samedi 23 juin 2012 - par chapoutier

Pour le droit souverain du peuple grec à chasser le mémorandum de la troïka !

Ce serait le peuple grec qui serait responsable de la faillite dans laquelle sont entraînés tous les peuples d’Europe ? Ce serait le peuple grec qui serait responsable de la situation qui s’installe en Espagne, au Portugal, en Italie… ?

Non ! Les seuls responsables de la crise et du chaos, en Grèce, comme sur tout le continent, sont ceux qui imposent et appliquent les mémorandums de la troïka et leurs mesures barbares !

Ils désignent le peuple grec comme « responsable », parce que six mois après le soulèvement des 19 et 20 octobre 2011 qui a chassé Papandréou, il (le peuple grec ) a infligé, lors des élections législatives du 6 mai, une défaite sans appel aux partis, Pasok en tête, qui s’étaient soumis aux diktats supranational de la troïka (FMI-Commission européenne-BCE). Ils menacent le peuple grec, parce que celui-ci a, au lendemain du 6 mai, interdit la constitution d’un gouvernement qui n’annulerait pas le mémorandum.

Les exigences de la Troïka formée par l’Union européenne, le FMI et la Banque centrale européenne détaillées dans leur « mémorandum », ont des « conséquences dramatiques » : « un quart de la population grecque en dessous du seuil de pauvreté, 1,2 million de chômeurs, une augmentation faramineuse de suicides, des enfants qui s’évanouissent de faim dans les classes ».

Pour imposer ce mémorandum, une campagne de chantage a été lancée contre les grecs à la veille des élections législatives du 17 juin. Certains responsables européens vont jusqu’à menacer de chaos le pays, s’il votait pour les partis qui se sont engagés à « annuler le mémorandum ».

Les déclarations menaçantes de l’administration américaine, de l’Union européenne et du FMI à l’encontre du peuple grec n’ont eu qu’un but : aligner tout le monde dans une offensive déchainée pour faire céder le peuple grec, et par là même adresser un avertissement à tous les peuples d’Europe.

Piétinant toute forme de souveraineté et de démocratie, Madame Lagarde au nom du FMI, à la suite de la Commission européenne, a prétendu interdire au peuple grec de confirmer et approfondir le 17 juin son vote du 6 mai.

La chancelière de la République allemande, Angela Merkel, a pris position pour appeler les Grecs à voter pour la discipline budgétaire. Cette déclaration à la veille des élections grecques intervient alors que, vendredi, le porte parole du gouvernement avait rappelé les principes de non-ingérence en affirmant que « la chancelière ne donne pas de conseil de vote dans les pays voisins et amis ».C’est au cours d’un congrès régional de son parti à Darmstadt, que Merkel a lancé son appel, relayé par la télévision publique : « Il est tellement important que les élections grecques demain aboutissent à un résultat par lequel ceux qui formeront un gouvernement diront : “ oui, nous voulons nous tenir aux engagements” .

« L’Europe doit soutenir la Grèce et la Grèce (doit) respecter ses engagements », pour « montrer au monde que l’euro est un projet irréversible », a dit, de son côté, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.

Peut-on accepter de quelque façon que ce soit que l’on refuse au peuple grec le droit de disposer de lui-même, le droit d’en finir avec les mémorandums meurtriers qui ont conduit un quart de la population sous le seuil de pauvreté.

Le peuple grec, les travailleurs et les peuples d’Europe refusent de subir la loi implacable du capital financier. Ils refusent de payer dans leur chair les conséquences barbares de la crise du régime de la propriété privée des moyens de production.

En exigeant l’annulation du mémorandum, le peuple grec ne fait qu’exprimer la volonté de tous les peuples d’Europe d’en finir avec les plans d’austérité, de mettre en échec la marche à l’instauration d’une véritable dictature de la troïka que représenterait la ratification du nouveau traité européen TSCG.

La seule issue positive pour les travailleurs et les peuples d’Europe ne pourra être ouverte sans rompre avec l’Union européenne, avec ses institutions, avec ses traités, du traité de Rome au TSCG en passant par le traité de Maastricht. La seule issue pour sortir du chaos et de la barbarie se situe dans le combat pour les Etats-Unis socialistes d’Europe, libérés du carcan de la dette, du pillage et de l’exploitation.

Le premier acte dans cette voie, c’est l’annulation du mémorandum barbare, que le peuple grec exige, c’est la non-ratification du traité TSCG et de sa « règle d’or », et son abrogation dans les pays où il a été ratifié !

C’est pour cette raison que l'on se doit d'apporter un soutient sans condition au peuple grec et ceux de ses représentants comme Syriza qui disent : annulation du mémorandum ! Respect de la volonté souveraine du peuple grec !



6 réactions


  • CHIMERE 23 juin 2012 09:02

    " les Etats-Unis socialistes d’Europe"

    Ca pue,ça...

    • CHIMERE 23 juin 2012 09:06

      Je précise,ce n’est pas « socialiste »,qui pue...mais « etats unis »,car ce sont le cerveau du monstre.. !!


    • chapoutier 23 juin 2012 11:33

      Bonjour Chimère, il s’agit avec ce mot d’ordre de s’opposer à la barbarie impérialiste représenté au plus haut point par les USA. Le terme de « Etats-Unis socialistes d’Europe » n’est pas une revendication nouvelle, et s’oppose à la dictature impérialiste des états unis américains et à l’union européenne.

      j’ai copié-collé un des extraits d’un texte de 1929 de Trotsy :

      Léon Trotsky
      4 octobre 1929

      Le désarmement et les Etats Unis d’Europe
      Comment unifier l’Europe ?

      Les Etats-Unis soviétiques d’Europe

      La question des Etats-Unis d’Europe considérée d’un point de vue prolétarien a été soulevée par moi en septembre 1914, c’est-à-dire au tout début de la guerre impérialiste. Dans sa brochure La Guerre et l’Internationale, l’auteur de ces lignes cherchait à démontrer que l’unification de l’Europe était incontestablement mise au premier plan par tout le développement économique de l’Europe, mais que les Etats-Unis d’Europe n’étaient concevables que comme la forme politique de la dictature du prolétariat d’Europe.

      En 1923, quand l’occupation de la Ruhr posa une fois de plus de façon aiguë les problèmes fondamentaux de l’économie européenne (avant tout charbon et minerai de fer) et, coïncidant avec eux, les problèmes de la révolution également, nous avons obtenu que le mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe soit officiellement adopté par la direction du Comintern. Mais l’hostilité demeurait à l’égard de ce mot d’ordre. N’étant pas en position de le rejeter, les dirigeants du Comintern le considéraient comme un enfant abandonné du « trotskysme ».

      Le trait essentiel de notre époque consiste en ce que les forces productives ont définitivement débordé le cadre de l’Etat national et ont pris, particulièrement en Europe et en Amérique, des proportions en partie continentales et en partie mondiales. La guerre impérialiste est née de la contradiction entre les forces productives et les frontières nationales. Et la paix de Versailles qui a terminé la guerre a encore aggravé cette contradiction. En d’autres termes, face au développement des forces productives, le capitalisme ne peut exister dans un seul pays. En outre le socialisme peut se baser et se basera sur des forces productives bien plus développées : autrement, le socialisme ne serait pas un progrès mais une régression vis-à-vis du capitalisme. J’écrivais en 1914 :

      « Si le problème du socialisme pouvait se résoudre dans le cadre d’un Etat national, il serait du coup compatible avec la défense nationale. » La formule Etats-Unis soviétiques d’Europe exprime 1’idée que le socialisme est impossible dans un seul pays. Il ne peut même atteindre la plénitude de son développement dans les limites d’un continent !

      Les Etats-Unis socialistes d’Europe représentent le mot d’ordre historique qui constitue une étape sur la voie de la fédération socialiste mondiale.

      http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1929/10/lt19291004.htm


    • rakosky rakosky 26 juin 2012 19:47

      @chapoutier 

      Vous avez raison ,c’est bien de cela qu’il s’agit ,de la barbarie capitaliste qui se concentre aujourd’hui dans le TSCG et le mémorandum imposé aux grecs .
      Tout le monde peut comprendre que l’aspect économique st purement secondaire,l’offensive menée au nom de la Dette a un contenu d’abord social et politique,ils’agit pour la bourgeoisie de renverser brutalement tous les rapports sociaux tels qu’ils se se se sont constitués au lendemain de la Seconde guerre mondiale
      Le problème étant que le contenu social du TSCG ou du mémorandum est d’une telle violence ,il implique une telle plongée dans l’indigence et la barbarie de millions d’hommes qu’il implique la liquidation de toute forme de démocratie et le passage à un Etat corporatiste
      L’erreur de Mélenchon de ce point de vue a été de ne pas comprendre que le programme fasciste et corporatiste le plus achevé se trouve dans les plans de l’Union européenne et que l’antre de la Bête immonde se trouve aujourd’hui à Bruxelles et Washington et pas à Hénin le Beaumont
      Pour finir je vous envoie un lien vers l’appel lancé à l’initiative du POI et de militants ouvriers de toutes tendances à une Conférence européenne pour la défense du peuple grec,conférence qui se tiendra en Allemagne

  • CHIMERE 23 juin 2012 09:04

    Ça,en revanche,100% d’accord :


    « La seule issue positive pour les travailleurs et les peuples d’Europe ne pourra être ouverte sans rompre avec l’Union européenne, avec ses institutions, avec ses traités, du traité de Rome au TSCG en passant par le traité de Maastricht. »

  • papi 23 juin 2012 18:11

    @ l’auteur

    Le peuple Grèque est assis sur un pactole de .. (selon les estimations) 9000 milliards de dollars en pétrole et gaz en mer Egée ! Le truc est maintenant de leur piquer tout ça avant qu’ils ne se mettent à pomper cette mane céleste offerte par les Dieux de l’Olympe .
    Leur dette de 300 milliards c’est du pipi de chat face aux barils de leurs sous-sol !!
    La troïka doit avoir la langue pendante alléchée par l’enivrante odeur du fric !
    D’ailleurs le père Clinton ( bien placé dans le commerce et l’exploitation du pétrole vient de dépêcher sa moitié sur place pour poser des jalons ..
    Espérons que les Grèques ne se laissent pas tondre la toison d’or sur le dos par les sécateurs atlantistes .


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