Petraeus, dans son nid douillet de Kaboul, a hébergé un couple de faucons
Il faudra un jour élever une statue au rédacteur en chef adjoint du Washington Post, nommé Rajiv Chandrasekaran : ce qu'il vient de révéler dans un article exemplaire paru ce 19 décembre (ici repris par MSNBC) est absolument sidérant. Selon lui en effet, le général Petraeus n'a été que la marionnette d'un couple de conseillers d'extrême droite qui ont pu accéder à des fichiers secrets afin de mieux étayer leurs thèses sur la façon de conduire les choses militaires en Irak et en Afghanistan. Pas vraiment des inconnus, à vrai dire, que le couple formé par Frederick et Kimberly Kagan, puisqu'on retrouve le frère du premier comme co-signataire d'un texte fort célèbre, celui du Project for the New American Century (Projet pour le Nouveau Siècle Américain, ou PNAC), co-signé par les pires faucons que l'Amérique ait pu connaître, à savoir William Kristol, Devon Gaffney Cross, Bruce P. Jackson, Gary Schmitt, Thomas Donnelly, et John R. Bolton. Un texte écrit en 1997, universellement reconnu comme étant le texte fondateur de la politique militaire Bushienne, préconisant l'attaque brutale de l'Irak et qui concluait en cette phrase non moins célèbre comme quoi il faudrait à l'amérique "un nouveau Pearl Harbor" pour secouer l'apathie de l'opinion américaine et attirer son acceptation du principe : quatre ans avant le 11 septembre, ce texte représentait plus qu'une prémonition et une prophétie : c'était un véritable programme d'action de ses faucons, une feuille de toute pour arriver à leurs fins, par tous les moyens, dira-t-on abruptement en revisionnant les deux tours du WTC s'effondrer.
Avant de découvrir les liens entre le général déchu et l'un des fomenteurs du choc que pourrait représenter en 2001 une attaque sur le sol américain, notre journaliste, Rajiv Chandrasekaran, avait déjà sévèrement taclé la politique militaire de David Petraeus, dont notamment son idée de "Surge", une analyse conduite à la fin de cette opération, survenue en septembre dernier en Afghanistan. Une opération particulièrement inefficace, selon Chandrasekaran : "Le renforcement des troupes américaines en Afghanistan ("The Surge") s'est terminé la semaine dernière. Soyez pardonné si vous ne l'avez pas remarqué. Il n'y a eu ucune proclamation de la réussite de la Maison Blanche, aucun tambour ni trompette au Pentagone, aucune expression publique de gratitude de président afghan Hamid Karzaï. II a incombé au secrétaire à la Défense, Leon Panetta, qui était en voyage en Nouvelle-Zélande, d'annoncer que le dernier des soldats des 33 000 troupes de The Surge, envoyés par le président Obama à la fin 2009 à la demande de ses commandants militaires, avait quitté l'Afghanistan". Une fin discrète, pour une opération... ratée, contrairement aux déclarations lénifiantes des généraux US, dont le général Petraeus, toujours prompt à venir vanter ses propres mérites devant les micros, dans son célèbre uniforme bardé de médailles : "Ont-ils raison ?" poursuit Chandrasekaran : "dans mon nouveau livre, "Little America : la guerre dans la guerre en Afghanistan", j'explore ce qui s'est réellement passé là-bas - et à Washington - après qu' Obama ait décidé d'augmenter le nombre de troupes.
La véritable histoire de The Surge ne peut pas être réduite à une petite phrase. Elle a fait payer un coût significatif aux Etats-Unis - en vie, en personnes et en dollars. Bien sûr, "La Flambée" (the Surge) a eu quelques effets positifs : les talibans ont été chassés des grandes étendues du sud de l'Afghanistan, l'afflux de ressources américaines a accéléré le développement des forces de sécurité afghanes, et les milliards de dollars qui ont été versés dans le pays au nom de la reconstruction ont fourni des emplois à court terme à des milliers de jeunes hommes. Mais The Surge pouvait-elle réellement atteindre ses objectifs ? Et est ce que les gains valaient les coûts ?" se demandait le journaliste, remettant en cause les dires du moment de David Petraeus, qui "vendait" à la presse une réalisation réussie, selon lui. "Pour la montée en puissance de la stratégie d'accompagnement contre le terrorisme et l'emporter en Afghanistan,quatre choses principales nécessaires devaient avoir lieu : le gouvernement afghan devait être un partenaire consentant, le gouvernement pakistanais a dû sévir contre les sanctuaires des insurgés sur son sol, l'armée afghane a dû être prêts et disposés à prendre le contrôle de zones qui avaient été débarrassés des insurgés par les troupes américaines, et les Américains devaient être disposés à engager des troupes et de l'argent pendant des années. Est-ce arrivé ?"... la réponse étant bien sûr non !
Une "Flambée" en forme de feu de paille
La crainte étant celle d'un nouveau Viet-Nam avec un retraite piteuse et l'arrivée au pouvoir peu de temps après de l'ancien adversaire. "Alors qu'aurait dû faire le président de retour en 2009 ? Eh bien, je ne suis pas de ceux qui pensent que nous aurions dû plier bagage. Si nous avions fait cela - ou si nous le faisons aujourd'hui - il est probable que nous condamneriont les Afghans à l'enfer d'une insurrection prolongée ou d'une autre guerre civile. Lorsque les États-Unis ont lancé la guerre en 2001, Washington a fait une promesse implicite à la population afghane : que si elle tenait avec l'Amérique contre les talibans, nous aimerions leur donner une chance à un monde meilleur, et une vie plus libre. Mais pour ça il n'y a pas besoin d'une stratégie de contre-insurrection et une "Flambée" qui nous fatigue. L'un des protagonistes de mon livre, un ancien agent du Département d'État nommé Mikael Weston, qui a passé sept ans en Irak et en Afghanistan - plus que n'importe quel autre diplomate américain - a fait valoir qu'au lieu d'agrandir les forces et après de rentrer à la maison, nous aurions dû le faire depuis longtemps. Le président devra déterminer le nombre de soldats qu'il était prêt à engager en Afghanistan pour une décennie ou plus, et puis il faut mettre en gage ce niveau de soutien au peuple afghan. Cela voulait dire pas de "Surge". Weston était convaincu qu'une force plus petite mais durable aurait été plus intelligente sur tous les fronts : qu'elle aurait fait appel aux Afghans, qui s'irritaient de la présence de tant de soldats étrangers sur leur sol, qu'elle aurait obligé l'armée afghane à assumer plus rapidement la responsabilité de la lutte contre les talibans et à sécuriser la population, qu'elle aurait encouragé les talibans à venir à la table des négociations, et qu'elle aurait forcé les Américains à se concentrer uniquement sur les missions les plus essentielles au lieu des grands projets de construction de la nation. L'Afghanistan, m'a-t-il souvent dit, est un marathon, pas un sprint. The Surge était un sprint. Et l'Amérique s'y est trop vite essoufflée". On ne peut meilleure opinion sur le sujet : toutes les erreurs de Petraeus y sont répertoriées.

Le souvenir du ratage mémorable de "Little America"
L'histoire du livre n'était que la répétition des erreurs d'antan selon le New-York Times, qui résumait ainsi l'ouvrage de Chandrasekaran : "(il) reprend le titre d'un effort effectué plus tôt pour aider l'Afghanistan. Dans les années 1950, le roi afghan du moment avait tenu à apporter la prospérité à la région rurale du sud de son pays à travers un projet de développement énorme pris en charge par l'argent afghan et américain. Le géant de la construction Morrison Knudsen a alors construit une enclave, "Little America" pour les ingénieurs, les travailleurs et leurs familles, avec une piscine et le soir des parties de cartes. Dans une chapitre, Chandrasekaran raconte comment une émeute a éclaté dans la province de Kandahar où les anciens conservateurs pachtounes ont découvert que les filles afghanes étaient scolarisées aux côtés de garçons dans les écoles que les Américains avaient construites. Les anciens ont violemment rejeté cette forme de progrès, mais c'est finalement la terre elle-même qui déjoué le programme : la salinité du sol a causé des ravages à a plupart des cultures.
Cinquante ans plus tard, les États-Unis ont de nouveau beaucoup de ses erreurs passées dans le même lieu." Le récit d'une incompréhension fondamentale et d'un mépris évident des autochtones ! Le magazine "LIfe" avait effectué un reportage assez sidérant sur "Little America" reprenant le magazine publicitaire interne de la firme Morrison Knudsen : l'implantation en plein Afghanistan
d'un mode de vie typiquement américain, bikinis, alcools et services de prêts de disques compris (voir photo), sans oublier les hamburgers revus au milieu des camps militaires US, avait en effet de quoi choquer... une population restée à un stade fort éloigné des normes américaines. Peut-être pas la bonne méthode pour s'intégrer, ou plus exactement tout l'inverse... imposer une culture, sans respecter celle sur place : tout le dilemme de la prétention fondamentale américaine, hégémonique. Pour mémoire, la firme Morrison Knudsen, créér par Harry W. Morrison est celle qui se cachait derrière la construction du Hoover Dam, du San Francisco-Oakland Bay Bridge et même du pipeline Trans-Alaskan. La même entreprise avait construit le barrage de Kajaki Dam, dans les années 1950. L'un des éléments du vaste projet d'irrigation du pays. On peut voir ici les efforts US vus par la BBC.
Une tentative de le remettre à neuf avait lamentablement échoué en 2002, malgré l'injection de 128 millions de dollars... en pure perte. Si les anglais avaient bien réussi amené à grands frais la nouvelle turbine sur place, fabriquée par Allis Chalmers et Westinghouse il manquait tout simplement les 700 tonnes de ciment pour l'installer ! Chez les soldats anglais, révèle Cryptome, la mission de remplacement avait été surnommée "Operation Suicide" tant la région était infestée de talibans.

Qui donc avait bien pu proposer à la presse une version aussi idyllique d'une opération ratée ? On le découvre à la lecture de ceux avec qui Petraeus partageait son bureau. Ceux-là même qui avaient rédigé le rapport préconisant l'envoi de renforts, et qui expliqueront après que cette politique était la meilleure, pour sûr. De faux stratèges, vendant eux-mêmes leur fausse stratégie à un Petraeus tombé sous le charme d'une seconde hagiographe ! Un David Petraeus, qui, en effet, avait été nommé en Afghanistan le 23 juin 2010, et était débarqué avec dans ses bagages des conseillers qui le suivaient comme son ombre depuis l'Irak, ou Petraeus avait été nommé le 5 janvier 2007 par George W. Bush, en succédant au général George Casey. Deux conseillers, surtout, explique Chandrasekaran. Deux faucons, toujours prêts à voler dans les plumes de Barack Obama, comme ici dans un texte du National Review d'octobre 2012 où ils lui reprochent le retrait de l'Irak, que Petraeus lui-même avait préparé... critiquant le régime de Maliki, jugé désormais "corrompu", et "peu fiable", un régime qu'ils avaient pourtant aidé à maintenir en place. Petraeus, nommé par Obama, se faisait conseiller par les pires ennemis du président US !
En février de la même année, déjà, il s'en étaient pris violemment par voie de presse à Léon Panetta, l'accusant de ne pas s'opposer assez au réseau Haqqani, devenu à leurs yeux un nouvel Al-Qaida à combattre. En oubliant qu'ils le connaissaient très bien comme leader guerrier. C'est le même Haqqani qui avait été reçu jadis à la Maison Blanche par Ronald Reagan, le plus souvent confondu avec celui qu'il avait rejoint, le fondateur du mouvement Hezb-i Islami, Mohammad Yunus Khalis. Mais les faits étaient là, indéniables : dans son livre "The Bin Ladens", Steve Coll précise qu'Haqqani avait bien reçu des milliers de dollars de la part des américains pour lutter contre les soviétiques. C'est à lui aussi que seront distribués les missiles Stinger... qui lui seront ensuite repris contre paiement de sommes assez farmineuses, épisode le plus grotesque de cette guerre sans fin. Et c'étaient donc ces deux personnages qui avaient bureau ouvert chez Petraeus, à l'époque où sa future biographe n'habitait pas... sous son bureau (dans une scène digne d'un vaudeville de troisième zone la dame y avait en effet "séjourné" quelques instants pour des actes que la décence m'interdisent de préciser ici).
Cela, le couple Kagan ne pouvait l'ignorer, à moins d'avoir sciemment oublié toute une partie des 20 années de guerre précédentes en Afghanistan. Les Kagan (ici à gauche le mari, Frederick), depuis plus d'une décennie, jouent les oiseaux de mauvaise augure, et auprès de David Petraeus ils avaient trouvé une oreille fort attentive : la porte de son bureau leur était constamment ouverte, argue aujourd'hui Chandrasekaran. Au point que leur agence aurait même travaillé... gratuitement, précise le journaliste. Comme rien ne peut être gratuit aux Etats-Unis, il va sans dire que le couple se rattrapait avec les dividendes fabriqués par les sociétés de sécurité qui obtenaient de généreux contrats à la suite des rapports très orientés du couple infernal : un procédé bien huilé, qui engraissait notamment DynCorp, la société qui héritait le plus souvent des contrats de sécurité que signait Petraeus. Une des sociétés comme par hasard qui soutient financièrement l'institut fondé par le couple ! Kimberly Kagan, auteur, elle aussi également, comme la maîtresse de Petraeus, d'un livre à la gloire de... David Petraeus, évoquant cette fois la fameuse "flambée" irakienne : "The Surge, a military history" ! Etrange quand même de retrouver sur le passage de Petraeus deux livres écrits à sa gloire et rédigés par des femmes : les étoiles aux épaulettes seraient-elles si séduisantes encore dans ce monde ? Petraeus, l'éternel dos vouté, aurait donc été un véritable tombeur de ces dames (ci-dessous une photo de Frederick Kagan, à gauche et de Kimberly Kagan, derrière le général Jack Keane, en retraite depuis 2003 et intervenant régulier de FoxNews, lors d'une visite en 2008 d'Al Jubaylah près de Basorra, en Irak).
Petraeus, ce soir-là, allait encore plus loin, et révélait le fond de sa pensée en tressant des lauriers au faucon Irving Kristol (père du mari de la belle) le fondateur du néo-conservatisme américain : "Irving Kristol disparu, son influence se fera sentir pour les générations à venir. Il était, bien sûr, l'un des plus grands penseurs de notre nation sur une foule de sujets, de l'économie et de la religion à la protection sociale et la politique étrangère. C'était un homme d'une intelligence stupéfiante qui possédait une vision de la nature humaine et de la politique américaine qui a, à bien des égards, arés té à l'épreuve du temps. C'était un homme qui aimait profondément son pays et qui a servi admirablement - en uniforme dans l'infanterie de combat en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale et, par la suite, en tant que chercheur, éditeur, fondateur de revues, et contributeur pérenne au débats importants du jour. Encore une fois, dans tout ce qu'il faisait, c'était un homme qui croyait profondément en la force des idées et qui a énormément contribué à leur développement". Kristol, qui avait vu sa carrière de diffuseur d'idées neo-cons se faire substanciellement aider par la CIA : il était en effet devenu rédacteur de la revue britannique "Encounter" de 1953 à 1958, un magazine secrètement financé par la CIA via des fonds "culturels" offerts par le Congrès US, alors en train de sortir tout juste d'un maccarthysme ravageur ! Une pensée résolument réactionnaire, qui faisait du social un seul assistanat, des mouvements étudiants des années 60 des germes de l'anarchie ou à un soutien indéfectible et à œuillères envers Israël, pour la simple raison des origines juives de Kristol. Voilà qui avait le plus influencé Petraeus, l'homme qui s'est avant tout entouré de gens qui le flattaient ou chantaient ses louanges ! Petraeus, remarquez, lui aussi, qui aimait tant ses habits neufs de général a fini comme le roi nu...
Peu de gens avaient remarqué le grand cirque mené par les deux Kagan autour de Petraeus : une journaliste, cependant, Kelley B. Vlahos, sur AntiWar.com, avait clairement décelé leur influence délétère sur les généraux US. Son texte au vitriol est un modèle du genre, qu'on peur relire avec délectation trois ans pkus tard : "Si le général Stanley McChrystal veut parvenir à ses fins - c'est-à convaincre l'administration de lui donner plus de sang et d'argent à sacrifier à la contre insurrection en Afghanistan - il doit se munir de quelques armes secrètes à sa disposition. Et pour ça, il n'y a rien de mieux que d'avoir un couple de Kagans dans votre manche. Particulièrement Kimberly Kagan, qui, comme un foret à travers le béton, a été pratiquement omniprésente et implacable dans sa capacité à rester sur le même message, et carrément furtive dans la promotion d'un ordre du jour politique évident, lors de ses lectures militaires savantes de geek à lunettes". Ce qu'avait remarqué Vlahos, c'est que déjà, David Petraeus avait été monté au pinacle par une biographe (si bien que connaissant le sort subi par la seconde, on est en droit d'imaginer ce qui a bien pu se passer avec la première) : "bien sûr, c'est amusant à lire César. C'est amusant de lire Thucydide. C'est amusant de lire Polybe et d'en apprendre davantage sur le concept de guerre dans les temps anciens, » at-elle dit à Brian Lamb dans une interview d'elle et de son nouveau think-tank, l' Institut pour l'étude non partisane de la guerre, en 2007. Un an plus tard, elle et son mari Frederick Kagan servaient de plume à ce qui peut seulement être décrit comme un panégyrique militaire détaillée des généraux David Petraeus et Raymond Odierno, qui « ont redéfini l'art opérationnel de la contre-insurrection » à travers une campagne tactique en Irak avec laquelle les Kagans étaient très familiers , largement connue aux mortels sous le nom de "The Surge » "Les grands capitaines viennent souvent par paires : Eisenhower et Patton, Grant et Sherman, Napoléon et Davout, Eugène et Marlborough, César et Labiénus généraux David Petraeus et Raymond Odierno peuvent maintenant être ajoutés à la liste,« écrivaient les Kagans dans leur témoignage de 4536 mots". Petraeus, comparé à Patton ou Sherman, avouez qu'il y avait de quoi sourire. Comparé à Napoléon ou César, cela devenait franchement grotesque. Mais l'homme bardé de médailles a laissé faire, ne désirant entendre que les flatteries. Quant à Odierno, tout le monde s'entendait au moins sur sa profonde et incurable bêtise : "le pire général ayant servi en Afghanistan" pour les vétérans.
Résultat, les médias ignorant à quel point ils étaient proches du militaire dont ils tressaient les lauriers, se mirent à croire tout ce qu'ils racontaient. "Les Kagans, comme principaux architectes de ce « succès », ont été récompensés en conséquence avec la notion largement incontestée qu'ils étaient devenus de « brillants stratèges militaires », souligne Jim Lobe, chef du bureau de Washington Inter Press Service. « [Les Kagans] ont le mérite d'avoir arraché la victoire en Irak des mâchoires de la défaite", a dit Lobe dans Antiwar.com. "On pourrait penser que les néo-conservateurs et autres Kagans se serait discrédités à cause de leur plaidoyer en faveur de la guerre en Irak elle-même. Mais ce n'est pas le cas." Au lieu de cela, Kimberly Kagan a de plus en plus lancé des flèches pour faire avancer la contre-insurrection en Afghanistan. Et pourquoi pas ? Elle est jeune, bien plus attrayante que les austères habituels envoyés de Washington (les "Washingtoniens") et apparemment imperturbable quand elle rejette les points de discussion un à un comme une mitrailleuse. Un coup d'oeil à sa performance de 2007 Mars sur le Washington Journal à propos de la "flambée", et il est clair pourquoi Kagan a remplacé l'ancienne garde des néoconservateurs comme substitut pour la même cause." On notera cette fois le côté télégénique de la neo-con, qui sans atteindre les charmes de miss Broadwell, n'en était visiblement pas démunis non plus. Aurait-elle aussi "séduit" Petraeus, la question se pose en effet. Si ce n'est pas cela le problème, la question de son côté imbu d'elle-même et de son incompétence, elle, est à poser, rappelle Kelley B. Vlahos, qui rappelle aussi le lobbying qu'elle effectuera dans les médias sur ce qui n'était que sa propre thèse en vérité : "dans "The Atlantic", Andrew Sullivan a judicieusement souligné sa superficialité dans un post, "Mme Kagan et les commentaires sur ses propres idées (et de son mari)" : "Kimberly Kagan est répertoriée comme l'un des participants à l'équipe de recherche de son mari qui a imposé en premier lieu The Surge. Or, quand le Weekly Standard a décidé d'établir un rapport régulier sur les progrès de The Surge, il a repris l'épouse de l'auteur principal et l'un des architectes originaux du rapport. Et ils na jamais révélé ces faits pertinents. Alors permettez-moi.... " Il y avait de quoi en effet : quel culot, de venir ainsi encenser Petraeus pour "son" programme, alors qu'il était le fruit de celle qui le commentait sur les plateaux TV !!!
A noter qu'Huggins avait pris le commandement de la prestigieuse 82eme Airborne, dont le responsable de la logistique, le général Jeffery A. Sinclair (ici à gauche) est accusé de sodomie et de harcèlement sexuel : l'affaire avait éclaté, là encore après la découverte d'e-mails embarrassants du général avec d'autres femmes de sa garnison... c'est Huggins qui avait reçu la plaignante dans son bureau. Et avait selon elle tenté d'étouffer l'affaire ! Pour ce qui est de Petraeus, Kimberly l'avait interviewé le 22 janvier 2010 sur le plateau de son site... la très conservatrice Katie Couric l'ayant fait sur place à Khost le 19 août 2010...
Car il y a bien eu dévoiement, souligne AntiWar : "le site Web "de réflexion" et à but non lucratif, de Mme Kagan qui date de près de trois ans, déclare que sa mission est « d'éduquer les décideurs actuels et futurs et d'améliorer ainsi la qualité des débats politiques. Le travail de l'Institut est adressé aux représentants du gouvernement et aux législateurs, aux enseignants et aux étudiants, aux dirigeants d'entreprises, aux professionnels, et aux journalistes, et à tous les citoyens intéressés par une compréhension sérieuse de la guerre et de la politique du gouvernement. Pendant l'interview ci-dessus avec Brian Lamb, Kagan a dit qu'elle a commencé "l'Institut pour la compréhension de la guerre" pour communiquer ce qu'elle avait appris de ses collègues de West Point [des militaires] à d'autres civils en précisant que si elle pouvait apprendre [l'histoire et la doctrine militaires] en tant que discipline intellectuelle, d'autres personnes le pouvaient aussi. " Mais un seul clic sur le site Web de l'organisme, et il devient clair que le rôle de l'Institut consiste surtout à pousser une doctrine spécifique, et non pas à "l'amélioration de la qualité des débats politiques." Il est truffé de d'éditoriaux que Kagan a écrit pour forcer la main de l'administration, de remettre en question son action dans la lutte - exactement le même langage et le même ton utilisé sur les sceptiques indécis du Congrès durant les années Bush ou pour embarrasser les démocrates dans les diverses campagnes politiques au cours des huit dernières années". Dévoiement, dans le sens où l'un des buts visé était aussi les subsides détournés vers les sociétés militaires privées, celles qui, justemeent, sont à la base du financement de l'Institut créé par le couple : "Frederick et Kimberly Kagan ont beaucoup écrit sur les questions de sécurité nationale. Universitaires peu connus diplômés de Yale et de West Point, ils sont devenus de vrais amis de David Petraeus. Mais leur aventure afghane pose de nombreuses questions. Ainsi, grâce à cette proximité, Kimberly Kagan a pu attirer des sociétés de sécurité privées qui financent l'Institute for the Study of War. Le Washington Post se demande par ailleurs si David Petraeus, que le patron de Fox News aurait bien aimé inciter à se lancer dans la course à la Maison-Blanche pour les républicains, n'a pas profité de la présence des Kagan pour accroître le soutien à sa stratégie militaire auprès des responsables républicains du Congrès" ajoute Stéphane Bussard, correspondant du Temps aux Etats-Unis. Petraeus, jouant au billard à trois bandes dans le dos d'Obama, l'idée n'est pas neuve en réalité... mais cette fois, il semble que cela n'ait pas plu au principal concerné, qui l'a fait débarquer. En dégottant une maîtresse fort bienvenue, à vrai dire.
Désireux d'en sortir au mieux du conflit afghan, Obama avait dû faire avec... des généraux réticents. Mais il ne savait pas à quel point les neocons les menaient par le bout du nez.` "comment Obama a été manipulé par des avatars de Bush - avec l'aide des néo-conservateurs - a été chroniqué aussi, dans le livre de 2010 de Bob Woodward, "Les Guerres d'Obama", qui a révélé que l'ancienne équipe de Bush avait fait en sorte qu'Obama n'a pas eu d'autre choix que de grimper le niveau des troupes en Afghanistan . Les survivants de Bush ont également fait pression pour l'augmentation des troupes dans le dos d'Obama. Le livre de Woodward note qu 'en Septembre 2009, le général Petraeus a appellé un chroniqueur du Washington Post pour dire que la guerre allait échouer si le président hésitait sur les troupes. Plus tard le même mois, ll'amiral Mike Mullen [responsable du Joint Chiefs of Staff) a bien répété le même sentiment dans son témoignage au Sénat, et en Octobre, le [Gen Stanley] McChrystal a affirmé dans un discours prononcé à Londres qu'un effort trop faible contre les terroristes afghans ne fonctionnerait pas. " Cette campagne de couloirs a rendu furieux les aides d'Obama, dont le chef de la Maison Blanche Rahm Emanuel, ce que Woodward a aussi relevé.
« En remplissant sa diatribe de jurons, Emanuel a dit :« Entre le président [Mullen] et Petraeus, tout le monde est sorti et a publiquement soutenu la notion de troupes supplémentaires. Le président n'a même pas eu une chance ! " écrit Woodward. Selon le livre de Woodward, Gates, Petraeus et Mullen ont même refusé de préparer une option de sortie précoce que Barack Obama avait demandé. Au lieu de cela, ils ont offert des plans seulement pour l'escalade souhaitée d'environ 40 000 soldats. Woodward écrit encore : « Pendant deux mois épuisants, [Obama] a demandé à ses conseillers militaires de lui donner une gamme d'options pour la guerre en Afghanistan. Au lieu de cela, il a estimé qu'ils tentaient de l'orienter vers un résultat pur contrecarrer sa recherche d'un plan de sortie. Plus tard, il dit à ses conseillers de la Maison Blanche que les chefs militaires ont « vraiment cuisiné cette chose dans la direction qu'ils voulaient." Un président américain pris en otage par ses responsables militaires, voilà qui ne sonne pas très bon : d'où le coup de poing d'Obama sur les sous-fifres récalcitrants, et en même les terribles rumeurs sur la possibilité d'un coup de force de ces mêmes militaires obtus. Le tout orchestré par les neocons, dont le couple Kagan avait envahi le bureau de Petraeus !!!
Si les militaires semblaient se reposer sur les rapports fumeux du couple Kagan, certains journalistes avaient depuis longtemps flairé chez eux l'escroquerie et de la politique pure déguisée en élaboration de rapports de documents "constructifs". Ainsi le 6 décembre dernier encore avec Philip Giraldi, dans The American Conservative, qui leur réglait une bonne fois pour toutes leur compte en réponse à un de leurs textes paru dans le Washington Post et intitulé “Why US troops must stay in Afghanistan.” L'homme n'y était pas allé de main morte, leur reprochant des phrases comme "les américains doivent maintenir 68 000 hommes en Afghanistan jusque 2014" : "les Kagans sont des entrepreneurs néo-conservateurs classiques qui s'appuient sur le népotisme et le clientélisme pour se frayer un chemin à travers le système. Kimberly a étudié l'histoire ancienne à l'Université Yale sous Donald Kagan, puis a épousé son fils. Elle est maintenant présentée comme un « expert militaire » par les médias néo-conservateurs, en dépit de son absence de toute expérience réelle militaire. Kimberly et Fred sont ainsi eux-mêmes solidement attachés à la stratégie de contre-insurrection et à la tactique de "flambée", ainsi que deux de ses principaux partisans, le général Stanley McChrystal et le général David Petraeus. Kimberly a écrit un livre glorifiant Petraeus intitulé "The Surge :. Une histoire militaire« Pour le journal néoconservateur Weekly Standard, elle a écrit une hagiographie du laborieux général Raymond Odierno qu'elle a appelé "Le Patton de la contre-insurrection », qui pourrait bien être considéré comme une pièce de comédie, mais qui était malheureusement sérieuse. Fred et Kimberly écrivent la plupart du temps sur le Proche-Orient, mais ils ne semblent pas avoir une connaissance pratique de l'arabe ni du persan, à l'instar de nombreux autre soi-disant experts néocons, de sorte que leur connaissance est dérivée". <img121904|rightL'auteur faisant remarquer avant qu'on ne le redécouvre les liens entre le couple Kagan et Petraeus : "les Kagans ont également utilisé leur accès aux médias pour promouvoir la trajectoire du général David Petraeus et seraient également devenus ses conseillers quand il a déménagé à la CIA, il est donc évident que se tromper à plusieurs reprises n'a pas d'effet sur leur emploi..." (en photo, ci-dessus à droite, le général en retraite Jack Keane, Fred Kagan, et Kim Kagan pris sur le fait en quittant le quartier général du Sénateur John McCain, le 3 août 2008, à Washington).
En Afghanistan, les Kagan n'avaient pas à suivre une procédure particulière pour accéder à Petraeus. Ils pouvaient lui poser directement leurs questions. Ils ne figuraient nulle part dans l'organigramme de la chaîne de commandement et des officiers sur place s'en sont étonnés. D'autres ont salué le travail qu'ils accomplissaient sept jours sur sept et parfois 18 heures par jour. Au fil du temps, les Kagan ont même eu droit à des places de travail dans le bureau du Strategic Initiatives Group, le groupe de réflexion interne au commandement. David Petraeus s'est chargé de changer leur badge de sécurité pour le faire passer de "secret" à "top secret/information sensible compartimentée", le plus haut niveau connu au sein du gouvernement américain. Cela leur a permis d'accéder au "pit", le Centre hautement sécurisé des opérations conjointes de renseignements. Ils y ont pu lire des transcriptions de conversations téléphoniques ou radio de talibans enregistrées par l'Agence américaine de sécurité nationale. Un colonel américain sur place l'avoue : "Les Kagan ont fait un excellent travail. (...), mais la situation était très très étrange. Ce n'est pas ainsi qu'on gère un QG." rapporte le Temps. Et encore moins ainsi qu'on peut après devenir directeur de l'agence de renseignement US qui, invariablement, a dû retomber sur leurs dossiers personnels. "Aujourd'hui, l'accès privilégié qu'a eu Paula Broadwell au général Petraeus pour écrire une biographie, paraît mineure en comparaison des Kagan", note Bussard. Ce n'est donc pas une fellation sous le bureau qui a provoqué l'éjection du général Téflon. Mais bien une autre relationn bien plus... perverse. Petraeus avait trahi Obama, tout simplement : exactement la question que je vous avais soumis dès l'annonce de son départ. (*)..

Ranta fait pareil avec fufu, c’est « on ne comprend pas la chance qui nous est offerte ». Les grands hommes sont peu appréciés de leur vivant.
Si vous saviez...
qu’il n’a jamais considéré fufu comme un fracassé, le plus sérieusement du monde, je pense qu’il y a beaucoup de sincérité sur ce point, à défaut de perspicacité. 