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Pédophiles, On, Off etc. - AgoraVox le média citoyen
jeudi 25 novembre 2010 - par Imhotep

Pédophiles, On, Off etc.

La nouvelle affaire des propos de Nicolas Sarkozy, de son dérapage verbal fait couler beaucoup d’encre. Un débat a été lancé, celui de la publication ou non de cet « off » avec des arguments pour et contre. Il y a aussi le débat de la réalité des transcriptions avant publication de la bande son parLibération. Il y a donc des débats de forme et de fond. Il me paraît nécessaire de revenir sur les uns et les autres.

Pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté vous aurez en fin de texte tant la bande son (par Libération), que le texte transcrit par Arrêt sur Image. C’est à partir de ces deux éléments complétés par le texte Patrick Filleux, membre fondateur du Syndicat Autonome des Journalistes (SAJ-UNSA) et celui d’Arnaud Leparmentier du Monde qui s’y oppose, que nous pouvons réfléchir.
 
Une des premières réflexions que l’on peut se faire, c’est qu’avec Nicolas Sarkozy le off est devenue un peu comme le secret défense. On le met partout et n’importe comment histoire de dire ce que l’on veut et d’en bloquer la diffusion. Si l’on suit la définition qu’en fait Patrick Filleux, dans son article : Le « off » existe, certes, mais pas devant un groupe important de représentants de la presse. Un ou deux journalistes peuvent bénéficier d’une confidence propre à éclairer leur appréhension et compréhension d’un évènement. C’est courant, légitime et suppose une relation de confiance entre les interlocuteurs qui en règle générale se connaissent bien il faut pour qu’il y ait un off :
- peu de journalistes
- une confidence qui, selon moi, ne peut être révéler sans mettre en jeu des conséquences néfastes
- une information qui éclaire un événement
 
Suffit-il de dire comme l’a fait Nicolas Sarkozy c’est off pour que cela le devienne d’un coup ? Souvenons par exemple de l’affaire du Figaro, où ce dernier a publié pratiquement in extenso les propos de Nicolas Sarkozy dans l’affaire de l’EPAD où il voulait faire passer le message qu’il s’était trompé. C’était du off mais toutes les circonstances plaidaient pour le contraire : convocation, éléments de langage. Le Figaro avait fait croire qu’il tenait ses informations des proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy alors que c’était de sa propre bouche, justement pour que ce qui était off ne soit pas divulguer en off. Il ne s’est pas plaint comme aujourd’hui, à l’époque, qu’on ait trahi sa confiance. On peut donc dire que concernant Nicolas Sarkozy le off n’est plus un off qui éclaire un point obscur par des informations confidentielles non publiables pour d’évidentes raisons d’intérêt général, mais une technique pour soit faire passer une information, soit manipuler ceux à qui il parle, car le terme de off crée imédiatement une sorte de complicité entre celui qui sait et celui qui a la chance qu’on lui communique un secret. L’important fait important le journaliste. Ils sont tous deux dans le secret des dieux, le premier ayant fait entrer le second dans ce cénacle restreint et privilégié. La réponse à la question est évidemment non. Nommer une chose si le nom ne s’y approprie pas ne la transforme pas d’un coup de baguette magique en son opposé. Il n’y a coïncidence parfaite que quand celui qui la nomme en respecte les règles intrinsèques. Dans ce cas précis, les règles ne sont pas respectées. Cette information ne met pas en cause une quelconque sécurité, ne met pas en cause un intérêt vital et n’éclaire en rien les dessous secrets de la conférence de Lisbonne. En revanche, comme le prouve toute l’intervention, ce off-là permet 1- de la faire boucler pour une information qui se doit d’être publique, et 2- de manipuler les présents. Comme le dit Filleux ce devait être une conférence de presse, c’est donc dans ce contexte précis de conférence de presse, dans un lieu public (on entend bien le passage et les conversations à l’arrière plan) qu’ont lieu ces « confidences ». Ensuite notez bien quand Nicolas Sarkozy demande le off. Ce n’est sans doute pas pour sa tirade sur les pédophiles, c’est parce qu’il va critiquer le pauvre Millon : Et ce brave M. Millon, c’est off ce que je vous dis, qui dit qu’il a une intime conviction. Il parle de off à cet instant précis pour donner du poids, du genre, mon p’tit gars j’t’l’dis à toi, t’iras pas le répéter, mais entre nous ce gras-là est un fichu connard ! J’peux pas le dire en public mais à toi j’peux t’dire le fond de ma pensée. C’est off car il critique la conviction de Millon, le fait même d’en avoir une. Et la suite n’est qu’une démonstration et n’a rien de off. Voilà ce que je crois. La suite était autre chose. Même si je me trompe, cela ne change en rien qu’aucune circonstance ne méritait que ces déclarations soient faites en off.
 
Arnaud Leparmentier justifie la non publication de ce off, par cet étrange argument compte tenu des faits : En réalité, le “off” de Nicolas Sarkozy ne valait pas tripette. Il ne faisait que reprendre dans les termes fleuris qui sont les siens le communiqué qu’il avait rédigé dans la journée et fait signer par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant. Nous avons juste précisé dans Le Monde que M. Sarkozy avait défendu son cas “en termes outranciers” ». Il a parlé, comme il le fait toujours, y compris dans ses conférences de presse, en prenant à partie les journalistes qui le questionnaient. Rien de neuf ni de caché pour le lecteur. Sur le fond, non plus, le briefing n’apportait rien de nouveau. Le Monde est entré dans cette réunion en en acceptant les règles fixées d’avance.
 
En effet c’est factuellement faux. Le Monde, comme il dit, n’a pas pu entrer dans cette réunion en en acceptant les règles fixées d’avance pour les deux raisons suivantes, c’est que ce n’était pas une réunion, mais cela devait être une conférence de presse et qu’ensuite le off est intervenu en cours de route à la suite d’une intervention d’un journaliste. Double erreur. Ensuite il y a une erreur d’analyse car ce qu’il dit nous renseigne sur au moins un point sa méthode auprès des journalistes et sur ses réponses quand l’affaire elle s’est accélérée, ce qu’il n’était pas possible d’avoir comme information avant puisqu’avant Millon n’avait pas témoigné. C’est donc faux là aussi. On ne peut se contenter du fait que Guéant ait fait un communiqué long et alambiqué.
 
Dans le contenu de cette intervention il trois choses intéressantes :
- la sortie sur la pédophilie, en deux étapes distinctes dans le fond
- le rapport aux journalistes
- les mensonges et la façon de répondre aux questions.
 
Commençons par ses réponses dans l’affaire Karachi. La technique est toujours la même : mentir, accuser le journaliste d’incompétence, forcer de par sa position à faire dire à son interlocuteur une affirmation non vérifiée. Par exemple le qui peut croire une fable pareil ?, devient ici : Il n’y a pas un seul parmi vous qui croit que je vais organiser des commissions et des rétrocomissions sur des sous-marins au Pakistan, c’est incroyable. Il reprend exactement aussi la même expression : je n’ai rien contre vous, comme à Bruxelles, avant son délire sur le braquage, ici avant de parler de pédophilie. Mais les mensonges s’accumulent. par exemple lorsqu’il dit que Millon ne dit pas quels sont les services, Millon l’a dit dit ce sont les services secrets. Pas de services, pas de vérité donc :  On lui dit : "Mais alors ça se base sur quoi ?". "Des rapports oraux des services." Ah bon, quels services ? Qu’il dise un nom, un service. Mais personne, aucun service. Or voici une preuve (et ceci pour ceux qui disent qu’il n’y a pas de preuves) ce que dit Millon au juge Van Ruymbeke (Le NouvelObs) : Question : Les services secrets ont-ils été chargés par le ministère de la Défense de tracer les mouvements de fonds issus des rétrocommissions comme vous l’avez indiqué en citant des pays aux auteurs du livre (page 225) ?
 
Réponse : Je leur ai dit exactement que la DGSE avait recherché s’il y avait des dépôts de sommes qui relevaient de contrats de commissions liés à l’armement et il est apparu qu’il y avait des mouvements dans les pays cités par les auteurs mais jamais la DGSE n’est pas parvenue à avoir une preuve tangible de ces dépôts et mouvements. C’est Dewatre qui supervisait ces opérations.
Quels services ? La GDGSE et c’est dit clairement.
 
Evidemment ses mensonges ne s’arrêtent pas là. Il dit qu’il n’est intéressé ni de près ni de loin à la vente des sous-marins Agosta. Or, en dehors de l’enquête de police luxembourgeoise qui dit qu’il est directement impliqué - passons sur l’approximation de l’autorisation préalable qui n’est plus obligatoire depuis 1992, car en fait cette autorisation était pour le début des négociations, mais elle est obligatoire avant la signature, et ce toujours en 1995, il se sert donc d’une demi-vérité pour faire avaler un mensonge -, Médiapart a publié une lettre (en fait des documents) du ministre François Léotard au ministre Nicolas Sarkozy afin que le ministère du budget cautionne la vente, ce qui est obligatoire, lettre visible ici grâce au Monde. Ceci veut dire que non seulement il était au courant mais qu’il était partie prenante puisque son ministère a cautionné la vente. Et qui peut croire cette fable que pour un contrat de cette importance financière et politique le ministre du budget puisse être tenu de près et de loin, éloigné de ce contrat ? Cette lettre prouve non seulement que Nicolas Sarkozy ment à double titre (aucun document selon lui ne cite son nom, et il n’est pas intéressé par la vente des sous-marins) mais qu’il en existe des preuves qui ne sont pas des racontars, qui sont solides si tant est qu’il puisse y avoir de plus solide qu’un courrier d’un ministre à un autre ministre, document officiel, classé et enregistré. Peut-être que les avocats sarkozyaques vont-ils nous dire que c’est un faux. Par exemple aussi il dit que personne n’a accès aux pièces de la justice. Ce qui est faux. L’avocat des familles des victimes y a accès.
 
Nicolas Sarkozy joue également comme tous ceux qui se croient malins et prennent les autres pour des bûches, de la déviation, autrement dit utiliser une pseudo évidence pour camoufler une vérité. Par exemple dire qu’il n’était pas trésorier ni directeur de campagne pour le dédouaner de son rôle de ministre du budget. Il n’était pas trésorier certes, mais cela n’interdit nullement d’intervenir dans le financement, le trésorier n’étant évidemment pas le seul qui puisse trouver des fonds, ensuite cela n’a rien à voir avec son rôle de ministre du budget rôle pour lequel on cherche à connaître l’implication dans les rétro-pots-de-vin.
 
Passons à ce qui est éclairant dans cette intervention, le comportement des journalistes. Aucun soutien à leur confrère qui pose les questions qui fâchent. Par exemple quand ce dernier essaye de maintenir sa question sur les pièces incriminant Sarkzoy, personne ne vient à son aide quand le Président ment ouvertement. Quand ce dernier déclare que tous les documents ont été transmis, si un jouraliste isolé peut passer à côté des faits qui prouvent le contraire, tous c’est impossible. Or Fillon venait de refuser la persquisition et Fillon c’est bien l’Etat comme il dit. Or la commission a refusé cette perquisition, or cette commission c’est bien l’état alors que perquisition il y a déjà eu dans l’affaire Ben Barka, or Fillon n’est pas obligé de suivre l’avis de la commission. Quand le juge Trévidic fait à Juppé la même demande qu’il a faite à Morin en mai et que ce dernier a fait le mort et que 5 mois plus tard aucune réponse alors que le délai légal est de deux, c’est un fait avéré que les journalistes ne peuvent ignorer, et pourtant il laisse leur pauvre confrère seul devant le mensonge de Nicolas Sarkozy. Quand le gouvernement a le pouvoir de faire en sorte que le Conseil constitutionnel donne les délibérés qui ont permis à Balladur de voir ses comptes validés malgré l’avis contraire des rapporteurs et que ce gouvernement ne le fait pas, l’Etat comme le dit Sarkozy ne permet pas à la justice d’avoir tous les documents qu’elle réclame :
- (PA) Est-ce qu’on vous êtes d’accord pour qu’on lève le secret sur tout un tas de documents qui permettraient peut-être de tirer tout ça au clair ?
- (NS) Mais tout à fait, mais tout à fait. Je ne suis pas pour qu’on déclassifie tout, mais pour les documents... A ma connaissance, il n’y en a pas un seul qui ait été refusé.
- (PA) Bernard Accoyer refuse de mettre sur la place publique…
- (NS) Mais Bernard Accoyer, c’est Bernard Accoyer.
- (PA) Vous dites il n’y en a pas un.
- (NS) Oui mais pas un de l’Etat, pas un seul de l’Etat.
Ce qui est par dessus choquant c’est la manière acceptée par les journalistes dont ils sont traités. Il leur dicte leurs pensées : vous ne pouvez pas penser ceci ou cela, il les cajole en riant avec eux qui le lui rendent bien, les bouscule gentiment (vous n’êtes pas sérieux, faites votre métier, c’est tout). Il n’y a aucune résistance, sauf un qui est obligé pour détendre l’atmosphère de demander si cela ne lui a pas coupé l’appétit (cela me scie, ce genre de connivence). Les rires sont la conclusion.
 
Terminons par l’utilisation de la pédophilie. Ce choix, cela a été dit de nombreuses fois, n’est pas innocent. La pédophilie est le pire crime qui soit selon le degré de valeurs qu’a présenté plusieurs fois Nicolas Sarkozy. Evidemment Nicolas Sarkozy a le droit de se défendre et d’utiliser une métaphore. Celle-ci est particulièrement mal choisie ou bien choisie selon son point de vue. C’est choquant, outrancier, déplacé, mais dans le raisonnement de l’utilisation d’une métaphore pour prouver par l’absurde une accusation se justifie en soi. Ceci est pour la forme. Pour le fond encore faut-il que cette justification repose sur une vérité, l’innocence absolue de Nicolas Sarkozy. Il fait le parallèle avec des rumeurs répandues contre un non pédophile et de soi-disantes rumeurs le concernant. Or son nom est apparu de façon réelle et prouvée dans la vente des sous-marins. Dans la caution de l’Etat, dans la création des sociétés off-shore. Ceci l’implique à ce stade-là dans les ventes. Or il nie ce fait. Ces implications ne sont pas (encore ?) directes dans les rétro-pots -de-vin mais sont indirectes par la société Heine, par le chantage de Boivin, par les courriers de ce dernier à Nicolas Sarkozy, par les notes de Menayas. Nier ne serait-ce qu’une évidence : la caution de l’état, alors qu’en soi ceci est une obligation n’a pas de sens sauf à ce que reconnaître une chose simple et légale l’impliquant, mais en toute légalité, dans ces ventes fait un court-circuit dans son esprit et lui dit que de l’accepter ce serait accepter et révéler d’être associé à autre chose plus inavouable. En revanche ce qui est parfaitement inacceptable et n’a aucune justification dans sa défense, ce sont deux autres utilisations du terme pédophile : 
- (PA) J’espère qu’on vous a pas coupé l’appétit.
- (NS) Mais non. C’est sans rancune, hein, le pédophile (rires)
et pour conclure
Amis pédophiles, à demain !"
Les rires évidemment ce n’est pas très glorieux car Nicolas Sarkozy n’est ni un comique sur scène ni un pote de bar. C’est le Président de la République, dans sa fonction, à un sommet international qui s’adresse à des professionnels dont le métier doit drésser une barrière étanche entre ceux qu’ils sont et ceux qu’ils interrogent. C’est de la simple déontologie. Et si cela n’interdit pas la bonne humeur il y a d’évidentes limites et n’oublions pas qu’Hortefeux a été condamné pour une plaisanterie selon lui de mauvais goût. Qui plus est Hortefeux était parmi des militants de l’UMP ce qui n’est pas de même nature que des journalistes avec un homme politique. Vous noterez l’expression sans rancune, expression de celui qui colle une baffe injustifiée à un autre et lui dit, allez mon gars c’est pas si grave, sans rancune hein ? Ainsi Nicolas Sarkozy s’autorise-t-il un off pour mettre des beignes sans que cela se sache, puis ensuite une fois qu’il a frappé il dit, sans rancune ! La totale quoi. Par ailleurs il accuse directement Philippe Alfroy, pas tous, lui seul, comme s’il était le seul à faire état de cette affaire. En fait il est le seul (déjà à Bruxelles) à faire son métier. Nicolas Sarkozy ne s’y est pas trompé. Mais allons au fond des choses. En lui disant cela à lui seul, il n’est plus dans la métaphore générale. Au début oui, même s’il l’accuse, car il l’accuse dans une démonstration. Là, non. L’explication a été donnée, le sujet est clos. Cette expression est, ici, une attaque personnelle sous couvert d’ironie et de plaisanterie entre piliers de bar. Elle est en plus insultante considérant d’avance que celui qui a reçu la baffe sera un lâche et fera ami ami avec celui qui lui a donnée.
 
Nicolas Sarkozy termine donc cette entrevue par Amis pédophiles, à demain ! Là aussi il n’y a aucune justification. Cela dénote qu’il est incapable de passer à autre chose, d’avoir du recul. Il y a là une sorte de rancune tenace, d’incapacité à avoir de la distance, de la révérence aux lois des rapports humains, de la simple considération pour ses interlocuteurs. Sans doute cela le résume-t-il. Et que penser de cette association d’amis avec pédophiles ? Si nous faisons de la pure syntaxe est-ce que cela ne voudrait pas dire qu’il serait, lui-aussi, pédophile concluant un de leur banquet et souhaitant se revoir bien vite, le lendemain ?
 
Bien sûr qu’il fallait publier ce qui n’était pas un off et qui nous enseigne sur le comportement des journalistes, le comportement de Nicolas Sarkozy et de leur rapports.
 
@SI : Le document qui suit retrace la conversation entre le Président et plusieurs journalistes présents, dont "MD", Michaël Darmon (France 2) ; "PA", Philippe Alfroy (AFP) ; "GV", Grégory Viscusi (Bloomberg) et "EJ", Emmanuel Jarry (Reuters).
 
"- (MD) Qu’est-ce que vous pensez de ceux qui, dans l’attentat de Karachi, vous interpellent ?
- (NS) Parfois, certains de vos confrères, je leur fais pas de reproche mais quand même, c’est curieux. La moitié des journaux disent que j’étais le trésorier de la campagne de Balladur. M. Darmon, je vous pose une question est-ce que j’ai été trésorier de la campagne de Balladur ?
- (MD) Non.
- (NS) Non, je vais gêner personne mais c’est simple de vérifier quand même... J’ai jamais été trésorier de la campagne de Balladur. D’autres disent que j’ai été directeur de la campagne de Balladur. Est-ce que j’ai été le directeur de la campagne de Balladur M. Darmon ? J’étais le porte-parole de Balladur. Bon, hein. Pourquoi ne pas être précis ? Pourquoi ne pas être précis ?
Deuxième chose, j’ai jamais été ministre de la Défense, je suis pas au courant des contrats de sous-marins négociés à l’époque avec un président qui s’appelle M. Mitterrand, un Premier ministre qui s’appelle M. Balladur, avec un ministre de la Défense qui s’appelle M. Léotard, en tant que ministre du Budget, je n’ai jamais eu à en connaître ni de près ni de loin puisque même la procédure de validation, vous savez par le ministre du Budget sur proposition du directeur général des impôts, a été supprimée en 1992 par M. Charasse, octobre 1992, j’ai même pas eu à le faire. Vous voyez ce que je veux dire.
Alors on me dit, il y a eu des commissions ? Parfait. Personne n’a la moindre preuve de quoi que ce soit, personne. Ah, il y a de l’argent liquide sur la campagne de M. Balladur, très bien, OK, dont les comptes ont été validés par le Conseil constitutionnel. Ah oui, mais Sarkozy c’était un soutien de Balladur, il est président de la République donc il est dans le coup... Est-ce qu’il n’y a pas un moment, je vous le dis sans être agressé, où il faut être sérieux ? Est-ce qu’il y en a un seul parmi vous qui a vu un document qui me mette en cause ni de près, ni de loin. Mais moi, sous prétexte que je suis président de la République et que j’ai été porte-parole de la campagne de Balladur... Mais en quoi ? Y a-t-il un document qui me mette en cause, un seul ?
- (PA) Il semblerait qu’il y ait votre nom, que vous ayez donné votre aval à la création de deux sociétés au Luxembourg.
- (NS) Ah, Luxembourg, comme Clearstream...
- (PA) Non, je ne pensais pas à ça. Sociétés par lesquelles seraient passées des rétrocommissions ?
- (NS) Jamais, mon pauvre, j’ai donné mon aval. Mais il y a une pièce qui dit que j’ai donné mon aval ? Une pièce avec le nom de Nicolas Sarkozy qui dit ça ?
- (PA) Manifestement elle est dans le dossier du juge, oui.
- (NS) Qui dit ça ? Mais enfin, écoutez, jamais. Je n’en ai aucun souvenir. Vous voyez le ministre du Budget qui va signer un document pour donner son aval à une société luxembourgeoise ? Pendant deux ans, on m’a poursuivi pour l’affaire Clearstream au Luxembourg. Tiens c’était Van Ruymbeke aussi, tiens, c’était le même, ah ça c’est curieux tiens...
- (MD) Vous pensez que c’est la même mécanique ?
- (NS) Ah j’en sais rien mais enfin je suis pas spécialiste du Luxembourg. Je n’ai pas de compte chez Clearstream. Vous vous rendez compte de ce que vous dites. "Il semblerait." Vous êtes journaliste, regardez. "Il semblerait", c’est quoi ?
- (PA) Je vous dis "il semblerait" parce que moi je n’ai pas accès au dossier du juge...
- (NS) Moi non plus, le dossier du juge, personne n’y a accès. Remarquez, il communique avec tous les journalistes. Et ce brave M. Millon, c’est off ce que je vous dis, qui dit qu’il a une intime conviction. Une intime conviction, ah bon. On lui dit : "Mais alors ça se base sur quoi ?". "Des rapports oraux des services." Ah bon, quels services ? Qu’il dise un nom, un service. Mais personne, aucun service. Ah, moi j’ai l’intime conviction que vous êtes un malhonnête. Sur quoi ? Les rapports oraux des services. Mais quels services ? C’est la DGSE, c’est les renseignements généraux, c’est la DST. Et à la DGSE, c’est M. Untel. Vous comprenez, c’est incroyable, c’est incroyable.
Et après moi je dois me justifier. Et votre confrère, très sympathique : "Il semblerait que vous ayez donné votre aval à la création de deux sociétés luxembourgeoises." Mais il connaît pas le nom des sociétés, il ne sait pas s’il y a un document qui me met en cause en quoi que ce soit. Ce qui ferait, si je parlais "on" : "Nicolas Sarkozy dément avoir donné son accord." Mais écoutez, on est dans un monde de fous. Il n’y a pas un seul parmi vous qui croit que je vais organiser des commissions et des rétrocomissions sur des sous-marins au Pakistan, c’est incroyable. Et ça devient un sujet à la télévision. Et vous, j’ai rien du tout contre vous. Il semblerait que vous soyez pédophile. Qui me l’a dit ? J’en ai l’intime conviction. Les services. De source orale. Pouvez-vous vous justifier ?
Et ça devient : "Je ne suis pas pédophile.". Mais attends. Faut être sérieux quand même. Soit vous avez quelque chose et dans ce cas là j’y réponds bien volontiers. Soit vous n’avez rien et parlez-moi de choses intéressantes... Un jour c’est sur Mme Bettencourt, un jour c’est sur Karachi. Un troisième c’est sur Clearstream. Un quatrième c’est sur des comptes que j’aurais en Suisse. Dites-moi une bonne fois pour toutes ce que vous avez et parlons-en, mais vous ne pouvez pas être instrumentalisé, vous qui faites un métier sérieux, tous les jours sur n’importe quoi. Sur les déclarations d’un avocat excité.
Soit il y a quelque chose, dans ce cas-là je m’explique bien volontiers. Soit il n’y a rien... Ecoutez. Quand même c’est curieux. Ca remonte à 1994. Bientôt dix-sept ans. S’il y avait quelque chose sur moi, ça se serait trouvé vous croyez pas, non ? En dix-sept ans ? Enfin... Un type sérieux comme Bruno Dive écrivait dans Sud-Ouest : "Nicolas Sarkozy est le trésorier de la campagne de Balladur." Et il est journaliste politique, spécialiste. Mon Dieu, qu’est-ce que ça serait s’il ne l’était pas ? Qu’est-ce que vous voulez qu’ j’vous dise ? Mettez-vous à ma place, c’est pas votre métier quand même. Enfin, écoutez. ça vous a pas suffi, Clearstream et tout ça ? Faut recommencer ?
Je ne suis pas du tout agressif, d’abord je ne vous en veux pas, non, mais attend, vous me trouvez fâché. D’abord le pauvre, il est pas pédophile. Non, je ne le pense pas (rires), mais… C’est pas un fait. En plus je le connais, je l’apprécie, j’ai aucun contentieux. Il me dit : "Il semble que vous ayez donné votre autoristation à la constitution de deux sociétés luxembourgeoises." Je n’en ai aucune idée... Y a-t-il un document qui montre à un moment ou à un autre que j’ai donné instruction de créer des sociétés luxembourgeoises ? Alors peut-être que le ministère l’a fait à un moment, j’ai été ministre du Budget deux ans, mais moi non, jamais !
Vous comprenez, je ne sais pas, je n’en sais rien. Mais reconnaissez que la question ainsi posée est un petit peu vague pour se justifier, vous comprenez.
- (PA) J’espère qu’on vous a pas coupé l’appétit.
- (NS) Mais non. C’est sans rancune, hein, le pédophile (rires)
- (GV) Et sur l’Irlande, où est-ce que nous en sommes maintenant ? (rires)
- (EJ) on revient aux sujets sérieux...
- (NS) Vous trompez pas, c’est un sujet sérieux. On va pas courir en permanence après la dernière boule puante comme ça. Ecoutez, vous êtes des professionnels, des gens sérieux. Soit on vous donne des pièces et vous me demandez de me justifier, soit dans ce cas-là vous considérez que c’est de la manipulation, point. Vous n’avez pas besoin de moi pour ça...
- (PA) Vous pensez que tout ça est une cabale ? Vous y voyez des arrière-pensées politiques ?
- (NS) C’est pas ce que je dis. Je dis faites votre travail, c’est à vous de voir si c’est sérieux. C’est à vous de faire votre travail, vous le voyez bien que c’est pas sérieux... C’est à vous de faire votre travail, vous me demandez de faire quoi. Je suis pas journaliste enquêteur, vous avez le droit d’enquêter...
Attendez, c’était quoi l’autre jour ? C’était un chauffeur de Mme Bettencourt qui tenait de la gouvernante aujourd’hui décédée de Mme Bettencourt que j’avais demandé de l’argent. Et toute une après-midi, on a dû faire un communiqué de l’Elysée pour savoir ce que je voulais répondre au chauffeur de Mme Bettencourt qui tenait de la gouvernante de Mme Bettencourt, aujourd’hui décédée, que j’avais demandé de l’argent... C’était la semaine dernière.
- (PA) est-ce que...
- (NS) Ca n’arrête pas. Je ne parle pas du grand complot ou quoi, c’est ridicule. Je dis simplement que tant que vous donnez de l’importance... Donnez de l’importance quand vous voyez des faits (digression sur Claire Thibout, l’ex-comptable de Liliane Bettencourt). C’est pas à moi de faire votre enquête, c’est à vous, vous êtes des grands garçons professionnels.
- (PA) Est-ce qu’on vous êtes d’accord pour qu’on lève le secret sur tout un tas de documents qui permettraient peut-être de tirer tout ça au clair ?
- (NS) Mais tout à fait, mais tout à fait. Je ne suis pas pour qu’on déclassifie tout, mais pour les documents... A ma connaissance, il n’y en a pas un seul qui ait été refusé.
- (PA) Bernard Accoyer refuse de mettre sur la place publique…
- (NS) Mais Bernard Accoyer, c’est Bernard Accoyer.
- (PA) Vous dites il n’y en a pas un.
- (NS) Oui mais pas un de l’Etat, pas un seul de l’Etat. Enfin écoutez, j’ai eu plaisir à vous voir (rires)... Amis pédophiles, à demain !"
 
 
Texte de Patrick Filleux :
Depuis trois ans et demi, on ne compte plus ses menaces, ses intimidations, son mépris, ses insultes, directement ou par seconds couteaux interposés.
 
Le voici venu à l’outrage, ou plutôt aux outrages.
 
La sortie soi disant « off » de Lisbonne, d’une rare vulgarité (lire l’article de Michaël Hajdenberg), le met définitivement au ban de la Nation, de son Histoire, de sa Culture, de ses traditions, de sa... politesse.
 
Oui, la « politesse » de la Nation qui se décline en savoir-vivre, élégance, respect de l’autre. Cette politesse que de par sa fonction « il » est aussi chargé de représenter, tant devant notre peuple que devant les peuples du monde, « il » vient de la piétiner, donnant du même coup de notre pays l’image de la patrie des soudards.
 
Outrage : grave offense, atteinte à l’honneur, à la dignité de quelqu’un, affront, injure (le Larousse est prolixe).
 
Ce point de presse dans la capitale portugaise, n’était -au départ- en aucun cas « off » (traduction : non destiné à être rendu public), d’autant que c’est le conseiller diplomatique de l’Elysée, Jean-David Levitte, qui devait s’en acquitter. Chacun sait qu’il n’est pas dans les habitudes de ce haut fonctionnaire (unanimement respecté au quai d’Orsay), de confier à la presse des secrets impubliables, ayant trait aux relations internationales.
 
Non, ce n’est qu’après la consternante et scandaleuse sortie que l’on sait, que « son » entourage s’est précipité pour mettre en garde nos confrères et leur intimer un silence qui a pour noms intimidation, pression, voire chantage aux graves ennuis professionnels pour ceux qui se mettraient en tête de faire tout simplement leur travail, ce pourquoi ils reçoivent un salaire.
 
Le « off » existe, certes, mais pas devant un groupe important de représentants de la presse. Un ou deux journalistes peuvent bénéficier d’une confidence propre à éclairer leur appréhension et compréhension d’un évènement. C’est courant, légitime et suppose une relation de confiance entre les interlocuteurs qui en règle générale se connaissent bien.
 
Mais déclarer « off » ce qui ressemble plus à une conférence de presse qu’à un échange discret en coulisses est tout simplement grotesque. D’autant qu’il n’y avait dans les propos tenus, aucune information stricto sensu concernant la réunion de Lisbonne.
 
Il y eut en revanche un assaut verbal délictueux de la part d’un chef d’Etat.
 
Et c’est précisemment cet assaut (qui n’était pas pour son auteur un « dérapage », mais bien l’expression consciente d’une ire compulsive) qui valait information. Quel digne titulaire de la carte de presse pourrait défendre le contraire ?
 
Ces insultes valaient aussi sévère bronca de la part de celles et ceux qui les ont reçu, ou à tout le moins manifestation générale de solidarité avec le confrère visé. Mais semble-t-il, personne n’a bronché. Pas brillant !
 
Mais, faut-il le rappeler, les journalistes es-qualité ne sont pas plus ou moins courageux que la moyenne de la population. Il ne faut pas rêver. Peu se récitent tous les matins cette maxime d’Albert Londres : « porter le fer dans la plaie ».
 
Et s’« il » est considérablement affaibli et semble précipité dans une fuite en avant dont on ignore où, comment et quand elle se terminera, « il » fait encore peur et son emprise sur les hiérarchies rédactionnelles (dont dépendent les journalistes présents à Lisbonne) est encore forte.
 
Ce grave incident le prouve mais n’excuse en rien la « frilosité » de nos confrères dont certains (saluon-les ici) ont tout de même pris le parti, après quelques jours de réflexion, de porter discrètement l’affaire à la connaissance du public, par l’entremise de journaux courageux comme Mediapart et l’Express, rapidement suivis par l’Agence France-Presse.
 
Reste et restera l’outrage.
 
Mais c’est le peuple qui maintenant a et aura son mot à dire, plus les journalistes qu’« il » outrage, lorsqu’ils ne sont pas ou plus à sa botte.
 
Arnaud Leparmentier (Blog) : 
Le “off” de Nicolas Sarkozy ne valait pas tripette
Petit post de cuisine journalistique. Vendredi soir, en marge du sommet de l’OTAN, Nicolas Sarkozy a réuni des journalistes pour tenir un briefing off pour défendre sa position sur l’affaire de Karachi. Sur le papier, la règle du “off” est claire : les propos ne peuvent pas être reproduits. Quelques medias - qui n’étaient pas présents - ont diffusé ces propos. J’ai choisi de ne pas les reproduire dans Le Monde. Il serait facile de dire que je n’étais pas présent à Lisbonne, mais là n’est pas la question : le spécialiste du Monde de l’OTAN et les collègues du “Sarkotour”, ceux qui suivent le président dans ses déplacements, m’ont immédiatement débriefé.
 
En réalité, le “off” de Nicolas Sarkozy ne valait pas tripette. Il ne faisait que reprendre dans les termes fleuris qui sont les siens le communiqué qu’il avait rédigé dans la journée et fait signer par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant. Nous avons juste précisé dans Le Monde que M. Sarkozy avait défendu son cas “en termes outranciers” ». Il a parlé, comme il le fait toujours, y compris dans ses conférences de presse, en prenant à partie les journalistes qui le questionnaient. Rien de neuf ni de caché pour le lecteur. Sur le fond, non plus, le briefing n’apportait rien de nouveau. Le Monde est entré dans cette réunion en en acceptant les règles fixées d’avance. Nous nous sommes fixé pour ligne de conduite de toujours publier les informations et faits précis communiqués par le président, même en “off” : dans le cas d’espèce, il n’y avait pas d’information.
 
 
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Si vous êtes intéressés par les textes ci-dessous, vous pouvez les retrouver en cliquant sur les liens et ce totalement gratuitement car il est hors de question que je touche un Kopek sur le dos de la Sarkozye qui, étant le règne du bling bling et de l’argent roi et corrupteur, sera combattue par son contraire : la gratuité (ou en compensation faire un don à Agoravox ou vous abonnez à Médiapart). Pour simple information, si vous êtes sur iPhone ou iPad, sans flash, en haut de la page dans le bandeau vous pouvez télécharger les textes en pdf, et pour tous les diffuser le plus possible autour de vous. Pour le télécharger il y a une flèche verte dirigée vers le bas dans le bandeau. Il faut vous inscrire à Issuu ce qui permet aussi de télécharger tous les textes nombreux et intéressants de ce site. Sinon vous pouvez toujours vous désinscrire ensuite. Si tout cela vous gêne je pourrais vous les envoyer par e-mail (imhotep.forumlogos@free.fr)). Le texte sur Woerth est régulièrement mis à jour (aujourd’hui 6é version du 16 novembre 2010) :
 N’oublions jamais :
  • l’affaire Karachi
  • l’affaire GDF
  • l’affaire Tapie
  • l’affaire Clearstream
  • l’affaire Bettencourt
  • l’affaire Wildenstein
  • l’affaire de Compiègne
  • l’affaire Peugeot
  • l’affaire de la Jatte
  • la proposition de loi sur la déchéance de la nationalité française et son extension
  • l’affaire de la rémunération illégale de septembre au 31 décembre 2007
  • la circulaire Hortefeux
  • l’affaire des sondages
  • les classements du parquet
  • l’affaire de l’espionnage par le contrespionnage des journalistes
 
Sarkozya delenda est !
 
Vignette Wikipédia Statue sur le thème de l’esclavage sexuel d’une mineure 


10 réactions


  • frugeky 25 novembre 2010 12:30

    Et oui, les « grands » journalistes de la presse écrite ne valent pas plus que les présentateurs télé qui l’ont interrogé la semaine dernière.

    Sur L’affaire.
    Chirac n’aurait pas cessé les versements aux officiels pakistanais. Si c’est vrai, et comment ne pas le penser, l’hypothèse que l’attentat vienne d’eux, parce que les commissions ne sont pas versées, s’écroule.
    Un responsable de la DCN dit que si les commissions ne sont pas versées, il y a risque pour ses personnels. Faut-il entendre rétro-commissions, puisque les commissions ont été versées ? Dans ce cas là, qui aurait pu commanditer les attentats en réponse aux rétro-commissions bloquées ? al quaîda ?


  • Imhotep Imhotep 25 novembre 2010 12:34

    Voici un témoignage de Dumas dans le Monde qui confirme que les comptes de campagne de Balladur devaient être rejetés (ainsi eu ceux de Chirac). Voilà qui sont les RPR :


    Le Monde de jeudi 25 novembre (daté 26 novembre) relate, par le menu, les débats qui ont déchiré le Conseil constitutionnel, en octobre 1995, à l’occasion de l’examen des comptes de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur.

    Président du Conseil constitutionnel à l’époque, Roland Dumas, qui déclare aujourd’hui au Monde être favorable à la publication des procès-verbaux de la séance, actuellement couverts par le secret de la délibération, a pesé de tout son poids lors du vote final. C’est lui qui a donc emporté la décision.

    Les comptes de M. Balladur comportaient pourtant une anomalie : le versement suspect de 10,25 millions de francs (1,56 million d’euros), en espèces. Cet argent pourrait provenir de rétrocommissions, selon une hypothèse privilégiée dans l’enquête menée par le juge Renaud Van Ruymbeke sur la vente de sous-marins au Pakistan, en 1994.

    Selon les informations du Monde, dès l’ouverture des débats au Conseil, M. Dumas met en garde ses collègues. Les comptes de Jacques Chirac, leur rappelle-t-il, présentent, eux aussi, des recettes injustifiées et une sous-estimation des dépenses. Et il insiste : si on annule les comptes de l’ancien premier ministre, il faudra aussi annuler ceux du président élu.

    Il observe que les dépassements chez celui-ci sont « beaucoup plus sérieux »« Peut-on prendre le risque d’annuler l’élection présidentielle et de s’opposer, nous, Conseil constitutionnel, à des millions d’électeurs et ainsi remettre en cause la démocratie ? », fait-il valoir.

    Maurice Faure, éphémère ministre de la justice de François Mitterrand en 1981, rechigne pourtant. « Je n’accepte pas cette solution », dit-il. Il est l’un des seuls à s’émouvoir publiquement. Les rapporteurs, eux, continuent de batailler. A quoi donc ont servi leurs investigations si c’est pour capituler ?

    M. Dumas décide alors de suspendre la séance. Il demande aux rapporteurs de revoir leur copie et de modifier les modes de calcul qu’ils ont retenus. Les comptes de campagne d’Edouard Balladur seront finalement validés après cinq jours de débats houleux, malgré l’avis négatif des rapporteurs.


  • Imhotep Imhotep 25 novembre 2010 12:37

    Et voici qui est fait préfet par Nicolas Sarkozy (édifiant) Le NouvelObs :

    Xavier Peneau, ancien bras droit d’Alain Carignon, nommé préfet

    Sous le coup d’une condamnation dans l’affaire du rond-point Alpexpo, Xavier Peneau, a été nommé préfet de l’Indre.


    Xavier Peneau, ancien directeur de cabinet d’Alain Carignon condamné plusieurs fois, a été nommé préfet de l’Indre souligne le Canard Enchaîné dans son édition de mercredi 24 novembre. 

    Xavier Peneau a d’abord été directeur général des services du département de l’Isère, directeur de cabinet d’Alain Carignon au conseil général puis directeur de cabinet d’Alain Carignon à la mairie de Grenoble. En 1999, il est condamné à un an de prison avec sursis et 50.000 euros d’amende pour « abus de biens sociaux » et « usage de faux »dans l’affaire du rond-point Alpexpo.

    L’homme est ensuite condamné une nouvelle fois dans cette même affaire, solidairement avec Alain Carignon, à rembourser 253.126 euros aux contribuables de l’Isère plus 51.000 euros d’intérêts. Selon l’hebdomadaire, l’actuel président du conseil général de l’Isère a écrit il y a trois semaine à François Baroin, ministre du Budget pour qu’il recouvre la somme. 

    Fin 2003, Xavier Peneau est promu par Nicolas Sarkozy haut fonctionnaire au ministère de l’Intérieur alors qu’Alain Carignon est lui-même « conseil politique bénévole » dans ce même ministère. Xavier Peneau est ensuite chargé par Brice Hortefeux d’une mission au bureau des élections. En décembre 2009, il reçoit la légion d’honneur.


  • Leviathan Leviathan 25 novembre 2010 13:17

    Frederic M.... était-il dans la salle ? (héhéhéhé)


  • jako jako 25 novembre 2010 13:50

    Merci de toutes ces informations Imothep.
    Encore un miasme qui remonte du fumier.
    Hold-up permanent cela va finir par laisser des traces , je veux dire avoir des conséquences non ?


  • Albar Albar 25 novembre 2010 14:40

    La publication de cet « off » est souhaitable afin de désigner un voyou de président qui n’en est pas à sa première.


  • antonio 25 novembre 2010 19:09

    Au point où on en est... Pourquoi ne pas demander une expertise psychiatrique du chef de l’Etat ?
    La légende dit que Caligula voulait faire Consul son cheval Incitatus ; qu’a donc voulu faire d’autre le Président avec le jeune poulain ignare, le « Prince »Jean ?
    Je suis confondue par l’abaissement, la servilité des journalistes témoins du off...Comment ont-ils pu rester écouter un tel ramassis de bouffitude satisfaite, se laisser insulter...c’est sans doute que la mangeoire est bonne !


  • fred 25 novembre 2010 21:34

    Bonjour Imhotep !


    Merci pour cet article de plus.

    Vous relevez donc une manipulation dans le prétendu « off ». Il utiliserait donc la technique du « je vais faire comme si on ne savait pas que je sais ». Soit. Ca m’est venu hier aussi...

    Si c’est vrai c’est un très bon coup. Car -faites le test- quand vous racontez l’histoire et les propos tenus, la plupart des gens répondent (quand ils vous répondent) : « il a raison, on ne peut accuser sans preuves ».

    Excellent coup car finalement... PERSONNE NE SOULEVE LA VRAIE QUESTION : IL NE S’AGISSAIT DONC PAS D’AL QUAEDA A KARACHI. Hors, tous les médias ont relayé cette « info » à l’époque et encore après dans la propagande officielle.

    N’est-ce pas le moment de poser la question : « était-ce bien Al Quaeda à New-York » ??????? LA EST LA QUESTION : NULLE PART AILLEURS !!!

  • grangeoisi grangeoisi 26 novembre 2010 10:45

    Après tous ces off ,on ne peut que prononcer un grand ouf !

    Finalement qui fait l’off ?


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