jeudi 31 décembre 2015 - par VICTOR Ayoli

Où sont les Hussards de la République ?

On entend régulièrement, chaque fois qu'il y a un ramdam comme ces jours derniers à Ajaccio que les « territoires perdus de la république » seraient perdus suite à l'échec de « l'intégration » des immigrés et enfants d'immigrés. On a ça et là dégainé chacun, qui son voile, qui sa laïcité. Il serait vain de nier ces problèmes, mais il faut donner aux choses l'importance qu'elles ont. L'obscurantisme et le communautarisme ne reculeront que par l'éducation.

Tous les enfants de France ont le droit et le devoir de s'éduquer. Gratuitement en plus ! Avec des enseignants compétents et consciencieux. Alors il y a ceux qui considèrent cela comme une formidable chance à saisir, d'autres qui méprisent des savoirs qu'ils contestent au prétexte de cultures ou de religions différentes et ne font pas grand-chose pour tirer le meilleur parti de cette formidable opportunité qui leur est offerte.

Il est des enfants d'immigrés qui ne posent pas de problèmes. Parce que leurs parents, venus du Vietnam, du Cambodge, du Laos, de Chine, pour la plupart ne parlant pas à leur arrivée sur notre sol le moindre mot de français, leur ont inculqué cette évidence : leur avenir passe par de bons résultats scolaires voire universitaires. D'autres rêvent d'être Zidane ou La Fouine...

Il est facile de faire retomber sur les enseignants les carences de leurs élèves. Les profs ne font pas les programmes d’enseignement, pas plus qu’ils ne choisissent ni déterminent les méthodes pédagogiques. Si c'était le cas, les résultats seraient peut-être différents. Ils ne sont pas non plus exempts de responsabilités, tant il est difficile de faire « bouger le mammouth » !

Force est de constater que le taux d'illettrisme (à na pas confondre avec l'analphabétisme) atteint des niveaux effarants, jusqu'à 20% dans les LEP. Nier ces évidences et ne pas reconnaître l'échec du système éducatif à mettre à niveau les enfants issus de l'immigration, tant ceux-ci ont des carences flagrantes sur les fondamentaux (lire, écrire, compter, comprendre un texte, s'exprimer oralement) procèdent d'une solide hypocrisie.

Le développement de l'esprit passe par la maîtrise du langage. En effet, on ne peut développer une pensée structurée et précise si l'on ne possède pas le vocabulaire indispensable et la rigueur grammaticale pour l'exprimer. « Ce qui se conçoit bien s'exprime clairement/Et les mots pour le dire arrivent aisément... ». D'où l'importance de l'écrit, technique préalable à la réflexion, à la pensée et à son expression orale.

En d'autres temps, les Hussards de la République ont formidablement réussi à intégrer des populations aussi différentes que les Bretons et les Provençaux, les Vendéens et les Alsaciens, les Parisiens et...le reste des Français. Non sans quelques excès d'ailleurs (« il est interdit de cracher par terre et de parler patois... »). Et on ne pourrait faire pareil avec quelques centaines de milliers d'enfants dont les parents sont venus d'ailleurs ?

Ne soyons pas si pessimistes !

 

Illustration X – Droits réservés

 



12 réactions


  • César Castique César Castique 31 décembre 2015 11:35

    « Où sont les Hussards de la République ? »


    Ils sont dans les banlieues émotives, où ils enseignent « Nos ancêtres les Gaulois ! »

  • eugene eugene 31 décembre 2015 12:34

    C’est pas vraiment terrible d’avoir choisi une image de Fernandel, en tête de gondole pour illustrer la morale, quand on sait comment ce type s’est acoquiné avec l’occupation allemande, en bon arriviste. 

    Sinon, pour le reste, c’est très court, comme proposition. « Peut mieux faire ! Beaucoup de facilités et de relâchement ! Attention au redoublement ! »

    • César Castique César Castique 1er janvier 2016 18:58

      @eugene

      « ...Fernandel, en tête de gondole pour illustrer la morale, quand on sait comment ce type s’est acoquiné avec l’occupation allemande, en bon arriviste. »


      Ni peu ni plus que le Ténia et la Grande Sartreuse smiley

    • César Castique César Castique 1er janvier 2016 18:59

      @César Castique

      Ni plus ni moins que le Ténia et la Grande Sartreuse 


  • aimable 31 décembre 2015 14:34

    A ces hussards , avec qui cela ne rigolait pas tous les jours, beaucoup de gens de ma génération leur doivent leur « réussite » , personnellement je leur dis merci


  • Esprit Critique 31 décembre 2015 16:56

    Pour résumer je dirais que l’on peut intégrer ce qui est intégrable.

    Des individus abrutis d’une idéologie haineuse et mortifère, l’islam, ne sont pas intégrables.

    Sauf dans des commandos kamikazes.


  • Clark Kent M de Sourcessure 31 décembre 2015 17:00

    Bientôt ce seront des régions, puis les région qui seront des « territoires perdus de la république », au train où va l’intégration européenne des régions.

    Croire que le progrès et l’ascenseur social sont dus aux enseignants, cela s’appelle l’illusion pédagogique. Les hussards noirs formaient avant tout des ouvriers disciplinés, des patriotes et de la chair à canons.


  • mmbbb 31 décembre 2015 18:40

    article vite dit J’appartiens a un epoque ou deja l’enseignement de masse etait tres inegal J’ai eu vraiment d’excellents profs et j’ai du changer de lycée Prof de math et francais absent dès la rentree scolaire remplaces au bout de 3 mois Prof de math une grosse chiure d après mai 68 incapable d’expliquer correctement les equations parametriques en 1 er un prof de geo qui nous emmenait voir des films sur le collectivisme etc ce les exemples les plus marquant Victor vous baissez si j’avais ete fils de ministre de medecin ou que sais je de notaire j’aurais evite ce genre d’aléa et d’etre obliger de subir cet enseignement la Beaucoup fils de riche ( que je ne jaloiuse pas ) reussite puisqu il y a une selection de facto des etablissents chosies Ce fut un enseignement de masse aleatoire et ce qui se passe actuellement j’en ai rien a cirer Vous avez choisi une autre chance pour la France les francais doivent se démerder je me m’en tape .de l’avenir de ce pays.


  •  C BARRATIER C BARRATIER 31 décembre 2015 18:44

    Tout à fait d’accord. Il reste quelque chose de ce fonds à nos enseignants, mais aujourd’hui les parents et donc les enfants les contestent souvent, ce qui nuit beaucoup aux enfants qui ont besoin de modèles pour leurs apprentissages.

    Les hussards de la république, les instituteurs et institutrices la refondaient sans cesse par l’instruction et l’éducation des élèves qui, restaient alors à l’école primaire jusqu’à 14 ans majoritairement (avec le certificat d’études primaires en poche, un magnifique diplôme qui de mon point de vue valait plus que le baccalauréat d’aujourd’hui).

    L"école donnait aux enfants une autonomie, l’aptitude à construire leur philosophie, de choisir ou pas une religion. Ecole pour tous, elle intégrait en même temps les familles.

    Ces instituteurs étaient formés dans les Ecoles normales présentes dans tous les chef lieux de départements, et ils apprenaient aussi à servir l’Etat pendant la semaine et les vacances par l’Education populaire. Les familles les respectaient et les aimaient pour leur dévouement.
    Voir en table des news le travail fait par la Ligue de l’enseignement et les Centres d’Entrainement aux méthodes d’Education Active, par les Fédérations d’oeuvres laïques. En table des news :

    Laïcité ; Ligue de l’enseignement Fédérations d’ Oeuvres laïques

     

    http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=284

     


  • Agafia Agafia 2 janvier 2016 03:19

     Où sont les Hussards de la République ?


    Ben... sur le toit...^^

    Plus sérieusement, quand je vois sur le chemin de l’école, la tronche blasée de 6 pieds de long des gamin(e)s, surtout ados et pré-ados, , - chemin est un bien grand mot, la plupart étant posés à la porte de l’établissement par des parents garés en double file et bloquant toute la circulation avec leur SUV ou squattant les pistes cyclables afin que leur rejeton n’ait pas 3 mètres à parcourir à pied... smiley - affublés de tous les accessoires et fringues à la dernière mode, le nez et les doigts collés sur leur smartphone dernière génération et plus pré-occupés des dernières publications sur Facebook que de leur première heure de cours.
     
    Quand je les compare avec les mômes de nombreux villages africains, parcourant pieds nus, matin et soir la distance de plusieurs kms, se comptant parfois en heures de marche ; les séparant de leur école.
    Ecole se résumant bien souvent à un vieux tableau noir, quelques tables et chaises dans le meilleur des cas, mais bien souvent de nattes posés par terre et possédant en tout et pour tout d’une tablette à l’ancienne, c’est à dire une ardoise et une craie, parfois d’un cahier et d’un stylo, se partageant les quelques livres usés .

    Et quand je compare nos gosses mutiques et blasés au look improbable avachis sur leur chaise, et que rien ne semble vraiment intéresser hormis les derniers selfies d’une pop-star, ou les dernières tribulations de décébré(e)s à gros seins et au vocabulaire ne dépassant pas la centaine de mots, peuplant les émissions de télé-réalité, avec ces mêmes petits africains vêtus proprement par respect pour l’école et le professeur, malgré la pauvreté de leur foyer,et participant activement au cours, avec le regard rendu brillant par l’envie d’apprendre, le sourire aux lèvres et le bras levé, préssés de répondre à la question du prof, conscients de cette chance qu’ils ont de pouvoir bénéficier d’une instruction et d’acquérir un savoir, et qui n’échangeraient leur place pour rien au monde...

    Je caricature me direz-vous... Peut-être un peu, mais pas tant que ça.

    Le désir et le plaisir d’apprendre semblent avoir disparu dans nos sociétés occidentales. La technologie galopante a-t-elle annihilé toute volonté d’effort ? Le manque de perspectives d’avenir allié au marteau consumériste assommant en permanence le cerveau afin d’y implanter la seule valeur importante de notre société, celle de consommer, d’avoir, de posséder tous les symboles inutiles des besoins que l’on nous impose jusqu’à l’addiction, a créé des générations de futurs zombies incultes et malléables, totalement dépendants, hybrides de moutons et de pigeons, appelons les des mougeons ^^ 
    Le réflexe de consommer tout et n’importe quoi, d’avaler passivement a remplacé le réflexe de réfléchir, et d’agir. Apprendre et savoir ne leur semblent d’aucune utilité. L’important n’est pas d’être mais de paraître...

    Einstein était un génie visionnaire.
    « Je crains le jour où la technologie dépassera les capacités humaines. Le monde risque alors de voir une génération de parfaits imbéciles. » disait-il.

    Je crois que nous y sommes déjà...
    Et il disait encore : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. »

    Sick Sad World (Triste monde malade) comme dirait Daria ^^

    • VICTOR Ayoli VICTOR 2 janvier 2016 12:07

      @Agafia
      Savoureux et lucide codicille à mon article !
       Merci et Bonnes années.


    • adeline 3 janvier 2016 19:55

      @Agafia
      cela se nomme un changement de monde, nous n’avons pas su nous y adapter, donc un de ces mondes va disparaitre.


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