mardi 28 juillet 2009 - par Vladivostok 1919

Obama est-il Will Smith ?

Avertissement : Spoiler pour les films « Je suis une Légende » et « Hancok ».

Dans le fouillis de la littérature « conspirationiste » de ces derniers mois, j’ai eu l’occasion de lire que Barack Obama serait l’Antéchrist, mis au pouvoir par les Francs Maçons... Un certain David Icke fréquent invité du show radio d’Alex Jones raconte même qu’a l’instar de Georges Bush, BHO est un lézard humanoïde capable de prendre des traits humains, représentant d’une race de reptile vivant dans des cavernes sous terres.

Parole de movie buff, Obama n’est ni l’un ni l’autre...

Il est Will Smith !!

La récente et rapide chute dans les sondages d’opinion du président US planétaire, n’est qu’un symptôme anticipé par l’original Man in Black dans 2 de ses récents block-busters.

Le visionnage de deux films, produits standardisés de l’usine Hollywoodienne avec l’acteur black le plus sexy de la planète, m’en a récemment convaincu.

Démonstration sans filets et sans dégonfle, ou « Les cahiers de vacances du cinéma »

« Je suis une Légende  » et « Hancock  » sorties respectivement en décembre 2007 et juillet 2008 ont pas mal de points communs. Will Smith est dans les 2 cas une exception, une anomalie héroïque au milieu d’une majorité d’individus qui le rejette ou veut le bouffer. Chaque jour est une lutte pour ce héro, et chaque jour le rapproche d’une illumination finale, l’obligeant à abandonner tout espoir de prendre part à l’humanité, afin de sauver cette dernière . (Ce qui implique : la mort pour Robert Neville, le personnage principal de « Je suis une Légende », et la solitude éternelle pour John « Hancok »)

Dans «  Je suis une Légende  », tout d’abord, film le plus riche symboliquement, l’action se déroule dans un monde post 911, ou clairement le héro est un symbole du pouvoir US en puissance, et prend sur lui la responsabilité de l’évenement catastrophique initial, la libération d’un virus mortel (symboliquement donc, World Trade Center).

  • La pandémie qui dans le film à terrassé la quasi totalité de l’humanité fait suite à une attaque aérienne (« airborn virus ») dont le « ground zero » se situe à Manatthan, New York.

  • Le héro seul survivant dans toute la ville est directement responsable, puisqu’il est l’inventeur du virus. C’est un scientifique de l’armée, qui dans le civil vit à l’adresse suivante « 11, Washington Square ». En face de sa maison est dressée une arche dont un plan rapide coupe le haut de la structure et ne montre ainsi que les 2 piliers, soit symboliquement... 2 tours.

  • Dans la pièce ou il fait du jogging, derrière lui figure un tableau ou l’on voit une silhouette arracher sa propre tête à deux mains, avec pour fond un drapeau américain (de large bande verticales rouge et blanche).

  • Le plaisir solitaire du héro est de shooter des balles de golf sur Manathan depuis le pont d’un porte-avion échoué dans la baie de New-York.. Lors de cette scène ou des drapeaux Américain flottent au vent dans la même direction que ses tirs, on voit qu’il vise, lors d’un plan d’une fraction de seconde, 2 tours jumelles au loin, voisines d’une autre tour ou figure le signe « W ».

Rongé par la culpabilité, il passe toutes ses journées de solitude à tenter de trouver un remède qui sauvera l’humanité. Pour se faire il pourchasse sans aucune pitié les « vampires-zombies », créatures de l’ombre, sur lesquelles il fait ses expériences, mais surtout pour lesquelles il dénie toute humanité.

  • « Tout comportement humain normal est à présent totalement absent »

Le spectateur, par contre, voit bien que ces créatures sont capables de stratégies (le piège, le dressage de chiens) et de sentiments (le mâle vampire qui veut venger sa femelle), et donc, ont gardé une certaine humanité.

Son identification à Shreck, au 2/3 du film, ne fait finalement que renforcer l’idée que c’est lui le monstre, qui vit à l’écart de cette nouvelle humanité, avec le poids supplémentaire d’être le seul de son espèce.

L’illumination vient ici par Anna, la jeune femme qui apparaît dans un halo de lumière, crucifix pendu au rétroviseur de sa voiture, discours sur le « plan » de Dieu.

L’illumination de Robert Neville arrive à la fin en même temps que sa propre rédemption, au moment ou il accepte et comprend le message divin de la jeune femme, puis trouve l’antidote qui sauvera l’humanité, et trouve enfin la mort, dans un finale appuyé par le générique.. « Rédemption Song » de Bob Marley.

Hancok, personnage plus primaire, moins dense, mais dont l’incarnation du pouvoir US est aussi très appuyé.. Le faucon omniprésent brodé sur le devant son bonnet. A l’instar de Georges Bush, dans un premier temps, Hancok essaye de sauver l’humanité, mais ne fait que des conneries, boit comme un trou, est détesté de tous, même si au final, (on est dans un film US) c’est quand même grosso-modo « Mission Accomplished ».

Aidé d’un conseillé marketing, Hancok revient sous un jour plus sobre, plus polie, mais se trouve confronté à sa part d’humanité.. Une femme.

Une femme qui neutralise tout ses pouvoirs en plus de lui pourrir la vie, mais une femme qui lui délivre, là encore, l’Illumination :

Alors que Hancok est sur le point de mourir elle lui délivre la vérité sur son rôle vis à vis de l’humanité

- « Tu es conçu pour sauver des vies, plus que nous tous... Voilà qui tu es, un héro. La police d’assurance des dieux  »

Dans les 2 films, l’identification du pouvoir US est forte, de part une multitudes de symboles visuels, mais surtout dans l’idée que ce Pouvoir, qui voudrait être accepté et être la norme pour toute l’humanité, se trouve être au contraire rejeté de tous.

Malgré tous, dans la culture populaire américaine transparaissant aussi dans le discourt politique officiel, les États Unis sont en mission divine à travers le monde. Un récent scandale, loin d’être un événement isolé rappelait d’ailleurs que beaucoup de gradés de l’armée US effectue un vrai travail d’évangélisation auprès des population Afghanes et Irakienne.

http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=22649

La figure de Will Smith dans les 2 cas est donc quasiment sacrifiée, et doit donc accepter de ne jamais faire partie de l’humanité, afin de connaître non seulement l’Illumination mais aussi la rédemption, le tout bien sur afin que cette humanité soit sauvée.

La religion consacre donc Will Smith dans ces 2 films comme une figure Chrétienne, qui à l’instar de Jésus dois se sacrifier et devenir un martyr pour le salut de son peuple.

Ces 2 rôles sont incarnés par Will Smith, acteur noir, ce qui à son importance dans la mesure ou on lui fait revêtir toute une symbolique du pouvoir Américain, à l’aura quasi béatifiée.

C’est là qu’arrive Barack Obama, véritable miracle, mais osons le mot, anomalie politique... Un président Américain black, il y a deux ans on attendait ça autant que la Saint Glin-glin.

Lui aussi représente désormais un pouvoir, une puissance US très critiqué à travers le monde, un monde ou, probablement et comme cela est admis dans « Je suis un légende », les US portent une responsabilité dans les attentats du World Trade Center.

L’attente immense aujourd’hui sur ces épaules et suscité par son élection, sera d’une manière ou d’une autre déçue.

La guerre contre le terrorisme se poursuit, à l’instar de celle de Robert Neville, dans « Je suis une Légende », une guerre contre des « créatures de l’ombre » les terroristes dont en l’occurrence peu d’analystes politiques cherchent à analyser les motivations, et cherchent même en eux une quelconque part d’humanité, tout comme pour les vampires-zombies du film.

Bien plus que le personnage du Président Palmer de 24 Heures Chrono, (qui selon beaucoup de commentateurs, à « permis » l’election d’Obama), ou que le Président Beck joué par Morgan Freeman dans Deep Impact, (premier président noir Américain dans un block-buster), les personnages incarnés par Will Smith dans « Je suis une Légende » et « Hancok » incarnent de manière bien plus pertinente et délibérée la figure du Président Obama, héro atypique, sur le point de devenir héro maudit, potentielement sacrifié sur l’hôtel de la rédemption US.



18 réactions


  • Voldomir Olmoranz Voldomir Olmoranz 28 juillet 2009 11:08

    « puis trouve l’antidote qui sauvera l’humanité, et trouve enfin la mort, dans un finale appuyé par le générique.. « Rédemption Song » de Bob Marley. » 

    Il existe deux versions du film « Je suis une légende ». Dans la seconde version Neville ne meurt pas... 


    • Vladivostok 1919 Vladivostok 1919 28 juillet 2009 15:33

      Je vais tacher de voir ça, je ne savais pas. Merci


    • Vladivostok 1919 Vladivostok 1919 28 juillet 2009 15:33

      Pour David Icke, j’avoue qu’il m’avait semblé plein de bon sens et assez pertinent dans un interview vu sur youtube..
      Puis en me renseignent j’ai découvert ses théories dignes de la grande époque de « V ». Un personnage assez surprenant, qu’il m’est malheureusement impossible d’écouter plus en avant.
      De même que Ron Paul, dans un autre registre. Très bon critique d’Obama, très pertinant sur les symptomes, sur la description des causes et responsables de la crise, MAIS homme politique d’extreme droite, dont la plupart des proposition avancés sont franchement rédibitoires. Impossible de suivre ou d’évoquer sérieusement ces voix de l’opposition anglaise et américaine.

       « Vous ne pouvez rien dire de bien sur McCain, mais les choses sont encore pires avec Obama... »
      Entierement d’accord, c’est d’ailleurs ce qui m’ammene à penser qu’Obama à du soucis à se faire


    • Le péripate Le péripate 28 juillet 2009 15:50

      Ron Paul est libertarien. Si c’est ça l’extrême-droite....


    • Vladivostok 1919 Vladivostok 1919 28 juillet 2009 16:29

      Ron Paul dans Wikipedia :

      “ One scoring method published in the American Journal of Political Science found Paul the most conservative of all 3,320 members of Congress from 1937 to 2002.

      He supports tighter border security and ending welfare benefits for illegal aliens, and opposes birthright citizenship and amnesty.

      He supports eliminating most federal government agencies, calling them unnecessary bureaucracies.

      He says his years as an obstetrician led him to believe life begins at conception ; his pro-life legislation, like the Sanctity of Life Act, is intended to negate Roe v. Wade and to get “the federal government completely out of the business of regulating state matters.

      As a free-market environmentalist, he asserts private property rights in relation to environmental protection and pollution prevention.”

      Il est également en faveur de l’autorisation du port d’armes… dans les écoles.


    • aetius320 28 juillet 2009 22:59

      « Ron Paul est libertarien. Si c’est ça l’extrême-droite.... »

      Tout les austro-libéraux sont, par définition, des extrémistes d’extrême-droite.


  • emachedé emachedé 28 juillet 2009 14:46

    N’auriez vous pas oublier Hitch le Gentleman Séducteur ? Car là, encore un point de plus à votre théorie.

    http://www.cpolitic.com/cblog/2008/11/05/barack-obama-un-noir-lueur-despoir/


    • Vladivostok 1919 Vladivostok 1919 28 juillet 2009 15:22

      Oui, il y a des chances... Je ne me souviens plus vraiment de « Hitch », donc je verifierai à l’occasion.
      Mais j’entrevoie déjà mon prochain projet d’article, mon chef-d’oeuvre : « Sarkozy et Clavier ne sont-ils qu’une seule et même personne »
      Les possibilités sont infinies !


  • toug toug 28 juillet 2009 19:32

    Excellent l’article, bravo.


  • tonio 28 juillet 2009 21:05

    A la question « Obama est-il Will Smith ? » je réponds oui.
    Surtout si on compare la démarche du premier avec celle du second dans « Le prince de Bel Air ».


  • idaho idaho 29 juillet 2009 10:41

    Il existe peut-être deux versions, mais surtout, dans le film Neville n’est pas à l’origine du fléau. Il fut le premier à tenter de trouver un antidote. L’origine du fléau étant le fameux vaccin contre le cancer du Dr Kippin (joué par Emma Thompson) que l’on voit annoncé à la télé au début du film.

    Petit aparté, je viens justement de terminer la lecture du livre de Phillip K. Dick, et c’est totalement différent. Vraiment rien à voir avec le film. Neville n’y est pas un scientifique, mais un simple militaire qui peu à peu lis des ouvrages pour tenter de trouver un remède. Il n’ a pas de chien (pas au début en tous cas). Il repousse quotidiennement les vampires avec de l’ail ou des pieux... bref, absolument rien à voir !


    • idaho idaho 29 juillet 2009 10:53

      D’ailleurs j’ai oublié de dire : l’intérêt du livre c’est de voir comment Neville sombre dans la folie, à cause de sa solitude. L’analyse psychologique y est très forte. Et à la fin, contrairement au film : l’humanité n’est pas sauvée. Neville meurt par les vampires, mais ce qui explique le titre du livre c’est qu’avant de mourir il comprend qu’il est devenu une légende parmi les vampires, tout comme les vampires étaient des légendes pour les humains avant le fléau. Simple question de point de vue, de la part de la majorité dominante... qui n’est plus l’homme :)

      PS : c’est le docteur Krippin, pas Kippin.
      PS Bis : dans le livre, Neville est blanc à origine germaniques, comme quoi ça n’a vraiment rien à voir :)


    • Voldomir Olmoranz Voldomir Olmoranz 29 juillet 2009 10:54

      Philip K. Dick ?
      C’est de Richard Matheson il me semble. 


    • idaho idaho 29 juillet 2009 11:25

      oh oui, la honte, j’ai confondu avec l’auteur de celui que je suis en train de lire actuellement ^^


    • Vladivostok 1919 Vladivostok 1919 29 juillet 2009 13:28

      En fait, j’ai toujours cru que Robert Neville dans le film faisait partie de l’équipe qui était à l’origine du virus...
      Tout d’abord quand il est dans la voiture avec sa femme, ou il semble déjà en savoir plus que les news qui passe à la radio sur la propagation du virus.
      Quand ensuite il dit à Anna, « Ce n’est pas Dieu qui à fait ça, c’est nous » ou il parle de l’humanité bien sur, mais à l’air d’en porter le poid sur les épaules.

      Enfin j’avais même vu une sorte d’indice dans la couverture du TIME qui est sur son frigo.. Je ne suis pas arrivé à lire ce qu’il y avait en dessous du « Savior ? », (que j’ai pris pour Savior = Inventeur d’un vaccin contre le cancer ?) mais en tout cas le « M » du TIME semble lui fait des cornes de diables sur la tête...
      <a href="http://s59.photobucket.com/albums/g281/cyberchild909/?action=view&current=iml_time.png" target="_blank"><img src="http://i59.photobucket.com/albums/g281/cyberchild909/iml_time.png" border="0" alt="Time mag"></a>
      Ce qui le fait passer du rôle de mauvais génie, createur du virus, à celui de martyr canonifié sur du Bob Marley...
      Mais j’avoue que l’argument est tiré par les cheveux... A vous de voir


    • idaho idaho 29 juillet 2009 13:41

      si je me souviens bien du film, c’est parce qu’il était le premier à travailler sur le remède qu’il est cité par les journaux. Dans le film, Neville est un scientifique qui travaille pour l’armée.

      En fait, le poids qu’il porte sur ses épaules vient du fait qu’il n’a jamais réussi à sauver l’humanité (et sa famille), alors que telle était sa mission.

      D’où le « Savior », en effet...


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 31 août 2009 15:01

    à l’auteur

    à King Bounty (xxx.xxx.xxx.130) 6 août 18:48 

    quote : citant :
    Jean-Pierre Llabrés (xxx.xxx.xxx.82) 6 août 12:09
    Je remarque surtout la profusion des diagnostics et la carence en matière de propositions. Je remarque également que beaucoup s’accommodent facilement de l’un et de l’autre. Je fais partie des importuns qui interrogent les diagnostiqueurs :
    « Et quelles sont vos propositions en matière d’autre modèle économique ? »

    Je persiste, signe et m’en explique ci-dessous.

    Professionnellement, depuis des dizaines d’années, je me rends dans les entreprises privées ou/et publiques ainsi que dans les administrations, en France et à l’étranger. J’y analyse les fonctionnements et, surtout, les dysfonctionnements. Au terme de l’analyse, j’établis un diagnostic argumenté.

    Mais, là ne s’arrête pas mon travail car mes mandants ne me consultent pas pour que je leur indique simplement quels sont leurs problèmes. Ils veulent que je leur propose des solutions et, logiquement, que je leur présente des recommandations.

    Aussi, lorsque je me trouve face au diagnostic d’un tiers, il me paraît donc également logique, légitime et non insultant de demander à son auteur quelles sont ses recommandations pour remédier au(x) problème(s) qu’il a identifié(s) (dans l’hypothèse où il ne les aurait pas présentées dans la suite immédiate de son diagnostic).

    En l’occurence, ici, j’ai interrogé l’auteur, Gilles Bonafi, qui, lui, au contraire d’autres personnes non concernées par ma question, ne s’en est pas offusqué :
    Par Gilles Bonafi (xxx.xxx.xxx.189) 6 août 17:32
    « Certains me demandent quelles solutions je propose. Voici mon analyse ».

    Ceci dit, sur AgoraVox, et sur bien d’autres sites similaires, je constate que nombre d’auteurs se livrent à des diagnostics, parfois pertinents et remarquables, mais que, trop souvent, ils omettent la conclusion logique de leur diagnostic, à savoir : proposer des recommandations pour résoudre les problèmes qu’ils ont identifiés.

    Et je suis également navré de constater que nombre de leurs lecteurs se contentent du diagnostic et ne s’interrogent pas sur les recommandations sans lesquelles un diagnostic demeure lettre morte. Même si, ultérieurement,il est très souvent extrêmement difficile de faire accepter les recommandations.

    Enfin, pour reprendre votre métaphore médicale, il me semble que, si vous consultez un médecin et qu’il vous donne son diagnostic, vous vous attendrez, fort logiquement, à ce qu’il vous propose des remèdes, des solutions, des recommandations.

    Certes, il peut arriver qu’il se trouve face à une pathologie inconnue. Dans ce cas, hélas, il n’y aura pas lieu de lui reprocher de ne pas pouvoir conclure son diagnostic par des recommandations.


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