ODOFI

ODOFI*
Un adage du terroir dit : لي ما عندوش البنات، ما عرفوه وقتاش مات.
La traduction en français de cet adage donnerait ceci : de celui qui n'a pas eu de progéniture féminine, l'on ne saura jamais l'heure du trépas.
Je l'ai appris de ma mère.
C'est elle qui le disait souvent pour mettre en exergue le fait que, d'une manière générale, la fille soit beaucoup plus attachée à ses parents, particulièrement lorsque ceux-ci sont à un âge avancé et que leur santé décline jour après jour.
Au crépuscule de la vie, la présence régulière sinon permanente des proches est plus que souhaitable. C'est, de mon point de vue, le sens véritable de cet adage que, probablement, peu de gens de cette génération connaissent. En effet, ce genre de proverbes de notre patrimoine populaire culturel est très ancien et tend actuellement à disparaitre. On ferait mieux de les répertorier, de les expliquer et d'en tirer les leçons de morale. Car, la sagesse populaire est toute morale.
Pour revenir à cet adage, le moins qu'on puisse dire est que, incontestablement, la fille est toujours là pour leur apporter aide physique ou même matérielle ( dans les moyens de ses possibilités) et réconfort moral. Elle répond toujours à leurs doléances. Elle est toujours disponible et aux petits soins avec eux. Ni ses responsabilités conjugales, ni ses engagements professionnels ne l'empêchent de répondre " présente" lorsque la situation l'exige. Elle est toujours prête à se plier en quatre s'il le faut pour être auprès de sa vielle mère ou de son vieux père dans les moments difficiles que l'une ou l'autre pourrait être appelés à vivre.
J'en parle en connaissance de cause car il y a peu de jours, j'ai vécu cette situation.
Que les garçons se rassurent. Leur rôle vis-à-vis de leurs ascendants n'est pas mis en cause, ici. Eux aussi s'inquiètent bien de l'état de santé de leurs parents et font tout pour se rendre utiles, sauf que, et c'est sans doute inhérent à la nature masculine de l'homme, ils ne montrent pas leur dévouement (ou peut-être ne savent-ils pas le faire de manière subtile) à tel point qu'on les prenne parfois pour des " je m'en foutistes". Ce que, aucun doute là-dessus, la majorité des garçons ne le sont pas. Même si, de prime abord, ils pourraient donner cette impression, au fond, quand on se donne la peine de comprendre leur psychologie, leur attachement aux parents est bien réel. Il ne souffre d'aucune équivoque.
* Ode aux filles.
