mardi 9 février - par Frimas

Mais peu importe...

 

J'ai pensé à ceci : L'immersion de l'esprit humain est dorénavant totale, irrécupérable. Lier la nature vivante restante avec ce que l'Homme à construit jusqu'ici me semble se dissiper, à moins abuser de mes propres mots, à décéder sous le rapport forcé avec l'espoir d'un monde de demain censé être internisé par ce "confort de vie" abusif, inique, vexant et inopportun avec ce qui reste en âmes données à la subjectivité du vivant, quelque chose de non-instrumentalisé, machinique. En rendant aveugle le néant, la mort elle-même me semble devoir devenir créative, de prévenir quelque chose de pas du tout concevable, ici bas, où on observe, distance de sécurité oblige, des ours polaires affamés "terroriser les habitants de notre ville champêtre"... Flottant pareillement à craindre la nature, on se dirige machinalement vers l'hybris de humanité à tout pouvoir résoudre. Notre fosse d'aisance contient ce qui ne nous freine en aucun sens ; aucunement, jamais enrayé. Calibre ! Maîtriser ce qui ne peut être contrôlé par la mégamachine qui a fait naître la bombe nucléaire, la guerre totale ou la conversation par téléphonie mobile dans un metro souterrain. Je me suis souvenu d'un incident documenté au plus large d'un ours polaire qui, érrant sur du béton glacé, qui s'enrayât devant les bennes d'ordures de la ville en essayant d'y chercher quelque chose de comestible, quelque chose qui, éradié de son espace naturel ; le froid ne suffisait même plus à faire grelotter une âme humaine. On y a donné des cours particuliers aux personnes censées les abattre. On y a parlé d'expérience et de routine, de l'inanité des êtres qu'ils sont... On y a montré des organes mutilés au calibre douze sur des photographies prises qui étaient accrochées sur un tableau. Il y a ces moments qu'ils aiment, qu'ils préfèrent à en perforer le restant de leur esprit en état hypnagogique. "Il faut te planquer pour être sûr que l'affâmé de t'attaque pas" se rejouit-il, cet aliéné ayant déjà dilacéré une douzaines de ces "saletés". Tout le monde a droit à son infamie en metal qui va lui arracher la moitié du corps à cet intrus. J'ai pensé qu'il fallait mieux y installer un trompe-oeil à la place, une sorte d'avant-plan mouvant avec des roues derrière afin d'envisager éventuellement qu'il n'est jamais trop tard pour renoncer face à tant d'intraitables habitants de la modernité. Bien entendu, la bête n'a pas la moindre correspondance à échanger avec l'écrasant tourment qu'il faut absolument tout justifier comme si la médiocrité marchande ne suffait pas...

& puis j'ai pensé qui je suis pour décrire le fait qu'on se soumet en épectase à la supériorité de tous les consommables disponibles dans les rayons des supermarchés, de la visiophonie au jambon en croûte de façon tellement évidente qu'on n'a plus rien à fabriquer que soi-même, mais le produit a comme synonyme la perfection, alors me suis-je dis quelle est la véritable perfection, la rationalité la plus objective, la plus coruscantes des vagues de bien être futile hors de toutes les diversités fantaisistes qui font de ce genre bumain ce qu'il est réellement par temps de détresse : élaborer l'architecture d'une nouvelle beauté sur un fond de canevas ; peut-être aussi la pulsion à s'entasser par ennui dans une salle d'attente pour se refaire le nez ou la joue ou la jambe ou un remeublement complet au forfait plutôt alléchant, que sais-je... On y accomplit de merveilleux thaumaturges ces derniers temps, des miracles gonflés qui scintillent, nos fils de dilection possédant la nescience du mal propre, utile si on y insiste ; une engeance à soi-même, au corpus humain, à son anatomie malpropre et crétine à vouloir même se sensibilier à la présence de ses vibrisses ou que sais-je.

Ce matin, je m'éfforce d'oublier l'humanité vieilotte qui se traîne comme par réflexe en s'incendiant sur fond de ce qui les dérange en attendant le passage au vert près d'une voie express avec ses camions frigorifiques accompagnés de son tonnage automobile qui s'accumule derrière. Des géants qui se précipiteraient sur le seuil de leur balcon en quelque sorte et je me suis dit que ce sont peut être toutes ces journées manquées qui s'utilisent en guise d'un refus de conscience, ignorant pleinement que ce monde ne débouche sur plus rien enfermé dans ce cocon pollué parmi tant d'autres qui font exactement la même chose dans une endroit différent en silence quelque part, sans personne, ni rien ; reste encore à survivre face à tout cet amas de jours inutiles à passer son temps à effacer ses souvenirs à cultiver son regard sans la voix propre de la ville immense qui engloutit tout avec la convenable promesse que tout est désormais possible tout en étant obligé à engager des publicitaires dispercés dans les sous-sols censés enjoliver à la télévision ou dans les transports en commun un numéro spécial "qui aide", facile à retenir qui finira tout compte fait par dégager des symptômes d'une montée toujours plus préoccupante et malcommode des cas de suicides ou psychiatriques s'avérant graves intrigués sous la fatigue jaunissant toute la partie visible de leur mobilier en chair, ramant en face de ce tintamarre se précipitant comme pour leur rappeler les mises plus haut encore à la prochaine réunion avec les cadres ou ça chante tout en avalant des benzodiazépines dans le coin d'une cuisine d'entreprise ; et il y avait cet autrefois auquel nous tenions sans trop réfléchir à ces grondements des échangeurs d'autoroutes, de pénombres d'une crépuscule pollué à l'oxyde de carbone, aux chambres désarticulés des centres-ville où on installe des grillages aux fenêtres devant des corps détruits qu'on attaque à la ramassette en fin d'année ; reste encore les légumes en boîte pour le soucis de facilité.

Je me souviens plus des anciens figurants publicitaires de jadis se barguignant dans un tube cathodique un peu amputés de quelques fonctions cérébrales sous ordre d'une régie à faire comprendre aux internautes qu'il est temps de reprendre goût à la vie sur terre sans revenir en arrière et sa friperie du progrès guerrier parmi nos réservations de voyage en avion à destination de je ne sais quel ressort touristique avec ses pelouses tondues et ses instructions mortes censés guidés les serveurs au bar, etc... Je me souviens assis dans un living-room poussièreux en chérissant tant les soirs d'oisiveté sans instruction, sans caméra de surveillance, sans audace à me faire circuler entre les objets démocratiques qui me serviraient de vitamines, etc...

Mais peu importe...
 



13 réactions


  • C’est bien là le problème, Le secteur de la Santé mentale a été saccagé, écrasée par le secteur de la médecine purement technicienne (considérant le corps comme une machine qu’il faut réparer). Et si c’est le mental, ben il y a un médicament pour chaque forme de déviance : Prozac, XANAX, Haldol pour les psychotiques qui vont augmenter autant que les actions de Big PHARMA....Je ne suis pas complotiste, mais je ne peux m’empêcher de penser que la médecine est grandement responsable de ce futur carnage. Non messieurs les médecins : le corps n’est pas une Alfa Roméo. Bizarrre, mais les médecin roulent souvent en ALFA ROMEO. Exception pour mon médecin, en moto (qui est le plus célèbre de Belgique et qui habite à côté de chez) ..... Lui a compris. Heureusement comme il doit être riche : ll a pu ouvrir aussi deux cabinets pour des psychologues (qui sont rarement riches, choisissant leur métier par vocation et moins pour la PLAQUE DOREE sur la maison.. Médecin et psy c’est la confrontation. Et comme les médecins sont souvent des fils de.. riches. Nous allons effectivement vers une autre catastrophe du côté de la SANTE MENTALE....POUR moi, c’est une certitude...


    • Gollum Gollum 9 février 18:53

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Nous allons effectivement vers une autre catastrophe du côté de la SANTE MENTALE....

      En effet...


    • @Gollum la mienne est excellente. Si j’avais pu filmer le rêve de cette nuit. L’EDEN. 


    • Voilà la réalité et c’est encore plus grave que vous ne l’imaginez. Les psychologues vraiment formés à la psychanalyse se raréfient la nouvelles générations allaitée à Felix GUATTARI et les thérapies pavloviennes sont plus fréquent et peu formé à faire la différence entre psychose et névrose. En plus, montée exponentielle des pervers-narcissiques (nombreux sur Face-book, génération sacrifiée). Agissons nous comme nos ancêtres qui sacrifiaient leurs enfants pour calmer les DIEUX (rappelons Abraham condamné à livré son enfant...). Ils sont confrontés à une jeunesse sans repère. Attendons la troisième génération d’enfants élevés par des homosexuels ou des familles mono-parentale, manquant d’argent. C’est un désastre. Un infanticide général. Je crains hélas que la jeunes générations soient, et cela me fait mal : psychotique et grandement dépressive : https://www.lalibre.be/debats/opinions/les-psychologues-inquiets-face-a-la-detresse-psychique-des-jeunes-6022985fd8ad5844d1093c4c. Deux responsables : Guy VERHOFSTAD et Le livre Noir de la psychanalyse écrit par un paranoïaque. En 1984, nous le savions....


    • Gollum Gollum 10 février 09:11

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      la mienne est excellente.

      Oui on le sent à la lecture de votre prose...

      Si j’avais pu filmer le rêve de cette nuit. L’EDEN. 

      On appelle cela un rêve compensatoire. De rien, c’est gratos.


  • Gollum celui qui tire plus vite que son ombre..


  • The White Rabbit The White Rabbit 9 février 19:14

    Mais peu importe...

    En fait oui, Peu importe . Et non Pneu d’import, ce qui manquerait d’adhérence.

    Peu importe donc ne doit pas s’entendre comme « cela ne fait rien ».

    Oui parfois, et même souvent , le peu est important, voire déterminant bien qu’adverbe par naissance.

    Et vous le dites avec un style très personnel qui m’a d’ailleurs semblé plus digeste que dans votre dernier opus. Les rapports entre lecteurs et auteurs sont complexes, preuve en est lorsqu’on relit un ouvrage 20 ans plus tard, on n’y découvre pas la même chose.

    Donc votre peu nous importe comme il importe que vous écriviez pour être lu, sinon vous garderiez votre regard sur le monde pour vous.

    En cela vous êtes généreux même s’il m’a fallu faire un effort pour vous lire puis vous comprendre peut-être. Aujourd’hui, dans notre société où tout va très vite, on n’est plus habitué à prendre du temps pour comprendre. Le néologisme « chronophage » est détestable en ce sens.

    La lucidité fait mal, mais cela va mieux en me disant.


    • The White Rabbit The White Rabbit 9 février 19:16

      en « le » disant , quoique ça marche aussi smiley


    • Frimas Frimas 10 février 09:48

      @The White Rabbit
      D’emblée, je vous remercie chaleureusement pour votre commentaire qui me fait directement accepter votre critique. Pour en revenir silencieusement vers le « Mais peu importe »... Simplement on a rien compris avec tout ce qui est en train de se passer et cela va résulter en une détestable certitude que tout coulera, les innocents en premiers et je parle pas de collapsologie mais simplement du froid de cette vie sur terre qui fracasse nos âmes contre le béton.

      Vous dites : « En cela vous êtes généreux même s’il m’a fallu faire un effort pour vous lire puis vous comprendre peut-être. Aujourd’hui, dans notre société où tout va très vite, on n’est plus habitué à prendre du temps pour comprendre.  » et là je vous rejoins, le cerveau se développe très lentement et se fout royalement de l’hyperconnectivité qui nous a périmés. 

      L’inspiration aux intérieurs de ce monde tel qu’il est devenu me vient rien qu’en observant une pointeuse ou autre dispositif technique censé nous « améliorer ». 

      La suite est en correction pour l’instant. Si ça vous intéresse.
      Bien à vous.


  • Le liens ne s’ouvre pas : 

    Un texte de Géraldine Delmotte, psychologue, et Céline Bouchat, chercheuse et formatrice dans le secteur de l’enfance, cosigné par un collectif de 260 professionnels de la santé mentale.

    Nous, psychologues, psychothérapeutes, souhaitons aujourd’hui, relayer les voix que nous entendons dans l’intimité de nos cabinets de consultations. Ces voix sont celles des adolescents repliés, angoissés, perdus, insomniaques, stressés, asphyxiés, celles de jeunes désespérés et de parents impuissants face à leurs enfants en détresse.

    Les dépressions, les troubles anxieux, les décrochages scolaires, les harcèlements, les décompensations, les addictions (alcool, écrans, drogues…) sont en augmentation dans nos suivis. Nous rencontrons aussi des jeunes déconnectés de leurs émotions et d’autres qui nous formulent des réponses sur-adaptées (faux self relationnel et affectif, par réaction à un environnement perçu comme contraignant et hostile). Les demandes de consultations croissent chaque semaine.


  • Lonzine 10 février 18:17

    J’aime ce texte puissant, il laisse en transparence la trace de l’actualité. Merci


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