mercredi 26 août - par Stratediplo

offensive anarchiste aux Etats-Unis

La désagrégation en cours des Etats-Unis d'Amérique, sur laquelle on a imaginé une fiction ludique bien qu'irréaliste (http://stratediplo.blogspot.com/2020/08/de-pontiac-peltier-fiction-americaine.html), n'est pas spontanée, et elle met en jeu suffisamment d'acteurs pour mériter une recherche des motifs.
 
Il ne s'agit pas de simple radicalisation partisane pré-électorale. Il ne s'agit pas seulement de l'instillation de motifs de discorde, ou de l'introduction d'une idéologie confrontationnelle, pour provoquer une fracture et un conflit entre constituants de la société. Il ne s'agit pas non plus de l'effondrement d'un appareil pourri de l'intérieur ou exsangue par assèchement des ressources, ni du renversement d'un régime après la sape de ses soutiens populaires. Il apparaît une collusion d'acteurs, une concomitance temporelle et une profondeur des actions qui dépasse de loin les circonstances événementielles ou les intérêts électoraux.
 
Au moyen d'un prétexte circonstanciel mais pas extraordinaire dans un pays surarmé où la police tue fréquemment, il a été déclenché une vague de délinquance, de violence et de haine d'un niveau peu commun, qui sort très largement du cadre de l'opposition politique. Tout cela n'est pas spontané comme une manifestation impromptue de quartier dans les heures suivant l'événement déclencheur. Evidemment il y a des meneurs, qui ont été formés par Otpor ou équivalent (certains s'en sont vantés) pour transformer en armes certains outils modernes, pour piloter les manifestations de rues, pour prendre la presse à témoin puis provoquer la police, voire pour mener des coups de main dignes de vulgaires barbouzes d'un service d'action "civique" de la république française. Comme partout il y a des masses qui protestent de plus ou moins bonne foi mais sans nécessairement viser la révolution, des provocateurs qui cherchent la violence (ou le pillage) en soi comme une vengeance sans lendemain, et des manipulateurs qui cherchent une véritable déstabilisation (avec ou sans finalité), comme il y a quelques années sur la fameuse place Maïdan de Kiev. Mais cela n'explique pas tout.
 
Des municipalités abandonnent des quartiers entiers à l'occupation et au sac en retirant leur police, ou laissent passer le soir ou au petit matin, qui plus est en période de confinement de la population à domicile, des camions pour déposer des palettes de briques au coin de rues sans chantier où des manifestations sont attendues, des journalistes (c'est malheureusement coutumier) et surtout des élus (c'est plus répréhensible) appellent les casseurs à ne pas faiblir, la police à ne pas intervenir, les voisins et victimes à ne pas se plaindre, les conseils municipaux et les maires à retirer voire démanteler les services de police. Tout cela n'est pas compatible avec la recherche d'un avantage électoral circonstanciel et temporaire, comme par exemple quand on pousse des fonctionnaires ou des étudiants à manifester pour des revendications catégorielles qu'on promet de satisfaire en cas d'alternance au pouvoir, et qu'on sait pouvoir sinon satisfaire entièrement du moins désamorcer lorsqu'après l'alternance on se retrouvera effectivement aux commandes.
 
Dans le cas actuel il est évident que, tant dans les grandes métropoles enflammées qu'au niveau national, ceux qui attisent durablement la haine et jettent de l'huile sur les flammes n'ont aucune intention d'assumer le pouvoir ensuite. Pourtant l'essentiel de ces instigateurs et suppôts de l'embrasement viennent du parti démocrate, mais ils ne veulent manifestement pas une révolution qui les porterait au pouvoir (d'ailleurs il n'est pas dit qu'une bonne campagne ne leur permettrait pas d'y parvenir par la voie électorale), ils veulent instaurer un chaos profond qui rendra tout exercice du pouvoir impossible quel qu'en soit le titulaire. Il ne s'agit pas d'opposition politique ou parlementaire au gouvernement ou au président Trump (même si tel est le discours), au sens légaliste parlementaire où on l'entend en démocratie, mais plutôt d'opposition irréductible au régime et à l'Etat comme la guérilla terroriste islamiste en Syrie, que les Etats-Unis appelaient "opposition modérée" en lui envoyant de l'armement militaire collectif lourd (missiles, chars, avions téléguidés etc.). On ne veut pas battre le président sortant, on veut abattre l'Etat fédéral.
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En parlant du président lui-même, on avait supposé il y a quatre ans qu'il avait été appelé comme bouc émissaire pour endosser l'inévitable effondrement monétaire et économique, qui sauf erreur avait d'ailleurs commencé en septembre de l'année dernière avant d'être commodément imputé aux mesures antiépidémiques. Vraisemblablement convaincus, ou quasiment, que l'effondrement aurait lieu pendant ce mandat, le parti démocrate avait présenté une candidate repoussoir caricaturale (afin de perdre l'élection), et le parti républicain avait donné son investiture à un sympathisant indépendant mais non membre (certes nationaliste désintéressé), les caciques présentables du parti n'ayant pas été plus empressés que leur rivaux d'en face d'endosser le quadriennat fatidique. Donald Trump était celui qui devait soit prendre les mesures d'ultime recours que l'on a explicitées dans le Onzième Coup de minuit de l'avant-guerre (qui vient d'être actualisé et réédité), soit présider à l'effacement du dollar et donc du mode de vie (le free lunch) étatsunien. La seule chose que personne ne maîtrisait, c'est le calendrier.
 
Pour les "révolutions de couleur" antérieures à l'étranger les fonds étatsuniens provenant par exemple des budgets officiels ou des caisses noires du NED ou de la CIA étaient illégalement (puisque le droit international interdit de déstabiliser un Etat) introduits dans les pays ciblés par le biais d'organisations crypto-gouvernementales, par l'ambassade étatsunienne locale, par des paiements directs aux activistes etc. Pour le Printemps Noir aux Etats-Unis mêmes ce sont des financements locaux qui sont mobilisés, en l'occurrence des fonds de grandes fortunes, grandes entreprises et grandes causes versés tout à fait légalement et donnant même lieu à dégrèvements fiscaux. Un système équivalent aux déductions fiscales françaises pour versements aux œuvres d'utilité publique (mais pas plafonnées à un montant ridicule) permet aux entreprises étatsuniennes d'effectuer de grosses donations pour réduire leurs bénéfices imposables, ce qui explique la prolifération de "fondations" diverses œuvrant d'ailleurs souvent au profit de causes utiles au grand capital qui les finance. Et l'efficacité de versements effectués directement, sans ponction d'intermédiaires publics, est certainement meilleure, et permet aussi d'éviter le contrôle du parlement sur l'utilisation des budgets publics. En France par exemple les députés du peuple pourraient un jour exiger que l'Etat cesse d'utiliser les impôts des contribuables loyalistes pour salarier la prédication, aux repris de justice libérables par anticipation, de l'accès au paradis par l'occision massive des consommateurs de cochon et des partisans de l'égalité des sexes…
 
Aux Etats-Unis donc, une rapide recherche internet permet de savoir où verser en toute transparence et légalité les donations destinées aux mouvements violents racistes Black Live Matters et Antifa à travers les centres de collecte agréés comme Thousand Currents (qui se vante aussi de financer légalement l'immigration clandestine illégale, certes insignifiante aux Etats-Unis) ou encore Freedom Road Socialist Organization. C'est ce que font les généreux donateurs comme l'Open Society (George Soros), les fondations Rockefeller, Novo (enfants de l'ex-homme le plus riche du monde Warren Buffett), Kellogg, Wallace et consœurs, le planning familial international (l'industrie des cellules-mères et organes d'avortons est bénéficiaire), des entreprises comme Ford, ou par ailleurs, directement ou indirectement, les multidécamilliardaires Warren Buffett et Bill Gates à l'origine il y a dix ans de la Giving Pledge (l'engagement à donner), et aujourd'hui premier financeurs de l'Organisation Mondiale de la Santé.
 
L'anarchie est donc très sérieusement financée, et par un système officiel de défiscalisation qui signifie que l'Etat lui-même y abonde (symboliquement) sans que ces subventions hors budget passent devant le parlement (ou l'exécutif). Une compilation rapide des donations collectées par Thousand Currents pour, expressément, Black Live Matters, montre qu'il ne s'agit pas de quelques petits millions qui représenteraient à peine quelques milliers de dollars de formation, équipement et propagande par meneur manipulateur de foules d'activistes. Il semblerait plutôt qu'on ne soit pas très éloigné de l'ordre de grandeur avoué par les Etats-Unis pour la déstabilisation de l'ex-Ukraine (cinq milliards de dollars sur une dizaine d'années), à diviser certes par le rapport des équivalences de pouvoir d'achat puisqu'un dollar achète bien moins de services à New York qu'à Kiev.
 
Tout cela n'est pas plus anodin que spontané, circonstanciel ou réversible, et ne peut pas viser simplement à renverser les équilibres partisans électoraux aux dépens du gouvernement qui a continué et approfondi la politique de retrait des Etats-Unis des organisations internationales et de dénonciation des traités de limitation des armements, comme on pourrait le penser au premier abord. Un changement d'équipe et de politique permettrait certes de réinsérer le pays dans la communauté internationale, mais rien, pas même une politique d'allocations d'oisiveté massives, ne peut plus permettre de restaurer la paix civile et sociale aux Etats-Unis à l'horizon prévisible, c'est-à-dire avant l'effondrement monétaire, économique et social qui était de tout façon inévitable même sans insurrection anarchiste ou raciste. L'investissement énorme dans la fomentation du chaos ne vise pas à battre un parti, il vise à abattre l'Etat fédéral.
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Les commentateurs politiques étatsuniens montrent bien que l'élection du 3 novembre ne résoudra pas la dispute partisane, et que quel que soit le résultat il sera fortement contesté pendant plusieurs mois, voire pendant la durée du mandat, par le parti défait. Néanmoins ils ne semblent pas disposer d'une hauteur de vue politologique leur permettant de discerner, au-delà de la compétition électorale et en s'affranchissant du langage des partis respectifs, la grave attaque lancée contre le système politique et l'Etat. Accuser les démocrates de jouer avec le feu en soutenant la violence pour faire choir le président républicain relève d'un langage partisan et à courte vue, révélateur en réalité d'une incapacité à distinguer, derrière lesdits démocrates, l'ennemi du système qui les manipule pour une finalité bien plus sérieuse et durable.
 
Cette finalité vers laquelle s'engagent fortement, simultanément et, depuis le 3 juin, ouvertement les plus grandes puissances financières non étatiques (c'est-à-dire la ploutocratie apatride), c'est l'établissement de ce qu'elles appellent pudiquement la Gouvernance Mondiale, auquel les Etats les plus puissants pourraient tenter de s'opposer, et on peut supposer que les Etats-Unis ne sont pas seuls sur la liste de puissances à neutraliser.
 
Quelques paragraphes ne suffisant pas, on a consacré dans "le Quatrième Cavalier – l'ère du coronavirus" un chapitre au processus et aux enjeux de ce chantier institutionnel mondial, qui va bouleverser la vie quotidienne des peuples et des gens.
 
Il faut attendre d'autres annonces importantes à l'ouverture de l'Assemblée Générale de l'ONU, dans trois semaines.


14 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 26 août 09:23

    Si le complot que vous dénoncez existe, il n’a rien d’« anarchistes » si on met dans ce mot le contenu que les mouvements du même nom lui ont donné depuis son apparition en tant qu’idéologie depuis le dix-neuvième siècle.

    Le sens d’un mot n’est pas limité à son étymologie brute. Si le mot « anarchie » semble signifier a priori « sans gouvernement », il est chargé de tout autre chose a posteriori. Par son étymologie, « sinistre » signifie « à gauche », mais on ne lui donne plus ce sens-là en Français.

    Si donc le complot que vous évoquez, visant à détruir le façade « démocratique » d’un système de fausse alternance de la même classe sociale au pouvoir depuis plus d’un siècle aux Etats-Unis, ce n’est pas forcément pour détruire « l’état », mais pour le contrôler avec un autre système que cette démocratie, et ce qui est visé porte un nom : « le fascisme », et non pas « l’anarchie ».

    Voir arrestation récente de Bannon et les agissements de la famille Mercer.


    • Gasty Gasty 26 août 12:39

      @Séraphin Lampion

      Bien vu et bien dit, l’offensive est capitaliste et je ne vois pas pourquoi on parle d’anarchie. @ l’auteur : Le chaos mondial est l’œuvre du capitalisme, pas des anarchistes.


    • Gasty Gasty 26 août 12:46

      Et entre autre de ce qui en découle immanquablement,« le facisme »


    • Stratediplo 26 août 14:18

      @Séraphin Lampion
      Je prie donc les défenseurs de l’héritage idéologique d’Auguste Vaillant d’excuser mon titre prêtant à confusion. Je ne soupçonne pas plus un parti (ou une faction) anarchiste qu’un parti fasciste, libertarien ou autre, et j’aurais dû utiliser le mot d’origine latine « désordre » au lieu de son synonyme d’origine grecque « anarchie » pour parler d’absence d’ordre. Je reste persuadé qu’il ne s’agit pas de remplacer un ordre par un autre aux Etats-Unis mais de détruire, par l’instauration du chaos, l’échelon national d’une grande puissance capable d’être, volontairement ou par sa simple existence, un obstacle à l’établissement de la gouvernance mondiale qui ne se cache plus. Les puissances européennes, elles, sont déjà soumises à un échelon supranational favorable et même partie prenante de la Grande Réinitialisation, sauf la Russie qui fera dont également l’objet d’une offensive de neutralisation.


    • abelard 26 août 19:18

      @Séraphin Lampion
      L’un des marqueurs du fascisme est justement l’alliance de la grande bourgeoisie et de la pègre...


    • V_Parlier V_Parlier 26 août 21:19

      @Stratediplo
      En tout cas vos réflexions sont intéressantes. Même si à ce stade on ne peut que supposer, ça tient la route.


  • keiser keiser 26 août 10:29

    Je ne vois pas le rapport avec l’anarchie.

    Ce que vous appelez anarchie est tout simplement de l’anomie.

    Ou pour les américains : des libertariens.

    Alors révisez vos classiques et apprenez à bien nommer les choses.

    “Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde" ( Camus, il parait )


  • eddofr eddofr 26 août 11:13

    Un « complot anarchiste », ce ne serait pas un oxymore ?


  • binary 26 août 11:41

    La guerre de sécession n’a pas cessée, maintenant on en est sûr. Les « sudistes » ont seulement changé la couleur du drapeau. Reste à savoir si le résultat va être à la hauteur des dégâts collatéraux ? En regardant les forces en jeu : 13% de la population avec des cailloux, contre 738 milliards $ annuel de budget défense. J’en vois qui rigolent.


    • Stratediplo 26 août 14:30

      @binary
      Cela n’a rien à voir, et j’en profite pour vous rappeler que pendant la guerre de sécession le capitalisme géographiquement basé en Nouvelle-Angleterre était évidemment du côté du l’Union (industrielle), pour abattre la Confédération (agricole). Quant au budget militaire à vocation essentiellement offensive, il sera de peu d’utilité sur le territoire national où seule la Garde Nationale (réserve territoriale) a les structures correspondantes. Les Etats-Unis ne sont pas Israël.


    • binary 26 août 15:02

      @Diplomate
      J ai tord ou vous êtes naïf ?
      Une piste : si le but de la politique est de manipuler certains pour prendre aux autres, êtes vous toujours aussi sûr que cela n a rien à voir ?


  • nemo3637 nemo3637 26 août 18:48

    Vraisemblablement convaincus, ou quasiment, que l’effondrement aurait lieu pendant ce mandat, le parti démocrate avait présenté une candidate repoussoir caricaturale (afin de perdre l’élection), et le parti républicain avait donné son investiture à un sympathisant indépendant mais non membre (certes nationaliste désintéressé), les caciques présentables du parti n’ayant pas été plus empressés que leur rivaux d’en face d’endosser le quadriennat fatidique.

    Ce passage illustre le caractère délirant de l’article fait d’affirmations sans fondements, d’hypothèses sans argumentations.
    On y mêle l’anarchie sans savoir de quoi on parle. Ridicule !


  • Jonas Jonas 26 août 23:44

    Le marxisme culturel atteint actuellement son apogée aux USA, en transformant la lutte des classes chère à Karl Marx (prolétariat contre la bourgeoisie et le capitalisme juifs) en lutte des races (minorités ethniques, Arabes, Noirs, Musulmans, femmes, LGBT,... contre la race blanche).

    On voit ici à l’oeuvre des militants fascistes et racistes anti-Blancs du mouvement BlackLivesMatter. qui veulent obliger une femme à lever le poing.

    Des militants BlackLivesMatter demandent aux Blancs de quitter leur résidence pour la donner aux Noirs.

    Ces crétins gauchistes sont endoctrinés à la haine de la race blanche dans les universités américaines.


  • Traroth Traroth 27 août 11:28

    Vous savez que Otpor est une organisation promue par les services secrets étasuniens, n’est-ce pas ? Est-ce que vous êtes en train de dire que les services secrets étasuniens essaient de détruire les Etats-Unis ? Ca serait la théorie fumeuse la plus fumeuse que j’ai jamais entendue, si c’est ça votre idée.

    Votre article ne cite strictement aucune source, alors qu’il évoque des faits, qui sont donc invérifiables. Il est donc dénué de valeur.

    Franchement, si j’avais vu votre article dans l’espace de modération, j’aurais voté contre sa publication. Ce genre de torchon soucoupiste est exactement ce qui décrédibilise Agoravox !


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