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Peillon ! seul contre tous.... - AgoraVox le média citoyen
jeudi 19 septembre 2013 - par CHALOT

Peillon ! seul contre tous....

L'idée était intéressante, la mise en place au karcher est catastrophique....

Les professionnels de l'enfance, les parents d'élèves et même de nombreux enseignants pensaient qu'il fallait prendre en compte le rythme de l'enfant pour aménager les temps....

Depuis des années des discussions et des expérimentations ont eu lieu.

Mais voilà : Peillon est arrivé et il a voulu inscrire son nom sur le fronton d'une réforme radicale : l'aménagement des rythmes sera son œuvre maîtresse !?

Il a réussi un tour de passe passe en dressant tout le monde ou presque contre lui : les enseignants qui malgré l'apathie ou la résignation de directions syndicales se sont levés contre cette réforme, les élus territoriaux qui savent qu'il faudra payer cher, les animateurs territoriaux qui voient leur action éducative transformée dans beaucoup d'endroits en garderies et de nombreux parents qui devront payer dans de nombreuses localités l'accès aux activités.....

Même la sage et raisonnable délégation UNAF à la Commission d'action sociale de la Caisse Nationale des Allocations Familiales a voté contre le Projet de décret portant expérimentation relative à l'encadrement des enfants scolarisés bénéficiant d'activités organisées dans le cadre d'un projet éducatif territorial.

« Le code de l’éducation prévoit que des activités périscolaires prolongeant le service public de l’éducation peuvent être organisées dans le cadre d’un projet éducatif territorial (Pedt) associant aux services et établissements relevant du ministre chargé de l’éducation nationale, d’autres administrations, des collectivités territoriales, des associations et des fondations. Parmi ces activités périscolaires, des accueils de loisirs pourront être organisés pour accueillir les enfants pendant les temps libérés.

Le projet de décret, présenté par Aymeric de Chalup, responsable du département enfance et parentalité, prévoit de mettre en place une expérimentation permettant de réduire les taux d’encadrement applicables aux accueils de loisirs périscolaires par rapport aux taux prévus réglementairement, lorsque ces accueils s’inscrivent dans un projet éducatif territorial. Ces accueils constituent alors des accueils collectifs de mineurs au sens du code de l’action sociale et des familles.

Le décret prévoit qu’à titre expérimental, les taux d’encadrement des activités périscolaires peuvent être réduits. Cette expérimentation est circonscrite à une durée de trois ans à compter de la rentrée scolaire 2013. La norme actuelle prévoit que, pour l’encadrement des enfants scolarisés pendant les heures qui précèdent et suivent la classe, l’effectif minimum des personnes exerçant des fonctions d’animation est fixé à :

  • un animateur pour dix mineurs âgés de moins de six ans ;

  • un animateur pour quatorze mineurs âgés de plus de six ans.

A titre expérimental, le présent projet de décret prévoit que les taux d’encadrement ne peuvent être inférieurs à :

  • un animateur pour quatorze mineurs âgés de moins de six ans ;

  • un animateur pour dix-huit mineurs âgés de six ans ou plus.

Il prévoit également que les personnes prenant part ponctuellement à l'encadrement sont comprises dans l’effectif des animateurs.

Le projet précise par ailleurs que préalablement à la signature du projet éducatif territorial, les services de l’Etat s’assurent que les modalités d’organisation retenues pour l’accueil des enfants sont propres à garantir leur sécurité. Ils s’assurent également de la qualité éducative des activités périscolaires proposées, de leur cohérence avec le projet d’école et les objectifs poursuivis par le service public de l’éducation. Il indique que l’expérimentation peut être interrompue par les services de l’Etat si les exigences mentionnées ci-dessus ne sont pas respectées. Enfin, il prévoit qu’au cours de la troisième année de l’expérimentation, chaque projet éducatif territorial fasse l’objet d’une évaluation.

Par délégation du conseil d'administration, la commission d'action sociale a émis un avis défavorable sur ce projet de décret, par 15 voix contre (3 Cgt, 3 Cfdt, 3 Cgt/Fo, 1 personne qualifiée, 5 Unaf), 3 abstentions (2 Cfe/Cgc, 1 personne qualifiée) et 15 prises d'acte (2 Cftc, 3 Upa, 3 Cgpme, 6 Medef, 1 Unapl/Cnpl). »

Censuré par le conseil d'Etat, le projet de décret repris est refusé par la CNAF.

Ce décret doit être abandonné....

Quant à l'aménagement des rythmes scolaires à marche forcée, il doit être abandonné pour laisser la place à une réelle concertation.

Peillon et le Gouvernement prennent des risque : le nombre de Municipalités ayant décidé d'aménager les rythmes à la rentrée 2013 sont peu nombreuses...quant aux autres, rien n'est joué, beaucoup renâclent à juste titre.

Jean-François Chalot



3 réactions


  • asterix asterix 19 septembre 2013 14:49

    Bonjour Chalot !

    Nous avons un peu le même genre de problèmes en Belgique. Le pouvoir organisateur s’est rendu compte il y a moins de deux mois qu’il ne pourrait faire face au nombre d’enfants inscrits dans les écoles, si bien qu’en fin de premier mois de scolarité OBLIGATOIRE, plusieurs centaines de parents ne savent toujours pas où inscrire leurs enfants. Où que ce soit, l’éducation nationale, un secteur essentiel au futur est négligé, victime de coupse sombres, de désinvestissement, de laisser-aller, de manque de professeurs, d’un enseignement qui se réduit à n’avoir pas trop d’enfants qui chahutent en classe avant de rentrer à la maison.
    C’est triste !!! Les collèges huppés ont fait plus que le plein, des initiatives d’écoles privées - non payantes - voient le jour gra^ce à l’investissement des mères et, c’était à prévoir, des écoles marocaines pures viennent de recevoir l’agrégation en Flandre qui, elle, n’hésite pas à refuser l’inscription aux élèves qui ne maitrisent pas la langue. En quelque sorte, du racisme à revers pour répondre avec ses propres armes au racisme larvé.
    Je dirai comme toi sur ton sujet d’avant-hier : oui, je sais, tous les gosses ne sont pas à même niveau. Oui, trop de gosses en-dessous de la moyenne nuisent aux meilleurs. Oui, certains ont plus de chances que d’autres.
    Mais est-ce une raison de les abandonner à eux-mêmes, de ne même plus prévenir les parents en cas d’école buissonière prolongée ? De les laisser apprendre la seule loi de la rue ? 
    Entre-temps, les banques qui ont dû être renflouées par les deniers publics pour éviter que les déposants ne soient floués son reparties de plus belle dans leurs arnaques, font des profits immondes et estiment qu’elles sont trop taxées.
    Je suis moins investi que toi dans le social, mais le constat est le même : notre société ne s’occupe plus que des riches et laisse tomber tous ses devoirs envers les familles, le logement, le droit au travail.
    Cela ne m’étonne pas que plus rien ne fonctionne sauf le grand luxe.
    Dans le cas qui t’occupe, je n’y vois pas de justification dans le bien de l’enfant, mais un moyen déguisé de consacrer le moins de subsides possibles à l’éducation nationale, un des piliers de la République.
    Hollande, où es-tu Hollande le socialiste ?


  • Ruut Ruut 19 septembre 2013 17:24

    C’est aussi ça la privatisation des services publics et l’effet secondaire des délocalisations des responsabilités financières.


    Un gouvernement qui ne fait pas honnêtement son travail n’est jamais bon pour les citoyens.


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 19 septembre 2013 19:14

    En Sicile (et peut-être dans toute l’Italie), les maternelles et primaire vont en classe du lundi au samedi de 8 h 30 à 12 h 30 et les collégiens de 8h 15 à 13 h 15.


    Ce qui fait que les petits Français ont 1 h de cours en moins par semaine (23 contre 24) !

    Par ailleurs, le système Peillon ne suit pas les recommandations des chronobiologistes, les heures de cours ne correspondant pas toutes aux moments les plus favorables aux apprentissages.

    Il aurait été plus simple et plus judicieux de se contenter d’abroger les textes instituant la semaine de 4 j. et de revenir au statu quo ante.

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