On ne naît pas monstre, on le devient ; on ne choisit pas le crime, on le commet

Introduction :
Une Réflexion sur la Naissance du Mal
Dans les débats contemporains autour de la criminalité violente, une phrase résonne avec une profondeur philosophique : "On ne naît pas monstre, on le devient ; on ne choisit pas le crime, on le commet."
Cette affirmation interroge la genèse des actes barbares. Elle trouve un écho poignant dans des affaires réelles, telles que le meurtre de Lola Daviet en 2022, et dans les témoignages de tueurs en série comme Edmund Kemper.
À travers ces cas, nous explorons comment des facteurs environnementaux et psychologiques transforment un individu ordinaire en auteur d'atrocités, sans que cela relève d'un choix délibéré mais plutôt d'une compulsion forgée par le passé.
L'Affaire Lola :
De la Perversion Structurelle à l'Acte Impulsif
Le meurtre de Lola Daviet, une fillette de 12 ans assassinée le 14 octobre 2022 à Paris, illustre tragiquement cette idée. Dahbia Benkired, condamnée en octobre 2025 à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour meurtre, viol, torture et actes de barbarie, n'a pas été diagnostiquée comme folle innée. Les expertises psychiatriques ont révélé une "perversion structurelle" issue de traumas : violences subies par un ex-partenaire et une enfance difficile en Algérie. Benkired a décrit son acte comme une vengeance impulsive contre les gardiens de l'immeuble, escaladant en un viol et un meurtre sans plan prémédité. "Je me suis dit, comme je l’ai violée, autant la tuer," a-t-elle avoué, déshumanisant la victime qu'elle voyait "comme un mouton".
Ce cas souligne que le "monstre" émerge d'expériences cumulées, non d'une naissance prédestinée.
Les débats publics en France, amplifiés par le procès, ont polarisé l'opinion :
d'un côté, des critiques sur l'immigration et les failles sécuritaires ; de l'autre, des accusations d'instrumentalisation.
Pourtant, au cœur, reste cette transformation : Benkired n'a pas choisi le crime, mais l'a commis sous l'emprise d'une rage intérieure non maîtrisée.
Edmund Kemper :
L'Abus Maternel et l'Intelligence comme Miroir de la Différence
Pour étayer cette thèse, les déclarations d'Edmund Kemper, le "Co-Ed Killer" condamné pour huit meurtres dans les années 1960-1970, offrent un témoignage introspectif.
Kemper, avec un QI genius-level (136-145), attribue sa transformation à une enfance marquée par les abus de sa mère, Clarnell, une femme dominatrice qui l'humiliait et l'isolait. "Ma mère m'a toujours fait sentir comme si j'étais une nuisance, un fardeau... Elle m'enfermait dans le sous-sol ( ou les flammes d'une chaudière le terrorisait) parce qu'elle avait peur que je fasse du mal à mes sœurs," a-t-il relaté.
Ces traitements l'ont déshumanisé, forgeant une misogynie qui culmina dans des meurtres vengeurs, sa mère étant la dernière victime – décapitée comme symbole de libération.
Kemper rejette l'idée d'être "né" ainsi : "Je ne crois pas que je sois né pour être comme ça." Son intelligence l'a rendu hyper-conscient de sa "différence" – un géant intellectuel et par sa taille(2m06) piégé dans un cycle violent. "Je crois qu'il y a deux personnes en moi, et parfois l'une prend le dessus," expliquait-il, décrivant des pulsions compulsives surpassant tout choix rationnel.
Ses crimes, impulsifs et nécrophiles, étaient commis sans délibération : "Je ne pouvais pas m'en empêcher."
Épuisé, il se rendit volontairement en 1973 : "Je suis fatigué d'être un monstre, et vous n'allez pas m'attraper, alors où dois-je me rendre ?"
Cette reddition, dictée par sa lucidité, confirme qu'il s'est "enfermé" lui-même, acceptant sa dangerosité comme inévitable.( cf les déclaration d'Einstein sur le nécessaire enfermement des criminels )
Conclusion : Vers une Compréhension des Racines du Mal
Ces exemples – de Benkired à Kemper – démontrent que le mal n'est pas inné mais acquis, fruit d'abus, de rejets et de compulsions internes. On ne choisit pas le crime ; on le commet sous l'emprise d'un "devenir" traumatique. Cette perspective invite à une justice plus nuancée, axée sur la prévention des traumas plutôt que sur la stigmatisation.
Comme le soulignent les débats autour de Lola, elle questionne aussi notre société : comment empêcher que des enfants deviennent des monstres ? La réponse réside peut-être dans l'empathie et l'intervention précoce (rôle des systèmes sociaux) pour briser le cycle avant qu'il ne s'enclenche.

