mardi 5 octobre 2010 - par Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral

Milliards jetés par la fenêtre (de la mondialisation)

Le gouvernement se félicite des milliards d’euros d’aides donnés aux constructeurs automobile, mais regrette le manque de résultat. Le gouvernement fait-il bien de poursuivre sur la voie de l’aide ou devrai-il enfin aborder une position moins interventionniste et keynesienne au profit d’une politique plus libérale ?


Apparemment, les journalistes n’ont pas vu le même Président de la République hier au Mondial de l’Auto.

Sud Ouest y a vu un Président "passant un savon aux constructeurs français", Libération, fidèle à son opposition systématique mais non constructive, un Président "Mondial de l’auto-promotion" (de manière très paradoxale : le quotidien socialiste reproche l’interventionnisme économique du pouvoir actuel), et le Figaro, un gouvernement "satisfait de la prime à la casse".

Point commun ? Aucun pour se poser les questions de base suivante : est-il normal d’aider à la consommation et à la production d’automobile par des aides aux constructeurs et aux consomateurs ? (Pourquoi aider l’automobile et pas la fabrication de yaourt, d’ordinateurs ou de produits dérivés climatiques ?).

Est ce que l’expression constructeur automobile français a vraiment un sens ? Parce que le siège social est en France ? Ou parce que l’usine est en France ? La Smart, fabriquée en Lorraine par un constructeur allemand, d’après le design original d’un Suisse, est-elle française ? allemande ? suisse ? Renault gagne plus d’argent en dividendes tirés de Nissan, Volvo, Samsung qu’en vendant des Renault. Est-il un constructeur automobile français ou un hedge fund automobile basé à Boulogne, tout comme Porsche a gagné l’an dernier plus d’argent en call & put Volkswagen qu’en vendant des Porsche ?
Il serait bon d’avoir une réponse à ces deux questions, histoire de comprendre :

pourquoi le gouvernement actuel aide l’industrie automobile mais fustige les expatriés fiscaux résidents Suisses (dont une partie de la famille Peugeot fait partie)

- pourquoi les automobiles MDI ne sont pas aidées, dans la même logique ?

- pourquoi le sort des petits constructeurs français comme Venturi ou Bugatti n’est jamais évoqué ?

Le plus simple : arrêter d’aider les constructeurs automobiles. La France reste un endroit compétitif pour construire certains types de véhicules, et une usine ne se déplace par du jour au lendemain. Ne plus aider les constructeurs ne veut donc pas dire explosion immédiate du chomage.
Par contre, avec plus de 500 voitures pour 1000 habitants, la France peut-elle être raisonnablement tenue pour un marché d’avenir pour l’automobile ?

Deuxième remarque : avant de rouler, les voitures prennent le train. La SNCF et sa branche fret sont-elles un atout ou un boulet pour les usines auto en France ? Que le gouvernement cherche la réponse à cette question pour voir où il serait judicieux de mettre de l’argent : en prime auto pour des clients qui auraient de toutes façons changé leur voiture, ou en indemnisations de licenciements pour restructurations de cheminots ?

Préparons l’avenir au lieu de pleurer le passé. Cessons de considérer les constructeurs automobiles PSA Peugeot Citroen et Renault comme des biens nationaux.

Bon Salon de l’Auto si vous allez le visiter. Et n’oubliez pas que la Porte de Versailles est impraticable en voiture durant deux semaines, le temps du salon. Prenez la ligne 8 ou la 12 du métro, ou profitez du Tram en pensant aux contribuables parisiens qui le font rouler !


10 réactions


  • plancherDesVaches 5 octobre 2010 12:50

    Hhmm...
    C’est tout de même bien de commencer par considérer la situation de façon globale, soit tenir compte des autres mais on sent bien que le nombrilisme parisien reprend forcément le dessus ensuite...

    Vous sortez un élément de son contexte (aide aux entreprises pour éviter qu’elles coulent par la baisse de la conso et la faillite des banques) et, de fait, vous semblez avoir un espoir de droite bien individualiste qui se détruit sans le savoir.
    J’ai écrit : vous semblez. Si vous voulez me prouver le contraire, n’hésitez pas.

    Si (oui, SI) vous êtes de droite, en principe, la crise est due à une mauvaise gestion des états.
    Car VOUS êtes un spécialiste de l’argent et savez très bien gérer le VOTRE.
    C’est donc forcément de la faute des autres si la crise actuelle existe.

    Ne vous parait-il donc pas un peu bizarre que la mondialisation, but des « zinvestisseurs » pour un meilleur gain, se retourne maintenant contre l’esprit « libéral » qui l’a créée... ???

    Ceci dit, donner de l’argent PUBLIC (soit le mien aussi) pour continuer la fabrication de profits d’actionnaires qui ont pris l’emploi en otage me semble être aussi dégueulasse que le contraire. Mais la répudiation des dettes ainsi que les révolutions ont l’air de se confirmer, vu la situation.

    Les zinvestisseurs à la lanterne !!!


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 5 octobre 2010 14:38

      Donner de l’argent PUBLIC (soit le mien aussi) pour continuer la fabrication de profits d’actionnaires vous semble être injuste ?

      moi aussi .


  • foufouille foufouille 5 octobre 2010 13:44

    sauf que les usines ne sont presque plus en france
    donc les subventions aident les delocalisations plus rapidement


    • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 5 octobre 2010 19:23

      Ca y est, vous commencez à comprendre !

      L’état interventionniste a « sauvé » 5000 emplois dans l’industrie automobile

      Résultats :

      • Moins de véhicule pas cher pour les plus faibles revenus (jeunes, chômeurs ...) d’où handicaps supplémentaires sur le marché du travail.
      • Destruction de 15000 emplois dans les petits garages artisanaux de réparation.
      • Captation de capitaux dans les activités performantes pour les transférer dans des activités déclinantes et polluantes. En gros, on casse les jambes des futures entreprises créatrices d’emplois.

      Les seuls gains sont pour les usines roumaines ou hongroises de Renault et consort.

    • sonearlia sonearlia 5 octobre 2010 22:26

      « Moins de véhicule pas cher pour les plus faibles revenus (jeunes, chômeurs ...) d’où handicaps supplémentaires sur le marché du travail. » 

      Ne pas avoir de voiture ne doit pas être un handicap, les transports en communs doivent être suffisant.

      « Destruction de 15000 emplois dans les petits garages artisanaux de réparation. »
      Ce qui a mis les garagiste sur la paille, c’est l’amélioration de la fiabilité des voitures, du moins tant quelle sont pas trop vielles, ensuite le coût de pièces détachées, les pannes réparables que par les concessionnaires (électronique), on finit de les achever.

    • foufouille foufouille 6 octobre 2010 10:36

      « Les seuls gains sont pour les usines roumaines ou hongroises de Renault et consort. »
      bien sur
      mais ils ont dit l’inverse au depart
      les subventions n’ont pas ete conditionne


  • kiouty 5 octobre 2010 15:23

    Suventionner l’industrie auto comme les banques est une ignominie, pas dans le sens ou il s’agit d’une ingérence d’état comme le voit le libéral, mais dans le sens ou l’argent public est dilapidé au profit d’une certaine frange, sans discussion ni débat, pour tenter de limiter vainement la casse produite par la libéralisation financière, le capitalisme de basse pression salariale effréné.

    L’état ne devrait pas avoir à subventionner les boites, mais il ne devrait pas y avoir de crise non plus pour commencer ! Et la crise, on sait tous d’ou elle vient, aujourd’hui, n’est-ce pas monsieur le libéral, certainement la main invisible des marchés qui s’est coincée dans la portière de la voiture.


  • BA 5 octobre 2010 22:10

    Mardi 5 octobre 2010 :

     

    A un niveau mondial, le FMI donne des chiffres étourdissants.

    Le coût de la crise financière aura été de 2.200 milliards de dollars. Cette estimation correspond aux pertes qu’auront dû absorber, entre l’été 2007 et la fin 2010, les banques et autres institutions financières américaines, européennes et asiatiques, en raison de la baisse de la valeur constatée ou prévisible de leurs actifs financiers.

    Pour combler ce trou, elles se sont endettées à court terme, et vont devoir prochainement payer la note. « Par conséquence, une dette de plus de 4.000 milliards de dollars doit être refinancée dans les 24 prochains mois », a estimé le FMI.

    Elles n’y parviendront pas sans l’aide des contribuables, particulièrement en Europe.

     

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jvDFMDY7IoncJcnB1_JscHrJ KcKw?docId=CNG.8b0cfe31fc58b38d9c3e3ebddf9e83d6.31

     

    Conclusion : contribuables, préparez-vous à payer.

    Contribuables, préparez-vous à payer pour sauver les banques.


  • sonearlia sonearlia 5 octobre 2010 22:53
    « pourquoi les automobiles MDI ne sont pas aidées, dans la même logique ?
    Parce que c’est une société luxembourgeoise.

     pourquoi le sort des petits constructeurs français comme Venturi ou Bugatti n’est jamais évoqué ? »
    venturi est monégasque, et bugatti est allemand

  • sonearlia sonearlia 5 octobre 2010 23:10

    « Deuxième remarque : avant de rouler, les voitures prennent le train. La SNCF et sa branche fret sont-elles un atout ou un boulet pour les usines auto en France ? Que le gouvernement cherche la réponse à cette question pour voir où il serait judicieux de mettre de l’argent : en prime auto pour des clients qui auraient de toutes façons changé leur voiture, ou en indemnisations de licenciements pour restructurations de cheminots ? »


    Ma réponse : dans l’amélioration de toute l’infrastructure de la sncf, la mise en place du ferroutage, la réouverture des petites lignes de campagnes...

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