lundi 31 mai 2010 - par Céphale

Montée d’inquiétude dans le Golfe du Mexique

L’inquiétude augmente sur les côtes américaines au fur et à mesure que des nappes de pétrole atteignent la Louisiane. Le gouvernement américain accuse BP de ne pas faire assez d’efforts pour endiguer la catastrophe. « Je suis très fâché que BP n’ait pas été capable de arrêter la fuite ; au bout de 33 jours nous en sommes toujours au même point » a déclaré samedi Ken Salazar, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, lors d’une visite au quartier général de BP. 

Le pétrole a commencé à jaillir du fond de la mer quand la plateforme de forage Deepwater Horizon a explosé le 20 avril à 60 Km des côtes américaines. Dans un premier temps BP a évalué le débit à 5 000 barils par jour, soit environ 800 000 litres par jour, soit environ 500 litres par minute. On ne peut faire que des évaluations grossières. Les images prises ensuite par des robots sous-marins font craindre que le débit ne soit beaucoup plus important. Certains disent dix fois plus, ou même cinquante fois plus.
Le naufrage de l’Exxon Valdez en mars 1989 en Alaska avait répandu 40 000 tonnes de pétrole. C’était la plus grosse marée noire jusque-là. Mais maintenant la situation est différente, parce que le pétrole continuera à couler jusqu’à ce que le trou soit bouché. En retenant seulement le chiffre de 1000 litres par minute, la quantité de pétrole répandue dans le Golfe du Mexique atteignait déjà celle de l’Exxon Valdez le 15 mai. Si rien n’est fait le 10 juin, ce serait le double.
BP a fait plusieurs tentatives infructueuses. La première solution consistait à descendre sur le trou un caisson lesté de 10 tonnes de ciment, surmonté d’un tube par lequel le pétrole remonterait à la surface. Elle a été abandonnée. La seconde solution consistait à pousser dans le trou un long tube en plastique destiné à aspirer le pétrole à la façon d’une paille dans un verre d’eau. Après avoir annoncé que la méthode avait réussi, BP a reconnu n’avoir capté qu’une toute petite partie du pétrole. La solution est en passe d’être abandonnée. Les ingénieurs de BP préparent actuellement un « top kill » disent-ils. Ils vont essayer d’injecter dans le trou un matériau de colmatage à très haute pression.
Cette affaire me rappelle le mythe de l’apprenti sorcier, célèbre poème de Goethe mis en images par Walt Disney. Profitant de l’absence de son vieux maître, un apprenti sorcier commande au balai d’aller chercher de l’eau à la rivière. Il connaît le mot magique pour dire de commencer, mais il a oublié le mot magique pour dire d’arrêter. Alors le balai n’arrête pas d’aller et de revenir avec des seaux pleins d’eau, et la maison est inondée. Heureusement, le vieux maître arrive à temps.
Personne ne peut prévoir quand les apprentis sorciers de BP arriveront à stopper la fuite. Il n’y a pas de maître sorcier et pas de mot magique.
 


13 réactions


  • iris 31 mai 2010 12:10

    oui c’est vraiment inquiètant-et les mers et oceans se rejoignent...
    d’ici que cela arrive chez nous ou que cela entraine des catastrosphes insoupçonneés..


  • Céphale Céphale 31 mai 2010 12:32

    Ce papier a été posté la semaine dernière, et plusieurs événements sont survenus depuis. D’abord l’excellent papier de François M. Le geyser de pétrole se poursuit. Ensuite la tentative de BP avec l’opération Top Kill. Ensuite l’annonce de l’échec de Top Kill et la reprise de l’essai d’un dôme au dessus de la tête du puits pour récupérer le pétrole. Ce lundi, BP est donc revenu au point de départ, et l’ampleur du désastre est déjà plus de trois fois celle de l’Exxon Valdez. 

    Il ne s’agit pas de « pomper » le pétrole, comme disent les médias. Si BP réussit à poser un dôme surmonté d’un tube allant jusqu’à la surface, la pression au niveau du puits sous-marin est telle que le pétrole jaillira à une grande hauteur. Il sera facile alors de le diriger vers les cuves d’un tanker. Nous n’en sommes pas là. Il faut que le dôme et le tube soient de dimensions suffisantes.

  • LE CHAT LE CHAT 31 mai 2010 12:56

    que fait la superpuissance ????? vont ils rester les bras croisés en attendant que BP colmate la fuite ?
    Obama , aussi vendu que son prédécesseurs aux lobbies pétrolier est un champion de l’indignation , mais quand « au yes oui can » , il est juste bon à faire de la parlotte !
    un état avec un budget militaire de 500 milliards $ , même pas capable de se mobiliser pour boucher un trou , c’est pathétique !


  • plancherDesVaches 31 mai 2010 16:33

    Il y a tout de même une chose « amusante » dans tout ça.

    Vous savez comme moi que les ricains sont les rois du pétrole. Hors, il se trouve qu’on en a brulé tellement que le climat en a été affecté.
    Et... il se trouve que...
    Les tornades et cyclones sont prévus, justement cette année, pour être 50% plus élevés en PUISSANCE autant qu’en FREQUENCE....

    L’american dream de la maison en bord de côte a maintenant le choix :
    - soit se faire repeindre en noir/rouge couleur tomate écrassée dans le mazout, ou...
    - se faire souffler par les gentilles tornades.

    La bourse de vallstrit atteint la tendance avec une grande anxiété, cette chère grande ... garce.


    • Fergus Fergus 31 mai 2010 17:19

      Bonjour à tous.

      PlancherDesVaches met le doigt sur un point important et peu souligné par les médias : l’arrivée prochaine des cyclones estivaux qui rendront dérisoires les défenses mises en place pour protéger le côtes.

      Si la situation n’est pas rapidement contrôlée, avec ou sans le soutien logistique de l’Etat fédéral américain, ce sont des centaines de kilomètres de côtes qui seront durablement pollués, notamment dans les zones les plus sauvages, tels les bayous et les mangroves. Sans compter les dizaines de milliers d’oiseaux morts et des milliers d’habitants ruinés.


  • John Eastwood 2 John Eastwood 2 31 mai 2010 16:48

    Merci pour cet article.

    Depuis le 27 mai AFP a publie une depeche pour indiquer qu’un groupe de specialistes mendate officiellement par OBAMA avait re-evalue la fuite a 2 a 3 millions de litres par jour (une petite piscine olympique / jour) depuis le 20 avril, soit 13 a 19 000 barils / jour contre 5 000 annonce par BP au debut, d’ailleurs aucune depeche de BP n’est sortie pour contredire ce nouveau chiffre officiel.

    CAD qu’aujourd’hui, officiellement on a entre 520 000 et 760 000 barils de fuel dans l’Ocean. Soit entre 2 a 3 EXXON VALDEZ (260 000 barils) ou 7 A 10 ERIKA, meme si les chiffres pour ERIKA varient selon les sources et qu’ils etaient certainement sous evalues... Alors on embrouille autant qu’on peut en variant les donnees, entre les tonnes, les litres (o,8 kg), les barils (159 litres), Le Figaro parlait meme de 6 000 000 de litres etales sur 10 000 km carres, soit 2 piscines olympiques sur une surface grande comme 1/3 de la Belgique, sachant que la plupart du petrole est « colle » au fond, difficile a imaginer...

    On sait aussi que la fuite fait 49 cm de diametre, meme si BP assure qu’elle s’est naturellement retrecie de 30%...

    Donc on a officielement un trou de 49 cm de diametre qui deverse entre 23 et 34 litres / seconde de fuel dans les oceans... Soit la meme force qu’un robinet de 1,5 centimetre de diametre qui mettrait 1 minute pour remplir une bouteille de 1,5 litres (entre 1,26 et 1,92 litres / minute exactement)...

    Avez vous vu la video de la fuite ? Si c’etait un robinet de 1,5 cm de diametres, je pense qu’il mettrait plutot 6 a 7 secondes pour remplir la bouteille de 1,5 l ... mais comme disent les journalistes qui se nourissent de versions officielles, la methode qui vise a regarder un tuyau d’arrosage pour connaitre la quantite d’eau deversee n’est pas fiable.
     
    Conclusion : les journalistes sont nuls en math et cette maree noire est reellement catastrophique.


  • iris 31 mai 2010 17:10

    peut etre qu’il n’y aura + de pétrole si ils ne peuvent arreter ça-car au fonds des entrailles de la terre on de sait pas comment ça se passe-le pétrole d’iran ou d’ailleurs vient peut etre des oceans-et s’il ya une très grosse fuite...


  • jjwaDal jjwaDal 31 mai 2010 21:21

    Ce sera une marée noire restant dans les annales, surtout si on croit Matt Simmons qui dans une interview à Bloomberg indique que selon lui la fuite qui préoccupe tout le monde est une « distraction » en comparaison de ce qui semble se passer à 5/7 miles de là.
    Il parle d’une « fuite de l’ordre de 120 000 barils/jour » et selon lui BP devrait démis de toute solution à ce problème et remplacé par une opération militaire utilisant de petites bombes nucléaires... pour sceller les fuites (les russes l’auraient déjà fait).
    Ce personnage semble assez loin d’être un rigolo et l’interview mérite le détour. Elle est reprise et détaillée comme ici dans la presse américaine. A noter que les cyclones adorent les sources de chaleur et une mer d’huile (sans jeu de mot) est parfaite pour les stimuler et l’été arrive. Une catastrophe monte en puissance.


  • morice morice 1er juin 2010 10:12

    Il faut voir le bon coté des choses



    LAMENTABLE

    • xbrossard 1er juin 2010 10:47

      dommage Calmos, mais le pétrole doit d’abord être raffiné pour être utilisable...

      j’espère seulement que votre saillie est de l’humour...


  • kitamissa kitamissa 1er juin 2010 11:52

    perso,je vais faire mes pleins à la station BP de Fontainebleau ...

    1,42 € le litre de 98 SP .....sur 50 litres ça fait 71 € ....

    j’espère qu’on va pas faire les frais de cette boulette ....

    comme ça,par hasard,pourquoi Petrole Han,le machin qui empêche les tifs de tomber soit disant,va pas ramasser les nappes sur les côtes,ça lui coûterai rien et ça se répercuterai sur les prix !


  • kitamissa kitamissa 1er juin 2010 12:06

    en 1958 Berliet avait mis au point le moteur Diesel MDX Magic,qui pouvait aussi bien fonctionner au pétrole brut ,qu’à l’huile de friture ou de ricin, à la brillantine...ou tout autre produit combustible, avec démarrage sans préchauffage,et durée de vie double par rapport à un Diesel classique ...

    pourquoi ne pas le remettre en service pour utiliser tout ce brut qui s’échappe,et dans l’avenir pour toutes les marées noires ...

    il y a des millier de tonnes qui foutent le camp dans la nature,alors que ça pourrait être utilisé !


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