samedi 21 novembre 2009 - par ddacoudre

Nous sommes des journalistes amateurs et des commentateurs anonymes

Nous ne sommes pas des journalistes ? Écrire dans un média citoyen peut-il être assimilé au journalisme ?

Diffuser l’information par un moyen écrit, radiophonique ou télévisuel a fini par transformer le garde champêtre qui tambourinait ses avis à la population en journaliste, sans parler de toutes les traces d’écrits que nous relevons depuis le début de notre histoire humaine.

 Chacune avait pour raison d’informer la population ou d’indiquer ce que les uns ou les autres avaient à dire. Donc si être journaliste est s’exprimer sur un support par l’écriture, les hommes préhistoriques l’étaient, quand sur les parois des grottes ils dessinaient par un langage imagé ce qu’ils avaient à dire à leur semblable, et que nous avons qualifié d’art pariétal au filtre de notre compréhension, en parlant ce qui n’était qu’une écriture. Je rappelle pour mémoire que la lettre A aurait eu pour origine la tête d’un taureau.

Mais nous savons tous que l’usage permanent et de masse, du besoin de faire circuler l’information a généré une activité spécifique pour les personnes qui s’y consacrent, qui sont les journalistes d’aujourd’hui, rappelez-vous les moines copistes, une spécialité très pointue.

Il en a été ainsi de ce qui compose tous nos corps de métiers, passés, présents et avenirs.

Génériquement nous sommes tous des journalistes à partir du moment où l’information que nous écrivons est publique, dirigée vers les autres, et quantitativement restreinte. L’information journalistique ne peut constituer ce qui ressemblerait à la diffusion d’un roman ou autre qui concerne une profession d’écrivains, il y a donc à faire intervenir également une notion quantitative.

La diffusion littéraire ne recourt pas obligatoirement au métier de journaliste.

Si comme toutes professions qui se développent celle-ci comme tant d’autres s’est dotée de spécificités face à l’évolution des technologies (radio, télé, net), d’une éthique, de pratiques corporatistes, ceci ne constitue pas un handicap pour se qualifier de journaliste. Cela permettra tout au plus à sérier plusieurs types de journalisme, comme déjà nous le faisons en parlant de journaliste de radio ou télévision, il y aura les professionnels et les amateurs point.

Il y a donc maintenant ceux du net. L’handicap du net est la multitude d’intervenants sur la toile, alors que les médias traditionnels reposent sur leur nombre restreint pour des raisons financières. Pourtant cette multitude favorisera les sponsors publicitaires car son accès peut être sans limites et croître avec la démocratisation du PC.

90% des foyers français disposent d’une télé, alors qu’un français sur deux dispose d’une connexion à Internet à domicile, loin derrière les plus performants 78% Malte et 75% la Suède. Mais ce sont surtout les jeunes de 15 ans et plus qui représentent près de 24 millions d’utilisateurs sur la toile.

Ensuite il y a une spécificité journalistique qui est le commentateur, ou le faiseur d’opinion.

Généralement c’est un journaliste spécialisé qui suit les événements se déroulant dans sa spécialité.

Mais rien n’interdit à un anonyme d’écrire dans un médias citoyen ou sur un blog personnel ce qu’il pense du monde qui l’entoure au travers de son filtre personnel qui sera simplement à la hauteur de ce qu’il aura été capable de retenir de l’enseignement qu’il aura reçu, de ses parents, des tiers qu’il aura côtoyés, de l’école et du déroulement de son histoire singulière.

Les faiseurs d’opinions auraient donc l’exclusivité d’inféoder les esprits et un anonyme qui s’y livrerait serait un paria.

Cette distorsion dans l’analyse n’est qu’une difficulté de structure, nous ne pouvons tous communiquer de tout en même temps, il y a donc de fait une sélection qui s’opère pour que les discours soient audibles.

Nous comprenons dés lors l’importance de la maîtrise de l’information, des structures et des hommes qui la construise.

C’est en cela que le net et la généralisation de sites citoyens posent un problème.

La triste expérience avec Mailorama, montre que le net a une capacité de mobilisation, mais tout n’y est pas bon, qui donc aurait cru le contraire.

 Sa qualité ne viendra que de la qualité des hommes qui s’y répandent.

Depuis que je suis la presse écrite ou autre elle ne détient pas la palme de la moralité. Elle a une utilité irremplaçable, mais pas, que des qualités, elle soulève des lièvres mais lapide sans considération humaine. Elle ment sans honte de l’information blanche à la noire. Sur le net nous pouvons faire la même chose ceci ne tient pas au métier de journaliste mais au combat des puissances et à notre nature humaine qui s’y développe que ce soit dans un journal une radio, une télé ou le net, seule notre éthique personnelle donne son empreinte.

Alors le journalisme protège-t-il de cela et le net y est-il plus soumis.

Je ne le crois pas, je n’ai connaissance d’aucune étude en ce sens, bien qu’il circule sur le net des infos malveillantes volontaires, et que du fait de la loi des nombres il devient évident que l’on y retrouve plus d’imperfections que sur les médias traditionnels.

Mais incontestablement pour l’instant ils ont moins d’impacts.

Ceci malgré l’affaire Mailorama qui est un micro phénomène grossi par la loupe médiatique nationale, à laquelle s’ajoute comme une caisse de résonance sa répétition sur le net au travers du filtre individuel, comme le font tous les médias ni plus ni moins. Ils ne se considèrent pas moins journaliste pour cela.

Je pense qu’il faut laisser au temps le travail de décantation. J’ai le souvenir du développement de la formation professionnelle, au début il y a eu des marchands de soupes comme nous les appelions, ensuite la filière s’est clarifiée.

Je n’ai aucune idée de la tournure qui s’en suivra, pour l’instant il y a des modérateurs comme pare feu, mais dans le même temps nous savons aussi que le net est devenu une arme du prosélytisme.

Pour le moment dans les sites citoyens il y a plus d’expression d’opinions que de faits, ceci me parait normal et ne tient qu’à l’effet loupe médiatique et à l’absence de débat politique.

Qui donc serait intéressé pas la maison de "tartapion" qui brûle s’il n’est pas permis de le faire savoir à 60 millions de citoyens pour soulever par l’émotion leur compassion. Le net n’a pas encore cette puissance malgré l’affaire mailorama qui montre sa capacité à mobiliser.

En conclusion il faut être convaincu que rien ne constitue un garant contre nous même, que le journalisme soit professionnel ou non, seul le savoir permet de se forger la capacité de transgression de jugement utile à l’analyse et à l’évolution.

Et ceci ne constitue pas une entrave aux convictions



10 réactions


  • clostra 21 novembre 2009 10:50

    Le journalisme : rapporter les faits du jour en les replaçant dans leur contexte. Faire une synthèse des faits marquants, significatifs, voire signifiants, à rapprocher les uns des autres.

    oublis et omissions de faits significatifs...

    Le savez-vous ? dans certains lieux, les articles sont relus par les « politiques » avant d’être publiés. A force, certains articles ne sont même plus écrits...

    Il y a également le rôle des experts. Font-ils du journalismes ?

    Il y a également le rôle du lecteur à partir d’informations, capable d’exercer son esprit critique, à condition que les informations fournies soient valides et non censurées.

    Quel est l’avantage de la presse citoyenne ? de soumettre les faits au plus grand nombre afin qu’ils puissent être validés, infirmés, discutés, débattus. C’est le gage, si ce n’est d’impartialité, d’une approche de la vérité.

    La presse citoyenne ne pourrait en aucun cas être la proie de lobbies, si elle s’exerce de la sorte, avec ses forums un peu « fourre-tout » mais libres d’expression.

    Nous sommes donc des journalistes au sens premier du terme.


    • ddacoudre ddacoudre 21 novembre 2009 18:19

      bonjour clostra

      merci pour ton commentaire. du manière générale les puissants ont toujours voulu contrôler les populations, ce fut par l’éducation, par l’information « policière », et par la diffusion d’information écrite et orale. ceci n’est pas en soit un problème, l’univers entier est une source d’information. la difficulté vient de qui contrôle cette information et pour quel usage.

      donc depuis très longtemps les hommes se disputent son contrôle, sauf qu’aujourd’hui, par le net celui-ci risque de leur échapper. ceci nécessitera comme je l’ai écrit qu’il s’épure et se « fiabilise » pour être un contact virtuel des hommes entre-eux pour lesquels la distance n’est plus un handicap. ceci ne remplacera jamais le contact humain et ne représentera pas la vraie vie, mais la discution n’est pas là.

      c’est curieux comme nos puissants comprennent cela que quand il faut faire circuler l’argent et les marchandises.

      ainsi la lutte pour le contrôle de la communication est devenu aujourd’hui presque une « guerre », bien pire que ce que tu le mentionnes, nous l’avons vu avec la guerre contre l’ Irak par Bush fils.

      cordialement.


  • Fergus Fergus 21 novembre 2009 17:41

    Peut se prétrendre journaliste (fut-ce amateur) tout rédacteur qui publie un article dans un média de presse écrite. 

    A condition que son sujet soit :
    1) traité de manière pertinente dans la forme et la construction, aussi subjectif soit l’objet du papier ;
    2) respectueux d’un minimum de règles d’orthographe et de style.

    Pour le reste, il ne peut y avoir de limitation du champ d’intervention, le journalisme pouvant être informatif, enquêteur, vulgarisateur, et même compilateur. De même, il peut porter sur tous les domaines, du sport à la politique, en passant par l’économie, la religion, l’histoire, les sciences ou les arts.

    Les seuls qui, actuellement, dénigrent le journalisme du net, et particulièrement le journalisme citoyen, sont, et ce n’est pas un hasard, ceux qui se sentent menacés sur leur piédestal : les mandarins des grands médias, fort déconfits de devoir remettre de plus en plus souvent en cause leur ligne éditoriale pour ne pas être largués par les impudents scribouilleurs du net !


    • ddacoudre ddacoudre 21 novembre 2009 18:38

      bonjour fergus

      bien compris. pour avoir quelque chose à dire il faut aussi être un peu aiguillonné, donc commenter en reprise l ’actualité du jour sur son filtre fait parti du débat,. sur le net il est présent et n’a pas au quotidien un impact boule de neige systématiquement, comme l’on les autres médias nous le voyons avec la main d’Henry. je n’ai lu aucun commentaire d’un spectateur qui de son siège n’a pas plus vu la main que l’arbitre. donc nous sommes encore à la traîne des généralistes sur le choix des sujets, et particulièrement de leur faiseurs d’opinions.

      acquérir une capacité d’autonomie sur le net va dépendre, du noyautage cérébral de la puissance des faiseurs d’opinions. mais il y a pour l’instant des sujets que nous ne pouvons traiter qu’en répétant la presse médiatique, car il y a un terrain de travail que les rédacteurs ne peuvent pas faire puisqu’il ne sont pas des journaliste professionnels qui traque l’info 24/24 alors que beaucoup de rédacteurs du net eux bossent sur un autre métier.

      ceci maintiendra toujours une certaine distance sauf à ce que le net se structure comme le fait ago pour entrer dans ce créneau. ceci me parait une bonne chose, en faisant entrer du pluralisme médiatique. quel effets pervers cela engendrera c’est pour l’instant une question sans réponse.


  • Shaytan666 Shaytan666 21 novembre 2009 17:47

    Restons sérieux là, pratiquement aucun des rédacteurs d’AVox, n’a jamais mis les pieds sur le terrain, ce que fait un bon journaliste d’investigation.
    Pour être rédacteur sur AVox, il faut juste remplir deux conditions
    1. Être très ami avec Mr Google
    2. Savoir copier/coller plus vite que son ombre


    • ddacoudre ddacoudre 21 novembre 2009 18:56

      bonjour shaytan666

      le journalisme d’investigation est une spécificité, et naturellement cela demande suivant le sujet que l’on veut traiter des moyens importants et des passes partout parfois difficile à obtenir, mais nous l’avons vu avec les manifestation politiques en Iran, la technologie peut gommer certaines lacunes.

      il est bien évident que sans les moyens techniques d’aujourd’hui la plupart des rédacteurs et commentateurs seraient d’anonymes silencieux qui n’entretiendraient que leurs proches de ce qu’ils pensent.
      alors oui sans google et ou un autre nous n’existerions pas.

      comme les journalistes n’existeraient pas sans Gutenberg ou la construction d’une écriture.

      ensuite que certains utilisent le copier coller n’est pas bien grave si ce qu’ils copient correspond à ce qu’ils voulaient dire. nous ne sommes pas dans un concours journalistique, et si quelqu’un à déjà écrit mieux qu’il ne l’aurait fait ce qu’ils pensaient pourquoi pas. personnellement j’ai une bibliothèque pleine de copier que je recolle quand je me livre à une analyse car sans eux je serais un âne. nous ne naissons pas avec le savoir il faut l’acquérir et si ce copier coller le leurs apportent je ne m’en plaindrai pas

      cordialement.


    • Surya Surya 21 novembre 2009 21:09

      Shaytan666, vous oubliez que les journalistes ont le temps d’aller sur le terrain car c’est leur métier, ils sont payés pour cela, et c’est inclus dans l’emploi du temps de leur journée de travail. Les rédacteurs des média-citoyens comme ceux d’ici sont bénévoles, ils ne sont en rien obligés de le faire, le font donc pour le plaisir, mais n’ont, c’est vrai, pas forcément le temps pour aller « sur le terrain », enquêter, interviewer les gens etc. Est-ce leur faute ? Du reste, je suis sûre que beaucoup de journalistes professionnels ne vont pas sur le terrain non plus.


    • Fergus Fergus 22 novembre 2009 12:50

      D’accord avec Surya.

      De nombreux journalistes professionnels ne sont en fait que des pisse-copie qui se contentent de mettre en forme des dépêches d’agence !


  • FLORILEGE1975 FLORILEGE1975 21 novembre 2009 19:55

    Bonsoir ddacoudre

    « Les faiseurs d’opinions auraient donc l’exclusivité d’inféoder les esprits et un anonyme qui s’y livrerait serait un paria. »

    Tout à fait ça !


    On prétend communiquer, dans notre société, mais émetteurs et récepteurs ne sont pas sur un pied d’égalité. L’auditeur ne peut recevoir qu’un seul message à la fois, mais le locuteur peut s’adresser à plusieurs, ce qui est bien utile pour l’ordre et le développement de l’autorité ; celui qui parle à le pouvoir et c’est celui qui a le pouvoir qu’on écoute…

    « Informer » est récupéré politiquement par l’État pour devenir propagande et par la structure économique dominante pour devenir publicité.

    Une situation loin d’être idéale pour la propagation et le développement des connaissances et donc le progrès de l’humanité …

     

    Elle est idéale, certes, pour l’exercice d’une forme autoritaire de gouvernance.

    Celle qui peut reposer sur la manipulation de l’information et qui permet donc de respecter la forme extérieure de la démocratie, sans que les citoyens ne s’écartent jamais des choix qu’on veut qu’ils fassent, puisque ces choix sont les seuls qu’ils puissent raisonnablement faire à partir de la vision du monde qu’on leur a transmise.

     

    Mais cette forme efficace de gouvernance a été compromise par l’arrivée d’Internet qui donne la parole à tout le monde.

    Le doute s’est alors installé. Le journalisme citoyen proposant une information sans intermédiaire, a pris de l’ampleur ! . Il signifie que des individus "jouent un rôle actif dans le processus de collecte, de transmission, d’analyse et de diffusion des actualités et de l’information en général"…

    Nous ne sommes plus passifs, mais actifs, et cette mutation nous rend libre d’exercer soi même son esprit critique, de se forger des opinions, d’exprimer des doutes et des hypothèses !

    Et voilà que les « faiseurs d’opinions » découvrent avec stupeur et déconvenue, que nous sommes « des êtres pensants » !

     

     On doit enseigner à trouver l’information avec la même urgence qu’on met à enseigner à lire. Ne pas le faire est une manœuvre pour garder le peuple dans l’ignorance.

    Cordialememnt, Flo

     PS / Un livre intéressant de Thierry Crouzet « 5e Pouvoir ou comment Internet bouleverse la politique » …. http://www.webcitoyen.com/2007/01/les_blogueurs_c.html



    • ddacoudre ddacoudre 21 novembre 2009 21:07

      bonjour florilège 1975

      en 1974 j’ai suivis les premiers stages qui se mettaient en place sur l’utilisation de la communication et de l’information, ils étaient essentiellement destinés aux DRH qui remplaçaient les chefs du personnel. donc de longue date je n’ignore ce que tu écris, et c’est devenus diaboliquement performant, nous en avons connu le point culminant avec le mensonge mondial de bush fils, gymnastique réservé aux spécialistes qu’en étaient certains chefs de l’ex urss.

      je n’arrive pas encore a comprendre comment les médias en arrivent à annihiler ou anesthésier l’esprit critique, souvent je pense à la méthode pavlovienne qui s’utilise, mais cela me parait insuffissant, il faut pour qu’elle soit reçus une raisonnance à l’interieurs des êtres où elle s’accroche, nous voyons bien que la peur irrationnelle est utilisé, mais ,nous ne sommes pas cons au point de croire que toutes les catastrophes que déversent les faits divers vont nous arriver, nous comprenons bien que si cela était nous mourrions tous de neurasténie.

      cordialement.


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