mercredi 19 août - par GHEDIA Aziz

Ô plaignant

Me référant à la célèbre citation d'Antonio Gramsci qui dit "Il faut allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté", j'ai immédiatement entrepris des recherches sur Google pour sélectionner soigneusement ces vers du grand poète libanais, Elia Abou Madhi. Le poème s'intitule " ايها المشتاكي ", Ô plaignant. Il est long. Bien que je l'aie lu en entier, je n'ai choisi que ces deux vers pour illustrer en quelque sorte ma philosophie de la vie. Celle-ci est en phase avec la pensée d'Elia Abou Madhi qui l'avait si bien résumée et restituée dans ce magnifique poème.

En effet, ces deux vers résument parfaitement mon état d'esprit actuel. J'essaie, en fait, de faire "bon cœur contre mauvaise fortune". Que disent ces deux vers ? En substance ceci : l'homme ne doit pas trop se plaindre. Le fait qu'il soit en vie, quelles que soient les vicissitudes de la vie auxquelles il pourrait être confronté, il devrait voir le monde avec des yeux marqués de l'optimisme en de meilleurs jours. Il devrait penser en une nouvelle aube où le ciel serait annonciateur de belles éclaircies. Il ne devrait pas succomber à la fatalité.

هُوَ عِبءٌ عَلى الحَياةِ ثَقيلٌ

مَن يَظُنُّ الحَياةَ عِبءً ثَقيلا

وَالَّذي نَفسُهُ بِغَيرِ جَمالٍ

لا يَرى في الوُجودِ شَيئاً جَميلا

En fait, c'est à un ami qui s'inquiétait, ces derniers jours, du fait que je laissais transparaître, sur les réseaux sociaux, l'air d'être embêté par des soucis de la vie quotidienne, que je dédie ces deux vers.

Je sais que parler de sa propre personne est, d'une certaine manière, très ennuyant. Et cela n'intéresse presque personne. Les problèmes de tout un chacun ne sont pas les problèmes du monde. On en n' accorde aucune espèce d'importance. Je sais, par exemple , que si je devais passer de vie à trépas ce soir ou demain, cela ne ferait de la peine qu'à ma petite famille et peut- être aussi à quelques amis. Mais, philosophiquement parlant, c'est à partir de soi, c'est à partir de ses soucis quotidiens que l'homme pourra se projeter vers le monde et comprendre ainsi les problèmes de son alter ego. C'est, parfois, en vivant un mauvais quart d'heure que l'homme pourra saisir la fragilité de l'être humain, la fragilité de "la condition humaine" pour reprendre André Malraux même si mes propos sont à mille lieues de refléter, en fait, la réflexion de Malraux concernant les conditions ayant poussé les communistes chinois à la révolution lors de la tentative de Tchang Kaï- Chek de prendre Shanghai. En ce qui me concerne, je ne me soulève contre personne, mais contre mon état d'esprit qui, à un moment donné, a failli être emporté par le défaitisme et le pessimisme. Je n'ai trouvé mon salut qu'en faisant mienne la citation de l'Italien Gramsci que j'ai citée en préambule.

Il pourrait paraître au lecteur lambda que je suis en train de sauter du coq à l'âne en faisant appel dans cet écrit à trois auteurs de fortunes diverses ou différentes, l'un Libanais (poète arabe), l'autre Italien (philosophe et révolutionnaire) et le troisième Français ( écrivain et philosophe également) que rien, de par leurs travaux, ne rapproche. Mais, à bien y réfléchir, le fil de mes idées demeure clair et sans fioritures. Du moins, c'est ce que je pense. Il n' y a pas d'embrouille dans mes idées. Je reste infiniment convaincu que tant qu'il y a la vie, il y a de l'espoir. L'espoir en des lendemains meilleurs. A titre personnel ou à titre collectif.

- A titre individuel.

L'homme malade peut guérir et reprendre ses forces. Pour peu qu'il ne se laisse pas aller. Pour peu qu'il fasse des efforts et cesse de gémir, de se plaindre, de se lamenter sur son triste sort, et d'embêter le monde avec ses jérémiades. Pour peu que, sur la rose, il ne voie pas que des épines mais aussi la rosée matinale qui perle sur les pétales... Et c'est ce que dit Elia Abou Madhi dans son poème. Et c'est pour cela que j'en fais, momentanément, en cette circonstance précise, mon poète préféré. Ce n'est que bien après que viendra peut-être l'auteur de "Les fleurs du mal", Charles Baudelaire, pour rester toujours dans le domaine floral. Et en troisième position, le chanteur belge, le grand Jacques Brel pour son "Les vieux"...car, j'ai presque atteint l'âge où l'on prête une attention particulière à cette belle chanson.

- A titre collectif.

De la même façon, un peuple spolié de sa liberté ou colonisé pourra retrouver sa liberté et son indépendance pour peu qu'il se décarcasse un petit peu. Pour peu qu'il mette tout son poids et toute sa volonté et son énergie sur le terrain de la lutte armée lorsque les conditions le permettent. Comme l'avait fait, en son temps, le peuple algérien.

En parlant de ces peuples encore sous le joug colonial, mon esprit vaquait au Moyen-Orient et précisément en Palestine et au Liban où il s'est passé beaucoup de choses ces dernières années. Une guerre asymétrique diront certains. Un génocide pourraient dire d'autres. Mais quel que soit le terme ou la définition que l'on pourrait utiliser pour décrire cette situation intenable qui a assez perduré, une chose est sûre : Gaza renaîtra de ses cendres.




Réagir



https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/