Puisque Sarkozy ne veut pas d’une primaire à l’UMP, il fallait l’inventer
Une primaire à droite semble maintenant encore inimaginable, pourtant ce qui paraît une fiction à l'heure actuelle ne peut-il pas devenir une réalité ? Surtout que personne ne sait vraiment comment va évoluer le climat ambiant malsain qui règne autour de l'Elysée, digne d'un Watergate à la française. Dans d'autres démocraties, Hortefeux aurait déjà été démissionné et le Président aurait été sommé de s'expliquer devant tous les citoyens. Mais nous sommes en France et la France ce n'est pas une démocratie tout à fait comme les autres. Imaginons donc que d'ici quelques semaines la situation soit encore plus tendue et que l'air vicié par les affaires devienne franchement irrespirable pour la majorité. La pression des élus de L'UMP qui pourraient perdre de nombreux sièges à l'Assemblée Nationale aux législatives de 2012, aurait certainement tendance à s'accentuer, voire à devenir insupportable pour l'exécutif.
La mort dans l'âme Sarkozy serait alors contraint d'organiser une primaire ouverte sur le modèle socialiste où tous les alliés du parti majoritaire pourraient se présenter, mais où par manque de temps pour l'organisation de l'élection ou par calcul, seulement les militants auraient la possibilité de voter.
Peut-on imaginer alors que les ténors de l'UMP comme Juppé, Copé, Fillon, auraient l'audace de se présenter contre un homme avec lequel ils ont partagé les mêmes idées. En fait lorsqu'il s'agit de satisfaire une ambition personnelle ces gens là sont capables de brûler sans états d'âme ce qu'ils ont fait semblant d'adorer dans le passé. Pourtant on ne peut pas exclure que les ambitieux de l'UMP préféreront laisser passer les socialistes en 2012 et attendre 2017 pour tenter leur chance. Qui sait ce que vaudra le bilan du PS dans cinq ans, il n'est pas écrit qu'il sera meilleur. Dans ces conditions se présenter à la candidature pourrait-être plus facile.
Par conséquent, les primaires à droite pourraient se jouer entre un Sarkozy, Borloo, De Villepin et peut-être un Dupont Aignant. Ce qui avouez-le ne manquerait pas de sel voire de piment. Maintenant il faut aussi envisager la possibilité que Nicolas Sarkozy, complètement calciné dans les intentions de vote ne se présente pas. Dans ce cas un Juppé qui a déclaré dans l'émission sur France 2 "Des paroles et des actes" qu'il n'avait pas renoncé à son rêve de présidence, même s'il voulait rester humble, pourrait saisir l'occasion pour s'imposer. Dans l'hypothèse fort improbable où Sarkozy renoncerait, il aurait peut-être, car il faut respecter la présomption d'innocence, l'occasion de s'expliquer plus tôt que prévu devant la justice.
Et puis la droite devrait réfléchir un peu au bon tour qu'elle pourrait jouer aux socialistes en organisant des primaires sans Sarkozy. En changeant complètement la règle du jeu et en plaçant devant le candidat PS un joker inattendu. Obligeant ainsi l'opposition à un changement de stratégie imprévu.
Mais enfin, puisque Sarkozy ne veut pas d'une primaire à l'UMP, il fallait donc l'imaginer.
Et bien sûr toute cette histoire est impossible.


