samedi 20 novembre 2010 - par Philippe Sage

Mais De Quel « Monde » Parle Lula ?

Or donc, jeudi 11 novembre 2010, celui qu’est encore (un peu) Président du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, tenant conférence de presse introductive au fameux G20 dont M. Sarkozy espère tant, déclarait, peu ou prou, que si les pays riches « ne consomment pas, et misent uniquement sur les exportations [pour sortir de la crise] le monde court à la faillite ».

Bien.

Mais …
… De quel « monde » parle Lula ?

En réalité, Lula parle du « vieux monde ». Celui qu’agonise « en direct ». Tellement suffisant, hautain, devenu branque et bientôt chèvre, incontrôlable, shooté, banquérisé & bunkérisé.

Ce monde-là, c’est le monde Occidental.

C’est de ce « monde », et uniquement de celui-là, dont nous parle Lula.
Et cela fait des années qu’il plonge et "couac40", dépassé par le « système » qu’il a mis en place, un « système unique » pour toute la planète, une « pensée unique » pour tous les humains qui la peuplent. Ce « système » est un monstre, sorte de logiciel tout droit sorti de Skynet, et comme tout monstre, il va morfaler jusqu’au trognon ses créateurs et ses ouailles, tout balayer, éparpiller par p’tits bouts, façon puzzle, ce monde Occidental, le ventiler.

Et ce serait (donc) par la « consommation » que nous le sauverions ? ... Créer le besoin, encore et toujours, formater l’humain comme un rat, le réduire à cet état, de « consommateur », « vache-à-lait », trimardeur … mon cul ! Ça n’y suffira pas ! Pas cette fois !

Entre ici, le chaos, l’acte final ! Pas la peine de réserver son ticket, pas de balcon, ni de strapontin, non ! C’est au premier rang (d’oignons), que nous assisterons, ébahis et muets, à la fin, immense, d’une pure folie.

Non mais regardez-les, ces pantins encravatés, nous assurer que « tout va bien, on contrôle la situation, dormez tranquille, nous allons moraliser le monstre » !
Que c’est drôle ! Et pathétique à la fois. Ça a des airs de presque 38. Avant « la drôle de guerre ». Ça monte au créneau, ça nous demande d’écoper et souquer, de rustiner et colmater jusqu’à plus d’âge, parfois même gratis, mais tiens donc ! comme c’est bizarre, v’là que j’entends comme une p’tite musique qui suinte de ce grand corps malade qu’est l’Occident, et dont le gimmick (ou la boucle) serait :
« Ah les cons ! S’ils savaient ! ».

Faut-il être aveugle au dernier degré, lobotomisé par la télé-crotte, sourd à crier, pour ne pas « savoir ».

Pour ne pas, au minimum, se douter que.

Lula aurait été plus convaincant et inspiré, s’il avait eu le courage et l’honnêteté de finir sa phrase.

Car, oui, elle est incomplète. Il manque l’essentiel. Tant dans toute faillite, il y a repreneur. Dans toute faillite, il y a un vainqueur. Celui qui ramasse la mise, ou ce qu’il (en) reste, les miettes et quelques vestiges, et devient le nouvel empereur (qu’il est déjà) le leader, le number one, celui qu‘impose ses règles et sa loi, une autre dictature. Et fera de l’Occident, un musée pour touristes. Un machin à colorier, à prendre en photo, à découper suivant les pointillés.

Oui, Lula, aurait été un sacré mec aux roubignolles d’acier trempé, d’autant plus qu’il se retire, autant le faire en beauté, sur un coup d’éclat qu’aurait fait son effet et bien du chambard, tout en ajoutant au « merdier » mais peu importe, au point nous en sommes ! Oui, disais-je, il aurait porté beau, Lula, s’il avait dit :

« Le monde court à sa faillite … et la Chine à son triomphe ».

Celle à qui l’on fait cadeaux et courbettes : « Oui madame ! Bien madame ! Tout ce que vous voudrez madame ».

Celle qu’on reçoit tel des laquais.

Mais comme il ne l’a pas dit, Lula-sur-le-départ, continuons à faire comme si, rustinons, colmatons, trimons, nos acquis bradons, après tout, qu’est-ce qu’on s’en fout à présent, l’affaire est entendue, n’est-ce pas ?

Pour les autres, crédules, forcenés ou attardés mentaux, il reste cette fanfaronnade costumée, ce spectacle pour gogos, un machin à prendre en photo : le « G Vain ».


NB1 : Jadis (en 1957) quand le mémorialiste prédisait la même chose, la Chine triomphante, L’Express rétorquait : 
« Ce n’est pas pour demain »
Le mémorialiste répondait alors, cinglant :
« Ça peut aller vite ! »

L’autre jour, mardi, un de ses fils, un Goncourt, futur pamphlétaire (car il est là, son seul avenir littéraire possible) las de tout ce tralala, cette comédie, ce naufrage, accordait entretien radiodiffusé.

Lorsque le journaliste goguenardisait sur l’hypothèse d’un Châtelus-le-Marcheix transformé, dans un avenir proche, « en un Disneyland colonisé par les chinois », le Goncourt après un sonore « Et alors ? », ajoutait, de plus en plus las :

- On va plus produire de choses en France, c’est fini !

- Donc .. Donc la France comme un vaste musée .. dédié au tourisme mondial !? Il a dit, le journaliste ; et à son ton, on devine qu’il ne croit pas une seconde (tout comme l’Express de 1957) aux propos tenus par ce nouveau mémorialiste, qui pourtant, y revient :

- Oui, eh ben … pourquoi pas ? (…) Il faut envisager la réalité (…) Je suis pas là pour dire c’qui est bien ou pas bien ! Je suis là pour essayer de montrer c’qui s’passe dans le monde, et c’est ça qui s’passe actuellement en France ! … [Soupir] … Les chinois … nous adorent en tant que destination touristique. Ils sont nombreux, ils sont riches … [Silence] ... Donc euh .. Voilà.

Nous y sommes, ça veut dire, le « Voilà ».
Ou quasiment.

NB2 « La Chine est un géant qui dort ; quand il remuera le petit doigt, il fera trembler le monde » [Napoléon]



3 réactions


  • Dominique TONIN dume 20 novembre 2010 11:43

    Je suis à la fois d’accord avec vous et stupéfait de l’allègeance que témoignent certains chef d’état à l’égard des grandes puissances de ce monde et des travers vers lesquels ils voudraient nous attirer. Je me refuse à croire que notre président, même élu au suffrage universel, puisse prendre en notre nom des décisions qui nous concernent au quotidien, sans notre aval. Genre ; les OGM, le rattachement à l’OTAN et à la nébuleuse NOM (nouvel ordre mondial) et bien d’autres encore.
    Le peuple français devrait pouvoir décider de tous ces sujets. Je sais, vs allez me dire que les parlementaires sont là pour ça ! FAUX, ils sont à la botte de la majorité, le plus souvent addictes aux lobbies et détachés des réalités quotidiennes des Français.
    Et si, après mai 2012 ns étions les précurseurs d’un changement des règles édictées par ces puissances ? Car à l’instar du peuple français, l’ensemble des peuples européens bénéficient d’un nombre non contestable.


  • asterix asterix 20 novembre 2010 16:44

    Le changement de société, c’est réévaluer nos besoins, assurer la bouffe pour tous et se réorienter vers la production at home. D’urgence et je dirai presque à n’importe quel prix.
    Lulla que l’on encense un peu vite a fait progresser le Brésil en favorisant l’exportation intensive de ses matières premières, logique économique dont commence vraiment à profiter le dragon chinois qui nous a chopé le capitalisme et froidement laissé le social. Du libéralisme pur et dur. Communistes et adoubés du portefeuille par les autorités de l’Etat, il fallait y penser.
     


  • ddacoudre ddacoudre 20 novembre 2010 21:16

    bonjour philippe

    rien à rajouter à ton constat, c’est un peu triste. la chine occupe son développement sur la consommation extérieure des pays occidentaux qui disposent de monnaie par une pratique de l’endettement. ils disposent ainsi de la possibilité du pouvoir politique qu’ils en retirent. s’ils développaient leur consommation intérieur au même niveau que le notre nos ressources se raréfieraient à vu d’oeil.

    ceci dit il semble bien que nous soyons devenu incapable de disposer d’une vue à long terme d’une société défini autrement que par la pensé unique que développe l’occident même si tous les indicateurs prévoient son terme.
    il est bien évident qu’a des êtres qui ont le nez dans le guidon pour percevoir les sensations qu’il en retirent envisager un futur qui ne sera pas le leur est devenu impensable. c’est la même chose que quand l’on explique à un enfant qu’il faut qu’ils apprennent car son futur en dépend, il n’est pas encore en âge d’avoir un esprit construit pour envisager ce qui est une des capacités cérébrale, se projeter dans le futur.
    hors ceci est le rôle de nos homme politiques, et il semble que ceux que nous élisons sont comme les spéculateurs, ils n’acceptent la réalité que quand elle leur explose à la figure sinon ils ont le nez dans le guidon et défendent un concept de croissance par la consommation sachant pertinemment qu’elle se meurt et dont le remplacement est le défie du siècle.

    et là ou nous devrions avoir toutes les intelligences qui se mobilisent pour cela, nous n’avons que des Sarkozystes qui rêvent d’une gouvernance mondiale de la pensé unique.

    le présent est certes important car c’est dans ces actions que l’on construit le futur que nous découvrirons, et pour l’instant nous construisons un conflit pour ne pas dire une guerre et non une société future mlême si des signent apparaissent au moins pour se questionner sur une nouvelle forme de croissance.

    cordialement.


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