samedi 20 août 2011 - par

Marcher séparément et agir ensemble !

Les militants bénévoles qui interviennent dans le champ de solidarité en ont souvent assez :

Ils sont obligés de frapper à toutes les portes avant que les pouvoirs publics ne répondent.

Pourquoi ne pas mettre en vie des réseaux locaux de solidarité permettant qu' existent de réelles synergies ?

Blandine vient d'avoir 30 ans et élève seule sa fille de 7 ans...

Elle n'a jamais eu beaucoup de chance dans sa vie.

Il lui est difficile de joindre les deux bouts, les minima sociaux bien en deçà du seuil de pauvreté

ne lui permettent que de subsister et encore.

Son souhait le plus fort est de trouver un travail fixe et comme elle n'a pas les deux pieds dans le même sabot elle cherche .

Engagée par une association enfance jeunesse dans le cadre d'un contrat à l'accompagnement à l'emploi, elle a entrevu durant deux ans le bout du tunnel.

Elle a vite déchanté....Ses employeurs ne tarissaient pas d'éloges à son sujet : travailleuse, ponctuelle, sérieuse et appliquée...Ils auraient bien voulu la garder mais à la fin du CDD sans fonds propres suffisants, même la meilleure volonté finit par être découragée.

La voici à la case départ ou presque, elle se retrouve au chômage sans indemnité puisque ce CAE a déjà pas mal d'ancienneté.

Un incident a brusquement aggravé sa situation et celle de sa fille

Le père de sa fille l'a frappée violemment et l'a menacée...Elle souhaite retrouver un logement dans une autre ville afin de mettre une distance entre ce père violent et elle même...

Il est en prison mais va sortir incessamment. Il a là une réelle urgence.

Pour l'instant c'est chou blanc malgré les démarches entreprises auprès des bailleurs sociaux.

Faudra t-il passer par la commission DALO avec une réponse hypothétique dans les six mois !

La colère commence à monter chez les bénévoles.

Il est temps de mettre en place des réseaux locaux de solidarité regroupant les associations familiales et caritatives, les CCAS, les services sociaux du Conseil Général, la CAF et le service social des offices publics de l'habitat...

Chacun a son rôle bien défini, c'est d'ailleurs une bonne chose mais n'est-il pas souhaitable, voire indispensable que les urgences puissent être traitées de concert sur un territoire donné.

Des partenariats existent bien sûr. Sur l'agglomération de Melun, les assistantes sociales de la Maison départementale de la solidarité adressent des familles aux permanences surendettement.

Les militants et les travailleurs sociaux évitent toute confusion des rôles.

Les bénévoles étudient les dossiers des demandeurs et peuvent, si nécessaire , les aider à remplir un dossier surendettement éligible à la Banque de France...En ce qui concerne les aides financières et l'aspect social, ce sont les assistantes sociales qui agissent comme le prévoit la loi.

Ces premiers pas prometteurs pour l'avenir sont positifs mais ne suffisent pas.

Nous souhaitons que se tiennent régulièrement des réunions de concertation et d'action de tous les acteurs, professionnels ou bénévoles afin de discuter des procédures et de mettre en place un processus permettant de répondre à l'urgence de certaines situations.

Jean-François Chalot



2 réactions


  • eric 20 août 2011 10:33

    Tout a fait d’accord avec vous. Face aux pauvretés, nous avons une pléthore de services publics couteux et peu efficaces, très réticents à se coordonner pour des raisons de délimitations de frontières, de poste et de crédit. On voit très bien dans votre exemple une bonne dizaine d’administrations avançant en ordre dispersé, avec à chaque fois des moyens, des locaux, des postes.
    En revanche, il n’est pas sur que multiplier les réunions de concertation, de coordination entre tous ces gens, les fera beaucoup gagner en efficacité.
    Mais il apparait aussi clairement : que les plus grandes difficultés sociales sont liée d’abord à des situations humaines avant d’être le fruit de structures économiques ( voir votre exemple).
    Que les services publics ne sont pas très pressés d’apporter des réponses. D’ailleurs, en consultant les documents budgétaires sur les politiques d’aide sociale, on découvre souvent que les crédits d’intervention ne sont que partiellement utilisés quand les crédits de fonctionnement le sont entièrement. Il faudrait vraiment remettre sur la table l’ensemble du fonctionnement de notre aide sociale pour qu’elle redevienne plus au profit de ses bénéficiaires qu’à celui de ceux qui l’administre.
    Avec 1 600 000 feuilles de paye dans le secteur associatif sanitaire et social, au moins autant de fonctionnaires locaux et nationaux et au minimum un quart du pib dévolu aux politiques sociales, il est absolument inadmissible que ce système pléthorique et couteux se révèlent incapable de faire face à quelques dizaines de milliers de situation d’extrême urgence par an. Ces gens doivent rendre des comptes au peuple.


  • PATRICE T PATRICE T 20 août 2011 19:02

    Le cas de Blandine n’est pas un cas isolé. Lors de nos permanences info dettes (voir site de Familles Laïques de Vaux le Pénil) nous rencontrons des situations identiques.
    Dans le cas où une personne a déposé un dossier de surendettement et a été reconnu étant surendetté, avec la nouvelle loi Lagarde toutes les procédures s’arrête.
    Un exemple tout récent, une autre Blandine, seule avec son fils, vient de voir son électricité coupée par EDF.
    La misère est à nos portes ... les associations ont fort à faire et pas toujours le pods nécessaire.
    Patrice T


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