Oh Peuple
Bête immonde crainte et méprisée par les puissants usurpateurs qui te subjuguent, ne vois-tu pas l’heure venue de te réveiller ?
Tant que tu te laisseras voler ton sommeil et tes rêves, ceux qui te ressourcent malgré toi, et que tu rechercheras l’argent comme réponse à tous tes tracas, et quand bien même tu aurais compris que tu n’en aura jamais assez, tu te contentes de le côtoyer en servant le riche, sans te rendre compte que même d’or ses barreaux l’enferment ; tant que tu seras convaincu que ton être n’est rien et qu’il faut le vêtir d’artifices pour croire et faire croire que l’envie que tu crois susciter te sert de force à vivre, tu tomberas malade.
Tu es las des routines et des besognes quotidiennes, tu aimes les outils qui font tout à ta place, sauf que si tu y réfléchis tu prendras plus volontiers ta fourchette pour faire une mayonnaise et si tu optes pour les mixeurs pour les blancs en neige, la fourchette restera ton choix pour faire une purée. Si l’aspirateur te donne toute satisfaction pour dépoussiérer tes tapis, dans ta cuisine, c’est le balai que tu choisiras.
Et voilà que les grands manitous de la puissance productrice te remplaceront par des robots. Sûr qu’avoir réparti les tâches était une vraie connerie, mais monter une bagnole, nom de dieu, quel régal ! Et te voilà penaud, inutile, ton savoir-faire désuet, ton énergie, tes motivations hors temps, alors que cela faisait plus de trois générations que ta place dans le monde avait une importance unique, et plutôt que le monde changeant on s’adapte, cette rupture, c’est abrupt. Là dessus, tout un tas d’imbéciles qui ne savent rien faire de leur dix doigts crient au progrès : la fin de ces boulots de merde ! mais où la merde ? Dans la fierté du travail bien fait ? Dans l’humilité du un indispensable au tout comme peut l’être le moindre musicien dans son orchestre ? Ou bien dans l’exploitation qui te fut faite, te prendre comme du bétail interchangeable et réduire ton monde à ta tâche qui à elle seule ne faisait pas le tout ? Dans le fait de te donner pour agir, le minimum vital pour que demain tu sois là sur la chaîne, vivant et à peu près en forme ?
Quelle était la chose la plus évidente à faire ? T’éliminer ou bien au contraire te hisser en acteur indispensable d’une société ?
T’éliminer devait leur sembler plus facile, car c’est ce qu’ils ont choisi. Et personne ne s’est levé le cul pour éliminer les éliminateurs !
Je suis peut-être passéiste, peut-être réactionnaire, conservatrice et tous les noms que l’on voudra bien me donner, mais je sais que l’évolution se fait naturelle de la base, et qu’elle est lente, de manière à être intégrée par tous. Aujourd’hui il ne s’agit pas d’évolution, ni même de révolution, mais bien d’imposer à la base des changements inopportuns, pour le bénéfice de quelques-uns.
Et cela touche les uns et les autres de manière différente. Il y a toujours eu un complexe, bien entretenu par « l’élite », d’être du peuple ; quand la radio, la télé furent omniprésentes, chacun avait à même de perdre son accent, de s’habiller comme sur les gravures, d’avoir en bouche quelques chansons à la mode et, si possible, utiliser quelques mots d’anglais. Et puis au fil des ans, quand tout le monde eut gobé le conte, quand chacun se crut roi, servi par des ustensiles mirobolants, nourris par des cuisiniers industriels, se contentant de ces ersatz parce qu’ils étaient bien promus, il n’y eut plus de lompes ni d’esturgeons, et même la morue manqua.
Tu as du mal à dessiller, peuple ; on t’a fourni de la merde en guise de repas de roi et si tu es devenu gros comme jadis les riches, les riches sont minces, et c’est toujours toi qui mourras le premier.
Tu as cru et tu crois que tout serait facile mais tu n’as jamais vu, sûrement, que les riches ne savent rien faire, qu’ils ne sauraient vivre ou survivre sans toi, pose-s-en dans la brousse, sans gadget et régale toi de le voir hagard, là où toi tu saurais parler au premier quidam qui passe, d’égal à égal, et te débrouiller !
Alors, quelle mouche t’a piquée, toi qui travailles pour tes patrons assureurs, de transmettre à tes concitoyens, tes égaux, les consignes ineptes, stupides qui ne servent qu’à faire traîner les affaires, garder le plus longtemps possible des milliers de petites sommes, placées, et qui leur rapportent gros ?
Et toi, l’artisan qui brade un savoir faire-faire, l’amour d’un métier d’art pour des tâches hâtivement bâclées : comment un travail mal fait, quasi inachevé, peut-il nourrir ta dignité ?
Et toi, le paysan qui laboure sans âme, cultive sans perspectives, récolte sans bonheur des aliments poison ; toi qui gaspilles sans frémir des tonnes de nourriture, qui te vends au puissant et te laisses enfermer dans un labyrinthe que pour toi d’autres ont dessiné ?
Toi l’enseignant qui oublies ta mission sous les coups incessants des grands penseurs de l’absurde au service des puissants et fais la petite main qui élimine, ratiboise la belle énergie d’une jeunesse par ailleurs abrutie de jeux, de désirs vains, d’identifications absconses et d’idéaux frelatés.
Et pourquoi n’as-tu de cesse de vouloir te hisser hors de ta condition pour faire semblant d’être ce qu’on t’a dit qu’être était ? Ou bien, dans l’impossibilité de le faire, te laisses-tu aller, soumis aux sorts contraires ?
Et pour finir ma complainte, as-tu noté qu’un bon pourcentage de nos tracasseries, de nos arnaques quotidiennes ne sont dues qu’à nous-mêmes car personne ne nous y oblige, que ce soit le vol, l’incompétence, la négligence, les petits abus de pouvoir, les corruptions de notre échelon, les méfiances, les violences, les haines, les rejets, et tout ce qui fait que notre vie est invivable. Oui, bien sûr, il y a le système, mais qui le perpétue ? Oui, bien sûr il y a le pouvoir, mais qui l’élit ou laisse élire ?
Alors, petit peuple du haut, grand peuple du bas, réfléchis cinq minutes ; si au bout de cinq minutes tu admets ne vouloir qu’être riche et avoir du pouvoir, alors, les dés sont jetés et personne n’y pourra plus rien.
Dans le cas contraire, les portes sont ouvertes, la rue est à toi, et l’espace, et les entreprises, et les services publics, et la douceur de vivre que tu créeras. Mais n’attends pas qu’on te le porte sur un plateau, que la publicité te le vende, fais-le.
Je te souhaite pour la nouvelle année, de savoir dire « non », et de vouloir.
Comme j'en étais là de mes états d’âme, laissés au gré des âpres frimas de la Noël, j’ai reçu un courrier ; j’ai pensé que cela ferait une belle fin. J’en ai demandé l’autorisation à Pascal Chauvet, et il me l’a donnée :
BILLET D'Humeur du président du RPS-FIERS....in fine, plein d'espoir !
« Je préfère en baver, voire mourir en homme libre que de survivre, de plus en plus mal, en esclave. Ce n’est pas l’opinion d’une grande majorité des citoyens du monde entier, je ne le comprends pas, mais je le constate. Une toute petite minorité a une conscience de ce qu’il est et de sa vie, une partie de cette minorité a décidé de servir les magnats de la finance qui les rétribuent grassement, souvent d’ailleurs avec les deniers publics, pour être de bons serviteurs. L’autre partie de cette minorité a décidé, par humanité et par envie de justice, de se battre pour la grande partie de l’humanité qui est soumise, soit par confort soit par peur. En fait l’homme est un animal, on l’oublie parfois, et réagit comme tel. Regardez tous ces veaux, ces cochons ou ces vaches qu’on emmène à l’abattoir, ils sont stressés, angoissés, mais peu se révoltent et quand l’un d’entre eux a cette idée, celui qui les emmène qui est bien conscient qu’il ne pourrait rien contre le nombre et qu’il serait balayé, châtie gravement l’animal pour bien montrer aux autres qu’il ne faut pas se révolter sinon il vous en cuira. Nos anciens ont donné leur sang et leurs vies pour la souveraineté du peuple et de la nation. De tout temps des femmes et des hommes se sont levés contre la tyrannie et il faut bien avouer que les pauvres, malgré les attaques des possédants, grâce à eux, vivent mieux aujourd’hui qu’au moyen âge. Je n’oublie pas qu’à ces époques aussi le plus grand nombre restait soumis.
Seul le combat, la lutte à mort, permet à l’esclave de s’émanciper. Jamais un tortionnaire, pas plus qu’un système à son service, n’ont accepté de perdre une once de leur pouvoir ou de leur cupidité par humanité.
Ils ont tous les pouvoirs parce qu’on leur a donné, sur l’échiquier ils ont trente coups d’avance, ils ont tous les moyens de manipuler ou d’enfumer la masse. Seule la conscience de sa puissance et la volonté de s’émanciper peut permettre à un peuple de briser ses chaînes. Il y aura toujours des soumis, il y aura toujours des collabos, mais la majorité est toujours prête à croire à de nouveaux espoirs et un nouveau rêve. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, l’aspiration émancipatrice est toujours la plus forte, un jour ou l’autre. C’est pourquoi chacun doit se battre pour ses rêves, ses utopies, jusqu’à ce que le plus grand nombre l’entende et les reprenne à son compte. L’émancipation humaine vaincra ou toute l’humanité, y compris eux, disparaîtra.
Réveille toi peuple de France, tout ce qui fait de nous une nation, notre système social, notre politique, est entrain de disparaître. L’humanité toute entière est en danger. Les peuples nous attendent.
Le peuple des Lumières, de 1789, de 1936, du Conseil National de la Résistance, ne peut rester le bel endormi.
Bonnes fêtes de fin d'année, pour ceux qui le peuvent.... »
Pascal Chauvet
http://rassemblement-du-peuple-souverain.com/




