lundi 5 janvier - par P.-A. Teslier

Pourquoi de plus en plus de croyants disent ne pas appartenir à une religion ?

 
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Le mot « religion » est devenu aujourd’hui un véritable repoussoir culturel et sociétal !

Je l’ai constaté, pas plus tard qu’il y a quelques jours, quand je discutais, comme une ou deux fois par an, avec 2 Témoins de Jéhovah, qui avaient sonné à ma porte.

Parlant de leur religion, ils m’ont tout de suite rétorquaient que leur croyance n’était pas une religion.

Leur approche à vouloir bannir le mot « religion » sévit désormais dans tous les systèmes religieux : catholique, évangélique, protestant, musulman, juif, etc.

Il est vrai que dans les médias, les débats publics et la culture populaire, le mot « religion » est généralement associé à :

  • La guerre ;
  • L’intolérance ;
  • La violence ;
  • L’argent ;
  • L’extrémisme ;
  • Les scandales sexuels
  • … la manipulation et l’endoctrinement.

Les Témoins de Jéhovah, ce jour-là devant moi, disent comme tous les autres croyants, qu’ils vivent aujourd’hui quelque chose de totalement différent dans leur pratique quotidienne : l’esprit de communauté, les rituels, leurs pratiques et leurs dogmes, leur identité propre… leur spiritualité.

Ils disent ne pas ou ne plus se reconnaître dans l’image négative que porte le mot « religion ».

Intelligemment, leurs institutions religieuses s’en sont détachées. Comme elles ont su se détacher, au fil des siècles : que la Terre n’était pas le centre autour duquel l’Univers tournait ; que leur Dieu n’avait pas créé le monde en 6 jours, mais en 6 périodes de temps indéfinies (comme si un vrai Dieu ne pouvait pas créer quoique ce soit en un milliardième de secondes ?) ; etc.

Est-ce pour autant que le fait de croire en un Dieu n’est plus, pour une communauté religieuse, synonyme : de guerre, d’extrémisme, d’intolérance, d’argent, de scandales sexuels et de manipulation, voire d’endoctrinement ?

La société moderne semble vouloir valoriser l’individualité, pas l’esprit de secte, de grégarité !

Même les pratiquants réguliers, celles et ceux qui vont régulièrement à l’église, au temple, à la mosquée ou à la synagogue, disent vouloir vivre aujourd’hui une relation directe, intime et personnelle, avec leur Dieu.

Ils ne veulent plus être simplement réduits à n’être qu’un « membre d’une secte plus ou moins grande qui a réussi ». Alors ils disent  : « Ma foi est personnelle, et n’est absolument pas une religion. »

Même les croyants les plus engagés, comme ces 2 sympathiques Témoins de Jéhovah devant moi, par une température proche de 0°, refusent catégoriquement le mot « religion » parce :

  • qu’il est devenu négatif, partout dans le monde et sa société moderne des TIC ;
  • que leurs institutions, souvent vieilles d’expériences de plusieurs siècles, encouragent un discours centré désormais sur la relation individuelle avec le divin, plutôt que sur le système religieux ;
  • qu’ils veulent absolument échapper aux caricatures dont les médias ne cessent d’en faire l’écho ;
  • qu’ils cherchent à concilier, disent-ils : modernité et foi.

Mais, les faits sont là, têtus, irréfragables !

Le mot « religion » continuera encore longtemps à évoquer : la guerre (les croisades… et le djihad notamment), l’intolérance, l’extrémisme, l’argent, les scandales divers et variés, sexuels ou pas et l’endoctrinement de fidèles qui ne peuvent plus penser aujourd’hui par eux-mêmes.

L’exemple que je cite en est la preuve !

En effet, si tous les fidèles à une croyance revendiquent, en cœur, que leur foi n’a rien à voir avec la religion, c’est bien que le message est institutionnel, c'est-à-dire émanant de la communication officielle de puissantes organisations ! C’est exactement le cas des religions qui ont su traverser les siècles grâce à de continuelles adaptations au contexte de leur époque.

 

Crédit photo : lien. ("la religion n'existe pas !", texte de l'auteur de cet article)

Mon dernier article : « Trump : l’envoyé de Dieu  »



15 réactions


  • rogal 5 janvier 15:12

    Un peu léger sur l’adhésion aux dogmes.


  • ZenZoe ZenZoe 5 janvier 16:00

    La religion, quand elle est représentée par un clergé ou autre, a surtout servi à manipuler les peuples, à les empêcher de se rebeller contre un ordre établi qui leur était pourtant défavorable (ex : le chistianisme où les pauvres iront au paradis et les riches en enfer ha ha ha !), à leur imposer des guerres contre des peuples qui ne leur avaient rien fait, et à désigner des boucs émissaires quand les choses tournaient au vinaigre. La religion qui ne s’incarne pas dans un clergé en revanche a le vent en poupe, comme les religions orientales. 


    • Fergus Fergus 5 janvier 19:49

      Bonsoir, ZenZoe

      En effet. Les « croyants » dont parle l’auteur ont peut-être besoin de mysticisme, pas d’un appareil religieux qui leur dicte comment vivre leur foi. 


  • mursili mursili 5 janvier 16:09

    C’est peut-être la pratique des rituels et le respect de certaines prescriptions (par exemple le jeun du carême) et du calendrier liturgique qui sont perçus comme trop contraignants ou archaîques dans un environnement social moderne et post-moderne quand le reste de la société ne suit pas.


  • Jean Keim Jean Keim 6 janvier 07:48

    Essayons d’être lucidement logique, si nous adhérons à une religion, ou si nous refusons ce qui nous semble être toutes formes de religions, notre choix dépend de ce que nous pensons, tout part de là ; par exemple je ne me présenterai jamais comme adorateur de l’oignon (si si ça existe) si je n’en ai jamais entendu parlé.

    Donc une religion est avant tout un ensemble d’idées réunies ensemble et constituant une idéologie religieuse ou autre, tout ce fatras constitue un genre de catéchisme, dans lesquels des gens iront piocher de quoi organiser et justifier leur adhésion.

    Ainsi il y aura deux partis, ceux qui adhèrent à une (mon) idéologie et ceux qui n’y adhèrent pas, ce statu quo peut produire des étincelles dont l’énergie sera suffisante pour ‘’enflammer’’ des esprits... mourir pour des mots, pour du vent, quelle stupidité.

    Mais ne perdons pas de vue notre point de départ, qui sera très vite oublié, tout commence par une idée, une pensée en somme, qui réussit à trouver un écho favorable.


  • Étirév 6 janvier 08:00

    En remontant dans le passé pour chercher l’origine de la Religion primitive, nous découvrons qu’elle était basée sur les lois de la Nature, qu’elle était naturelle. Et c’est en cela qu’elle diffère des religions modernes qui, toutes, sont basées sur la violation de la Nature, qui sont surnaturelles.
    « Aimez la Religion : défiez-vous des religions », tel est le premier précepte de l’antique philosophie chinoise.
    L’histoire des religions, c’est l’histoire des luttes de la vérité et de l’erreur, du bien et du mal, de la justice et de l’injustice.
    Il y a entre toutes les orthodoxies de la Terre une somme de dogmes communs qui représentent la Religion naturelle primitive, un résidu des croyances qui ont subi des déviations locales. Mais, comme ces altérations sont différentes chez les différents peuples, ce sont justement elles qui sont les causes de luttes, de guerres, de persécutions ; le fonds primitif disparaît, on ne le discute pas, on ne le comprend plus. Si on le connaissait, on verrait que tous les peuples ont le même fonds commun de croyances. Les doctrines naissent les unes des autres, mais d’abord elles ne sont toutes qu’une seule doctrine.
    Ce sont les diverses formes dissidentes qui, pour les hommes, sont devenues « l’orthodoxie ».
    Nous qui venons à la fin des temps, nous avons sous les yeux la multitude innombrable de débris dont l’histoire est jonchée : débris de livres, débris de monuments, de traditions, de langues, de rites et d’institutions. Notre tâche est d’en comprendre la signification morale et d’en extraire la Science des Religions qui n’a pas été faite jusqu’ici.
    Et c’est cela qui remettra la paix dans le monde, car c’est autour du mot « Religion » que toutes les passions humaines se sont déchaînées. Les discussions, les luttes, les guerres ont, presque toutes, été provoquées par un mot dont, aujourd’hui, on ne comprend plus la signification.
    Lien


    • Wladimir 6 janvier 13:13

      @Étirév
      Faux . A la base de la guerre , il y a la haine . Et la haine trouve toutes sortes de prétextes dont des divergences religieuses .
      Se méfier des religions naturelles , par exemple celle de Gaia . Du matérialisme .
      Ne pas confondre l’univers matériel avec les mondes spirittuels .


    • Jean Keim Jean Keim 7 janvier 07:38

      @Étirév

      La religion primitive est un concept doucereux, la religion est née avec la pensée qui s’est égarée dans des contrées imaginaires dans lesquelles des prêtres ont su se rendre indispensables en tant qu’intermédiaires entre les gens et les dieux ; les dominants ont très vite perçu que la religion leur permettrait d’asseoir leur légitimité en affirmant que les dieux étaient de leur côté... voilà tout est simple à comprendre.


    • Jean Keim Jean Keim 7 janvier 07:50

      @Wladimir

      Il vous manque encore un niveau, celui qui engendre notamment la haine et tout le toutim, la haine ne naît pas de rien, pas plus que le désir, la jalousie, la cupidité, etc., bref l’origine de tout un panel infini de manifestations qui s’appellent le mal.


  • SilentArrow 6 janvier 10:33

    Quand je reçois la visite de témoins de Jéhovah, je leur dis que j’aimerais bien discuter avec eux mais que je n’ai vraiment pas le temps parce que j’ai encore toute une pile de péchés à commettre avant d’aller dormir.


  • Wladimir 6 janvier 13:07

    Une religion , c’est avant tout la soumission à un système ... qui a divers aspects : autorité d’une divinité extérieure , autorité d’une hiérarchie , autorité de certains textes , autorité de certaines interprétations ou encore de dogmes ................

    Par exemple , les TJ ne parlent pas par eux-mêmes , c’est la bible qui les remplace . Plus fort , depuis un certain temps , c’est leur smartphones qui disent la ’vérité’ . 

    Quand je leur parle de l’évangile selon Thomas , il rejette cet évangile car apocryphe . Ce ne sont pas eux qui décident , mais une autorité extérieure . Moi , c’est moi l’autorité qui décide si telle ou telle lecture m’est profitable ou pas . Si j’accepte telle ou telle interprétation . 

    Le salut est par nature individuel et chacun est responsable . Je suis seul à porter ma responsabilité . Eux se reposent sur quelque chose extérieur à eux .


  • Lombre Von Trek Lombre Von Trek 6 janvier 22:05

    Parce que religion a un sens péjoratif et que peu de personne approfondissent réellement le terme ? 

    Parce qu’il y a une confusion entre le « religieux » et le « démoturge » ? 

    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/purifier-la-religion-demoturges-259972

    Je peux ajouter sur agoravox un article encore plus précis, si besoin est. smiley


  • ricoxy ricoxy 7 janvier 10:32

     

    Si les religions réussissent, c’est qu’elles sont les fidèles auxiliaires du pouvoir temporel. Face aux sanctions pénales (police, justice), la menace de l’enfer est plus dissuasive. Une entité invisible est plus redoutable, car inconnue et inconnaissable..

     


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