jeudi 7 mars 2013 - par Pelletier Jean

Négociations sur les retraites complémentaires : dernier jour !

Patronat et centrales syndicales se doivent de trouver un accord ce jeudi avant minuit. Les délais techniques et administratifs de la mise en œuvre de ces décisions prennent pas moins de trois semaines, la valeur du point qui sert de base au calcul des retraites est fixée au 1er avril ; et c’est à cette échéance que l’accord actuel prend fin. Les discussions ont commencé fin novembre, ce jeudi est la date ultime !

Les régimes Agirc et Arrco prennent l’eau de toute part et la réserve actuelle est en voie de disparition prématurée pour raison d’approfondissement de la crise. Celle-ci a fondu pour tomber à 56 milliards d’euros pour la première et moins de 10 milliards d’euros pour la seconde, soit moins d’un an de réserve de prestations. Leurs statuts ne leur permettant pas de faire un déficit, les partenaires sociaux sont condamnés à trouver un accord.

C’est ce partage, dans l’effort, entre retraités/ actifs et patronat qui peine à prendre forme. En 2010, la balance entre cotisants et retraités était de 22 millions de cotisants pour 14 millions de retraités. Le besoin de financement a été estimé par les experts du COR (Conseil d’Orientation des Retraites) entre 6 à 10 milliards d’euros hors fonctionnaires et artisans, commerçants etc…, sinon toutes caisses confondues le COR annonce pas moins de 21 milliards le besoin de financement à l’horizon 2020.

Pour l’heure l’accord n’est pas trouvé. Du côté patronal on s’accroche à la proposition de désindexer les retraites, c’est à dire de geler partiellement la valeur du point des 14 millions de retraités. Du côté syndicat la proposition est d’augmenter les cotisations aussi bien employeur que salariés. Un point de plus partagé en 0,6 pour les employeurs et 0,4 pour les salariés, pèse 5,6 milliards d’euros de recettes supplémentaires par an.

Pour le Medef il s’agira au 1er avril de revaloriser la valeur du point en dessous de l’inflation constatée sur la base d’une règle très simple : hausse des prix- 1 point. La règle serait appliquée pendant 5 années. Ce qui signifierait sur une période relativement longue, et dont rien ne dit qu’elle ne serait pas prolongée, que le pouvoir d’achat des retraités serait amputé. On pénaliserait volontairement les retraités sur la base d’études (contestables) qui établissent un pouvoir d’achat en évolution favorable aux retraités contrairement à celui des actifs.

Certains syndicats pourraient y être favorables en échange de l’acceptation par le Medef d’une augmentation des cotisations. Les syndicats exigeant que cette augmentation soit prise en compte pour des droits supplémentaires. Ce que refuse fermement ce dernier au nom de la défense de la compétitivité des entreprises françaises et de la situation internationale. C’est sur ce point mort là qu’aujourd’hui les partenaires tentent une ultime négociation.

De son côté la CFDT, encline à signer à un accord, même sans droits supplémentaires, pèse dans les négociations pour que les petites retraites, dont il reste à définir le champ, soit épargnées par ces mesures. Elle négocie la période d’application du gel partiel de la valeur du point pour qu’elle soit la plus courte possible.

La CGT et FO s’oppose fermement à tout possibilité de gel et d’augmentation des cotisations sans ouverture de nouveaux droits. Et ce d’autant plus que le Medef en a rajouté une louche en proposant de réduire le taux des retraites complémentaires versées aux conjoints de retraités décédés ; elle souhaite le rendre proportionnel à la durée du mariage.

 

En tout état de cause il faut s’attendre, ce soir, à des mesures à courts termes, d’autant plus que les syndicats n’ont pas envie de jouer le poisson pilote pour les discussions à venir sur le régime de retraite de la Sécurité Sociale que va engager rapidement le gouvernement. Le feuilleton est loin d’être terminé et ses rebondissements non plus.

 



9 réactions


  • Pelletier Jean Pelletier Jean 7 mars 2013 17:34

    17h30... l’accord est ur le point d’être signé (article en cours de validation) avec :

    - desindéxation de la valeur du point sur l’inflation

    - augmentation des cotisations sociales, avec seule une partie prise encharge pour le calcul du montant de la retraite.

    Suite sur le blog :
    http://jmpelletier52.over-blog.com/


  • bigglop bigglop 8 mars 2013 00:54

    @Pelletier, je suis désolé pour vous, mais tout le monde a l’air de s’en foutre car comme on dit ’’la retraite, c’est loin’’
    Je colle un de mes commentaires placé sur un de vos articles précédents :

    Apparemment, tout le monde a oublié le Fonds de Réserve pour les Retraites créé en 1999 par Jospin afin de combler le ’’gap’’ générationnel des cotisations/pensions pour 2018/2020 et qui aurait dû atteindre 150 mds €.
    Son objectif affiché : ’’gérer les sommes qui lui sont affectées, afin de constituer des réserves destinées à contribuer à la pérennité des régimes de retraite éligibles’’

    Dans le silence assourdissant de la classe politique et de la majorité des syndicats, le FRR a financé la Réforme des Retraites de 2010 par Sarko (et avec la complicité du PS).
    Dans la foulée, le FRR a été intégré à la CADES dont la gestion a été catastrophique et dénoncée par la Cour des Comptes et un certain Didier Migaud qui fait parler de lui en ce moment.

    Et les analyses sur le Livre Blanc des Retraites de la Commission Européenne de Politis (2010) et du Parti de Gauche


  • TSS 8 mars 2013 11:37

    Les negociations ont echoué ! c’est reporté... !!


  • spartacus spartacus 8 mars 2013 13:22

    Sacrifier le pouvoir d’achat des jeunes pour permettre aux seniors d’avoir un pouvoir d’achat constant.


    Tel est l’objectif de ceux qui vont bientôt être en retraite, ou y sont déjà !

    On aimerait connaitre dans ces structures syndicales, le nombre exact de représentant de -30 ans, voire de -40 ans. qui franchement doit être proche de 0.

    Tous les systèmes paritaires ou collectifs, sont voué à la faillite.

    La socialisation de l’économie (dans ce cas le mutualisme des retraites) ne fonctionne jamais et ne fonctionnera jamaisparce que vous ne mesurez pas la donnée la plus importante économique.L’individualité naturelle.

    La direction socialisée et centralisée de toute l’activité économique exposant comment les ressources doivent être consciemment dirigées sont toujours utilisées par l’arbitraire de l’impondérable a servir des groupes d’intérêts particulier au détriment d’autres. Freidrich Hayeck Nobel d’économie. 
    Le paritarisme n’échappe pas à cette règle économique, 

    Dans un système collectif, le collectif, se doit de « faire arbitrage des mérites des groupes et des individus », ainsi entrent en jeu les systèmes de pressions visant à influencer les décisions de distribution. C’est donc aux plus forts, aux plus influents, aux informés et aux membres dominants que profite la distribution des revenus et des ressources. 
    C’est dans ces structures collectives que logent les pires individus de la société, les hommes qui protégés par le prétexte d’une cause « supérieure » sont libres d’user des moyens les plus injustes. 

    • 1984 8 mars 2013 16:24

      T’es payé au moins pour sortir autant de connerie ?


    • spartacus spartacus 8 mars 2013 16:51

      C’est du Hayeck

      Le basic de l’économie !
      Cher ignorant, en seconde, à part faire des dissertation de 50 pages sur Karl Marx, évangile communiste qui se résume à une seule Phrase, déteste celui qui est plus riche que toi et n’admet jamais les mérites de celui qui gagne plus que toi. Effectivement ça limite la culture générale !

    • HugoS HugoS 9 mars 2013 00:49

      @Spartacus :
      Si pour vous l’intérêt personnel doit être institué avant l’intérêt commun, alors qu’est ce qui empêchera le vol et la triche ?


    • spartacus spartacus 9 mars 2013 08:12

      @HugoS

      La liberté est fondement fondamental de la société.
      L’État garanti la sûreté des individus et leur liberté. 

      L’intérêt commun c’est la possibilité pour chacun de disposer de son libre arbitre et sa liberté individuelle.
      L’état doit assurer la fluidité des libertés, par la gestion des fonction régaliennes. Point.

      L’intervention étatique justifié par l« bien » n’est qu’achat de clientèle politique.

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