Patient zéro du covid-19 = zéro pointé de notre système de santé ?
Le témoignage du prénommé "David" dans l'écho républicain de ce 23 mars 2021 est particulièrement intéressant. Considéré comme le "patient zéro" du covid-19 en Eure-et-Loir, tombé malade en mars 2020, il a donné une interview dont les détails démontrent le retard, les manquements, la négligence, l'absence de sérieux et de moyens matériels de ce qui reste de notre système de santé, après des décennies de destruction programmée de l'hôpital public.
Envoyé en mission professionnelle avec un collègue en Italie fin février, il nous relate sa contamination. A priori, dans l'avion du retour au moment de payer un sandwich avec sa carte bancaire. Ou simplement au contact des autres passagers, politique de surcharge des vols charters oblige, la moindre place étant occupée désormais : idéal pour la propagation d'un virus malin qui adore la promiscuité.
Première remarque : alors que Wuhan est confinée, que des morts en série sont déjà dénombrés, les compagnies aériennes n'ont alors pris aucune précaution (vente à bord, distance entre passagers...). Nous sommes pourtant deux mois après les premiers cas.
Début mars, David tombe malade et se fait tester : on lui confirme qu'il a contracté le virus. S'en suit une "prise en charge" digne d'un film de Mister Bean ou de la Panthère Rose en version médicalisée. Il est refusé à l'hôpital de Chartres (!), on lui signifie que l'endroit n'accueille pas les pestiférés dans son genre. Rien d'étonnant pour votre narrateur, qui y fut soigné par des branquignols après un accident de vélo l'année dernière : évitez de tomber malade ou de vous ramasser en vélo, bagnole et moto quand vous êtes de passage dans ce secteur, c'est un conseil d'ami...
Donc David est envoyé à Orléans sans que son mode de transport soit précisé (véhicule adapté ou non). Dans le Loiret, le personnel soignant n'a ni masque ni gants (!), il est admis au service des maladies exotiques le lendemain seulement et placé dans un "sas" où un médecin lui donne à manger par une trappe. David fut quelque peu étonné, son entreprise (privée) fut plus réactive que le système de santé (public), cherchez l'erreur. Puis David rentre chez sa compagne contaminée elle-aussi et le couple se place en quarantaine.
Entre son arrivée en France et sa sortie de l'hôpital, son covid a pu se régaler d'une marée de cas contacts à croustiller...
Deuxième remarque : l'amateurisme, le manque de sérieux, de formation, des soignants et l'absence de matériel de base pour exercer sereinement la médecine. Combien d'infirmières sont décédées depuis le début de cette pandémie ?
C'est toujours par ces articles de proximité que les choses s'analysent et se comprennent. Alors que la dictature chinoise confine une ville entière malgré son mépris des droits de l'homme et de la vie d'autrui, il aura fallu deux mois pour que les occidentaux réagissent et comprennent l'ampleur du problème. Des compagnies aériennes qui fonctionnent comme si de rien n'était, des hôpitaux non préparés et dépouillés de leur matériel par les politiques d'austérité, des citoyens mal informés sur la dangerosité du virus : chacun connait la suite... Afin de ne pas finir un jour en zombies comme dans le dernier train pour Busan (un peu plus, le réalisateur de ce film d'épouvante aurait choisi Wuhan...) , l'armée des douze singes ou le film avec Will Smith dernier survivant à New-York, il faudra bien se décider à réinvestir dans la recherche médicale, la santé publique et surtout relancer le civisme. Les pangolins, les fuites de laboratoire, les produits congelés sont peut-être des causes, ce sont d'abord les conséquences qu'il faudrait anticiper...
Source de l'article : https://www.lechorepublicain.fr/chartres-28000/actualites/premier-cas-de-covid-19-en-eure-et-loir-il-temoigne-un-an-apres_13930739/




