Pourquoi de plus en plus de croyants disent ne pas appartenir à une religion ?
Le mot « religion » est devenu aujourd’hui un véritable repoussoir culturel et sociétal !
Je l’ai constaté, pas plus tard qu’il y a quelques jours, quand je discutais, comme une ou deux fois par an, avec 2 Témoins de Jéhovah, qui avaient sonné à ma porte.
Parlant de leur religion, ils m’ont tout de suite rétorquaient que leur croyance n’était pas une religion.
Leur approche à vouloir bannir le mot « religion » sévit désormais dans tous les systèmes religieux : catholique, évangélique, protestant, musulman, juif, etc.
Il est vrai que dans les médias, les débats publics et la culture populaire, le mot « religion » est généralement associé à :
- La guerre ;
- L’intolérance ;
- La violence ;
- L’argent ;
- L’extrémisme ;
- Les scandales sexuels
- … la manipulation et l’endoctrinement.
Les Témoins de Jéhovah, ce jour-là devant moi, disent comme tous les autres croyants, qu’ils vivent aujourd’hui quelque chose de totalement différent dans leur pratique quotidienne : l’esprit de communauté, les rituels, leurs pratiques et leurs dogmes, leur identité propre… leur spiritualité.
- Tout cela est la définition même d’une religion, qu’ils feignent d’ignorer !
Ils disent ne pas ou ne plus se reconnaître dans l’image négative que porte le mot « religion ».
Intelligemment, leurs institutions religieuses s’en sont détachées. Comme elles ont su se détacher, au fil des siècles : que la Terre n’était pas le centre autour duquel l’Univers tournait ; que leur Dieu n’avait pas créé le monde en 6 jours, mais en 6 périodes de temps indéfinies (comme si un vrai Dieu ne pouvait pas créer quoique ce soit en un milliardième de secondes ?) ; etc.
Est-ce pour autant que le fait de croire en un Dieu n’est plus, pour une communauté religieuse, synonyme : de guerre, d’extrémisme, d’intolérance, d’argent, de scandales sexuels et de manipulation, voire d’endoctrinement ?
La société moderne semble vouloir valoriser l’individualité, pas l’esprit de secte, de grégarité !
Même les pratiquants réguliers, celles et ceux qui vont régulièrement à l’église, au temple, à la mosquée ou à la synagogue, disent vouloir vivre aujourd’hui une relation directe, intime et personnelle, avec leur Dieu.
Ils ne veulent plus être simplement réduits à n’être qu’un « membre d’une secte plus ou moins grande qui a réussi ». Alors ils disent : « Ma foi est personnelle, et n’est absolument pas une religion. »
Même les croyants les plus engagés, comme ces 2 sympathiques Témoins de Jéhovah devant moi, par une température proche de 0°, refusent catégoriquement le mot « religion » parce :
- qu’il est devenu négatif, partout dans le monde et sa société moderne des TIC ;
- que leurs institutions, souvent vieilles d’expériences de plusieurs siècles, encouragent un discours centré désormais sur la relation individuelle avec le divin, plutôt que sur le système religieux ;
- qu’ils veulent absolument échapper aux caricatures dont les médias ne cessent d’en faire l’écho ;
- qu’ils cherchent à concilier, disent-ils : modernité et foi.
Mais, les faits sont là, têtus, irréfragables !
Le mot « religion » continuera encore longtemps à évoquer : la guerre (les croisades… et le djihad notamment), l’intolérance, l’extrémisme, l’argent, les scandales divers et variés, sexuels ou pas et l’endoctrinement de fidèles qui ne peuvent plus penser aujourd’hui par eux-mêmes.
L’exemple que je cite en est la preuve !
En effet, si tous les fidèles à une croyance revendiquent, en cœur, que leur foi n’a rien à voir avec la religion, c’est bien que le message est institutionnel, c'est-à-dire émanant de la communication officielle de puissantes organisations ! C’est exactement le cas des religions qui ont su traverser les siècles grâce à de continuelles adaptations au contexte de leur époque.
Crédit photo : lien. ("la religion n'existe pas !", texte de l'auteur de cet article)
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