jeudi 26 mars 2015 - par NAMASTE

Nécessaire et superflu, marchand et non marchand

A nous d’ouvrir les yeux, nous qui savons que l’économie n’est pas une science, qu’il n’y a pas de « lois » économiques et que les économistes sont dans les jupes du pouvoir.

            ANTIMANUEL D’ECONOMIE – Bernard Maris (Assasiné le 7 janvier 2015)

                       

          Il y a quelques jours, tentant de classer mes livres, je fus surpris de constater l’importance de la place prise par les ouvrages tournant autour de l’économie. Pourtant, cette discipline ne me passionne pas plus que l’histoire, les nouvelles technologies ou la biologie mais, depuis quelques années, il n’est pas rare de trouver des bouquins traitant d’économie en tête de gondole. La crise aidant, le chaland comme moi se laisse tenter, croyant peut-être trouver un début de solution aux problèmes du pays voire à ses propres inquiétudes. 

        Au fait, qu’ai-je retenu de ces lectures ? La plupart, il faut le souligner, annoncent la fin imminente du capitalisme. Cependant, je me méfie des ressentiments et je garde présente à l’esprit cette phrase de Bernard Kouchner " Au fond, nous, enfants de la gauche française, nous ne nous sommes jamais remis de la mort de l’espérance communiste » (1). Je vais donc essayer d’exposer ici quelques pensées et réflexions de nature économique, loin de tout académisme et hors de toute partisanerie. Sans complexe non plus puisque, n’est-ce-pas, les économistes professionnels brillent plus dans l’explication des crises passées que dans l’anticipation de celles à venir.

OFFRE ET DEMANDE 

On connaît fameuse citation : 

« De chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins ».

      Personnellement, je l’ai toujours considérée comme un excellent point de départ pour entamer toute réflexion générale sur l’économie. Elle exprime un équilibre utopique où, au sein d’une communauté, la totalité des productions des membres égalerait la totalité de leurs besoins. En d’autres termes, l’offre résultant de la production épouserait parfaitement les demandes des consommateurs. Bien entendu, il n’y a pas les producteurs d’un côté et les consommateurs de l’autre : les membres produisent et consomment à la fois et cela oblige chacun à commercer.

Recevoir ou payer un salaire, c’est déjà commercer.

NECESSAIRE ET SUPERFLU 

     « Besoins » et « demandes » méritent d’être précisés. La plupart des êtres humains ordinaires comme vous et moi souffre souvent d’une tendance naturelle à rajouter quelque chouya de superflu à ses besoins réels. Le fameux adage « L’homme ne vit pas que de pain » justifie quelque peu cette propension. La demande diffère donc souvent du strict besoin nécessaire et suffisant. Cela résulte de « La peur de manquer » ou de « La crainte d’obtenir moins que l’autre » voire de « L’appréhension de passer à côté de quelque chose dans la vie ». L’acronyme anglais FOMO (Fear of missing out) traduit exactement cette appréhension. Par conséquent, l’économie ne saurait éviter les écueils de la jalousie et de la convoitise.

 Au risque d’être catalogué de marxiste indécrottable par certains, je rappelle que le capitalisme tire à fond profit de ce penchant humain à en vouloir plus (2). Il en est le catalyseur. Comme un prédateur à l’affût, le capitalisme suscite continument de nouveaux besoins afin d’accroître son capital à partir de ses plus-values. Pour rester dans la course au côté des autres (3), le consommateur mord aux hameçons capitalistes, victime d’une alchimie où le superflu se transmute en nécessaire. Au sein des arènes du marché, naît alors une inflation consumériste génératrice de multiples envies contrariées, elles-mêmes sources de souffrances comme nous l’a enseigné Bouddha (4).

MARCHAND ET NON MARCHAND

       Une partie des biens et des services produits est fournie à la population gratuitement ou à des prix inférieurs à leurs coûts de production. De tels biens et services appartiennent au secteur non marchand. Bien entendu, comme il n’existe pas de génération spontanée de richesse, « quelqu’un » doit éponger la note.

 Les autres biens et services sont vendus et achetés entre producteurs et consommateurs à des prix résultant généralement de l’offre et de la demande du marché. Ces biens et services appartiennent au secteur marchand. Lorsque les prix de vente acceptés par les consommateurs ne permettent pas au vendeur de couvrir ses coûts, c’est la faillite ; si ces mêmes prix couvrent les coûts mais ne permettent pas d’investir, les affaires du vendeur périclitent plus ou moins rapidement jusqu’à leur clôture définitive.  

 Un produit ou un service du secteur non marchand peut avoir transité par le secteur marchand. Par exemple, une municipalité achète des chocolats à un confiseur au prix du marché avant afin de les offrir aux S.D.F. à l’occasion de Noël. On retrouvera inéluctablement la facture dans les impôts locaux. Cet adverbe occupe un siège imprenable en économie où, comme en biologie, il n’existe pas de génération spontanée du superflu ni, dans la plupart des cas, du nécessaire. Difficile, dans ces conditions, de vouloir ignorer la « logique comptable » que trop de Français vilipendent avec mépris.

 Le bon sens suffit à comprendre comment, dans le shaker des coûts, de la concurrence, de l’offre et de la demande, les prix du secteur marchand se déplacent entre des valeurs d’équilibre comme si une main invisible (5) y veillait. Grosso modo, un produit rare devrait rester cher alors qu’un produit abondant devrait voir son prix s’écrouler. J’emploie le conditionnel car, en réalité, tout n’est pas aussi simple. A ce sujet, accordons-nous une brève pause en rappelant le fameux syllogisme :

 Tout ce qui est rare est cher. Un cheval bon marché est rare. Donc un cheval bon marché est cher.

BESOINS REELS

      Socrate, devant les étals du marché d’Athènes aurait déclaré « Que de choses dont je n’ai pas besoin ! ». Mais tout le monde n’est pas Socrate : où donc commence et finit le nécessaire du citoyen lambda ?

      En premier lieu, les besoins primaires de l’être humain répondent à ses fonctions physiologiques de survie : boire de l’eau potable, dormir sans être dérangé, manger sainement, respirer de l’air non contaminé, accéder aux soins médicaux disponibles, se protéger des conditions météorologiques extrêmes. Il y a cent ans, l’air et l’eau n’auraient sans doute pas figuré ici, pour des raisons évidentes …

 De plus, le fait de vivre en société impose d’autres besoins : s’habiller de façon à ne pas paraître ridicule ou pouilleux aux yeux des autres, disposer de lieux garantissant son intimité et sa pudeur (toilette, sexualité, méditation, prière … ), être protégé contre le vol et les agressions, être défendu contre les injustices, savoir que ses derniers moments et sa dépouille mortelle seront respectés et traités selon ses volontés.

 A ce stade, cette liste de besoins nous suffit mais nous en examinerons d’autres plus tard (6).

CROISEMENTS

     Ce qui précède nous conduit à l’analyse des quatre zones du tableau suivant :

  

 

NON MARCHAND

 MARCHAND

NECESSAIRE

 1

 2

SUPERFLU

 4

 3

 

EXEMPLES

 

  • ZONE 1 ( nécessaire et non marchand : vaccination en temps d’épidémie 
  • ZONE 2 ( nécessaire marchand) : alimentation
  • ZONE 3 ( superflu marchand )       : spectacle du Crazy Horse

      Si trouver des exemples correspondant à ces 3 zones ne présente guère de difficulté, il n’en va pas de même quant à la 4 (superflu non marchand). Pourtant, pensez à cette nonagénaire indigente dans un foyer logement. Elle a été coquette tout au long de sa vie. Alors, ne pensez-vous pas que, sous des apparences de superflu, peindre ses ongles et permanenter ses cheveux de temps en temps constitue une thérapie nécessaire ?  

    Parcourons alors les zones dans le sens des aiguilles d’une montre :

  • De 1 à 2 ( nécessaire migrant du secteur non marchand au secteur marchant ). Un tel mouvement plaît aux capitalistes car ils y voient une opportunité de capturer un nouveau marché.
  • De 2 à 3 ( migration du nécessaire au superflu tout en restant dans le secteur marchand ). Ce mouvement peut dépendre d’une crise entraînant une réduction du pouvoir d’achat. La frontière entre superflu et nécessaire se déplace au gré des situations économiques.
  • De 3 à 4 ( superflu passant du marchand au non marchand ). Ce miracle correspond à une période de vaches grasses ou, plus prosaïquement, à de brèves périodes pré ou post électorales …
  • De 4 à 1 ( passage du superflu au nécessaire à l’intérieur du secteur non marchand ). Mêmes raisons que le cas précédent. Un tel mouvement peut aussi résulter de lobbying capitaliste comme nous l’avons évoqué plus haut.

 On imaginerait sans grande difficulté le parcours en sens inverse.

      Nous en resterons là aujourd’hui. Dépendant de l’accueil réservé à cet article, la façon dont se répartissent les secteurs marchand et non marchand entre le public et le privé pourra faire l’objet d’un prochain article.

NOTES

  1. « Mémoires croisées », Allary éditions, 2014
  2. On se souvient du « Toujours plus » de François de Closets, paru il y a 37 ans
  3. On peut penser au désir mimétique de René Girard
  4. Dans cette veine, on pourrait également penser à la parabole des oiseaux du ciel (Matthieu 6.25)
  5. Selon l’expression célèbre de l’économiste britannique du XVIIIème, Adam Smith
  6. Voir les travaux de Maslow (pyramide des besoins) et de Virginia Anderson


15 réactions


  • Séraphin Lampion P-Troll 26 mars 2015 10:15

    Le coït conjugal est bien non-marchand, non ?

    Mais est-il nécessaire ou superflu ?

    • César Castique César Castique 26 mars 2015 10:45

      @P-Troll

      « Mais est-il nécessaire ou superflu ? »


      Ni l’un, ni l’autre, hygiénique !

      Des experts seront commis pour déterminer une fourchette des fréquences bénéfiques, psychiquement et physiquement, aux individus des deux sexes.

  • César Castique César Castique 26 mars 2015 10:41

    « Elle exprime un équilibre utopique où, au sein d’une communauté, la totalité des productions des membres égalerait la totalité de leurs besoins. »


    Un équilibre utopique et totalitaire, car il faut bien comprendre qu’il s’agit des besoins élémentaires - la formule elle-même repose sur le niveau de vie et le pouvoir d’achat du prolétaire du milieu du XIXe siècle -, déterminés par des technocrates, sur le modèle du rationnement de temps de guerre.

    « En d’autres termes, l’offre résultant de la production épouserait parfaitement les demandes des consommateurs. »

    Ben voyons, vous vous moquez de qui ? 

    Il n’y aura plus de demandes des consommateurs, il y aura les produits dont la fabrication a été rigoureusement planifiée, afin de mettre en adéquation la « totalité des productions des membres » et « la totalité de leurs besoins ».

    Alors, non merci, sans façon.

    P.S. - Vous soulevez un problème de fringues que ne se posera pas. puisque l’unicité des modèles - économique, rationnelle, respectueuse de l’environnement - fera que plus personne ne paraîtra pouilleux ou ridicule, puisque tout le monde paraîtra pouilleux ou ridicule, et que c’est la comparaison qui crée la gêne.

    • NAMASTE 26 mars 2015 14:05

      @César Castique
      Bonjour,


      je me sers de la formule uniquement pour entamer le débat. Je ne la fais pas mienne. Les mots « utopiques » et « épouserait » (conditionnel) sont là pour le montrer.
      Vous savez,j’ai vécu en pays communiste et j connais très bien les limites de la planification...

    • NAMASTE 26 mars 2015 14:07

      @César Castique

      suite

      je vote + pour votre PS

    • César Castique César Castique 26 mars 2015 17:41

      @NAMASTE

      « ...je me sers de la formule uniquement pour entamer le débat. Je ne la fais pas mienne. »


      C’est ce que j’avais cru comprendre, désolé.

      « Les mots « utopiques » et « épouserait » (conditionnel) sont là pour le montrer. »

      Il y a tant de gens, de nos jours, qui prétendent, pour justifier leurs pires illusions, fariboles et coquecigrues, que l’utopie est la réalité de demain, que je vous avais, arbitrairement, rangé dans cette catégorie. 

      D’où la vivacité de ma réaction, tant je dénie à qui que ce soit la capacité d’aller au-delà de la satisfaction des besoins essentiels (nourriture, logis, vêtements), ce qui se traduit inévitablement par la gestion d’une pénurie organisée.

    • NAMASTE 26 mars 2015 17:47

      @César Castique

      Je ne connaissais pas « coquecigrue ». Ca n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd ...

    • César Castique César Castique 26 mars 2015 23:32

      @NAMASTE



      « Ca n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd ... »

      Moi aussi, je l’aime bien. J’écris passablement d’oreille... Comme vous, j’imagine, vu l’expression utilisée...


  • Ruut Ruut 26 mars 2015 15:58

    Nous constatons tous les jours une baisse de qualité des produits achetables alors que la demande de produits durables et de qualité ne fait que croitre, sans offre.....
    L’informatique en est le plus bel exemple.
    Ni le secteur marchand ni le secteur non marchand ne semblent pouvoir offrir l’offre lié au besoin.

    Les fringues du @PS sont d’une justesse terrifiante.
    Je ne parle pas de l’eau potable de plus en plus cher.
    L’air non pollué semble aussi de plus en plus inaccessible.

    Il semblerait que nos organes politique de régulation soient soit incapables de faire correctement leur travail, soit gangrénés par la corruption des intérêts marchands.


  • Rincevent Rincevent 26 mars 2015 17:50

    L’offre liée au besoin, oui… Encore faut-il savoir qui définit réellement le besoin. Pour l’instant ça ne semble pas être le consommateur (sinon le monde parasitaire de la pub disparaitrait corps et biens). Comme le disait si bien le regretté Coluche « dire qu’il suffirait que les gens n’en achètent plus pour qu’on n’en fabrique plus ».

    Quelques signes, quand même : le succès des voitures « low-coast » (Dacia) dans un marché assez déprimé, la progression continue des logiciels libres (et gratuits), tout ce qui est « co » (co-voiturage, partage d’outils, de savoir-faire, réseaux alimentaires, etc.). http://www.terraeco.net/Liste-de-sites-troc-don-echange,39894 Tout ça chevauche le marchand/non marchand.

    Cette dernière (?) crise commence à valoriser des comportements vertueux qui étaient, auparavant, réservés à quelques militants facilement taxés de bobos. (dont on se moquait, moins aujourd’hui)


  • sls0 sls0 26 mars 2015 18:01

    Il n’y a pas pire prison que celle où l’on s’enferme sois-même.
    Cela fait une vingtaine d’années qu’on envie ma liberté mais pas ce que j’ai. Avoir c’est perdre sa liberté, j’ai pas grand chose, pour déménager un sac à dos me suffit pour les 23kg d’avoirs.
    J’ai refilé tout ce que j’avais, en même temps j’ai refiler les problèmes qui vont avec le fait de posséder, je suis un salaud.

    Paradoxalement, plus on est libre plus il est facile de gagner de l’argent et moins on en a besoin, ça sert pour aider les autres (pas pour le superflu).
    Malgré que je réside dans un pays pauvre, le superflu y est aussi à la mode, peut être encore plus.
    Je m’en tiens qu’au scolaire.

    On pourrait croire que lorsque qu’on laisse tomber le paraitre on attire moins les autres, pour les cons c’est vrai mais comme ils ne représentent pas une majorité, c’est plutôt l’inverse. A franchement parler, les cons on peut s’en passer.

    Il n’y a que vous qui vous oblige à être esclave, il y a des salauds qui en profitent d’accord, il ne sont responsable que du profit mais pas du choix. Jusqu’à ce jour on a pas encore vu quelqu’un acheter une voiture, un écran plat ou un iphone sous la menace.

    Au début du siècle dernier un économiste avait dit que pour la fin du siècle les personnes ne travailleraient que 2-4h par jour. Il n’avait pas pris en compte qu’on arriverait à rendre nécessaire du superflu, sinon il avait raison sur le papier.
    Ne pas confondre contentement de l’égo et bonheur, il sont opposés normalement.

    Nota : je réponds à l’aide d’un ordinateur, et oui je ne suis pas un intégriste, j’adore calculer et apprendre, il me sert ce superflu. En plus avec la famille à 8000km c’est moins cher avec skype.
    Avec ma calculatrice et un analyseur de vibrations (FFT) deux voies, c’est la grosse partie des 23kg pour les déménagements.


    • Rincevent Rincevent 26 mars 2015 18:27

      @sls0

      « lorsque qu’on laisse tomber le paraitre on attire moins les autres » Oui et non. C’est une occasion de faire le tri dans nos fréquentations (pas toujours choisies). Les envieux s’éloignent, d’autres plus intéressants arrivent.


    • sls0 sls0 26 mars 2015 20:21

      @Rincevent
      J’avais écrit on pourrait croire, ce qui sous entend que c’est l’inverse, on perd ceux qui font passer le paraitre avant l’être, c’est pas une grande perte.

      Pour les envieux, on en voit moins mais il y en a plus, on a tout ce qu’ils cherchent à avoir alors qu’on cherche à éviter d’avoir. Comme c’est moins fatiguant à éviter d’avoir qu’avoir ce doit être frustrant.
       
      C’est un peu comme le satori*, on le trouve quand on arrête de courir après, on a tout quand on ne cherche plus à avoir.

      * C’est un exemple pris dans un discours d’un sage, c’est pas la peine de rebondir là dessus je suis un béotien à ce sujet.


  • COVADONGA722 COVADONGA722 26 mars 2015 21:48

    bonsoir 

    Le superflu, chose très nécessaire,
    A réuni l’un et l’autre hémisphère.
    Voyez-vous pas ces agiles vaisseaux
    Qui, du Texel, de Londres, de Bordeaux,
    S’en vont chercher, par un heureux échange,
    De nouveaux biens, nés aux sources du Gange,
    Tandis qu’au loin, vainqueurs des musulmans,
    Nos vins de France enivrent les sultans ?
    Quand la nature était dans son enfance,
    Nos bons aïeux vivaient dans l’ignorance,
    Ne connaissant ni le tien ni le mien.
    Qu’auraient-ils pu connaître ? ils n’avaient rien,
    Ils étaient nus ; et c’est chose très claire
    Que qui n’a rien n’a nul partage à faire.
    Sobres étaient. Ah ! je le crois encor :
    Martialo n’est point du siècle d’or.
    D’un bon vin frais ou la mousse ou la sève
    Ne gratta point le triste gosier d’Ève ;


    La soie et l’or ne brillaient point chez eux,
    Admirez-vous pour cela nos aïeux ?
    Il leur manquait l’industrie et l’aisance :
    Est-ce vertu ? c’était pure ignorance.

    Voltaire, extrait de Le Mondain


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