lundi 16 mars - par Christophe Cros Houplon

Municipales à Paris : nos éditorialistes n’ont comme souvent rien compris !

Une fois encore à l’occasion des résultats des municipales à Paris en ce dimanche 15 mars 2026, je constate que ces supposées pythies que sont nos éditorialistes politiques ne savent nullement lire des chiffres puis en tirer des perspectives.

Ces thermomètres professionnels, qu’ils soient de gauche, du centre ou de droite n’y change strictement rien, qui quand on les questionne sur celui ou celle qui dans six mois remportera le sceptre se plantent quasi systématiquement, nous ont de concert chanté le succès inattendu d’Emmanuel Grégoire et leur déception à la découverte du score de la liste de Rachida Dati.

Alors que l’analyse des forces et des divisions en place avant même qu’un électeur ne dépose un seul bulletin dans l’urne rendait ces deux scores aussi évidents que prévisibles sur un pur plan comptable.

Grégoire a su construire au contraire de sa concurrente de droite un attelage qu’un Lionel Jospin aurait pu qualifier de gauche pluriel : socialistes, verts, communistes et reliquats de LFI. Hormis la liste Chikirou, toute la gauche serrait les rangs autour du candidat du canal de gauche officiel.

De l’autre côté, la maire du VIIème arrondissement partait comme on dit avec un camp en ordre dispersé avec d’une part un candidat Renaissance, Bournazel, ayant trahi l’engagement du Chef de l’Etat (lequel, en fin de second mandat, n’a plus guère prise sur ses troupes, ce qui est logique) envers celle qu’il nomma Ministre de la Culture de ne pas lui glisser un concurrent du parti présidentiel dans les pattes, d’autre part non pas un mais deux équivalents de LFI : Mariani et Knafo.

Gauche soudée contre droite divisée : il était inscrit dans les faits qu’au premier tour Emmanuel Grégoire ne pouvait que creuser l’écart. L’ennui est que pour le second, sauf à ce qu’un important quarteron de votants de droite décide subitement de partir à la pêche et lui déroule en creux le tapis rouge, il a non pas fait le plein des voix (de nombreux votants LFI viendront glisser son bulletin, évidemment, et également beaucoup d’autres, gonflés à l’hélium notamment par leur tête de liste à taper sur la tête du socialiste, resteront à la maison) mais atteint l’ombre de ce qui ressemble à un plafond de verre.

Plafond qu’on ne retrouve nullement à droite comme à la droite de la droite. Pressé par Edouard Philippe et Gabriel Attal, Bournazel ne peut qu’accepter la main tendue de Dati et fusionner, en d’autres termes la rallier et placer ses pions. Tambouille ? C’est simplement la loi naturelle des ralliements une fois que chacun s’est compté le soir du dépouillement.

Quant aux deux autres … On sait qu’habilement Rachida Dati a refusé quelque accord que ce soit avec une Knafo qui l’a on ne peut plus épargnée de ses coups de griffe sans lui avoir pendant toute la campagne fait le moindre coup de patte. Les électeurs de l’ancienne directrice de campagne de Zemmour étant exactement dans la même situation que ceux du RN (à leurs yeux il faut que la gauche dégage de l’Hôtel de Ville), il convenait pour Dati de ne surtout pas insulter l’avenir.

Cette analyse qui, on le voit, n’a rien d’ébouriffante, s’appuie tant sur les jeux d’alliance classiques que sur les résultats observés depuis hier soir. Il est cocasse qu’hier soir sur nos plateaux la quasi-totalité dont le métier est pourtant d’offrir aux électeurs quelques clefs de compréhension quant aux positionnements des uns et des autres au milieu du champ de bataille s’en soit montrée incapable. Vous me direz, les mêmes nous avaient placé à l’Elysée Rocard, Balladur, Jospin, DSK et Juppé …



3 réactions


  • juan 17 mars 10:39

    Une fois de plus, cette droite imbécile va réinstaller la gauchiasse à Paris. Tout ça au nom d’une Rachida Dati qui se prend pour le centre du monde, qui manque totalement de pragmatisme.

    On en a assez de ces crétins prétentieux qui jouent un jeu infantile et de ses commentateurs auxquels on impose de dire quelque-chose alors qu’ils n’ont rien à dire qui ne soit dans l’esprit de tout électeur saine d’esprit.

    Nous pourrions appeler ce spectacle affligeant ’la France des paumés’.

    « Si les peuples savaient avec quelle imbécilité ils sont gouvernés, ils se révolteraient » (Charlemagne)


    • Christophe Cros Houplon Christophe Cros Houplon 18 mars 04:19

      @juan

      Eh non, cette droite vient au contraire de bien exploiter le résultat comme la journée de mardi l’a prouvé. C’est au contraire cette nouille de Grégoire qui vient de se tirer une balle dans le pied.


    • juan 18 mars 05:47

      @Christophe Cros Houplon
      Une balle dans le pied ? et Paris sera de gauche ! Alors, tous ces raisonnements torturés pour trouver que ces gens-là ont un esprit hautement stratégique, n’est que foutaise. Ce qui importe, n’est pas la ’haute’ stratégie (qui amène à un désastre) ,mais le résultat pur et dur :
      Paris sera encore de gauche. La médiocrature instaurée au niveau d’une référence intellectuelle, dénonce l’appauvrissement des capacités de nos concitoyens de voir au delà de leur smartphone, incapables qu’ils sont devenus de considérer Internet autrement que pour jouer à des jeux débiles. Ces abrutis ne se rendent même pas compte qu’ils ont entre leurs mains un merveilleux outil de culture et d’analyse à opposer à un pouvoir corrompu par cette idéologie mortifère.


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