mardi 23 juin 2009 - par Emile Mourey

Malheureusement, il perdit. Alésia, suite 3.

Ce titre est absurde. J’en suis parfaitement conscient. Si Vercingétorix avait gagné, serions-nous aujourd’hui ce que nous sommes ou autres ? Besogneux aux champs ou maitres du monde ? Ce qui est certain, c’est que n’existant pas tel que je suis et même n’existant pas du tout, je ne serais pas là en train d’écrire cette histoire et que donc, la question que je pose n’a pas de sens, ni pour moi, ni pour les lecteurs de cet article.

Ce titre est absurde mais pas moins que la thèse d’une heureuse défaite qui nous aurait permis d’entrer dans la civilisation, triste civilisation, en vérité, de sang et de larmes. Alors, s’il vous plait, messieurs les historiens spécialistes de la guerre des Gaules, permettez-moi de vous contredire afin de laisser aux lecteurs de cet article la liberté de penser, et cela même au risque du parti pris, car l’ancien soudard que je suis ne prétends pas, contrairement à nombre d’entre vous, ni à l’impartialité ni à l’objectivité. Je cherche seulement à comprendre et à expliquer.

 
I. Ma thèse, volontairement simplificatrice, est la suivante. Alors que les Romains se battaient pour Rome, les Gaulois d’Alésia se sont battus pour une certaine idée de la liberté.
 
Difficile à croire ? L’inscription que Napoléon III a fait graver, au mont Auxois, sur le socle de la grande statue de Vercingétorix dit en effet tout autre chose.
 
 
Ah, ces Français fils de Gaulois, s’accorderont à dire les touristes étrangers de retour dans leurs chaumières, après leur visite au futur muséoparc d’Alésia, ils se prennent vraiment pour le nombril du monde. Eh bien non ! Cette traduction est un faux, un faux grossier. Voici ce que je lis dans le texte de César : Je ferai de toute la Gaule un seul conseil dont personne au monde ne pourra contester les décisions dès lors qu’elles auront été prises dans une volonté commune. Cette phrase de Vercingétorix s’explique parfaitement dans le contexte d’après la prise de Bourges par les Romains (et de ses stocks de vivres), Bourges que ses habitants n’avaient pas voulu évacuer contrairement au plan gaulois, parce que c’était la plus belle ville, ou peu s’en faut, de toute la Gaule.
 
Et devant le dernier conseil de guerre qui se tint à Alésia, voici comment je traduis les paroles que le chef arverne prononça : Si j’ai fait cette guerre, ce n’est pas pour l’intérêt des miens, mais pour la liberté commune. Puisqu’il faut céder à la fortune, je me livre à vous. Tuez-moi ou livrez-moi vivant aux Romains ! Puissent-ils se satisfaire de mon sacrifice !  On nous dit que César a "arrangé" les discours du chef gaulois. Et bien non ! Lui qui, d’après Suétone, se targuait de vouloir fournir des matériaux à ceux qui s’occupent d’écrire l’histoire, aurait perdu toute crédibilité auprès de ses lecteurs s’il n’avait pas rapporté telles quelles les paroles de celui qu’il avait vaincu.
 
Liberté commune ? Va-t-on se gausser, dans cette Gaule ou, d’après Diodore de Sicile, un esclave s’échangeait contre une amphore de vin. Et bien oui ! Liberté et Liberté commune. Pour cela, il faut bien comprendre les évènements qui se sont déroulés à Cabillo/Chalon-sur-Saône, que Strabon qualifie de cité éduenne. Par ses messagers porteurs de fausses nouvelles, Litavic de Chalon avait "remué" la cité entière des Eduens (permovet, DBG VII, 38). Puis, Convictolitavis avait entrainé la plèbe dans une "fureur" contre les marchands romains (furor, VII, 42). La victoire de la Gaule ne dépendait plus que de l’attitude des Eduens. Leur autorité seule empêchait les autres pays d’entrer en guerre. Abandonnés par eux, les Romains ne pourraient plus se maintenir en Gaule. Il fallait placer la liberté au-dessus de tout (VII,37). Nous sommes dans le prolongement logique du soulèvement déclenché par Vercingétorix qui, après avoir été chassé de Gergovie par le parti favorable aux Romains, avait recruté dans la campagne des gens que César qualifie de miséreux et de sans aveu. Appelant à la liberté commune, il avait rassemblé de grandes forces et repris le pouvoir à Gergovie (VII, 4).
 
Il s’agit là d’un soulèvement contre la pénétration des Romains en Gaule et leurs partisans gaulois, certes, mais il s’agit aussi, à mon sens, d’un soulèvement contre un état de la société gauloise que ces partisans voulaient maintenir et que le bas peuple n’acceptait plus. Il s’agit d’un soulèvement populaire contre un ordre établi. J’ose même parler de RÉVOLUTION . Ainsi s’expliquent les 10 000 fantassins qu’a pu mobiliser la cité de Chalon pour aller combattre à Gergovie. Nous sommes dans une situation comparable à l’appel des volontaires pour l’armée du Rhin de 1792 . Ainsi s’explique également le nombre impressionnant de combattants à pied qui se sont rendus à Alésia. Ainsi s’explique leur courage. Ces gens-là se sont battus dans l’espoir d’une liberté commune, c’est-à-dire d’une liberté accordée à tous.
 
II. Mais quel était donc l’organisation de la société gauloise au moment de la bataille d’Alésia ?
 
Eh bien, vous allez être surpris ! Parce que les erreurs de traduction sont telles qu’on est en droit de se demander quelle peut-être la fiabilité des ouvrages qui traitent de ce sujet.
 
Première erreur. Inutile d’aller chercher ailleurs qu’en pays éduen où manifestement César trouve ses sources d’information. Il y évoque son sénat (senatus). Et ce sénat se trouve bien à Bibracte (au Mont-Saint-Vincent, voir mes articles à ce sujet). Il y évoque aussi un conseil public lors de l’affaire Aristius qui se passa à Chalon (publico consilio, VII,43). Il est incroyable que l’on n’ait pas compris qu’il s’agissait du conseil de la cité de Chalon et non pas du sénat de Bibracte. Et ce conseil de la cité de Chalon, on le voit vivre dans le récit de César, dans sa division, ses tiraillements et ses hésitations. C’est le maillon manquant qu’il aurait fallu découvrir depuis longtemps et c’est criant de vérité.
 
Deuxième erreur. César évoque une institution très ancienne (VI, 11). En Gaule, écrit-il, non seulement dans toutes les cités, mais dans tous les pagus, dans toutes les localités et même jusqu’au sein des familles, il y a des "factiones", à la tête desquelles sont placés ceux qu’on estime avoir le plus de poids. En toutes choses et en tous projets, la décision leur revient en dernier ressort. Cette façon de faire a été instituée depuis longtemps, semble-t-il, pour venir en aide aux petites gens contre ceux qui sont plus puissants qu’eux. Un responsable ne peut accepter que les siens soient accablés ou trompés ; s’il agit autrement, il perd toute autorité auprès d’eux. Constans fait un contre-sens manifeste en traduisant que non seulement toutes les cités, tous les cantons et fractions de cantons mais même, peut-on dire, toutes les familles sont divisés en partis rivaux (factiones). Et c’est ainsi que depuis cette traduction de 1926, on s’imagine une Gaule anarchique que viendra sauver l’ordre romain.
 
Eh bien non ! Ces "factiones" sont des organisations, ce qui est d’ailleurs le sens premier du mot. Et cela change tout. Car ces responsables d’organisation ne sont , ni plus ni moins, que les précurseurs de nos représentants politiques qui se soucient du bien être de leurs concitoyens et qui s’introduisent, par leurs tracts, jusque dans les familles tout en s’opposant de la droite à la gauche.
 
Et voilà la phrase-clef : Haec eadem ratio est in summa totius Galliae que Constans a traduite ainsi : Le même système (de partis rivaux) régit la Gaule considérée dans son ensemble. En effet, “in summa” peut être traduit par “dans son ensemble”, mais dans la bouche de César, “in summa” est un terme couramment utilisé dans le vocabulaire militaire pour dire “au sommet d’une crête” (I,21 et 24 - III, 67). Je traduis donc la phrase de César ainsi : Ce système (d’associations populaires) occupait la première place dans toute la Gaule (in summa : la place la plus haute).

 Ce détail est très important, car si ce système d’associations populaires occupait la première place en Gaule, cela signifie que, depuis l’ancienne institution, les druides et les nobles cavaliers n’en occupaient que la seconde.

 Ainsi s’explique la prudence des druides quand ils demandaient à César d’intervenir contre Arioviste (sans avoir consulté au préalable les représentants du peuple).
 Ainsi s’explique l’exécution de Celtillos qui eut des velléités de pouvoir personnel.
 Ainsi s’explique la conduite de Vercingétorix, obligé de s’incliner plus d’une fois devant la décision des conseils.
 Enfin, le fait que ce système aboutisse à l’échelon des cités à l’existence de deux partis qui s’opposent, ne contredit pas notre interprétation, mais prouve au contraire qu’une certaine vie démocratique existait déjà au sein de la société gauloise.
 

III. Conclusion.
 
Et voilà que s’explique dans toute sa clarté ce pourquoi Vercingétorix s’est battu.
 
Car depuis l’ancienne institution, la société gauloise avait évolué. Dans toute la Gaule, écrit César, il y a deux catégories d’hommes qui se distinguent des autres par un certain rang et certaines responsabilités : il s’agit des druides et des nobles cavaliers. Les hommes du peuple leur sont presqu’entièrement soumis, n’osant rien faire par eux-mêmes et n’étant jamais consultés. Beaucoup, ruinés par les dettes, par les tributs, les taxes et par les procès perdus contre plus influents qu’eux, s’attachent à des hommes connus, renommés et d’honorable extraction. Ils se mettent dans leur entière dépendance et leurs maitres ont sur eux tous les droits qu’on peut avoir sur des asservis (DBG VI, 13). Lorsqu’il le fallait, lorsqu’un conflit éclatait (ce qui se produisait tous les ans avant l’arrivée de César), les “nobles cavaliers" exécutaient des raids chez leurs voisins ou s’opposaient à leurs incursions. Tout le monde se tournait alors vers la guerre. Ceux dont le pouvoir, les moyens et les ressources étaient les plus importants en raison de la catégorie du peuple à laquelle ils appartenaient, rassemblaient autour d’eux le plus grand nombre de compagnons et de vassaux . C’est ainsi que se reconnaissaient entre eux l’allégeance et la suzeraineté (DBG VI,15).
 
Bref, Vercingétorix ne pouvait, de toute évidence, rassembler ses concitoyens, et en particulier le peuple, que sur un projet de réforme de la société gauloise. Ce projet me semble être le suivant : conforter l’ancienne institution qui existait toujours à l’échelon des bourgades, localités et villes (les conseils publics), à l’échelon des cités (les sénats) en lui redonnant sa base populaire originelle et la compléter en instaurant un conseil de toute la Gaule au sein duquel auraient pu se régler les problèmes inter-cités par la discussion et non plus par les armes.
 
Tout cela a un nom : démocratie. Au sein des conseils locaux, les hommes sont choisis pour leur compétence. Ces conseils publics envoient leurs représentants siéger au sénat de la cité. Le Vergobret est probablement désigné par le sénat ; les fils de la classe noble pouvant se diriger, soit vers le métier des armes (chevaliers/cavaliers), soit vers le service religieux (les druides). Quant au "rix", c’est une erreur, à mon sens, que de traduire le mot par "roi". Ce ne peut être qu’un commandant en chef des armées désigné par le sénat , en général pour le temps d’une guerre.
 
La société romaine était-elle si différente ? De même que Vercingétorix s’est dressé, en Gaule, contre César, de même à Rome, un parti, une famille, un homme s’est dressé contre lui, l’accusant de vouloir détruire la République et d’instaurer la dictature : Marcus Junius Brutus, celui qui lui porta le dernier coup de couteau.
 
Mais César pensait autrement, que le bonheur du peuple ne pouvait venir que d’un homme seul qui aurait concentré dans ses mains tous les pouvoirs. Les associations, les partis, les intermédiaires ne pouvaient rien apporter de bon, selon lui. Vis-à-vis de ses lecteurs romains, César ne pouvait que dénigrer le système gaulois.
 
 
 

 
 
 


45 réactions


  • italiasempre 23 juin 2009 13:15

    Excusez-moi mr Mourey, est-ce la civilisation romaine que vous qualifiez de « triste civilisation » ?


    Pour le reste de l’article il y a tellement de choses à dire, mais ça va être pour plus tard.

  • Torvald 23 juin 2009 13:56

     

    « Tout cela a un nom : démocratie. Au sein des conseils locaux, les hommes sont choisis pour leur compétence. Ces conseils publics envoient leurs représentants siéger au sénat de la cité. » .../...

    « à Rome, un parti, une famille, un homme s’est dressé contre lui, l’accusant de vouloir détruire la République et d’instaurer la dictature : Marcus Junius Brutus »

    N’est-ce pas un peu forcer le trait que d’opposer la « démocratie » supposée de Vercingétorix et le futur empire de Jules Cesar.
    Comme le dit Jünger dans ses Journaux, un attentat ne change pas le fond des choses, il ne fait que ralentir ou accélérer le processus. Il était fatal que la République évoluât en monarchie et avec statut impérial tellement les territoires et les peuples à gérer étaient divers et variés. Les héritiers de César n’ont fait que poursuivre son oeuvre. Le statut de citoyen romain, venant de la République était envié par tout le monde. Un peu plus tôt, un peu plus tard...


     





    • Emile Mourey Emile Mourey 23 juin 2009 14:14

      @ Torvald

      Je souscris tout à fait à votre commentaire. D’ailleurs, j’aurais pu faire un article dans ce sens si je m’étais mis dans l’esprit de César et de ses continuateurs. Je ne suis pas populiste pour un sou. Mais ici, je me suis mis dans l’esprit de Vercingétorix et des Gaulois d’Alésia et il faut bien essayer de comprendre ce qui les motivait.


  • Emile Mourey Emile Mourey 23 juin 2009 14:06

    @ italiasempre

    Non ! C’est « notre »civilisation. Ma phrase est maladroite mais s’adressait surtout aux concepteurs du projet du muséoparc d’Alésia qui veulent nous convaincre, nous et nos enfants, que si ceux qui nous ont précédés sur le sol gaulois ont ramassé une raclée, ce fut une bonne chose, ce qui signifie que dans l’avenir, il ne faudra pas suivre leur exemple. Et cela me scandalise..

    Je ne pensais pas à la civilisation romaine que j’ai d’ailleurs souvent mis en exergue et en exemple mais à la civilisation d’après jusquà nous. J’aurais dû mettre une majuscule : La civilisation. Nous sommes en effet dans la continuation d’un fil de l’Histoire qui malheureusement nous conduit - je ne suis pas seul à le dire - droit dans le mur. Mais je ne dis pas qu’une autre évolution aurait été meilleure. Comme je l’écris en introduction, je ne le sais pas et personne, d’ailleurs, est en mesure de le savoir car on ne peut pas juger de quelque chose qui n’a pas existé.


  • Antenor Antenor 23 juin 2009 15:01

    Apparemment, ce système de « factiones » a perduré jusqu’au 19ème siècle. Dans le Bourbonnais, à la tête de chaque hameau se trouvait un « Maître » et une « Maîtresse » (pas forcément son épouse) qui dirigeaient la vie de la petite communauté paysanne constituée d’une vingtaine de personnes. Chaque foyer possèdait son logement et son mobilier mais la terre était exploitée en commun.

    Démocratie, le terme me semble un peu trop fort. Il est probable que les croquants allaient pousser une gueulante de temps à autres auprès du « baron » local et que les guildes d’artisans avaient une certaine influence dans les « Parlements » des villes mais le système dans son ensemble a l’air d’être entre les mains du clergé et de la noblesse. César dit que le peuple a quasiment le rang d’esclave (6-13) et la condition d’une partie de ce peuple rappelle celle des serfs du Moyen-Age.

    « Ainsi s’explique la prudence des druides quand ils demandaient à César d’intervenir contre Arioviste (sans avoir consulté au préalable les représentants du peuple). »

    C’est plutôt la vengeance d’Arioviste sur les otages que craignaient les Druides. Ne serait-ce pas le Germain qui a fait assassiner Cetillos pour peut-être imposer une marionnette séquane de son choix comme druide suprême de Gaule ?

    Après la victoire de César sur Arioviste, il est probable que c’est Divitiac qui a été désigné mais avant ?


  • brieli67 23 juin 2009 15:07


    http://www.theartofbattle.com/siege-of-alesia-52-bc.htm

    TOUS LES TEXTES QUI VOUS SERVENT DE REFERENCE
    sont des copies dont la plus ancienne sous les carolingiens

    Überlieferungsgeschichte [Bearbeiten]

    Die Überlieferungsgeschichte von De bello Gallico erweist sich aufgrund zahlreicher Textzeugen als unübersichtlich und noch nicht restlos erforscht. Seit seinem ersten Erscheinen zu Caesars Lebzeiten handelt es sich jedenfalls um einen Text mit beachtlicher Verbreitung. Mittelalterliche Manuskripte sind allein 33 in der Vatikanischen Bibliothek, 25 in der Bibliothèque nationale de France (Paris), über ein Dutzend in Florenz und weitere in anderen, vor allem römischen, Bibliotheken erhalten. Für die zweisprachige französisch-lateinische Ausgabe (1926, Collection des Universités de France) hat Léopold Albert Constans etwa 40 Manuskripte ausgewertet. Das älteste stammt aus dem 9. Jahrhundert. Die späteren Kopien aus dem 14. und 15. Jahrhundert weichen teilweise von den älteren Manuskripten ab.[8]

     

    JC un dictateur pourquoi vous ne le signaler pas plus dans vos écrits ?

    Montaigne, qui dans ses Essais dénonce les « fausses couleurs de quoi [César] veut couvrir sa mauvaise cause et l’ordure de sa pestilente ambition »[

    Les Commentarii rerum gestarum Galliae i.e Gallici belli sont des rapports justificatifs au Senat
    un travail d’équipe qu’on peut qualifier de cellule d’information/communication

    avec un vocabulaire et une grammaire très simplifiés : ce texte est à écouter

    Normal dans toutes les propagandes, on glorifie l’adversaire vaincu.

    in Plutarque Vie de César

    « En moins de dix ans qu’a duré sa guerre dans les Gaules, il a pris d’assaut plus de huit cents villes, il a soumis trois cents nations différentes, et combattu, en plusieurs batailles rangées, contre trois millions d’ennemis, dont il en a tué un million, et fait autant de prisonniers. »

    que un centurion sur sept n’a été tué au combat, lié au matériel au recrutement et au commandement.

    PREMIER GENOCIDE reconnu internationalement en 55 par JC
    Im Jahre 55 fielen zwei germanische Stämme in Gallien ein, die Usipeter und die Tenkterer. Caesar begann Verhandlungen mit ihnen, um sie als romfreundlichen Brückenkopf auf dem rechtsrheinischen Gebiet der Ubier anzusiedeln. Während eines Waffenstillstands kam es zu einem militärischen Zwischenfall zwischen den Germanen und Caesars gallischen Hilfstruppen. Caesar nahm dies als Vorwand, die germanischen Häuptlinge, die mit der Bitte um Entschuldigung in sein Lager gekommen waren, festzunehmen und die führerlosen Germanen ausnahmslos niedermetzeln zu lassen. Nach seinen Angaben kamen dabei 430.000 Menschen ums Leben, wobei die Römer keinen einzigen Toten zu beklagen gehabt hätten.[3] Der Althistoriker Luciano Canfora bezeichnet dieses Massaker als „unmenschliches Verbrechen“[4], in der modernen Genozid-Forschung wird es als frühes Beispiel für einen Völkermord gewertet.[5] Auch in Rom war man entsetzt : Cato beantragte im Senat, Caesar an die Germanen auszuliefern und konnte die Einsetzung einer Untersuchungskommission durchsetzen.[6]

    in Wiki allemand 

    Faut vous traduire ? Etes de cette génération bon en latin et bon en allemand ?
    et Casoar de l-élite bacc littéraire_A_ qui se destine aux Armes.


    • Emile Mourey Emile Mourey 23 juin 2009 16:09

      @ brieli67

      Question personnelle : je voulais présenter le concours direct « option sciences » et c’est mon père qui a voulu que je présente l’option « lettres ». J’avoue même avoir hésité, car, un moment, je voulais être médecin.

      En ce qui concerne votre long exposé, je ne nie pas votre longue énumération, mais si on se focalise uniquement sur cela, on en oublie le principal : essayer de comprendre l’Histoire. Bien sûr qu’on peut reprocher à César beaucoup de choses au regard de nos valeurs actuelles, par exemple la répression de Bourges : 40 000 hommes, femmes et enfants mis à mort par ses légionnaires, une affaire dont César fait état, pratiquement sans état d’âme, comme s’il s’agissait de profits et pertes. Mais Vercingétorix, lui aussi, a « depopulare » tout le territoire d’une cité gauloise récalcitrante, et je ne ne vous donne pas le traduction classique qui adoucit le sens du mot, mais vous comprendrez que le terme « depopulare » veut bien dire ce qu’il veut dire.


  • Emile Mourey Emile Mourey 23 juin 2009 15:40

    @ Antenor

    Comme toujours, votre commentaire est intéressant.

    C’est vrai que mon mot « démocratie » est provocateur mais est-il faux ? Le terme démocratie s’oppose historiquement aux systèmes monarchiques ou oligarchiques. La société gauloise était-elle démocratique au début suivant l’ancienne institution que rappelle César, devenue ensuite oligarchique, aux mains d’une élite, comme son texte le laisse supposer ? Encore faut-il s’entendre sur le mot « démocratie », car je pèse mes mots quand je dis que les responsables d’association étaient « choisis ». Je ne dis pas qu’ils étaient élus. Cela signifie que c’était bien les plus forts en gueule qui s’imposaient. En revanche, je ne suis pas du tout d’accord avec la thèse actuelle qui imagine une compétition entre de prétendus rois et une prétendue noblesse. Pour moi, le « rix » est un chef d’armée, évidemment qui peut vouloir s’imposer. Il en sera par la suite de même pour les rois burgondes et francs qui, à l’origine, ne sont les rois que des Francs et que des Burgondes.

    Pour ce qui est de l’affaire « Arioviste », ce qui est étonnant est que ce sont les premiers de la cité (princeps), dont le druide Divitiac, qui ont demandé à César d’intervenir contre Arioviste, en secret bien sûr. Parce qu’Arioviste détenaient des otages éduens, oui. Mais pourquoi ce ne sont pas des membres du sénat, ni le Vergobret ?

    Je sais qu’on attribue une médaille de Divitiac aux Séquanes. C’est une erreur. Divitiac était le druide suprême des Eduens et de la Gaule qui a succédé à l’arverne Celtillos et il était en place avant l’arrivée de César.


    • morice morice 24 juin 2009 09:08

       Pour moi, le « rix » est un chef d’armée, évidemment qui peut vouloir s’imposer. Il en sera par la suite de même pour les rois burgondes et francs qui, à l’origine, ne sont les rois que des Francs et que des Burgondes.


      donc Baïtullah Messoud pourrait être « gaulois » ?

    • Emile Mourey Emile Mourey 24 juin 2009 09:37

      @ Morice

      Chef de guerre, oui mais pas gaulois.


  • helios999 helios999 23 juin 2009 17:20

    Je me fais , l’avocat des romains , un peu pour mes origines mais surtout pour contenir mes contemporains à une reflexion utile
    Dabord vue de rome , les gaulois etaients forts et batailleurs , inutile de dire que leur environnement n’etait pas tres democratique , loin de la meme , plutot la loi du plus fort , non ?
     Je vois tres bien vercingetorix convaincre les autres chefs de se rassembler , non pas pour le bien du peuple mais pour leur propre liberté , ensuite que l’on le recupere pour en faire un etandart , prouve que la periode romaine n’a eu que tres peu d’infuance , sur ce peuple querelleur , menteur et pretentieux
    Les romains etaient plus democrates ? , certainement plus cultivé , il suffit de lire l’histoire de quintus cincinnatus dont le fils fut emprisonné pour voie de fait alors que le pere etait liberateur de la patrie et cela 500 av JC ( non non pas avant jacque Chirac )
    La culture commence par une analyse de soi meme pas par la recherche de bouc emissaire , bref 2000 ans apres vous n’avez rien compris , comme bourrique, querelleur et tete à claque on fait pas mieux


  • Anakin Skywalker 23 juin 2009 17:23

    Votre article est intéressant et fait réfléchir.

    Quand vous dites, "Ma thèse, volontairement simplificatrice, est la suivante. Alors que les Romains se battaient pour Rome, les Gaulois d’Alésia se sont battus pour une certaine idée de la liberté.« , je ne pense pas que vous simplifiez à outrance.

    Le thème d’une Rome qui serait quelque part antinomique avec l’idée de liberté revient souvent dans l’historiographie, même si c’est souvent pour parler de la période ultérieure de l’Antiquité Tardive. Il y a eu ainsi un numéro du magasine l’Histoire, il y a plusieurs mois, consacré aux Barbares et Rome. Il y avait une page avec deux points de vue opposés. Paul Veyne restait lui dans l’idée d’un 5ème siècle catastrophique, alors que le deuxième point de vue, par un historien étranger dont j’ai oublié le nom, expliquait que les Barbares avaient apporté l’idée de liberté.

    J’étayerai cette idée en m’appuyant sur l’ouvrage d’Henri Irénée Marrou, »Décadence romaine ou Antiquité Tardive ?« . Dans un chapitre intitulé »En Occident, l’Empire ou la liberté ?« , l’auteur explique que si l’Orient a accepté de se plier à la tyrannie fiscale et bureaucratique de l’état de l’Empire tardif, il y eut, je cite, »une résistance profonde, en quelque sorte viscérale", qui a fait que le prix à payer fut perçu comme trop élevé. Marrou donne en exemple la révolte des Bagaudes de 285-86 en Gaule et ses équivalents en 408, 414 et dans les années 440, dirigées contre l’aristocratie et les représentants du pouvoir étatique.

    Sans généraliser à outrance, on pourrait subodorer que quelque chose dans les structures sociales et les mentalités des peuples occidentaux (que l’on pense par exemple aux assemblées des hommes libres chez les Vikings ou les Germains), donnait une liberté individuelle qui présentait des incompatibilités avec un état comme celui de Rome.


    • Emile Mourey Emile Mourey 23 juin 2009 18:30

      @ Anakin Skywalker

      Vous apportez au débat des éléments intéressants mais on ne peut échapper au dilemne : l’autorité sans laquelle Rome n’aurait pu édifier son empire et y faire régner la « pax romana » et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Entre les deux, il faut choisir ou trouver le juste équilibre, et cela n’a pas pu se faire dans la facilité.


  • Anakin Skywalker 23 juin 2009 17:33

    J’ai oublié de vous faire part d’une réflexion, je commence part vous citer :

    "Les hommes du peuple leur sont presqu’entièrement soumis, n’osant rien faire par eux-mêmes et n’étant jamais consultés. Beaucoup, ruinés par les dettes, par les tributs, les taxes et par les procès perdus contre plus influents qu’eux, s’attachent à des hommes connus, renommés et d’honorable extraction. Ils se mettent dans leur entière dépendance et leurs maitres ont sur eux tous les droits qu’on peut avoir sur des asservis (DBG VI, 13)"

    J’ai la faiblesse de penser que l’on ne peut utliser cette source toute seule sans la croiser. Ce type de structure sociale fait trop penser à la Rome de la fin de la République avec les clientèles autour des grandes familles de nobles et de chevaliers. On peut objecter que César était exposé au danger de plaquer le fonctionnement du milieu où il avait grandi dans un autre contexte, et que peut-être il n’a pas su saisir ce qui faisait les singularités de la société gauloise par rapport au modèle qu’il connaissait le mieux.

    Cordialement. 


  • ASINUS 23 juin 2009 20:24

    de la soumission des peuples à Rome in « sur les longs murs » Kipling

    Toujours Rome nous foule distraite,
    Toujours s’abattent ses lourds talons,
    Sur nos ventres ,nos coeurs et nos tetes...
    Rome n’entend pas quand nous hurlons,
    Ses sentinelles passent...
    Fort bien ;
    On se reforme a la dérobée,
    Reprendre le Mur... ?
    Mais le moyen,
    Si la langue est notre unique épée ?


  • italiasempre 23 juin 2009 22:19

    Eh bien non ! Ces « factiones » sont des organisations, ce qui est d’ailleurs le sens premier du mot. Et cela change tout. 


    C’est une erreur de donner exactement le même sens aux mots : factiones ici -comme civitates ailleurs par exemple- est une equivalence fausses, factice, qui révèle bien la difficulté qu’éprouvaient les Romains à sortir de leur vocabulaire habituel.

    Vis-à-vis de ses lecteurs romains, César ne pouvait que dénigrer le système gaulois.

    A l’arrivée de César, les Etats gaulois étaient arrivés à un régime aristocratique, seules les grandes familles étaient répresentées dans un conseil, le fonctionnement régulier de ces institutions été souvent compromis par les ambitions des uns et des autres.
    Ces ambitions pouvaient aller jusqu’à la volonté de rétablir la monarchie -ces Etats avaient tous eu une organisation monarchique par le passé- et à cette fin ils cherchaient à s’appuyer sur le peuple. 
    Or, les autres nobles prenaient des precautions, évidemment, voilà pourquoi il y avait séparation du pouvoir civil et militaire -chez les Eduens par exemple smiley ça allait encore plus loin, il fallait attendre la mort d’un frère -magistrat ou membre du conseil- pour qu’un autre frère puisse viser la même charge-, il n’en reste pas moins qu’il y avait beaucoup de déchirements, beaucoup de luttes de factions, de rivalités personnelles et on faisait souvent appel à l’étranger -gaulois, germain ou romain- pour résoudre ces conflits.
    Ce genre de comportement ne pouvait, à coup sûr, plaire à Cesar...



    • Emile Mourey Emile Mourey 24 juin 2009 02:41

      @ italiasempre

      Au sujet du sens des mots. Pourquoi chercher des difficultés là où il n’y en a pas ? Tous les contemporains de César s’accordent pour reconnaître la précision de son vocabulaire. Tous les historiens s’accordent également aujourd’hui pour dire que César n’est pas arrivé en Gaule en terre inconnue, que le latin y était déjà une langue courante et qu’il n’a donc fait que reprendre des termes que les Gaulois utilisaient. Mon effort de traduction est plutôt de comprendre le sens des mots du vocabulaire de César, car le latin n’était pas, à ce moment-là, une langue fixée. Le latin de Cicéron n’est pas celui de César.

      Les Commentaires sont le document par excellence qui nous fait connaitre les Gaulois et leur organisation sociale et politique au moment de l’arrivée de César. On ne peut tout de même pas inventer autre chose que ce que César nous dit. On ne peut pas non plus le corriger en allant chercher des textes disparates, antérieurs de quelques siècles. Et puis, vous avez Strabon qui nous parle de la Gaule en grec, pratiquement à la même époque, et qui évoque également le pays éduen. Seule différence, il qualifie Bibracte de forteresse (arx) alors que César l’appelle oppidum. Quant à Chalon, Strabon y voit bien une cité. Tout cela concorde.

      Quant à la suite de votre propos, vous utilisez des mots que je ne retrouve pas dans le texte de César, ni ailleurs. Il parle certes de grandes familles - ce qui existait également à Rome - d’hommes connus, ayant du poids etc... mais d’aristocratie et de monarchie, je ne vois pas ! Des régimes monarchiques ? Mystère et boule de gomme ! A mon sens, comme je le dis dans mon article, le rix n’est pas un roi mais un chef d’armée. Vous parlez de séparation du pouvoir civil et militaire. Je suis étonné. Tout baignait alors dans le mystique et le religieux, ou alors, j’ai mal compris ce que vous voulez dire.

      En revanche, je vous accorde bien volontiers le fait qu’il existait, en Gaule, avant l’arrivée de César, des conflits entre cités et au sein même des cités. Tout cela est très bien expliqué par César ; ce n’est donc pas un mystère. Là où je ne suis plus d’accord, c’est quand on héroïse les combats des cités entre elles quand il s’agit de la Grèce antique et qu’on les honnisse quand il s’agit de la Gaule.


    • italiasempre 24 juin 2009 10:19

      Mr Mourey,


      Au II siècle des rois sont attestés partout -Bitouit chez les Avernes ou encore Luern en sont des exemples-.
      Au I siècle il n’en restait plus que dans le nord, chez les Belges. 
      Ailleurs des régimes aristocratiques s’étaient mis en place, -la plèbe est rabaissé au rang des esclaves, la plupart des plébeiens accablé soit par les dettes, soit par la lourdeur des impôts, soit par l’arbitraire des puissants se donnent en servitude aux nobles, ceux-ci  possèdent sur eux tous le droits des maitres sur leurs esclaves  nous dit Cesar, la hiérarchie passant directement des puissants aux très humbles, vous appellez ça comment ?- mais des partisans de l’ancien régime existaient toujours. Celtil fut mis à mort par sa cité justement parce qu’on l’accusait d’usurpation royale. 
      Autre cas de figure : quel été le plan de Dumnorix ? Pour opposer un front commun gaulois à Arioviste il se rapprocha des Séquanes chez qui le fils de l’ancien roi detrôné était en pouparlers avec Orgetorix. Tous les trois complotèrent de rétablir la monarchie chez eux pour s’opposer après en commun aux Suèves, -ce qui, soit dit en passant, n’était pas au goût des Romains qui voulaient intervenir pour apporter le salut aux Gaulois...- 

      Celles-ci ne sont pas des opinions personnelles, mais des faits historiques, quant à votre dernière phrase elle est assez injuste et déplacée, j’ai déjà eu l’occasion de souligner sous vos précedents articles la bravoure, l’intelligence et le courage des Gaulois, par ailleurs jamais il ne m’est passé par la tête d’« heroiser » les combats des cités grecques... 


    • Antenor Antenor 24 juin 2009 11:34

      @ Italia Sempre

      Je serais assez d’accord avec vous quant à l’approximation du vocabulaire latin vis à vis des institutions gauloises, cependant vous n’allez pas jusqu’au bout du raisonnement. Ce que les Latins appellent « roi », il est tout à fait possible qu’il s’agisse en réalité de Vergobrets réélus d’années en années. Après tout, tant que les alliances politiques ne bougent pas au sein de la cité, il n’y a pas de raison à ce que le Vergobret change. Dans le cas de Bituit et Luern, il est probable qu’ils n’étaient non pas rois au sens latin du terme mais druides suprêmes de la Gaule.

      Pour ce qui est du suffixe « rix », je pense qu’Emile Mourey a raison, il désigne un chef de guerre. On le voit bien avec Eporédorix qui n’est pas roi mais commande la cavalerie éduenne. Le langue celte à l’air d’être à mi-chemin entre du Grec et du Germain.

      « Epo » rappelle l’« hippo » grec et « redo » rappelle le « rider » anglais.

      La meilleure traduction de « Vercingétorix » me semble être : le Connétable.




    • Emile Mourey Emile Mourey 24 juin 2009 11:36

      @ Italiasempre

      Soyons clair ! Vous défendez la thèse du collège de France qui voit en Gaule, à l’arrivée de César, une compétition entre des rois et une aristocratie puissante qui domine une plèbe. Je pense que c’est une erreur. Il faut savoir ce dont on parle et ne pas confondre pouvoir et roi. Vous faites un lien entre les rois Bituit et Luern du IIème siècle d’avant J.C. et le Ier siècle où vous voyez dans le mot rix des rois en place ou en lutte contre une classe dominante d’aristocrates alors que je ne vois dans le mot rix, à ce moment-là, que des chefs d’armée, alors que je ne vois dans la « nobilitas » gauloise que des grandes familles qui, certes, s’accaparent le pouvoir, mais j’ai beau chercher, je ne trouve pas de rois.

      Divitiac est le chef des druides. Dumnorix est le chef de la cavalerie. Cela correspond aux deux catégories d’hommes dont parle César mais pas de roi. Après Divitiac, les deux chefs en compétition, pour le titre de druide probablement, sont Eporédorix issu d’une grande famille et Viridomar de naissance plus obscure. Chez les Séquanes, il est bien dit que le prétendant voulait reconquérir le pouvoir que détenait autrefois son père, mais à quel titre, sinon au nom d’une famille. Arioviste est le chef des Germains, un chef militaire. Orgétorix s’impose aux Helvètes parce qu’il a une nombreuse clientèle. Cela ne l’empêche pas d’être mis dans les chaînes. Je cherche le roi qui l’a mis dans les chaînes et ne le trouve pas. Je cherche le roi qui a ordonné la mort de Celtil et ne le trouve pas. César, lui aussi, est un chef militaire. Et pour en revenir à Vercingétorix, rien ne permet de dire qu’on le considérait comme un roi. Non ! Tous mes articles prouvent que ce sont les conseils qui détenaient le pouvoir et qui géraient les affaires publiques, et même la conduite de la guerre.

      En ce qui concerne mon dernier paragraphe, je ne vous mets pas en cause mais une mode bien française qui consiste à dénigrer ce qui s’est passé chez soi et à idéaliser ce qui s’est passé ailleurs.


    • Antenor Antenor 24 juin 2009 11:51

      Et pour étaler ma culture, je rajouterais que le « Vercingétorix » semble être l’équivalent de ce que les Sumériens désignaient sous le nom de « Lugal ».


    • Antenor Antenor 24 juin 2009 12:04

      @ Italia Sempre et Emile

      Il y a cependant de fortes chances pour que le « sénat » qui désignait le Vergobret ait été assez largement dominé par les prêtres et les chevaliers.


    • italiasempre 24 juin 2009 12:24

      Bonjour Antenor,


      les Romains -Cesar en l’occurence- traduisirent Vergobret par le mot « juge », sorte de magistrat suprême, et encore le même Cesar nous explique que certaines cités gauloises étaient dirigées par un Vergobret par opposition à d’autres dirigées par un roi.
      Il semble très probable que les cités avec à leur tête un V. vouaient une haine féroce à l’ègard de la monarchie, toute personne suspectée de dérives monarchiques encourait la peine de mort, -ce fut le cas du propre père de V- et de ce point de vue, il se rapprochaient beaucoup de la Rome Républicaine pour qui l’équation était toute simple : roi=caprice d’un seul=servitude du corps civique.

      Que les rois gaulois n’aient pas été tout à fait semblables aux rois latins, vous avez raison, rien de plus probable en effet, une très grande différence existait d’ailleurs entre rois latins et monarchie macédonienne par exemple, mais ça arrangait bien les Romains de croire le contraire...



    • Emile Mourey Emile Mourey 24 juin 2009 12:26

      @ Antenor

      Tout à fait d’accord.


    • italiasempre 24 juin 2009 12:33

      Mais mr Mouray, evidemment vous ne trouverez pas le nom du roi qui a ordonné la mise à mort de Celtil, celui-ci fut mis à mort justement parce que suspecté de volonté monarchique !


      Pour le reste, il faut que je file maintenant, mais cette discussion n’est pas close...

    • Emile Mourey Emile Mourey 24 juin 2009 14:30

      @ italiasempre

      Celtil n’a pas été mis à mort sur l’ordre d’un roi mais par ses concitoyens ce qui sous-entend une décision collective.

      L’expression de César « regnum appetebat » est l’accusation classique du discours politique romain qu’on lançait contre l’adversaire au temps de la République, et cela surtout si ce n’était pas vrai (cf. Cicéron). Traduction : aspirer à la royauté ou plutôt au pouvoir absolu. Simple jugement de valeur de César et témoignage supplémentaire qui prouve que les Gaulois ne voulaient pas de roi.

      En Gaule belge dont je connais moins bien l’histoire, je ne vois pas non plus de rois mais des chefs de guerre, dont Ambiorix, un chef à l’image de Vercingétorix. Et chez les Nerviens, un sénat de 5 à 600 membres. Pourquoi un sénat si le pouvoir était aux mains d’un roi ? Ou alors une royauté parlementaire ? Non, pas possible ! Aucune preuve ni indices.


    • Emile Mourey Emile Mourey 24 juin 2009 19:32

      Supprimer : Et pour en revenir à Vercingétorix, rien ne permet de dire qu’on le considérait comme un roi. Non ! Tous mes articles prouvent que ce sont les conseils qui détenaient le pouvoir et qui géraient les affaires publiques, et même la conduite de la guerre. Cette phrase est une grave erreur de ma part.

      Cette situation était peut-être ainsi dans l’ancienne institution mais au moment de la guerre des Gaules, ce sont les « Premiers » qui semblent détenir le pouvoir (Premiers des druides et Premiers des nobles cavaliers), donc la « nobilitas ». Laquelle nobilitas met à sa tête un Premier. C’est le druide Divitiac mais cela aurait pu être aussi le chef de la cavalerie Dumnorix, son frère.(Les traducteurs traduisent le mot « eques » par chevalier, alors que son sens premier est cavalier. Je préfère traduire par « noble cavalier ».)

      Vercingétorix est un « princeps », cela ne fait pas de doute. Mais la situation était telle que les Gaulois ont compris qu’il fallait lui donner les pleins pouvoirs... la fonction de Vergobret VER, une fonction que je ne connais pas CIN, la fonction de chef du sénat arverne TOGE (la toge transformé en GETO) et la fonction de commandant en chef des armées RIX.

      Et là, je rejoins Italiasambre. On pourrait voir un roi en Vercingétorix. Je cite « Rex ab suis appellatur », il est appelé roi par les siens (DBG VII, 4).


    • Antenor Antenor 24 juin 2009 21:28

      « Je cite « Rex ab suis appellatur », il est appelé roi par les siens (DBG VII, 4).7 »

      César a dû traduire littéralement le « rix » gaulois en « rex ». Après son coup d’Etat à Gergovie, on peut supposer que Vercingétorix a fait élire Vergobret un homme de confiance et que lui-même se s’est fait désigner chef de guerre (un peu à l’image d’un Charles Martel ou des Robertiens) pour garder la possibilité de circuler librement en Gaule.


    • italiasempre 24 juin 2009 23:08

      Celtil n’a pas été mis à mort sur l’ordre d’un roi mais par ses concitoyens ce qui sous-entend une décision collective.


      Je suis bien d’accord avec vous, comme je l’ai déjà dit dans mes précedents commentaires.

      Et c’est pour cela que je ne vois pas d’autre explication logique pour cette mise à mort que l’explication de Cesar, ainsi d’une part si « les gaulois ne voulaient pas de roi » on peut dire aussi qu ’« il y avait des gaulois qui voulaient être roi », peut-être pas au sens strict du terme latin, mais une forme de royauté qui appartenait en propre aux peuples gaulois.



    • Emile Mourey Emile Mourey 25 juin 2009 02:33

      @ italiasempre

      En effet. je me demande si vous n’avez pas raison sur ce point et , comme le dit Antenor, qu’il me faille lire roi dans le mot rix et non chef d’armée comme je l’ai dit ; qu’il s’agirait donc d’une prononciation ou d’une orthographe déformée du mot roi. Mais quel sens ce titre de rix ou rex avait-il à cette époque ?

      Ce qui m’amène à revoir mon jugement sont les médailles de Dumnorix, appelé également Dubnorex, que dans mes ouvrages j’ai d’ailleurs traduit par « roi de la Dheune », le roi de la voie « Dubis ». Et toujours dans mes ouvrages, comme j’ai attribué à Divitiac les médailles « Togirix », dans lequel j’ai lu le rix à la toge, il faudrait donc que je lise plus précisément « le roi du sénat » d’autant plus qu’il est représenté sur une médaille à son nom avec l’encolure de la toge ; ça se complique.

      Bon, je prends un calmant et retourne me coucher.

      PS. Quant au mot cin qui est dans le nom de Vercingétorix, c’est certainement une allusion à sa chevelure (cf le cognonem Cincinnatus, celui qui avait les cheveux bouclés)


    • Emile Mourey Emile Mourey 25 juin 2009 02:36

      avait-il à cette époque pour les Gaulois ?


    • Antenor Antenor 25 juin 2009 09:46

      Une chose qui n’est pas très claire dans les descriptions de César, c’est l’échelle à laquelle il se place. Par exemple, Celtill (7-4) voulait-il être roi de toute la Gaule ou simplement des Arvernes ? Idem pour ce mystérieux Druide Suprême. Dans mes commentaires précédents, j’avais considéré qu’il était élu à l’échelle de toute la Gaule mais il se peut que César parlait seulement d’un druide suprême élu à l’échelle de chaque cité. Le fait qu’il parle juste après de l’assemblée des druides en territoire carnute (6-13) sans donner plus d’explication ne facilite pas la compréhension.

      A la tête de chaque cité, on aurait donc trois personnages : le Rix chef de la classe militaire, le Druide Suprême à la tête des prêtres et le Vergobret représentant la société civile. Chez les Eduens au moment de l’affaire Helvète, ce seraient respectivement Dumnorix, Divitiac et Lisc.

      Les « premiers » dont parle parfois César seraient un autre nom pour désigner les druides suprêmes de chaque peuple ?


    • Antenor Antenor 25 juin 2009 09:56

      Ce que César appelle la « royauté », c’est peut-être le cumul de ces trois fonctions par un même personnage. On voit ainsi Eporédorix (7-39) dont le nom laisse supposer qu’il est déjà le chef militaire des Eduens souhaiter devenir « premier » (donc druide suprême des Eduens cumulant ainsi le leadership militaire et religieux ?)


    • italiasempre 25 juin 2009 10:27

      Voilà une question intéressante et complexe, on peut supposer aussi que le concept de monarchie, et les régles qui la régissent, diffèrent de peuple en peuple.


  • Anakin Skywalker 23 juin 2009 23:58

    « Ce genre de comportement ne pouvait, à coup sûr, plaire à Cesar... »

    En vérité, cette phrase m’intrigue, je serais curieux de savoir ce que veut dire son auteur, s’il pouvait encore passer sur ce fil pour m’éclairer.

    Effectivement, peut-être que César voulait une Gaule unie sous domination de Rome à terme, mais il a du probablement jouer entre 58 et 52 des rivalités incessantes entre Gaulois pour se mêler de leurs guerres intestines et mieux les faire passer sous son protectorat. Connaissant mal les années 57 à 53, je ne peux en tout cas que faire des suppositions.

    Je sais au moins que César a profité de cet état de fait en 58, appelé au secours par des tribus gauloises pour lutter contre les Germains d’Arrioviste, épisode qui allait marquer le début de la Guerre des Gaules.


    • italiasempre 24 juin 2009 10:35

      Bonjour Skywalker,

      Il fallait un ennemi à Cesar, et cet ennemi fut la Gaule.
      Cesar a tout fait en 58 pour provoquer un grand conflit, en engageant tout d’abord une campagne contre les Helvètes et une autre contre les Sueves et provocant ensuite -par l’hivernation de ses légions en GI- les Belges.
      Le but visé était de provoquer une violente riposte de la part des Gaulois pour poivoir ensuite engager contre eux la totalité de son armé.
      Il savait qu’il ne courait pas trop de grands risques et, entre autres choses, la victoire sur un ennemi historique de Rome prouverait qu’il possedait la virtus, qualité essentielle chez les populares.


    • Anakin Skywalker 24 juin 2009 12:01

      Merci de votre réponse et de vos précisions, italiasempre.


  • morice morice 24 juin 2009 09:06

    merci pour vos articles, mr mourey ; Une petite question ; sur cette page :



    que pensez-vous de la PUB de la défense, qui relie Gergovie, Austerlitz, Verdun, les Plages de Normandie, Sarajevo et... l’Afghanistan ??? 

    ne pensez-vous pas qu’il y ait escroquerie intellectuelle, là ???

  • brieli67 24 juin 2009 12:02

    EH Bé voilà les chers Eduens de notre auteur à l’oeuvre !

    En 58 av. J.-C., les Helvètes et leurs alliés s’engagèrent sur le territoire de la Province, puis sur celui des Eduens, décidant César à intervenir. Les Helvètes furent finalement vaincus, non loin de Bibracte. Sur décision de Jules César, les Eduens cédèrent une partie de leur territoire aux Boïens qui accompagnaient les Helvètes, considérant certainement que c’était ainsi, la meilleure façon de contenir ce peuple. Le vergobret éduens, Liscos, restera fidèle à Rome.

    Une partie de cette cité gauloise, sous la direction de quelques chefs se tourna vers le camp gaulois. Les Eduens furent d’ailleurs, aux côtés des Arvernes, les vainqueurs de la bataille de Gergovie. Sous la conduite de Viridomaros et Eporedorix, les Eduens massacrent les Romains de Noviodunum et participent au soulèvement des peuples gaulois indécis. Ils organisent à Bibracte l’assemblée générale des Gaules, laquelle verra Vercingetorix prendre la conduite de la rébellion, à leur grand désespoir. Cet évènement marqua d’une certaine façon, un retour à la suprématie arverne. ls fournirent par la suite trente cinq mille hommes à la coalition gauloise en 52 av. J.-C.

    Le rôle des Eduens lors du siège d’Alesia reste trouble, peut-être virent-ils alors l’occasion de reprendre leur position dominante en Gaule, en se voyant accorder le pardon de César. Il faut effectivement noter que César ne leur en tint pas rigueur, bien au contraire, il les qualifia de « frères consanguins des Romains ».

    En 48 ap. J.-C., l’empereur Claude fit un discours au Sénat à Rome (retranscrit dans la Table Claudienne), plaidant pour que les notables de Gaule accèdent aux droits romains et puissent entrer dans cette assemblée. Le Sénat accorda ce droit aux seuls Eduens, lesquels furent, plus tard, rejoins par les autres peuples gaulois. Cette faveur a été accordée aux Eduens, considérant que l’ancienneté de leur alliance et le titre de "frères consanguins des Romains« justifiaient l’acquisition de tels droits.


    in http://www.arbre-celtique.com/encyclopedie/eduens-heduens-ardyens-367.htm

    http://www.arbre-celtique.com/encyclopedie/remes-412.htm

    JC rejoint ses pénates ... embroche l’Arverne pour une giga-fête.
    Les Rèmes et les Eduens vont et eux seuls »coloniser, administrer éduquer domestiquer« ces barbares celtes et poser les jalons de la Nation française.
    La France gallo-romaine est éduenne ! Vivat !

    Vues bien renantiques fin XIX.....
    http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/05/09/faut-il-rehabiliter-napoleon-iii
    Petit, crétin au grand-père putatif Talleyrand comme son demi_frère le Duc de Morny
    s’est empressé d’accaparer cette période pour fonder son régime.

    Gaule=France, Gaulois = Français un imbroglio qu’on pourrait lever en parlant de Celtes, historiquement plus correct sans les relents nationalistes »dépassés".


  • Emile Mourey Emile Mourey 25 juin 2009 10:21

    @ italiasempre et @ Antenor

    Italiasempre a eu raison de me contrer sur le problème des « rex » et « rix ». Je pense qu’il faudrait en reparler à partir d’un autre article si vous êtes d’accord, en rassemblant non seulement ce qu’on trouve dans les Commentaires, mais aussi le sens à donner des « cognonem » gaulois, l’interprétation qu’il faut faire de certaines images ou fresques antiques, etc... sinon on n’avancera pas.

    Togirix, c’est quoi : roi de la toge ?
    Magistratum, c’est quoi ; quelle organisation ?
    Les habits du personnage qui trône dans la fresque de Gourdon sur le symbole de la Jérusalem céleste dans la vision d’Ezéchiel, c’est la toge blanche ? et par dessus la tunique phénicienne de Tyr rouge pourpre ? Quel type de toge ? Cela vient-il d’Alexandrie ? ou d’ailleurs ? Influence judaïque ? déjà romaine ? etc ???

    Encore du travail et je n’ai pas fini de rentrer mon foin. Cordialement.


    • italiasempre 25 juin 2009 11:33

      C’est tout à votre honneur, Mr Mourey. 

      Et je suis plus que d’accord pour en reparler aussi vite que possible.
      Amicalement. 



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