mercredi 1er avril - par Giuseppe di Bella di Santa Sofia

« Ne tirez pas sur Hitler ! » : le pari cynique des services secrets britanniques

Un doigt crispé sur la détente d’un Mauser 98k, une lunette télescopique balayant la terrasse du Berghof, et une silhouette familière qui s’avance, seule, à moins de 300 mètres. En cet été 1944, l’opération "Foxley" n’est plus un projet : c’est une arme chargée. Pourtant, l’ordre qui tombe des bureaux du renseignement britannique n'est pas "feu", mais "interruption immédiate". À travers les archives déclassifiées de Baker Street, plongée au cœur du complot le plus abouti et le plus glaçant de la Seconde Guerre mondiale. Celui où Londres a choisi de sauver le Diable pour ne pas risquer de perdre la guerre.

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Le promeneur solitaire de l'Obersalzberg

Le soleil de juin 1944 caresse les cimes du massif de l'Obersalzberg avec une douceur presque insolente. Chaque matin, avec une régularité de métronome, une silhouette solitaire quitte la terrasse du Berghof pour une marche de vingt minutes vers la petite maison de thé de Mooslahnerkopf. L’homme avance sans escorte rapprochée, les mains croisées derrière le dos, longeant un sentier bordé de pins denses. Pour un tireur d'élite posté dans les fourrés, cette cible est une apparition parfaite. Elle se découpe nettement sur le calcaire blanc des Alpes bavaroises, offrant un profil immanquable à moins de trois cents mètres. Ce n'est pas un exercice de tir, mais le point faible du Troisième Reich, identifié par un prisonnier de guerre allemand, ancien membre de la garde personnelle du Führer, dont les aveux ont tout changé.

 

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Ce transfuge, interrogé dans le silence d'une cellule londonienne, a tout livré aux officiers du renseignement britannique. Il a décrit les horaires immuables, les angles de vue dégagés, l'absence de patrouilles dans les zones escarpées et même la couleur des uniformes des sentinelles qui restent à distance respectable pour ne pas troubler les pensées du dictateur. Pour le Major Herbert Quillin et son équipe du Special Operations Executive (SOE), le service des opérations spéciales voulu par Winston Churchill, cette opportunité est unique. Tuer Adolf Hitler n'est plus un fantasme de résistance, c'est une équation logistique dont tous les paramètres sont désormais verrouillés dans un dossier confidentiel. L'opération Foxley vient de naître sur le papier glacé des services secrets, avec la certitude glacée que le dénouement de la guerre est au bout d'un doigt pressant une détente.

 

Stabswache de Euros - Fermer le ciel: Waffen-SS: A European History

 

Anatomie d’un crime de bureau

Le plan se dessine avec une simplicité brutale qui ne laisse aucune place à l'improvisation. Deux hommes, un tireur d'élite et son observateur, doivent être parachutés en tenue de montagne. Ce sont des Autrichiens exilés, des hommes qui parlent la langue de la région sans le moindre accent et dont la haine pour le régime garantit une détermination sans faille. Ils ne porteront aucun papier britannique et aucune trace de leur véritable origine. S’ils sont capturés, ils ne sont que des chasseurs alpins en permission, perdus dans les forêts de leur pays natal. L’infiltration ne repose pas sur la force, mais sur la discrétion absolue et la connaissance millimétrée du terrain bavarois, loin des déploiements massifs de troupes conventionnelles qui auraient immédiatement donné l'alerte.

La logistique de l'attentat demande des outils d'exception que les techniciens de Baker Street ont préparés avec un soin maniaque. Les fusils Mauser 98k de fabrication allemande ont été retravaillés pour accueillir un silencieux expérimental capable d'étouffer la détonation sans dévier la trajectoire de la balle de précision. Pour garantir la réussite au cas où le tir direct s'avérerait trop risqué, les services de renseignement ont aussi développé des solutions chimiques sournoises. Des capsules de bacille d'anthrax sont prêtes à être versées dans le réservoir d'eau du train personnel du Führer ou directement dans son service de thé quotidien. Ces poisons sont dissimulés dans des objets du quotidien, des valises à double fond ou des boussoles piégées, fruits du génie des laboratoires secrets de Londres qui travaillent à l'élimination physique du chef de l'Axe.

 

Karabiner 98k — Wikipédia

 

Les tueurs de l’ombre

Le perfectionnement des commandos se déroule dans les Highlands écossais, dont le relief tourmenté imite à s'y méprendre les pentes de l'Obersalzberg. Les agents subissent des marches forcées de quarante kilomètres avant de devoir stabiliser leur respiration pour un tir de précision à cinq cents mètres sur des cibles mouvantes. On leur apprend à identifier chaque grade de la garde impériale à travers une lunette de visée et à survivre en autonomie complète dans la roche. L’atmosphère est électrique car chacun sent que le sort de l'Europe est en jeu. Pourtant, alors que les hommes sont en phase finale d'infiltration, un doute stratégique commence à paralyser les sphères supérieures du renseignement britannique, transformant une mission d'assassinat en un dilemme politique majeur.

À la mi-1944, l'Allemagne nazie est acculée sur tous les fronts, mais elle est surtout dirigée par un homme dont les facultés stratégiques déclinent de façon spectaculaire. Hitler interfère désormais dans chaque décision militaire, refuse les replis tactiques nécessaires à la survie de ses troupes et épuise ses dernières réserves blindées dans des contre-attaques suicidaires. Dans les bureaux de la Section X à Londres, le Brigadier Ronald Thornley pose un diagnostic qui va changer le cours de l'opération. Il estime qu'en tant que stratège, Hitler est devenu le meilleur atout des troupes alliées. Sa présence au sommet de la hiérarchie militaire allemande est une garantie de décisions désastreuses qui précipitent l'effondrement du Reich bien plus efficacement que ne le ferait sa disparition soudaine.

 

Un fou aux commandes

Le raisonnement de Thornley est d'un pragmatisme glacial qui balaie toute considération morale. Si Hitler est éliminé, il sera inévitablement remplacé par un triumvirat plus rationnel, probablement dirigé par des officiers de carrière comme le maréchal von Rundstedt. Ces hommes, bien que fanatiques, sont des professionnels de la guerre capables de stabiliser le front ou de négocier une paix séparée pour se concentrer sur l'avancée soviétique à l'Est. En tuant le dictateur, Londres risquerait d'offrir un nouveau cerveau, plus efficace et plus lucide, à une machine de guerre allemande encore redoutable. Le renseignement britannique conclut alors qu'un Hitler vivant et erratique est bien plus utile à la victoire finale qu'un martyr dont l'assassinat pourrait galvaniser la résistance allemande et prolonger inutilement le conflit.

Il existe également une crainte politique majeure qui hante les diplomates britanniques depuis le début des hostilités. Ils redoutent que si Hitler est abattu par des agents de l'étranger, le peuple allemand ne se forge un nouveau mythe du martyre, similaire à celui du coup de poignard dans le dos qui avait suivi la défaite de 1918. Pour assurer une paix durable, il faut que le régime s'effondre de l'intérieur, écrasé sous le poids de sa propre incompétence devant le monde entier. Londres veut que le Führer boive le calice de la défaite jusqu'à la lie, afin qu'il soit le seul et unique responsable du désastre aux yeux de l'Histoire et de ses propres concitoyens. Tuer Hitler maintenant, ce serait lui offrir une sortie de secours héroïque que les Alliés ne sont pas prêts à lui accorder, préférant le voir sombrer dans l'ignominie.

 

File:Adolf Hitler photographed with some Nazi officers on March 20, 1945.webp

 

Le sursis du monstre

Le 28 juin 1944, l'ordre tombe comme un couperet sans appel. L'opération Foxley est officiellement suspendue. Les snipers, dont la frustration est immense après des mois de préparation intensive, voient leur mission annulée au moment même où ils s'apprêtaient à modifier la trajectoire du siècle. Les fusils modifiés sont remisés, les poisons détruits et le dossier est classé sous le sceau du secret absolu dans les archives de Kew. Le gouvernement britannique a fait le pari du chaos dirigé, préférant laisser la folie du dictateur finir le travail de destruction que les armées n'auraient pu accomplir sans des mois de combats supplémentaires et des milliers de victimes de plus dans leurs rangs.

 

 

Cette opération manquée restera l'un des secrets les mieux gardés du conflit jusqu'à sa déclassification tardive en 1998. Elle révèle un aspect méconnu de la guerre totale, où l'absence d'action devient une arme stratégique bien plus tranchante qu'une balle de plomb. La survie d'Hitler au Berghof durant les derniers mois du conflit ne fut pas le fruit d'une protection divine ou d'un hasard heureux, mais d'un calcul froid effectué dans un bureau londonien. Le silence du fusil de Baker Street a permis au IIIe Reich de s'autodétruire selon les prévisions exactes de la Section X. Le 30 avril 1945, quand la nouvelle du suicide d'Hitler atteint enfin Londres, les analystes du SOE savent qu'ils ont remporté leur pari. Le dictateur était bien mort, et avec lui, toute velléité de légende héroïque s'éteignait dans les cendres de Berlin.

 

 

 

Références & bibliographie

Archives officielles & dossiers déclassifiés

  • The National Archives (Kew, UK) : Dossiers du Special Operations Executive (SOE), fonds HS 6/623 à HS 6/626. Ces documents, classés "Top Secret" pendant cinquante ans, détaillent les plans de tir, les cartes de l'Obersalzberg et les analyses de vulnérabilité d'Adolf Hitler entre juillet et novembre 1944.

  • War Cabinet Records : Procès-verbaux des délibérations britanniques sur l'opportunité politique et stratégique de l'assassinat (juillet 1944).

Ouvrages de référence

  • Mark Seaman, Operation Foxley : The British Plan to Kill Hitler, Public Record Office, 1998. (L'étude la plus complète, rédigée par l'historien ayant exhumé les dossiers du renseignement britannique).

  • Roger Moorhouse, Killing Hitler : The Plots, the Assassins, and the Dictator Who Cheated Death, Bantam, 2006.

  • Denis Rigden, Kill Hitler : The Plots and the Assassins Who Failed to Alter the Course of History, History Press, 2013.

Études historiques & contexte stratégique

  • Sir Michael Howard, British Intelligence in the Second World War, HMSO, Londres. (Pour comprendre l'articulation entre le SOE et les services de renseignement conventionnels).

  • Ian Kershaw, Hitler, Flammarion, 2008. (Indispensable pour saisir l'état de paranoïa et de déclin physique d'Adolf Hitler au moment où Londres envisageait son exécution).



13 réactions


  • Decouz 1er avril 11:47

    J’ai trouvé celui-ci à la médiathèque :

    https://www.fnac.com/mp53056360/Hitler-Guido-Knopp

    De même que des mémoires, dont celui de son majordome si le nom convient, qui a brulé les corps après les suicides, et qui a été longtemps interrogé pas les Russes (ils n’étaient pas sûrs de la disparition sans doute, craignaient peut-être des infos gênantes ou espéraient à l’inverse des infos utilisables).

    Dans les années 90 plusieurs livres sont apparus de proches, pas directement liés aux opérations comme celui mentionné, ou plus directement impliqués comme Speer.

    Hitler avait plusieurs troubles mentaux et/ou physiques, il se bourrait de médicaments, ou pseudo médicaments.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Sant%C3%A9_d%27Adolf_Hitler


    • Bonjour @Decouz,

      Merci pour votre commentaire ! Le livre de Guido Knopp est excellent. C’est un très bon choix de lecture.

      Effectivement, beaucoup de proches d’Adolph Hitler ont rédigé leurs mémoires. C’est le cas du lieutenant-colonel SS Heinz Linge, majordome en chef du Führer. Il était présent au cours de la crémation des corps d’Adolf Hitler et de son épouse Eva, accompagné par le commandant SS Otto Günsche, aide-de-camp du Führer. Dans les années 1990, ce dernier a accepté de me recevoir, alors que je préparais une étude sur les derniers survivants du Führerbunker de Berlin. Ce qui m’a frappé, lors de cet entretien, c’est qu’il assurait ne pas avoir été au courant de la Shoah. Même cas de figure chez d’autres anciens proches d’Hitler. J’ai eu beaucoup de mal à le croire. 

      Oui, Hitler était drogué par son médecin personnel aux pratiques et à l’hygiène douteuses : le docteur Theodor Morell. Les plus hauts dignitaires nazis, comme Himmler, refusaient de se faire soigner par ce charlatan.


  • confiture 1er avril 11:52

    Quel dommage ! aurais-je obéi ??


  • sylvain sylvain 1er avril 13:53

    Ca aurait pas change grand chose. Identifier hitler au diable a toujours ete le principal probleme du « devoir de memoire ».

    Ce qui fait qu’une bande de connards en costumes gris peut tous les ans commemorer la fin du regne du malin tout en massacrant des civils pacifistes a setif, en gazant des populations au moyen orient, en arrosant le vietnam d’agent orange, en faisant mourrir un demi millions d’enfants irakiens en declarant que « ca valait le coup », en soutenant le massacre des gazaouis. Ou plus simplement en enchainant des milliards de « perdants » sur des chaines de production


    • @sylvain

      Votre commentaire est un catalogue de griefs qui, bien qu’ils puissent faire l’objet de débats dans d’autres sections, n’ont strictement aucun rapport avec l’opération Foxley. On ne peut pas sérieusement analyser un plan d’assassinat ciblé du SOE en 1944 à l’aune du conflit à Gaza ou de la guerre du Vietnam.

      L’article ne traite pas du « devoir de mémoire » ou d’une quelconque sacralisation du Bien contre le Mal, mais d’une réalité froide et stratégique : est-ce qu’éliminer le sommet de la pyramide nazie en 1944 aurait abrégé la guerre ou, au contraire, galvanisé le fanatisme allemand ? C’est une question d’histoire militaire et de renseignement.

      Vouloir tout ramener systématiquement aux tragédies actuelles empêche toute analyse historique sérieuse. Restons-en aux faits de 1944.


    • sylvain sylvain 1er avril 16:13

      @Giuseppe di Bella di Santa Sofia
      je ne parle de ce potentiel assassinat que dans ma premiere phrase en effet. 

      Le reste est sur l’utilisation du terme « diable » pour designer hitler dans l’article, ce qui ne me semble pas tout ramener aux tragedies actuelles mais n’est effectivement pas vraiment le theme de l’article


  • juluch juluch 1er avril 21:35

    ca aurait rien changé à l’issue et la logique qu’il fut remplacé par des gens plus stratège que lui me parait cohérent.

    Hitler etait une burne en tant que tacticien....un caporal qui a pas fait grand chose en tant que militaire ne m’étonne pas et la situation dans laquelle se trouvait ses troupes en juillet 44 n’est pas étonnant.

    Mort il y aurait eu un sursit juste de quelques mois.


    • Bonjour @juluch,

      Ravi de vous lire ! Votre analyse sur l’inéluctabilité de la chute du IIIe Reich est tout à fait cohérente. En juillet 1944, la messe est dite : le rouleau compresseur allié à l’Ouest et la déferlante soviétique à l’Est ne laissent que peu de place au doute.

      Vous avez raison de souligner l’amateurisme tactique du « caporal » : son refus obsessionnel de toute retraite stratégique a littéralement broyé ses propres armées. Mais comme vous le dites, un succès de l’attentat n’aurait probablement offert qu’un sursis de quelques mois. L’enjeu pour les conjurés n’était plus la victoire, mais la tentative désespérée de négocier une paix séparée avec les Anglo-Américains pour éviter l’occupation totale par Staline.


  • jakem jakem 2 avril 11:37

    Bonjour Giuseppe !  Une très bonne chronique qui m’a permis d’apprendre cette histoire de l’Histoire.

    J’avais déjà lu une allusion ( donnée sans aucune référence ) à cet ordre de Churchill, une allusion tellement orientée qu’elle était en fait une accusation pour le salir ainsi que tous les Résistants et les Alliés.

    Merci pour ce texte que j’enregistre et diffuserai sur FB quand je pourrai de nouveau y ouvrir un journal.


    • Bonjour @jakem,

      Je vous remercie sincèrement pour votre retour et pour votre fidélité. C’est précisément pour dissiper ce genre d’accusations orientées ou de raccourcis historiques que j’ai tenu à documenter cette chronique avec autant de précision.

      Rétablir la vérité sur les décisions de Churchill, sans pour autant tomber dans l’hagiographie ou la calomnie, est un exercice d’équilibre nécessaire pour comprendre la complexité de cette période. Je suis ravi que ce texte puisse vous servir de référence et je vous remercie par avance pour le partage que vous en ferez sur Facebook ; la diffusion d’une information sourcée est notre meilleure arme contre les récits simplistes.


  • yvesduc 2 avril 13:13

    Article très intéressant, merci. smiley

    Les raisons de la Grande-Bretagne de renoncer à l’assassinat me semblent bonnes. Cela étant, la profonde crise économique que traversait l’Allemagne avant la guerre dépasse de loin la seule personne d’Hitler. Il y a des ressorts (économiques, politiques, etc.) profonds derrière les personnages de pouvoir. Ces ressorts perdurent après eux. Alors, certes, la disparition d’un dictateur est une bonne nouvelle, mais la situation globale ne changera pas forcément pour autant.


    • Bonjour @yvesduc,

      Je vous remercie sincèrement pour votre commentaire et je suis particulièrement sensible à votre démarche. Il est toujours gratifiant de constater que la rigueur historique peut offrir un terrain d’entente, par-delà nos divergences d’opinions habituelles.

      Votre analyse sur les structures de fond est tout à fait pertinente. On ne peut pas réduire l’ascension et la résilience du IIIe Reich à la seule figure de son dictateur ; les racines économiques et les dynamiques de pouvoir préexistaient effectivement à son arrivée. C’est d’ailleurs tout le dilemme qui se posait aux Britanniques en 1944 : éliminer l’homme aurait-il suffi à briser un système déjà profondément ancré et lancé dans une inertie totale ?

      Comme vous le soulignez, la disparition d’un chef n’efface pas instantanément les ressorts qui l’ont porté. C’est ce qui rend l’étude de ces moments de bascule si fascinante.

      Au plaisir d’échanger à nouveau avec vous sur ces bases constructives.


  • Eric F Eric F 3 avril 10:59

    J’ignorai totalement ce projet, et vu la date de publication de l’article je me suis d’abord demandé si c’était véridique. L’histoire dépasse parfois le roman.

    Le débat sur ce qu’auraient été les conséquences de son exécution est complexe, le plus probable me semble que ses successeurs aient tenté une paix séparée avec les occidentaux (car c’est ce qu’a fait Goering en 45 avant même le suicide d’Hitler, ayant conduit à ce qu’il soit écarté de la succession). 
    A l’été 44, quelle aurait été alors la position de Roosevelt (Churchill aurait été opposé) ?


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