Pour abréger le « Sigmaringen » de la macronie et libérer la France du banco-centralisme

Ce que les rares gauchistes qui ont réellement essayé de lire Marx finissent par lui reprocher, et pour finalement enterrer son œuvre derrière leur verbiage pseudo- « intellectuel », en réalité utopiste et idéaliste petit-bourgeois, c'est de ne pas caractériser une antinomie complète entre le capital et le travail, contrairement à ce que leur verbiage donne à laisser penser et croire.
Et c'est aussi pourquoi ils sont dans l'incapacité de comprendre la mutation banco-centraliste actuelle du système de domination de classe.
Dans l’œuvre de Marx il y a d'autant moins d'antinomie entre le capital et le travail qu'ils sont absolument et par nature consubstantiels l'un à l'autre et surtout, particulièrement et essentiellement, à l'ère du capital industriel naissant, qui était le substrat économique et social de l’œuvre de Marx.
Pendant toute la période d'expansion du capitalisme industriel il y a clairement interdépendance et symbiose du capital et du prolétariat industriels. Le capital ne peut s'élargir qu'en extrayant toujours davantage de plus-value d'un prolétariat industriel lui-même toujours davantage en expansion, et à la fois comme producteur et comme consommateur, la réalisation de la plus-value n'étant complète que par la réalisation finale de la valeur d'usage de la production consommée.
Tant qu'il est encore en expansion, le capitalisme industriel régule de manière plus ou moins spontanée, même si à travers de nombreux conflits sociaux, la part réciproque de valeur ajoutée par le travail qui est extraite sous forme de plus-value capitalisée et la part de valeur ajoutée rétrocédée au travailleur producteur sous forme de salaire.
La part salariale est donc constamment plus ou moins réajustée pour correspondre au niveau de vie juste nécessaire et suffisant pour que le travailleur producteur soit en état de continuer son travail et de consommer dans les conditions économiques et sociales lui permettant de s'intégrer sans heurts irréductibles dans la société de son époque.
Et donc, sauf mauvaise gestion extrême de la part des investisseurs capitalistes il y a donc assez vite bien davantage « symbiose » du capital et du travail que relation de prédation systématique, même de type parasitaire prolongée mais menant plus ou moins inexorablement à la mort synchronisée du parasite et de son substrat biologique.
Pendant plus d'un siècle le capital n'a pu s'élargir qu'en élargissant son substrat prolétarien productif, pour en extraire toujours davantage de plus-value, qu'elle soit absolue ou relative.
Et tant que le prolétariat industriel productif a été en expansion, la variation de la composition organique du capital, entre capital fixe « matériel » et capital variable « humain » n'a pas changé essentiellement cette dynamique de développement économique.
Ce sont les débuts de l'automatisation généralisée des processus productifs, au tournant des années 70 du siècle passé, puis leur robotisation massive, excluant de plus en plus, et parfois complètement, le prolétariat industriel du processus productif, qui ont fondamentalement changé la relation entre l'évolution de la composition organique du capital et l'évolution des rapports sociaux.
Le prolétariat industriel passe alors rapidement du statut de classe sociale en expansion, dont la dynamique à la fois d'intégration et d'autonomie relative est consubstantielle au développement économique global de la société, au statut de classe obsolète et carrément en voie de disparition programmée, sinon déjà quasiment effective, selon les pays, en tant que classe en soi et classe pour soi, dotée de sa propre expression sociale et politique susceptible d'influer sur le cours de l'histoire.
Avec la disparition du prolétariat industriel productif disparaît la symbiose, même conflictuelle, entre le capital et le travail, et disparaît donc le capitalisme à proprement parler, au sens précis où Marx le définit à travers son expansion reposant sur l'extraction de la plus-value générée par le travail productif industriel.
Avec la robotisation de l'industrie se produit donc une rupture historique entre le capital et le travail, ce que sont donc incapables de comprendre les gauchistes, dans la mesure où ils sont précisément incapables de comprendre ce qu'était la relation symbiotique entre capital et travail qui a donné naissance au capitalisme industriel, c'est à dire au capitalisme en tant que tel, promoteur de la société industrielle moderne.
La disparition du prolétariat industriel en tant que classe en soi et classe pour soi ne change pas seulement la composition organique du capital, elle change complètement et radicalement la fonction du capital qui n'existe plus, dès lors, que sous sa forme et sa fonction de capital fixe, pour l'essentiel.
Dépourvu de son substrat symbiotique prolétarien, le capital fixe se trouve dans l'incapacité d'assurer de manière même relativement endogène sa propre expansion et domination.
Le paradoxe est donc qu'il reste le substrat essentiel de l'ensemble de la production économique socialement nécessaire sans exprimer ou refléter aucune relation sociale humaine d'échange direct ou indirect entre travail productif désormais robotisé et consommation sociale vitale.
Dès lors il ne peut plus survivre, en tant que levier de domination, qu'en tant que parasite de l'ensemble du reste du corps social formellement « désindustrialisé » et/ou « post-industriel » au sens de l'analyse sociologique du terme.
Il n'y a donc pas de « société post-industrielle » ou de « société désindustrialisée » qui puisse réellement survivre ne serait-ce que quelques minutes, mais une société « moderne » où les fonctions productives et la consommation sociale la plus vitale sont désormais quasiment complètement séparées.
Le cycle du capital fixe est donc désormais dans une dépendance totale de son alimentation financière par le reste du corps social, essentiellement constitué des activités de services, mais il a néanmoins réussi à lui imposer sa propre domination à travers le cycle de la dette publique.
La dette publique est le dard du capital fixe planté dans le corps social par les banco-centralistes pour en extraire les intérêts financiers qui permettent à cette classe de parasites de poursuivre l'ancienne domination d'une classe de capitalistes devenue obsolète sous sa forme symbiotique d'avec le prolétariat industriel défunt.
C'est donc un dard à double sens qui injecte au corps social les liquidités vitales pour alimenter le cycle du capital fixe tout en en extrayant les intérêts parasitaires comme substitut de la défunte plus-value sur le travail humain productif.
La différence fondamentale étant que ce processus n'est plus aucunement limité par les lois « libérales » du marché de l'offre et de la demande, fût-ce au prix de crises parfois violentes, mais seulement par les décisions arbitraires de quelques banquiers centraux de « soutenir » ou non la dette publique de telle ou telle nation.
La prédation banco-centraliste ne « s'équilibre » donc qu'en cherchant à imposer aux nations la dépendance qui les tienne en permanence juste au bord de la faillite, mais sans jamais les achever tout à fait, de façon à entretenir le cycle de prédation parasite qui alimente à la fois les fortunes des boursicoteurs financiers à grande échelle et les salaires plus que confortables des bureaucrates et des hauts fonctionnaires de facto corrompus car dévoués à ce système mortifère.
En tant que système fondé entièrement sur la prédation, le parasitisme et le pouvoir le plus arbitraire, le banco-centralisme n'est pas seulement une forme nouvelle de totalitarisme, il en est carrément la forme la plus aboutie jusqu'à présent dans l'histoire de l'humanité, et éventuellement sa forme ultime, si nous arrivons à y mettre fin.
De manière caractéristique, et notamment depuis son célèbre et très significatif « Quoi qu'il en coûte ! », la France macronienne est l'archétype d'une nation complètement entrée dans la dépendance de ce système et dont la classe politique lui est totalement et entièrement soumise.
Mais cette soumission globale d'une nation n'est une fatalité que tant que sa population ne s'éveille pas à la conscience que sa dette publique est instrumentalisée par ce système de parasitisme et de prédation mondialiste et qu'elle pourrait au contraire être resocialisée, renationalisée et réduite en conséquence à la réalité de ses besoins sociaux incontournables en matière de développement de ses infrastructures évaluées en capital fixe réellement socialement utile.
D'où le principe de faire renaître, sous une forme nouvelle et adaptée à notre époque, sur une base constitutionnelle et démocratique, le Conseil National du Crédit qui fût l'instrument de la libération économique, suite à la libération militaire de la précédente forme de totalitarisme en Europe.
Luniterre
Sur le même thème, relire aussi :
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