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Nuit couchée... - AgoraVox le média citoyen
mardi 19 avril 2016 - par Robin Guilloux

Nuit couchée...

L'expulsion violente d'Alain Finkielkraut de la Place de la République devrait réveiller ceux qui auraient encore quelques illusions sur la nature "démocratique" du mouvement "Nuit debout".

C'est toujours le même processus : la dialectique mortifère de la pureté et de l'expulsion. De la camaraderie fusionnelle à l'ennemi de classe ou de race et aux camps de concentration. Ils n'ont retenu aucune leçon du passé et ils prétendent incarner l'avenir.

Nuit Debout : Bienvenue à tous... Sauf aux Juifs, aux bourgeois, aux académiciens, aux chef d'Entreprises, aux libéraux, aux partisans de l'économie de marché, aux ouvriers qui votent FN, aux gens pas à la gauche de la gauche, aux CRS, aux agents de propreté, aux employés de banque, aux esthètes, aux anarchistes de droite, aux amis de Raymond Aron et de Jean-François Revel, aux lecteurs de Proust et à tous les "ennemis désignés"... Bienvenue à ceux qui veulent refaire le monde en le débarrassant de ceux qui ne partagent pas leurs idées.

Un billet de blog rédigé par des membres de la commission "accueil et sérénité" à la suite de l’éditorial de Laurent Joffrin dans Libération a au moins le mérite de clarifier la nature du mouvement "Nuit debout" :

"Puisqu’il est visiblement nécessaire de le rappeler, ce rassemblement quotidien est directement issu d’un mouvement social s’opposant au projet de loi travail. Ainsi, jamais la Nuit debout n’a eu cette prétention de neutralité politique qu’exigent abusivement de nombreux médias en la réduisant à un cadre formel de délibération collective. Sans se risquer à caractériser politiquement la Nuit debout, il semble que sa simple existence en tant que prolongement de préoccupations sociales suffit à expliquer qu’elle s’oppose à la réduction du débat politique aux problèmes identitaires dont l’essayiste s’est fait le héraut."

Les choses sont claires : le salut ne peut venir que de la gauche de la gauche et des "luttes sociales" et il convient de nous enfoncer toujours plus dans le marasme en s'opposant farouchement à toutes les mesures qui tentent de débloquer la société française et de favoriser l'embauche, notamment des jeunes et de s'attaquer au chômage de masse. La "solution" consiste dans les palabres à n'en plus finir et la collectivisation de l'économie.

"La démocratie est le seul système politique acceptable, mais précisément elle n'a d'application qu'en politique. Hors de son domaine, elle est synonyme de mort. La vérité n'est pas démocratique. Ni l'intelligence, ni la beauté, ni l'amour." (Simon Leys)

Mais inversement, ceux qui pensent que la démocratie a pour rôle d'apporter la vérité, le bonheur et l'amour sont dans l'illlusion.

"Par essence, la conscience vit dans l'illusion, mais elle régresse en voulant vivre dans l'attente de l'événement historique et toute idéologie qui prétend transformer la vie, apporter le bonheur, n'est en fait qu'une illusion." (Ernst Bloch).

Et si nous essayions d'arrêter de nous raconter des histoires... à dormir debout ?



107 réactions


  • Francis JL 21 avril 2016 18:52

    Robin Guilloux,

     
     et vous croyez que le dialogue est possible à partir de votre texte partisan ?
     
    Finkielkraut est pitoyable à se plaindre d’avoir été jeté comme un malpropre par les Sans-dents ! Ce monsieur n’a aucun honneur : il devrait se taire sur ce qui n’est qu’une mésaventure due à une erreur de jugement.
     
    En 68 on disait : il est interdit d’interdire ; et aussi : pas de tolérance pour les intolérants.
     
     De la même façon, en 2016 il est légitime de dire : excluons les exclueurs, ostracisons les ostracistes. En un mot : les élites n’ont rien à faire dans les assemblées populaires.

    • Robin Guilloux, auteur de l’article (---.---.210.91) 21 avril 2016 20:55

      @JL

      Oui, ça commence comme ça et ça finit par le totalitarisme (lisez La Plaisanterie de Milan Kundera)

      Alain Finkielkraut s’est fait cracher dessus et insulté.Vous prétendez que c’est de sa faute, qu’il n’aurait pas dû aller place de la République. C’est quand même assez curieux comme raisonnement, mais ayant fréquenté dans ma jeunesse les mouvements révolutionnaires, je sais par expérience que ces derniers n’ont rien à f... de ce qu’Orwell appelle la « common decency » qu’ils qualifient de « morale bourgeoise ».

      La victime est toujours coupable de la violence que l’on exerce sur elle. On appelle ça le phénomène de bouc émissaire. Comme dit Pascal : « Jamais on ne fait le mal si pleinement et si gaiement, que quand on le fait par un faux principe de conscience. » (Blaise PASCAL, Pens. part. II, art. 17), sachant que, comme le dit le même auteur : « quand il y a une plénitude de passion, il ne peut y avoir un commencement de réflexion. »

      Vous évoquez mai 68 auquel j’ai adhéré au début et dont je me suis démarqué par la suite en raison de l’intolérance inhérent aux mouvement révolutionnaires qui évoluent systématiquement de la « camaraderie fusionnelle » à la dénonciation des déviants. Je me souviens d’un camarade auquel je faisais je ne sais quelle réflexion qui n’allait pas dans son sens et qui me répondit froidement : « des gens comme toi, quand on aura le pouvoir, on le mettra dans des camps. »

      Je me souviens aussi de l’engouement successif des « intellectuels de gauche » pour la Révolution cubaine, le maoïsme, les Khmers rouges, l’Ayatollah Khomeini...

      Je veux bien que vous critiquiez le capitalisme, mais je ne pense pas que l’avenir de la France soit à Cuba.

      PS (si j’ose dire !) : Je ne suis pas certain qu’il y ait une majorité de « sans dents » à Nuit Debout et en tout état de cause, je vous rappelle que l’expression émane d’un président « de gauche », s’il faut en croire son ancienne maîtresse.


    • Francis JL 21 avril 2016 22:34

      @Robin Guilloux, auteur de l’article, 

       
      vous me dites : ’’Vous prétendez que c’est de sa faute, qu’il n’aurait pas dû aller place de la République.’’
       
       Je n’ai pas pour habitude de prétendre, je dis ce que je pense, et je n’aime pas qu’on me fasse dire ce que je n’ai pas dit.
       
       Finkielkraut peut très bien aller où il veut, ce n’est pas moi qui en jugerais. Je dis que , comme tout le monde, il doit assumer ses erreurs, et qu’il se ridiculise à vouloir en accuser les autres. C’est tout.
       
      ps : Hollande, de gauche ? Non, de gôôche ! Nuance.
       

       



    • Robin Guilloux, auteur de l’article (---.---.210.91) 22 avril 2016 00:11

      @JL

      De toutes façons, pour paraphraser Sartre, le libéralisme est l’horizon indépassable de notre temps. le marché est partout et le spectacle qui en fait partie. Vous faites partie du marché, je fais partie du marché, Finky fait partie du marché... et nous faisons tous partie du marché et du spectacle. Comme dit BFM TV...« Ce mouvement tellement sympathique et intéressant ! » (entre nous soit dit, les casseurs aussi font partie du spectacle... et ça fait voter les gens autour de moi pour le FN, qui fait aussi partie du spectacle... un spectacle que l’on contemple à travers le fameux « plafond de verre ».

      Mais faudrait quand même pas faire sauter le plafond, parce qu’entre nous soi dit, à partir de ce moment-là, fini de rigoler ! Vous avez lu la fable de La Fontaine : « Les grenouilles qui demandaient un roi » ? Non, on ne lit plus La Fontaine de nos jours, on ne lit plus rien d’ailleurs... Dommage.

      Vous ne referez pas mai 68 (les accords de Grenelle et la révolution sexuelle) pour une raison très simple, c’est qu’il n’y a plus de classe ouvrière et que la Révolution sexuelle a été faite pour le meilleur et pour le pire avec la légalisation de la pilule et de l’avortement sous Giscard d’Estaing, mais une immense classe moyenne, de plus en plus abêti et puérile qui vient manger dans la main de l’Etat Providence.

      Et vous, vous dites qu’il n’y a pas assez d’Etat Providence et que Papa président ne s’occupe pas bien de ses nenfants (Papaouté ?)

      Mais le problème c’est que vous ne pouvez pas avoir le beurre et l’argent du beurre : le libéralisme (le fric) et l’Etat Providence, parce que ce n’est pas l’Etat qui crée les richesses, mais les Entreprises, que vous le vouliez ou non. L’Etat, lui, il augmente les impôts et il recrute des fonctionnaires, mais ça ne s’appelle pas « créer des richesses »... Et si vous supprimez les Entreprises, vous aboutissez au collectivisme, c’est-à-dire au partage de la misère et au flicage généralisé (il n’y aucune exception à ce processus).

      Seriza en Grèce (et avouez qu’ils étaient plus nombreux sur l’agora que vous sur la place de la République), un spectacle écrit d’avance... Much adoe about nothing (beaucoup de bruit pour rien)... Oui, s’ils étaient sortis de l’Union européenne, ça aurait eu de la gueule, mais non. Tout ça pour ça... Finir par aller manger dans la main de la commission de Bruxelles. Et vous êtes tous pareils (et moi aussi sans doute), comme Cohn-Bendit, comme Baroso (un ancien Mao recruté par l’ambassadeur des Etats-Unis).

      Ceci dit, il y a encore des tas de choses intéressantes et vraiment utiles à faire : accueillir un réfugié chez soi (au lieu de se contenter de s’indigner), faire partie d’une association, apprendre à jouer du piano, lire Proust...

       


    • Francis JL 22 avril 2016 08:38
      @Robin Guilloux
       
      « Ceci dit, il y a encore des tas de choses intéressantes et vraiment utiles à faire : accueillir un réfugié chez soi (au lieu de se contenter de s’indigner), faire partie d’une association, apprendre à jouer du piano, lire Proust… » ? Mais qu’est-ce donc alors, que vous faites ici ?
       
      Sur le fond : dans votre lyrisme débridé, vous confondez marché et spectacle.
       
      Vous parlez d’Etat providence ? Ce n’est plus qu’un Etat dispensaire depuis que le capitalisme a tué le travail. Et encore, un dispensaire sans moyens, puisque les actionnaires sont devenus des parasites qui planquent le fric qu‘ils ont détourné : les paradis fiscaux, ce n‘est pas seulement pour échapper au Fisc, c‘est pour planquer l‘argent sale ; l‘argent sale ce n’est pas seulement l’argent mafieux, c‘est aussi les détournements de fonds.
       
      Ce sont les entreprises qui créent les richesses, certes, mais vous faites le sophiste, puisque ceux qui créent les richesses ce sont les travailleurs et non pas les actionnaires. Vous-même en tant que professeur de lettres, employé de l’Etat, vous créez des richesses, et vous venez ici nous dire naïvement, la gueule enfarinée, que l’Etat ne crée aucune richesse ?!
       
      Oui, monsieur Robin Guilloux, vous avez raison, il y a mieux à faire que d’écrire ici des fadaises.


    • Robin Guilloux, auteur de l’article (---.---.161.15) 24 avril 2016 08:07

      @JL


      Je vais vous étonner, mais je suis en partie d’accord avec vous. Je suis pour l’économie de marché, mais pas pour le capitalisme débridé et le hiatus entre le capital et le travail auquel on assiste depuis les années 80. Ce que vous dites est juste ; ce que j’ai essayé de dire de mon côté - sans doute maladroitement - c’est que la solution n’est pas du côté du marxisme-léninisme. Les gens de ma génération, dont Finky ont des choses à vous dire là-dessus. Il faut trouver d’autres références et d’autres formes de lutte. 

    • Francis JL 24 avril 2016 09:31

      @Robin Guilloux, auteur de l’article, 

       
       vous avez commis deux erreurs et une faute dans le post précédent.
       
      La première : supposer que je prônerais le marxisme léninisme. le système que nous avons connu me convient ; ce sont les hommes qui l’incarnent qui ne me conviennent pas, incapables de lutter contre la corruption, les fraudes, et les crimes contre l’Etat quand ils ne sont pas criminels eux-mêmes.
       
      La seconde : me considérer comme votre cadet. Si Finkielkraut est de votre âge, je suis votre aîné à tous les deux.
       
      La faute : avoir tenté d’user d’un argument d’autorité lequel en l’occurrence fait trois fois pschitt.
       

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