les actionnaires...lire la suite


  • Alpo47 Alpo47 28 juin 2016 13:13

    La « loi travail » ne sert strictement à rien de positif pour l’économie notamment à moyen ou long terme. Comment penser que baisser -quelque peu- le coût du travail va nous faire devenir concurrents avec les pays à bas coût, Chine et autres ? Aucune chance. Il faudrait ramener les salaires à 300€ et faire quasiment disparaitre les charges sociales. Heureusement, irréalisable.
    Elle n’a donc pour vrai but QUE d’augmenter les marges et les dividendes des actionnaires. Toujours les mêmes. Et on voit là encore qui « tire les ficelles ».

    Elle aura également pour effet secondaire de réduire le pouvoir d’achat d’un bon nombre d’entre nous. Par conséquent, qui va pouvoir consommer pour continuer de faire « tourner le système » ?

    Une vision à court terme qui caractérise bien le nouveau capitalisme ou l’art et la manière de « couper la branche » sur laquelle ils sont assis.


  • soi même 28 juin 2016 14:29

    Bon, il serait temps d’arêtes la farce de gauche , vous êtes tous complices de cette servitude organisé, depuis 71 ans vous avez tous fait pour tue toute métamorphose sociale et bien pour vous comme pour les autres , il est temps que vous mangiez votre pain blanc.


  • alain-aaae (---.---.238.137) 28 juin 2016 14:57

    excellent article mais je voudrais donner une information dans l journal ouest rennes la grosse vache de député maire a demandé que l on renforce les services de renseignements rennes de plusieurs agents.si on lit entre les lignes elle veut que tous les cégétistes soient fichés voit une socialiste qui crache sur le peuple qui lui a permis d etre député maire c est a dire qu elle touche 3 salaires et touchera 3 reraites au bas mots 25000e de retraite.lorsque je regarde dans le livre de karlfert je ne vois pas de déporté dans sa famille alors que les miens ont été déportés mais c est vrai ses socialites utilisent les C R S pour nous taper dessus comme l a fait mitterand dans les années 1950


  • liber8 (---.---.181.162) 28 juin 2016 17:08

    Tiens aujourd’hui c’est la sortie des moutons. Cette fois ils auront droit a 3km dans l’enclos, LoL

    Béhééeé


  • liber8 (---.---.68.158) 28 juin 2016 20:32

    Compte rendu de la manifestation d’aujourd’hui :

    Quelques moutons dissipés ont rapidement été réintégrés dans le troupeau et au final la petite balade c’est déroulé plus que normalement. A présent rentrés au bercail les moutons digerent leurs apres-midi de broutage.

    Béhééeé


    • liber8 (---.---.68.158) 28 juin 2016 20:39

      Pendant ce temps ailleurs :

      « Loi travail » : 49/3, amendements adoptés, moutons tondus.

      Béhééeé


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