En voilà une qui sera courte, mais meilleure ça je ne le pense pas. Comme tout bon antisarkozyste primaire je me jette (comme la misère sur le pauvre monde et Mitterrand sur les éphèbes) sur cette information qui mérite qu’elle soit connue.
Je prends la voix de son maître pour être sûr de ne pas être taxé de rapporter des ragots :
Jean Sarkozy patron de la Défense
Lefigaro.fr
08/10/2009
Selon Lepoint.fr, Jean Sarkozy serait le prochain président de l’EPAD (Établissement public d’aménagement de La Défense), qui gère l’aménagement du plus gros quartier d’affaires européen. Il devrait obtenir ce matin le soutien de la majorité au conseil général des Hauts-de-Seine.
Il succédera à Patrick Devedjian atteint par la limite d’âge (65 ans). Celui-ci comptait sur un décret ministériel pour voir son mandat prorogé, explique Le Parisien. Mais il n’en sera rien. "Tout cela ne doit évidemment rien au hasard" confie au journal un élu des Hauts-de-Seine.
Une nouvelle fonction qui pourrait bien lui servir de tremplin pour de nouvelles ambitions. "Cela permet à Jean de prendre pied dans un vrai territoire d’Ile-de-France, et éventuellement d’envisager d’aller aux régionales de mars", décrypte un élu pour le Parisien.
Jean Sarkozy devrait être élu lors du prochain conseil d’administration de l’EPAD le 4 décembre. Mais pour cela, il doit être élu auparavant au conseil d’administration, condition indispensable pour en briguer la présidence. La démission d’un administrateur devrait régler le problème.
Tout dans ce texte est, comment dire, à vomir :
- le fait même qu’un jeunot dont le lait sort encore du nez puisse diriger un établissement public, le plus important d’Europe (rien que cela), sans expérience et sans même y avoir jamais mis les pieds ! C’est sans doute pour confirmer cet adage cornélien qui dit qu’aux âmes bien nées [ah ah] la valeur n’attend point le nombre des années.
- il faut qu’il y en ait qui débarrasse le plancher pour lui céder la place car il n’est même pas administrateur
- benoitement l’auteur de l’article reprend les dires d’un élu qui nous pronostique que cela lui mettra le pied à l’étrier comme si déjà conseiller général, président du groupe UMP des Hauts-de-Seine, et surtout sa naissance ne lui avait pas mis le pied à l’étrier. Car en plus conseiller général ne lui suffit pas au moment où l’on parle de cumul de mandat, il voudrait un poste aux régionales. Pour le non cumul ce sera raté : conseiller général, patron de l’Epad, président du groupe UMP et conseiller régional, ce sera bien parti.
- le titre : Patron !
- on sait - comme Sarkozy père pour coupable - à l’avance qu’il sera élu alors qu’il n’est même pas encore administrateur.
Et oui brave gens nous passons d’une monarchie simple à une monarchie de népotisme qui a une autre définition : héréditaire. Après les coquins placés partout (Pérol, Richard, Solly, Proglio...) voici la suite de l’histoire : le fils placé partout.
Merci, Imhotep, pour cet article qui cible bien le problème en parlant de népotisme. Dans un commentaire sur un autre article consacré au même sujet, je parle de « monarchie bananière aux relents nauséabonds ». Je confirme ici ce propos.
Les élus se sont fait prince, leur président c’est fait roi.
De ce fait, ils sont au-dessus des lois qu’ils promulguent. Rien ne leur est
interdit car ils s’autoamnistient. De mensonges en fausses promesses, de
détournements de fonds publics aux appels d’offres des marchés truqués pour les
amis, de libertinage sexuel à la pratique de la pédophilie sous les cieux
asiatiques, ils ne se refusent rien ! Et le pire de tous cela, c’est que drapés
dans une vertu qu’ils ne consomment guère, ils viennent nous faire la morale à
coup de lois liberticides votées à l’emporte pièce. Cela afin de nous faire
culpabiliser sur le déficit des dépenses d’utilité public dont ils n’ont que
faire, trop occupé à enrichir leurs relations afin de préserver leurs acquis.
Tous cela relié et distillé par une presse paillasson qui par son attitude
contribue largement à l’agonie de notre démocratie, oubliant ainsi, que nos
ancêtres ont versé leurs sangs pour elle. Nous installant dans un confort sommaire et provisoire,
hypnotisé par leur discours démagogiques, exacerbant notre patriotisme par le
biais de retransmissions footballistiques, endormis par des téléréalités
débiles ou nous nous sommes vautrés dans un voyeurisme malsain, ils ont pris la
mains sur un peuple de zombis en leurs inculquant la seule valeur importante à
leurs yeux : »l’individualisme ». Nous sommes en partie
responsables de ce qui va arriver de part nos choix et nos attitudes. L’agonie
de notre démocratie empoisonnée à dose homéopathique par ce gouvernement est
déjà largement engagée.
Comme tout bon antisarkozyste primaire je me jette (comme la misère sur
le pauvre monde et Mitterrand sur les éphèbes) sur cette information
qui mérite qu’elle soit connue.
Eh, dans un sens vous faites aussi votre outing, Imhotep ! Mais je me doutais un peu que vous étiez antisarkozyste primaire (lol)
Mais je suis un anti-sarkozyste primaire (et aussi secondaire et tertiaire).
Il va falloir que je m’attelle à cet article pour en définir les frontières. Mais j’ai la flemme. Je vais pour un avenir plus ou moins lointain préparer ce bréviaire à l’intention exclusive (et pour les autres en tant que spectateurs) des sarkzoyaques, sarkolâtres et autres sarkozystes pour leur donner un cours de démocratie.
Vous êtes bien bon, bien mesuré avec Zébulon et ses portées..
"Ce qui rend la corruption, ou même la
simple médiocrité des élites, si funeste, c’est la solidarité qui lie
entre eux tous leurs membres, corrompus ou non corrompus, dans la
défense du prestige commun"
Georges Bernanos
Mais bon.. Tant que les lampistes font pas de tintouin, tant que les argousins veillent au grain.. La zmâla de Zébulon serait bien con de pas se gaver de goulash à en crever.
Un article-défouloir qui fait l’ordinaire de l’AV. Le café du commerce va rappliquer et se soulager en balançant sur ces raclures de politiciens. Comme au bistrot, c’est à qui va surenchérir dans l’invective.
Non, il y a quelque chose de plus que le café du commerce :
c’est l’impression de honte.
Bernard Stiegler, au café du commerce, recycle les mots grecs de « diké » (justice , a donné, syn-dicat) et « aidos » (la vergogne, si je me souviens bien).
Ces choses là sont bien notre moteur en politique, pas le seul raisonnement froid, ni la passion pure. C’est le moteur profond de nos « protentions », qui répondent à nos « rétentions », celui qui permet de « lier » nos pulsions, et de les sublimer.
Apprendre des choses comme Jean S nommé (quasi) à l’EPAD, cela désublime l’état dans ce qu’il a de liant. C’est grave. Je n’ai pas lu « la Dissociété », mais là on la touche, sur l’arête vive.
Moyenne d’âge au parlement ? Au Sénat ? Combien de cumulards s’accrochent à leurs mandats en refusant de faire place aux « jeunes » quinquas ou quadras ?
Et là, ô miracle, le plus gros quartier d’affaires de France doit revenir à un jeune de 23 ans n’ayant rien prouvé mais qui se trouve être le fils du président.
Symbole ? Nepotisme aggravé ou hypocrisie ordinaire ? Les trois sans doute. Ce pouvoir aime les symboles, arbres éclatants qui cachent la forêt triste de ces vieux routiers vénaux de la politique... Les symboles peuvent décrire la réalité...ou la cacher. C’est cet usage dernier qui en est fait, constamment, au point qu’on ne s’en aperçoit même plus. Un peu de lucidité ne fait jamais de mal au peuple.
Les médias ne trouvent pas de meilleur commentaire que de citer Don Rodrigue dans le Cid où il assure son adversaire d’être à la hauteur en maniement de l’épée. Et rien dans la presse pour souligner ces dérives, honte de la démocratie. C’est à pleurer.