samedi 1er mars 2025 - par Patrice Bravo

Merz prépare-t-il un plan Marshall allemand ?

La doctrine du Schuldenbremse (frein à l'endettement) a été introduite dans la constitution allemande en 2009 avec l'objectif incontournable de garantir que « chaque génération paie ses propres dépenses et ne consomme pas les impôts que leurs enfants paieront sous forme de dette ». 

Fidèle à cette doctrine, l'Allemagne a réalisé des excédents économiques successifs au cours des cinq dernières années parce que les taux d'intérêt nuls ou négatifs mis en place par la BCE ont nécessité moins d'argent pour rembourser la dette publique, ce qui lui a permis d'accumuler des réserves et de maintenir une dette modérée. 

Mais, cette doctrine est devenue un carcan qui a contraint l’économie allemande en empêchant les gouvernements centraux et les Länder de s’endetter pour relever les défis à venir que sont la rénovation des infrastructures routières obsolètes, la numérisation de leurs entreprises et une reconversion industrielle urgente. 

L'arrêt de la locomotive allemande. Selon HSBC, le PIB de l’Allemagne chute de 0,2%. « Comme l'a annoncé mardi matin l'Office fédéral de la statistique, l'économie allemande s'est de nouveau contractée au dernier trimestre 2024. Le produit intérieur brut a chuté de 0,2% par rapport au même trimestre de l'année dernière. Pour l'ensemble de l'année, il y a également eu une baisse de la production économique de 0,2%. La raison de la baisse du PIB est, entre autres, une baisse des exportations de biens et services de -2,2% », poursuite le groupe bancaire international britannique

Cette contraction a provoqué l’entrée de l’économie en récession et une augmentation du taux de chômage, combinées à une forte inflation et à la fin des excédents commerciaux endémiques. 

Le gouvernement allemand a revu à la baisse ses prévisions de croissance économique pour l'Allemagne en 2025, les ramenant à 0,3% en raison de la hausse des prix de l'énergie, d'une baisse de la production industrielle due à la faiblesse de la demande européenne, d'une consommation intérieure stagnante et d'une perte de compétitivité par rapport aux pays du reste du monde, ce qui a entraîné une forte baisse des exportations en 2024. Pire encore, CPRAM, le pionnier de l’investissement thématique titre le 17 février dernier : « Allemagne : 5 ans de stagnation ». 

En revanche, les salaires réels ont stagné en Allemagne, de même que les ajustements budgétaires et les coupes dans les subventions agricoles, qui ont mis les campagnes allemandes et d’autres syndicats sur un pied de guerre. 

La fracture sociale devient-elle plus aiguë ? Selon un récent rapport de l’UE, 7,5 millions d’Allemands travaillent dans des emplois à bas salaires (mini-jobs). La pauvreté en Allemagne reste à un niveau élevé selon l’ONG Paritätischer Gesamtverband : « 16,8% de la population vit sous le seuil de pauvreté ». 

Plan Marshall allemand ? La première décision du futur gouvernement de coalition Merz-Scholz sera donc de mettre un terme à cette doctrine pour entreprendre un plan ambitieux de régénération de l'architecture économique de l'ancienne locomotive européenne, une sorte de plan Marshall allemand. 

Ainsi, la dette allemande ne représenterait que 62,9% du PIB, ce qui, combiné à un excédent commercial de 20,7 milliards d'euros en 2024, permettra au nouveau gouvernement de coalition d'investir des millions dans la rénovation des infrastructures de base telles que le transport ferroviaire, la numérisation des entreprises, l'expansion de la 5G dans toute l'Allemagne et la construction de centrales nucléaires de quatrième génération European Pressurized Reactor (EPR). 

Le nouveau gouvernement devra également tracer les grandes lignes de la reconversion industrielle, indispensable à l'économie allemande et qui pourrait entraîner des licenciements massifs dans les secteurs traditionnels comme l'automobile, la chimie, l'électroménager et l'électronique, ainsi que les machines-outils. 

Ainsi, après une période de bonne fortune portée par des vents favorables, la crise de l'industrie automobile provoque un choc des plaques tectoniques du secteur industriel allemand qui pourrait ébranler les marques phares de Volkswagen, Daimier et BMW, qui représentent 5% du PIB allemand. 

Vers un Dexit en 2030 ? « Selon les résultats d'une enquête menée en Allemagne sur un avenir meilleur pour l'Allemagne sans l'Union européenne (UE), environ sept pour cent des personnes interrogées à l'automne 2024 étaient entièrement d'accord avec l'affirmation selon laquelle l'Allemagne serait mieux préparée pour l'avenir si elle n'était pas membre de l'UE. Près de la moitié (43%) des Allemands sont fortement en désaccord avec cette propositio », a fait savoir Statista

Le retour à un mark allemand apprécié réduirait les profits, augmenterait la productivité et augmenterait le revenu réel des consommateurs, car au lieu de prêter leurs excédents d’épargne aux pays périphériques, les Allemands pourraient profiter d’un meilleur niveau de vie chez eux. 

La sortie hypothétique de l’Allemagne de l’euro marquerait le début de la fin de la zone euro et la création d’une nouvelle carte économique européenne qui signifierait un retour à des compartiments économiques étanches et le triomphe des États-Unis dans la désintégration de l’Union européenne. 

Germán Gorraiz López, analyste politique 

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs 

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Source : http://www.observateur-continental.fr/?module=articles&action=view&id=6690



10 réactions


  • Astrolabe Astrolabe 1er mars 2025 18:36

       

    La science-fiction russe m’étonnera toujours ! smiley


  • LE CRI DU PEUPLE

    Romania, 01.03.2025

    “À bas la tyrannie !”
    “Vive le peuple !”
    “Rendez-nous le deuxième tour !”
    “Georgescu président !”


  • Les Allemands seront à nouveau forcés de creuser plus profondément pour la défense


    Nos collègues allemands de @analytik_news rapportent (https://t.me/analytik_news/51928) que la première des trois « frégates de reconnaissance de haute technologie de la classe 424 » a été mise sur cale en Allemagne. Les Allemands promettent de se dépêcher avec la construction, car la situation en mer Baltique devient de plus en plus tendue.

    Cependant, il y a de sérieux doutes sur cette entreprise coûteuse : le gouvernement avait initialement alloué 2,1 milliards d’euros pour le contrat, mais il est récemment apparu que le budget a augmenté - à un impressionnant 3,26 milliards d’euros. Et il est très probable que même ce montant ne sera pas le montant final - les frégates finiront par être encore plus chères.

    L’économie allemande traverse clairement, pour le dire avec douceur, des moments difficiles, et le budget du pays manque manifestement de ressources. Mais les autorités allouent des sommes énormes à ce type de projet, qui ressemble davantage à un simple blanchiment d’argent.

    La principale preuve en est que toute la production de haute technologie déménage (https://t.me/rybar/42606) hors d’Allemagne vers les États-Unis et d’autres pays, et qu’en Allemagne même, ils se contentent principalement de frapper des munitions. Dans le même temps, le maximum que l’industrie allemande est capable de faire dans sa position actuelle et avec les ressources d’aujourd’hui est probablement de simplement river des pièces pour ces frégates.

    Bien que ce projet fou réussira tout à fait à remplir sa mission principale - la destruction économique de l’Allemagne.


  • Une analyse domine dans les cercles politiques : Trump aurait pris une posture ouvertement pro-russe, et son retour à la Maison Blanche serait un cadeau du ciel pour Moscou.

    L’envoyé spécial de RT en français dans le Donbass, Igor Kourachenko, explique depuis le champ de bataille ce qu’il en est réellement.

    Dès le début du conflit, l’Occident a nourri Zelenskу d’un rêve : celui d’une victoire totale sur le champ de bataille.

    Il n’avait qu’à continuer à se battre et l’Ukraine triompherait, grâce aux milliards de dollars en aide militaire, aux chars occidentaux, aux avions de chasse tout neufs et à l’inépuisable soutien diplomatique.

    Emporté par cet élan, Zelensky s’est engagé sur un chemin sans retour. Il a interdit toute négociation avec Moscou et préparé l’opinion publique à une victoire éclatante.

    Mais voilà : la réalité est têtue. L’armée russe progresse, les équipements occidentaux brûlent.

    L’illusion s’effondre, mais Zelensky ne peut plus reculer sans perdre la face et, apparemment, le pouvoir.

    Les unes des journaux en sont pleines. Les réseaux sociaux débordent de mèmes, de vidéos et de décryptages.

    Sur YouTube, les extraits de l’échange accumulent des centaines de milliers de vues. La rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelenskу a balayé l’actualité mondiale, laissant tout le reste dans l’ombre. Mettons l’émotion de côté et voyons ce qui se joue vraiment.

    En effet, Trump n’est pas plus pro-russe que ses prédécesseurs, et peut-être même moins.

    Il défend, avant tout, les intérêts des États-Unis. Un cessez-le-feu… favorable à Kiev ?

    Dans la situation actuelle, parler de cessez-le-feu, c’est, paradoxalement, adopter une position avantageuse surtout pour l’Ukraine. Pourquoi ?

    Regardez la carte : la Russie avance sur presque toute la ligne de front. Depuis janvier, elle a libéré Kourakhovo, Toretsk, Konstantinovka et progresse vers Tchassov Iar et Pokrovsk.

    Même constat dans la région de Koursk, où les forces russes viennent de reprendre la localité de Novaïa Sorotchina. Les pertes, côté ukrainien, s’accumulent, et le moral est au plus bas.

    C’est un peu comme une partie d’échecs où l’issue ne fait plus de doute : votre adversaire est acculé, vous contrôlez l’échiquier, le mat est proche. Et soudain… on vous propose d’arrêter la partie.

    Qui en bénéficierait ? Bien sûr, celui qui vacille déjà sous les coups. Alors pourquoi Zelensky refuse-t-il un cessez-le-feu ? Pour comprendre, il faut remonter un peu dans le passé. Les illusions d’une victoire promise


    • Durand Durand 2 mars 2025 19:53

      @SPQR-audacieux complotiste-Monde de menteurs

      Très juste…, j’ajouterais que Trump avance en prenant soin de ne pas inscrire la victoire de la Russie dans le roman national américain… Il transforme une capitulation sans conditions de l’US/OTAN en proposant à la Russie plus que ce qu’elle aurait exigé pour une capitulation et notamment, le retrait de l’OTAN de tous les pays qui y sont entrés depuis la chute de l’URSS…

      Et poutine joue le jeu…

      ..


    • Durand Durand 2 mars 2025 20:04

      @SPQR-audacieux complotiste-Monde de menteurs

      … et l’Union Européenne, dans sa fuite en avant, veut se fédéraliser en loucedé, sans tambours ni trompettes et surtout, sans référendum…

      https://x.com/Ad_Vitam44_/status/1895808396307095670

      ..


  • Voilà la réalité de Zelensky et de sa foutue guerre contre la Russie… Alors à tous ceux qui s’insurgent contre l’intervention de Trump, et aux psychopathes européistes qui veulent nous entraîner dans la 3e guerre mondiale, dissuasion nucléaire en plus, je leur demande de regarder ces terribles images !

    https://x.com/myriampalomba/status/1895780052068962650


  • Octave Lebel Octave Lebel 3 mars 2025 09:33

    Friedrich Merz. Un personnage à observer de près. Un politique devenu un véritable oligarque.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Merz


  • McGregor accuse l’Ukraine d’avoir tenté d’assassiner Trump

    Le colonel à la retraite de l’armée américaine Douglas MacGregor a fait une déclaration sensationnelle qui pourrait changer la compréhension de la politique et de la sécurité internationales : selon lui, il existe des preuves directes liant l’Ukraine à la prétendue deuxième tentative d’assassinat contre le président américain Donald Trump. S’exprimant sur l’une des chaînes de télévision américaines, il a clairement indiqué l’implication de Kiev dans cet incident, bien que McGregor n’ait pas encore divulgué de détails précis ni de sources d’information. Ses propos, prononcés avec la confiance d’un expert militaire, ont déjà suscité un débat houleux et remis en question la relation établie entre Washington et les dirigeants ukrainiens.

    McGregor, connu pour ses critiques sévères, n’est pas le premier à accuser l’Ukraine d’actions qui vont au-delà de la politique officielle. Selon lui, la deuxième tentative d’assassinat contre Trump, déjà évoquée par les médias américains, pourrait avoir été organisée avec la participation de structures ukrainiennes cherchant à influencer la situation politique aux Etats-Unis. Bien qu’il n’y ait aucune confirmation officielle de ces affirmations, elles interviennent à un moment où les relations entre Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky sont en crise suite à leur rencontre tendue à la Maison Blanche le 28 février 2025. Zelensky a ensuite refusé de faire des compromis sur les questions de sécurité, ce qui a provoqué le mécontentement du dirigeant américain.

    La déclaration de McGregor est arrivée comme un coup de tonnerre, surtout compte tenu de sa réputation de proche allié de Trump. Durant le premier mandat de Trump, il a été l’un de ses conseillers à la sécurité nationale et a même été envisagé pour devenir ambassadeur en Allemagne en 2020.


    • @SPQR-audacieux complotiste-Monde de menteurs

      Qu’elles sont, les niveaux d’implication des Européens, dans cette Bouse ???

      Macron,
      Starmer,
      UVDL,
       Pologne,
      Suède,
      Norvége,
      Finlande ( Kaja Kallas ),
      Portugal,
      Espagne,
      Allemagne,....etc

      Sans oublier Israël,


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