samedi 10 février 2024 - par politzer

Pour comprendre Mayotte

 POUR COMPRENDRE MAYOTTE

Quelle est l'origine des problèmes sociaux qui agitent l'île à cocotiers qui possède un des plus grands lagons du monde, en perdition, comme la terre arable qui va s’y perdre à cause de la déforestation, liée à la natalité effrayante d'une double origine mahoraise et anjouanaise.

Retour dans les années 90
On y découvre une île très exotique, couverte de cocotiers, et un vaste lagon poissonneux qui fait vivre de nombreux petits pêcheurs, habitant des paillotes couvertes de feuilles de bananiers protégeant bien du soleil et de la pluie tropicales, leurs nombreuses familles de dix enfants souvent.
A chaque naissance, mon ami Mohammed, musulman originaire lointain de Madagascar, comme de nombreux mahorais, plante un bananier, mais, pour ce faire, défriche en exposant la terre à nu au ruissellement dans le lagon qui, du coup, s'envase et l’endommage.

Contrairement aux pays touristiques, la mer nourricière, ici, n'est pas un lieu de baignade très couru, et les plages de sable noir volcanique se présentent fréquemment comme un dépotoir que seuls les enfants fréquentent sous l'œil indifférent de la parentèle.

 

Dans cette île très fruste, où la circulation monétaire était encore très limitée, apparurent petit à petit, des automobiles et la TV au centre du village, qui suscitèrent rapidement la convoitise de la population impatiente d'accéder aux nouveaux produits d'importation.
Et pour faire fonctionner les appareils électriques, il fut décidé d'électrifier les villages dont les habitants s'éclairaient aux lampes à pression qui éclairaient parfaitement les habitations à faible coût.

En conséquence et conformément aux normes d'emploi de l'électricité, on troqua les toits en chaume pour des couvertures en tôles métalliques, ce qui eut pour effet de supprimer l'isolement thermique de l'habitat traditionnel.

 

Le nouvel ordre économique entraîna un bouleversement dans les rapports sociaux. L'argent prit de nouvelles proportions dans l'existence de Mohammed. Pour en acquérir, il a dû abandonner de plus en plus son activité de pêcheur pour aller travailler comme docker au port où il devint salarié intermittent, abandonnant sa très nombreuse famille.

Compte tenu de la distance, il entreprit d'acheter une mobylette pour s'y rendre, faute de transports en commun, ce qui accrut son besoin d'argent.

 

Conséquence sociale, les enfants de l'île, proches de leurs parents dans les activités traditionnelles, s'en éloignèrent et commencèrent à être livrés à eux-mêmes.

Ce ne fut pas sans influence sur l’éducation.

On constata les effets nuisibles de ce phénomène, avec effet de loupe, dans l'île de la Réunion où se rendirent de plus en plus nombreux les Mahorais, attirés par la promesse d'une existence moderne, mais où la délinquance de leurs enfants se développa, comme partout où ces derniers échappent à la surveillance et à la pression sociale de proximité.

Et puis un événement survint qui entraîna le cataclysme menaçant de plonger l'île dans la guerre civile : la départementalisation !
Pourquoi ce changement de statut ? Soi-disant pour le noble objectif d’égalité. Non pas afin de créer des élus nécessaires au nouveau gouvernement français en mal de majorité à l'Assemblée nationale, ou pour s'acheter de nouveaux obligés locaux  ?

Premier tremblement de terre : un changement dans les salaires qui mécontenta sérieusement le patronat local.

Seconde secousse, corrélative : l'attractivité de l'île qui décupla le débarquement des Anjouanais vivant à quelques encablures de Mayotte, malgré les interventions de la maigre brigade de gendarmerie affectée à la surveillance de la frontière maritime. Bizarrement, et comme à dessein, on renforça insuffisamment les effectifs très faibles du début, trompés par les navigateurs étrangers qui affluèrent à dix embarcations, pour en perdre une, et dont les passagers, éventuellement refoulés, réussirent deux ou trois jours après leur entreprise.
Le truc, c'était de transporter des Anjouanaises enceintes près d'accoucher qui encombraient la maternité de Mamoudzou et qui y enfantaient d'un petit français, faisant d'elles également des françaises à part entières, éligibles au généreux droit commun hexagonal tant recherché.

Le patronat local a dû se faire beaucoup de souci pour ses comptes car la réglementation salariale allait logiquement lui coûter plus cher.
La parade ? Mais c'est bien sûr : l'im-mi-gra-tion !!! Elle est partout, et partout à l'avantage
des mêmes, une « chance pour la France » dans l'océan Indien !

Ce fut alors le début du grand chambardement.

Mais on continua comme avant, et dans des proportions élargies, dans le petit patronat local qui exploitait traditionnellement les clandestins anjouanais (infiltrés au goutte-à-goutte antérieurement) sans syndicat pour les défendre contre son appétit de surprofits.

Quid du grand patronat, notamment un parfumeur international dont les champs de vétiver embaument agréablement l'atmosphère, là où on aperçoit, derrière de hauts murs, les révérences artificielles des arbres taillés pour rester proches du sol, propices à la cueillette de leurs fleurs parfumées ?

Et voilà les effets de l'intégration, à marche forcée, d'une société traditionnelle, jouet des forces capitalistes et impérialistes désireuses de s'implanter dans l'archipel des Comores, disputé internationalement.



13 réactions


  • zygzornifle zygzornifle 12 février 2024 08:39

    On devrait transférer la population de Mayotte a Marseille avec la bénédiction de LFI et des Socialos bobos écolos .....


  • zygzornifle zygzornifle 12 février 2024 08:39

    Darmanin a fait un bel effet d’annonce sans lendemain ....


  • Parrhesia Parrhesia 12 février 2024 10:15

    Pour comprendre Mayotte, il faudrait déjà se souvenir clairement des performances de notre spécialiste ès référendum : Nicolas Sarkozy.

    En 2007, il fait inverser les résultats du référendum populaire sur la constitution européenne, manoeuvre qui supprime de fait l’indépendance de l’exécutif français.

    Puis en 2009, sur sa lancée, il fait bricoler le référendum sur Mayotte sur le seul territoire de l’ïle.

    Conséquence, ce référendum qui engage finalement la nation toute entière, n’est voté que par 43.831 voix de mayotains, la voix de la France et des 65 millions de français étant réduite au silence ! 

    Et maintenant, voilà, voilà, voilà... où nous en sommes aussi bien à Mayotte qu’en France !!!


    • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 14 février 2024 16:12

      @Parrhesia
      parce que vous croyez que pour la Bretagne, l’Alsace, la Corse, l’Occitanie, ce serait aux jacobins d’en haut de décider ? 


    • Ouam (Paria statutaire non vacciné) Ouam (Paria statutaire non vacciné) 14 février 2024 18:02

      @Jean-François Dedieu
      C’est bien pourtant ce qu’il se passe , tout pars de Bercy qui tiens les cordons de la bourse.. on est en Fr ici
      ni en DE ni en Espagne ni en ...


    • Eric F Eric F 14 février 2024 19:57

      @Jean-François Dedieu
      C’est une situation radicalement différente entre une région partie-prenante géographique et historique de la métropole, et une île à des milliers de kilomètres, située dans un archipel à proximité d’un autre continent.

      La Corse est certes une île, mais située à proximité, son statut évolue du reste vers davantage d’autonomie plutôt que davantage de dépendance. Il n’y a pas de contentieux avec d’autres pays ou instances continentales, notamment elle n’est pas classée en tant qu’entité d’origine coloniale.


  • ETTORE ETTORE 12 février 2024 13:12

    MAYOTTE, est la boite de Pétri social ,du labo franchie.

    On y observe, toute la panoplie des conséquences transposables à notre pays.

    Et non, on n’y apporte pas les solutions sanitaires curatives, on développe juste des « plans d’adaptation à la situation » En faisant bien attention, que les intérêts de certains, soient toujours bien sauvegardés !

    Après, période d’incubation, à la limite de l’implosion, on envoie un « ministre démineur » sous combinaison HazmatCrotte, se fendant d’une annonce, qui n’engage à rien dans sa promesse, par sa vacuité, et son inutilité à mettre fin aux raisons premières de cette culture in vitro.

    Et wazi wa mahon


  • zygzornifle zygzornifle 12 février 2024 16:10

    On devrait installer l’Elysée, le parlement et le sénat sur cette ile paradisiaque ....


  • ETTORE ETTORE 12 février 2024 19:20

    Allez braves gens, un peu d’espoir pour ce « département Français »..

    Ne vois là t’il pas que Dard-le-malin, veuille exporter en douce France, quelques

    EnMAYOTEs, qu’il juge en danger, chez eux, et qu’il veut recycler en formateurs

    « coupe routes » afin de nous faire profiter des techniques de guerre urbaine.

    Faut dire qu’on n’arrête plus les adoptions des chanc(R)es pour la Froonce.

    Après la garde non partagée des enfants du divorce avec l’Algérie

    Après l’adoption des fils illégitimes d’anciens esclaves des colonies d’Afrique....

    Après la mise en place des crèches « allaou akhbar », pour le gardiennage, des retour de couche....

    Nous y incorporons l’exotisme de l’outre mer, avec laquelle l’addition auras le gout salé, de la tasse bue, jusqu’à la lie !


  • Eric F Eric F 13 février 2024 14:05

    En terme de ’’droit du sol’’, il n’y a pas besoin de mettre une nouvelle verrue dans la constitution introduisant des spécificités territoriales.

    Il suffit que le droit du sol soit conditionné par la situation de régularité des parents par rapport à la loi.
    Les familles en situation régulière (avec à une durée de présence) y sont éligibles. Les personnes sans permis de séjour durable (clandestins, demandeurs, etc.) n’y ont pas accès, dans ces cas l’enfant aura la nationalité des parents (c’est le cas en Inde).

    Dans le cas de Mayotte, l’afflux est constitué de clandestins, donc la disposition générale formulée ci-dessus sera appropriée, sans besoin d’une dérogation locale.

    PS : une suppression totale du droit du sol y compris pour les familles en situation régulière serait excessive. Au plus, une déclaration d’intention avec engagement de civisme pourrait être rétablie


    • Aristide Aristide 14 février 2024 11:00

      @Eric F

      Il suffit que le droit du sol soit conditionné par la situation de régularité des parents par rapport à la loi.

      C’est déjà le cas depuis 2018 !!!

      Et malgré cela, la situation empire et l’État fait défaut en place de fermeté sur les clandestins et de manque d’investissements pour les mahorais


    • Eric F Eric F 14 février 2024 14:19

      @Aristide
      j’ai répondu au dessus concernant le droit du sol.

      La question des investissements à Mayotte se pose du fait du surcroit de population clandestine, par exemple il y aurait assez d’eau pour les natifs de l’île. Si l’ensemble des crédits issus de la métropole étaient affectés au développements de Mayotte isolément, ce serait réglé.

      Alors je connais le couplet, il faudrait financer les Comores et l’Afrique entière pour qu’elles aient les standards des départements d’outre mer, mais notre Corne d’Abondance est tarie, absorbée par les tonneaux des Danaïdes où nous avons versé. Nos déficits sont abyssaux et nous engloutiront.


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