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Peuples du monde, relevez-vous ! - AgoraVox le média citoyen
samedi 24 septembre 2011 - par Caleb Irri

Peuples du monde, relevez-vous !

Nous vivons vraiment une époque incroyable : non contents d'avoir réussi à faire s'effondrer un système qui ne tenait plus qu'à un fil, nos gouvernants tentent aujourd'hui d'en reconstruire un autre encore plus injuste, et cela sous le regard ébahi de tous les peuples du monde, trop abasourdis par les catastrophes qui se déversent en cascades sur toutes nos certitudes conditionnées pour savoir comment réagir.

On le voit bien, on le sent bien, le monde que nous avons connu est en train de se transformer à une vitesse incroyable, et les décisions qui seront prises à l'occasion des évènements que nous traversons actuellement détermineront pour longtemps les conditions d'existence des futures générations. Car à travers cette crise c'est bien plus que l'avenir des banques ou celui des Etats qui sont en jeu, et même bien plus que les intérêts des seuls pays riches : c'est le système tout entier qui se trouve remis en cause, l'Histoire de l'humanité toute entière qui sera bouleversée ; c'est-à-dire toutes nos certitudes, tous nos espoirs, toute notre histoire, personnelle et collective qu'il nous faudra remettre en question. Comme je l'évoquais il y a peu, nous sommes en train de nous apercevoir non seulement que nous avons fait fausse route jusqu'à maintenant, mais qu'en plus on nous a délibérément trompés, et que nous avons été les victimes consentantes d'une sorte de mystification collective

Tous ceux qui ont bien appris leur leçon, bien écouté ce que les aînés racontaient, qui ont suivi les règles, accepté les limites, tous ceux qui se sont soumis à un système qu'ils croyaient juste et à une idéologie qu'ils croyaient sans faille sont en train de se rendre compte qu'en réalité ils ont été les dindons de la farce : on leur avait promis qu'ils trouveraient du travail, que leurs sacrifices pour acquérir une maison, suivre leurs études, enfin pour “réussir” leur vie “honnêtement” et par leur travail, mais on leur apporte la crise : une crise qui met en lumière les horreurs d'une mondialisation injuste et mortifère à laquelle ils participaient jusqu'à maintenant “sans le savoir”, et qu'on voudrait bien les voir maintenant assumer “en le sachant”. Une crise arrivée comme par hasard, imprévue et soi-disant imprévisible, alors même que tous les opposants critiqués, moqués et ridiculisés pour leur pessimisme persistant la redoutaient bien avant qu'elle ne survienne.

Nous nous sommes faits rouler dans la farine, et nous restons là plantés comme pétrifiés, tels des chats domestiques engraissés par des maîtres inconscients, incapables une fois asservis de se nourrir ou de se défendre seuls. Hébétés devant notre télévision, nous attendons encore qu'on vienne nous vendre une solution “clés en main”. Nous attendons bien sagement de savoir ce que nos dirigeants décideront pour nous, tandis que nos dirigeants réfléchissent, eux, à la meilleure manière de conserver le “statut international” de la nation dont ils ont la charge sans perdre leur pouvoir.

Car s'il est bien une certitude dans toute cette histoire, c'est que dans les deux options envisagées pour résoudre la crise, le coût du sauvetage des banques comme de celui des Etats sera pour l'essentiel supporté par le peuple. Il apparaît tout de même assez clairement, aux vues des évènements récents, que ni les riches ni les puissants ne songent à faire d'autres sacrifices que symboliques, et que ces deux forces se sont mises d'accord au moins sur une chose, c'est que le peuple paiera. Peu importe que l'on sauve les banques pour sauver les Etats ou que l'on sauve les Etats sans sauver les banques, à la fin la facture retombera toujours sur les pauvres.

Et si le peuple paiera, c'est parce qu'il n'est pas une force assez puissante pour être considérée comme un acteur de poids dans la négociation. Le peuple n'est qu'un facteur à “maîtriser”, et non pas le souverain qui règne. Ceux qui règnent, ce sont ceux qui imposent leurs choix. Et les preuves de ce mépris vis à vis du peuple, de ce manque de considération de la part des dirigeants, nous les trouvons tous les jours dans les journaux : quand on voit avec quel cynisme on laisse crever les Africains, avec quelle insouciance on laisse les pauvres d'Europe sans soutien, avec quelle force on défait la justice, avec quelle confiance on nous annonce le recul prochain de l'âge de départ en retraite, avec quelle hypocrisie on refuse de considérer le peuple palestinien, avec quelles méthodes on dirige nos pays, on ne peut que s'inquiéter des choix qui seront pris en notre nom…

Rendez-vous compte, on nous annonce désormais la fin de l'euro ou la modification de la Constitution sans éprouver un quelconque besoin d'en référer au peuple, pourtant le premier (et le seul) concerné par les réformes que le gouvernement prend (en théorie) en son nom, et personne ne s'en émeut ? Cela fait maintenant plusieurs mois que tous les signaux sont au rouge, et personne ne s'étonne qu'on ne nous consulte pas, nous le peuple ? Cela fait des semaines qu'on glorifie le “printemps arabe”, et nous sommes encore si peu dans la rue ?

Qu'attendons-nous pour réagir, et refuser ce qui nous attend ? Si le peuple a été si longtemps méprisé, c'est tout simplement parce qu'il n'est pas assez uni, et ne peut être sans cela considéré comme une force. Et pourtant nous sommes une force ! Nous le peuple, nous constituons le seul rempart capable de lutter à la fois contre la finance et la politique. Nous devons être capables d'ouvrir les yeux pour comprendre et refuser d'accepter le monde injuste dans lequel nous vivons, et auquel nous participons de gré ou de force. Nous devons nous rassembler pour dire ensemble et d'une même voix que nous ne voulons plus d'eux, et que nous sommes le peuple souverain. Ce sont “eux” qui ont besoin de nous. Nous, nous n'avons pas besoin d'eux.

Nous n'avons plus le droit de nous cacher la réalité objective que met en lumière cette crise, à savoir que dans le capitalisme si le malheur des uns fait le bonheur des autres, le bonheur des uns fait aussi le malheur des autres. Même si nous nous relevons de cette crise dans le cadre du capitalisme, d'autres trinqueront à notre place. La vraie leçon, c'est que les peuples de tous les pays sont victimes du même ennemi, le capitalisme, et de ses deux agents la politique et la finance. Unissons-nous contre eux, et rendons-les inutiles : attaquons les partout où ils sont le plus vulnérables, et mettons-en place les conditions d'un monde meilleur . Autour de cette seule et même revendication, pour tous et partout dans le monde, exigeons la fin de la dictature du capitalisme et la convocation des Etats Généraux pour la création d'une Assemblée Constituante. Cessez donc vos manifestations corporatistes à des jours différents et pour des motifs de castes pour vous unir derrière un même espoir, arrêtez de signer des dizaines de pétitions pour n'en signer qu'une seule, réclamez à vos élus un référendum d'initiative citoyenne pour appuyer la mise en place de cette Assemblée Constituante, arrêtez de voter pour des corrompus de droite et de gauche pour vous concentrer sur l'avenir et le fonctionnement de l'Assemblée Constituante, n'acceptez d'eux que ce dont vous ne pouvez vous passer, et engagez-vous !

Cette mascarade a assez duré, levons-nous, unissons-nous et agissons, pour ne pas que l'Histoire se répète. Nous en avons encore les moyens, alors profitons de cette fenêtre ouverte par la crise pour construire ensemble un autre futur… car à défaut d'être nos juges, nos enfants pourraient bien être nos victimes.

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr



5 réactions


  • chapoutier 24 septembre 2011 06:44

    bonjour

    En effet est-il tolérable que des millions de travailleurs soient en état de précarité alors que la finance internationale exhibe sans aucune pudeur leurs réussites.

    On nous annonce déjà une nouvelle « réforme de la retraite », le déremboursement de 600 médicaments supplémentaires, des économies a trouver dans le budget de la sécu.

    Mais nous n’en doutons pas, ce n’est que le début. Se battre où se résigner déterminera notre avenir.


  • le moine du côté obscur 24 septembre 2011 08:56

    Je pense que si certains n’ont pas encore compris que la plupart des pays surtout ceux dits grands ne sont que des ploutocraties alors ils font preuve d’une naïveté criminelle. Il serait vraiment temps qu’ils se réveillent et comprennent ce qu’est le monde. Le monde est une farce où certains illusionnistes hypnotisent les autres et tels des vampires font en sorte que vous les invitiez chez vous avant de voler votre vie. Nous savons que selon le mythe, les vampires ne peuvent rentrer chez vous que vous les inviter et c’est la même chose avec les monstres qui nous dirigent. Mais même s’ils rentrent par le trou d’une serrure, bonjour les dégâts ! 

    Il y avait une scène dans un film qui m’avait marqué, ce film c’est « le masque de zorro ». Alors dans cette scène il y avait des hommes riches qui observaient des esclaves travailler dans une mine d’or. Et un de ses « esclaves » leur a dit (à ces riches hommes) que lui était un voleur mais qu’eux étaient pires que lui car eux volaient des vies (humines). Cette phrase m’a marqué parce que je pense qu’elle résume parfaitement ce qui se passe dans le monde. Jje pense en effet qu’il y a deux races humaines, une race de parasites monstrueuse et le reste de l’humanité qui sont comme des esclaves. Bien sûr il y a les esclaves de maison qui sont assez choyés et qui sont prêts à crever pour leurs maîtres, cette catégorie sont des « oncles Tom » comme dirait Malcolm X (http://lpdw.free.fr/freedom/malcolm.htm) et les esclaves des champs qui ne sont que des bêtes de somme. Mais si un « oncle Tom » s’avise de déranger ses maîtres on lui rappelle où est sa place. Comme O Bwana humilié par Netanyahu (http://www.cridem.org/C_Info.php?article=56087). On demande aux « oncle Tom » d’être des gentils toutous et de la fermer, sinon les accusera d’avoir la rage... 

    Mais les voleurs de vie se montrent un peu trop avides. Est-ce voulu ou est-ce un excès d’arrogance ? Nous le sauront bientôt. Dans tous les cas je pense qu’ils se casseront la gueule, le problème c’est que beaucoup d’entre nous risquent de souffrir et/ou de périr quand ça arrivera. 


  • Aldous Aldous 24 septembre 2011 12:11

    H. G Wells, auteur du New World Order, appelait, en 1931, ses amis progressistes à devenir des « fascistes libéraux » et des « nazis éclairés ».

    La libéralisme est foncièrement anti-démocratique. En France ses fondateurs, comme Saint-simon, prêchaient pour remplacer les parlementaires par des assemblées d’industriels et de scientifiques.

    C’est exactement ce que firent les fascistes en basant leur organisation sur les corporations.

    Il n’est donc pas surprenant que Mussolini soit arrivé au pouvoir avec un programme ultra libéral avant de mettre en place les corporations.


    • Kalki Kalki 24 septembre 2011 14:01

      Ah bon, il y a des gens intelligents, en europe ? et dans les corporations ?

      Aucune preuve à l’horizon


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