lundi 20 avril 2020 - par Marc Dugois

Quand des demeurés croient que l’énergie monétaire peut remplacer l’énergie humaine

Etre demeuré ne veut pas dire du tout être un imbécile. C’est rester dans un mythe et refuser la réalité trop dérangeante. C’est être au sens propre mythomane et prendre demeure dans le mythe en y croyant dur comme fer et souvent de bonne foi. Cela fait un demi-siècle que nos dirigeants, quelle que soit leur couleur du moment, jouent avec l’énergie humaine et l’énergie monétaire en manipulant la seconde parce qu’ils sont incapables d’organiser la première. Ils sous-traitent aux entreprises la totalité de leur devoir d’organisation de l’énergie humaine, de celle de leurs compatriotes. Au lieu de simplement se féliciter quand les entreprises allègent leur problème, ils ont l’audace d’appeler chômage leur incompétence en maugréant sur l’inaction des entreprises. Imagine-t-on le chômage dans une famille ou une tribu ? Va-t-on s’y lamenter ou agir ? Pourquoi le chômage existe-t-il quand quelqu’un qui s’est voulu responsable de la collectivité s’appelle un Politique ? Malheureusement sans doute parce que les médias le répute inéluctable et l’université structurel. Malheureusement aussi parce que nous sommes facilement des moutons façonnés par les Politiques, les médias et l’université. Malheureusement encore parce que tout ce beau monde en est resté en 1848 lorsque l’échec des ateliers nationaux est venu de l’addition d’une organisation hâtivement militaire et d’une ignorance de ce qu’il y avait à faire en en arrivant même à couper des arbres pour les replanter, préfigurant Keynes qui faisait creuser des trous pour les reboucher. L’échec des ateliers nationaux est surtout venu de l’incapacité générale à mettre en simple concurrence le public et le privé comme s’il fallait choisir entre capitalisme et socialisme au lieu de les mettre tous deux à l’œuvre sur les mêmes sujets pour comparer leur efficacité. Quand cette concurrence s’est faite entre sociétés nationalisées et sociétés privées, elle s’est limitée malheureusement à de grosses unités qui ont toutes limité leurs buts à la satisfaction des sources d’énergie monétaire. Cela avait pourtant donné un temps Renault et Peugeot, BNP et Rothschild et la concurrence était émulatrice. Mais en s’appelant entre eux droite et gauche et en appelant populistes tous ceux qui ne rentrent pas dans leur moule, le trio Politiques média université est resté dans sa quasi totalité un trio de demeurés qui se décharge à nouveau totalement de son devoir sur le privé.

Si l’on remplace monarchie par capitalisme, république par socialisme, et ateliers nationaux par chômage, le discours de Victor Hugo à l’assemblée en 1848 est saisissant d’actualité :

« Les ateliers nationaux sont (le chômage est) un expédient fatal. Vous avez abâtardi les vigoureux enfants du travail ; vous avez ôté à une partie du peuple le goût du labeur, goût salutaire qui contient la dignité, la fierté, le respect de soi-même et la santé de la conscience. A ceux qui n’avaient connu jusqu’alors que la force généreuse du bras qui travaille, vous avez appris la honteuse puissance de la main tendue ; vous avez déshabitué les épaules de porter le poids glorieux du travail honnête, et vous avez accoutumé les consciences à porter le fardeau humiliant de l’aumône. Nous connaissions déjà le désœuvré de l’opulence, vous avez créé le désœuvré de la misère, cent fois plus dangereux pour lui-même et pour autrui. La monarchie (le capitalisme) avait les oisifs, la République (le socialisme) aura les fainéants. »

En 2020, comme rien ne marchait et pour tenir encore un moment, ils sont tous passés à la vitesse supérieure. Sous prétexte d’un virus dont les Américains et les Chinois se rejettent la paternité et qui fait infiniment moins de morts qu’au moins une dizaine d’épidémies saisonnières depuis la guerre comme le montre le graphique de l'INSEE insuffisamment connu, ils arrêtent volontairement l’usage de l’énergie humaine en reprenant au langage carcéral le mot de confinement, et ils pensent tout compenser en faisant travailler l’énergie monétaire qu’ils pensent savoir créer.

Bruno Le Maire, suffisamment intelligent pour être Normalien, Agrégé de lettres et Enarque, suffisamment honnête pour avoir démissionné de la fonction publique quand il s’est lancé en politique, suffisamment courageux pour avoir affronté Eric Zemmour sans l’insulter, suffisamment rusé pour devenir ministre et suffisamment pragmatique pour le rester, a publiquement démontré qu’il était demeuré au micro d’Europe 1, le jour du jeudi saint. Il a tenu à prendre avec lui l’ensemble du gouvernement avec un nous qui n’était pas de majesté mais un nous de récupération de tous les demeurés de son entourage. Il pense, peut-être à raison, que tous les membres du gouvernement et celui qui les a nommés, sont des demeurés comme lui. Observons que ses mots affirment et justifient deux erreurs fondamentales : une mauvaise analyse du problème et une fausse solution imposée. Une phrase résume parfaitement les deux :

« Contre la crise, nous avons choisi la dette, le seul choix responsable. »

Le problème se résume pour lui à « la crise » sans envisager un seul instant qu’elle vient justement de ce que ses prédécesseurs et lui ont choisi de façon totalement irresponsable la dette comme solution miracle de tous les problèmes. Quelques phrases de son interview éclairent son raisonnement qui est celui que Politiques, médias et université cherchent à nous instiller depuis un demi-siècle

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« Ce que nous faisons, c’est du financement par la dette, c’est un choix responsable et nécessaire qui va éviter une catastrophe sociale et économique à la France mais ça ne peut être qu’un choix provisoire. »

Pour croire éviter la catastrophe et se dire responsable, les deux mots clé sont financer et provisoire. Financer veut dire assurer un paiement et la phrase de Bruno Le Maire dans son ensemble est qu’une assurance provisoire est nécessaire. Mais il n’y a pas d’assurance sans prime d’assurance qui seule, par sa multiplicité, permet sa redistribution partielle à quelques-uns. Nous oublions trop facilement qu’une assurance n’est qu’une redistribution à quelques-uns de l’argent de tous après ponction des répartiteurs. « L’assurance paiera » veut simplement dire qu’en répartissant la charge, elle sera moins pesante, ce qui est une évidence.

Tant que la monnaie était en elle-même une richesse comme l’or ou l’argent, l’investissement était une dépense qui était en même temps prime d’assurance. La dépense était soit perdue soit assurée par tous les autres investissements qui rapportaient ce que l’on appelle un retour sur investissement. Les investisseurs s’assuraient entre eux et la somme des retours sur investissements était égale à la somme des investissements perdus, ce qui n’était qu’un transfert de richesse. Ces transferts étaient limités par la rareté de la monnaie, richesse déjà reconnue que l’on ne dépensait pas facilement.

La déconnexion de la monnaie de toute richesse préalablement reconnue a complètement changé le rapport entre la monnaie et la richesse. Ne sachant plus ce qu’est la monnaie, nous n’allons plus savoir ce qu’est la richesse qui la sous-tend. Ecoutons Bruno Le Maire :

« La dette va atteindre 112% de notre richesse nationale. »

La précision du 112 % permet de comprendre que notre ministre a donné ce jour-là au PIB le nom de richesse nationale. Sa langue a fourché car d’habitude il considère, comme l’ensemble du trio Politiques média université, que le PIB est la création annuelle de richesses à se partager. La réalité est que le PIB est la somme de toutes nos dépenses publiques et privées sur un an. La dette va donc atteindre 112 % de ce que nous dépensons déjà chaque année. Cela ne gêne pas notre trio qui a déjà encensé le traité de Maastricht, accepté par l’émotivité des Français par 49 % des votants contre 47 % qui l’ont refusé. Ce traité aberrant précise que l’on peut dépenser chaque année 3 % de plus que ce que l’on a déjà dépensé l’année d’avant, ces 3 % étant arrivés sur un bout de table lors d’un « orage de cerveaux » de l’équipe de Mitterrand. Ce même traité permet très curieusement d’emprunter jusqu’à 60% de ce que l’on dépense chaque année. IImagine-t-on une famille s’organiser sur de telles stupidités ? Aujourd’hui dans l’Union européenne, dépenser toujours davantage c’est faire davantage de PIB, donc pouvoir dépenser encore davantage et emprunter toujours davantage pour y arriver. Inutile de dire que la limite de 60 % est mathématiquement impossible à tenir et qu’avant covid 19 nous étions déjà à 100 % et que nous allons être à 112 %. Faire croire que le PIB est une création de richesses permet de tenir un moment mais nécessité l’arrivée de l’autre mot clé, le mot magique provisoire. Ecoutons Bruno Le Maire :

« Nous devons dès que possible et dès que l’économie va redémarrer, réduire cette dette. »

On arrive à sa solution. C’est l’économie qui va redémarrer comme n’importe quelle créature ; elle va créer des richesses qui nous serviront à rembourser et faire enfin baisser la dette qui ne s’est jamais arrêtée de monter en dépit de sa pseudo-limite à 60 % du PIB. C’est là où les Politiques ont besoin des médias et de l’université pour faire croire au peuple qu’on s’enrichit en dépensant, que l’argent peut tout mais qu’il n’est pas une énergie, qu’en s’approchant du précipice il est à la fois urgent et intelligent de faire un grand pas en avant. Pour ce faire le trio va intervenirsoutenirinvestir, toujours avec la fausse énergie monétaire créée par les banques. Ecoutons monsieur le ministre :

« Intervenir et soutenir Air France. Faire en sorte que ce qui est un fleuron industriel français et un symbole aussi, une compagnie aérienne que tout le monde connaît, puisse être soutenue en temps voulu et se redresser rapidement. »

Air France est aussi à ses yeux une créature qui va se redresser. C’est le redémarrage de l’économie qui va permettre à Air France de se redresser.

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« Investir parce que le grand risque est que l’entreprise n’investisse pas suffisamment à la sortie de la crise. »

Tout est dans l’utilisation de l’énergie monétaire et jamais en utilisant l’énergie humaine que ces ânes bâtés d’entreprises ne savent pas utiliser d’après Bruno Le Maire en n’utilisant pas assez l’énergie monétaire. Anes bâtés est à prendre au sens propre car comme les entreprises sont les seules à avancer, le trio les a chargées d’un bât de plus en plus lourd pour pouvoir continuer à exister sans se remettre en question. Les entreprises, en devant leur donner une partie d’un bénéfice qui n’est jamais que récupération partielle de la richesse du client, plient sous le poids du trio qui veille à ce que les banques soient remboursées avec intérêt de l’argent qu’elles ont fabriqué d’un clic pour le prêter.

La vision est claire : relancer l’économie par la dette puis, grâce à la richesse produite, rembourser progressivement la dette. Relancer l’économie, créer des richesses, rembourser les dettes est le trépied de la mythomanie actuelle où l’on utilise trois verbes actifs, relancer, créer et rembourser, verbes que l’on résume par les deux verbes emprunter et investir, les deux mamelles de la mythomanie.

Il faut comprendre que ce fantasme est né au départ d’une observation parfaitement juste des grandes foires champenoises du XIIIe siècle dont l’activité traduisait réellement la prospérité de la province. Le troc des fruits de l’énergie humaine, en utilisant pour simplifier les échanges, la richesse unanimement reconnue qu’est l’or, montrait par la simple existence de cet échange que les fruits de l’énergie humaine étaient adaptés aux besoins. Compter l’or échangé, c’était à l’époque chiffrer l’utilité de la dépense d’énergie humaine, c’était le PIB que le trio voudrait nous faire croire avoir été inventé au XXe siècle.

Mais en fabriquant des monnaies qui n’ont plus rien à voir avec des richesses préalablement reconnues et en leur faisant remplacer l’or, le négoce n’est plus du tout signe de prospérité. Il n’est plus que fuite en avant. Le négoce est devenu un échange aberrant entre d’un côté, des marchandises de surproduction de machines payées très cher avec de la fausse monnaie, et de l’autre, une fausse monnaie qui vient faire croire que la surproduction est une production de richesses. La fausse énergie monétaire s’échange avec elle-même en étant en plus utilisée à calmer l’inaction de l’énergie humaine. Donc la dette monte inéluctablement et indéfiniment, ne pouvant jamais être remboursée puisqu’elle ne pourrait l’être que par l’énergie humaine que le trio confine ou néglige.

Bernanos écrivait en 1936 « L’homme de ce temps a le cœur dur et la tripe sensible ». Près d’un siècle plus tard tout cela a demeuré et l’homme de ce temps a simplement rajouté deux choses : il a rajouté à l’homme « et la femme » pour satisfaire Marlène et il a rajouté « le cerveau délavé » au cœur dur et à la tripe sensible pour en arriver à confier notre avenir à des demeurés.

Le seul espoir c’est que le trio est demeuré en 1848 et qu’il s’est passé des choses cette année-là.



14 réactions


  • rugueux 20 avril 2020 13:27

    Papy cabanon radote sur l’énergie électrique des pommes de terre et les dangers du becquerel, Marco, lui, il dégoise sur l’énergie de la monnaie....à longueur de nartics sur AV....On en viendrait à regretter momo....

    La seule énergie que l’on peut tirer de la monnaie papier c’est environ 6kWh/kilo...comme le bois de chauffe.


    • Marc Dugois Marc Dugois 20 avril 2020 13:34

      @rugueux

      C’est avec du bois de chauffe que vous vous nourrisséz et que vous obtenez votre billet d’avion pour New York quand Philippe vous autorise à sortir ?


    • rugueux 20 avril 2020 18:02

      @Marco

      Je paye généralement en bitcoin....ESt-ce assez pour vous ?


    • Marc Dugois Marc Dugois 20 avril 2020 18:30

      @rugueux

      N’est-il pas possible d’être sérieux 5 minutes ? Le bitcoin est une monnaie même si elle ne vaudra un jour plus rien.

      Ce qui m’intéresse c’est de comprendre comment des gens sérieux peuvent dire à la fois : la monnaie n’est pas une énergie, on la fabrique facilement et elle peut tout faire.

      Comme c’est le trépied de la folie actuelle, j’aimerais comprendre comment on peut défendre ce trépied sans rentrer dans la défense si classique actuellement qu’est la dérision par absence d’arguments.


    • sylvain sylvain 21 avril 2020 12:14

      @Marc Dugois
      on ne peut pas dire que la monnaie soit une énergie en soit . Elle est le mécanisme psychologique qui permet de diriger l’énergie humaine


    • Marc Dugois Marc Dugois 21 avril 2020 13:34

      @sylvain

      La monnaie n’est pas un mécanisme psychologique. Elle est un titre de créance sur n’importe quel membre du groupe qui l’utilise.

      Et c’est depuis que ce titre de créance n’est plus causé et que les banques prêtent avec intérêt son ersatz qu’elle fabrique, qu’aucun problème n’est affronté puisqu’ils sont tous reportés par cette lâcheté collective.


    • sylvain sylvain 21 avril 2020 13:58

      @Marc Dugois
      mais qu’est ce qu’un titre de créance ?? Ce que je veux dire par méchanisme psychologique ( j’aurais du écrire support psychologique ), c’est que l’argent ou une créance ( c’est effectivement la même chose) n’a pas d’existence physique au même titre qu’un ressort comprimé par exemple . Sa seule existence physique est un support (billet, compte, chèque ...) destiné à rappeller et comptabiliser la dette ou la créance, qui est elle même une idée, un concept .


    • Marc Dugois Marc Dugois 21 avril 2020 16:50

      @sylvain

      C’est tout le problème. Cela ne doit pas être une simple idée. C’est très concret.

      Un billet de banque c’est un titre de créance, c’est-à-dire une reconnaissance de dette par tous les membres du groupe qui utilise ce billet. Avec un billet, je l’échange avec n’importe qui contre un bien ou un service. La personne avec qui j’aurai échangé aura à son tour cette créance sur n’importe qui d’autre dont moi éventuellement.

      Mais ce qui est important, c’est de comprendre ensuite pourquoi un billet est une reconnaissance de dette. Quelle est cette dette que tout le monde reconnait ? C’est parce que nous sommes encore dans le souvenir d’une monnaie qui à l’époque n’était créée qu’après le constat d’une nouvelle richesse aux yeux du groupe comme l’or. La monnaie état une vraie richesse car elle était aussi rare que la richesse qu’avait produit préalablement l’ensemble du peuple et qui justifiait la création postérieure de cette monnaie.

      Depuis un demi siècle on fabrique de l’argent dont l’équivalent n’est plus des richesses constatées (et l’on sait bien que la richesse n’est qu’un regard) mais des richesses futures espérées, ce qui ouvre la voie à tous les fantasmes actuels.


    • sylvain sylvain 22 avril 2020 13:21

      @Marc Dugois
      je suis d’accord avec votre vision de ce qu’est la monnaie . Cependant je ne suis pas bien sur que le fait de lier la monnaie à l’or lui garantit qu’elle représente une richesse . L’or, en soit, n’a pas beaucoup plus d’utilité que la monnaie ( un peu dans les microprocesseurs, mais bon..)
      L’or a toute les caractéristiques d’une monnaie : il est en soit inutile, rare, infalsifiable et tout le monde sait qu’il est précieux . La seule chose qu’il a et que n’a pas la monnaie et qu’il est naturellement rare, et par conséquent la quantité disponible est indépendante des politiques et autres financiers . Cela lui assure une forme de rareté, quoi qu’en changeant les règles qui lient l’or à la quantité de monnaie, on puisse fabriquer n’importe quelle quantité de monnaie à partir de n’importe quel stock d’or .
      Une bonne monnaie doit être liée à la richesse réelle crée . En soit, l’or remplit bien mal cette fonction . Elle n’est que très peu corrélée à la production de nouvelles technologies, ou de nourriture, ou d’objets manufacturés quelconques


    • Marc Dugois Marc Dugois 22 avril 2020 13:35

      @sylvain

      Vous avez pour moi entièrement raison quand vous écrivez « Une bonne monnaie doit être liée à la richesse réelle crée ». Il faut simplement rajouter que la richesse réelle créée doit être antérieure à la création de monnaie. C’est ce qui fait l’intérêt de l’or qui reconnait par son abandon que la marchandise ou le service qu’il fait obtenir était une vraie richesse.

      Il est vrai que la rareté de l’or est une raison nécessaire pour qu’il soit une vraie monnaie. Les deux exemples de surabondance de l’or ont bien montré que cela effondrait au contraire les économies. Ce fut d’abord le pélerinage à La Mecque de Mansa Moussa en 1324 et ensuite l’accumulation d’or venant des Amériques en Espagne et au Portugal qui a fait le désastre de ces deux pays.


    • sylvain sylvain 22 avril 2020 13:51

      @Marc Dugois
      c’est un peu hors sujet, mais connaissez vous la théorie relative de la monnaie et sa proposition de monnaie ( ici )
      Bon c’est un peu long à lire mais vous semblez intéressé et compétent . Elle est a mon avis très intéressante, notamment parce que c’est la première fois que je vois une construction rigoureuse de la monnaie et de la création monétaire avec des bases claires et sociales


  • sylvain sylvain 20 avril 2020 14:03

    "Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors le visage pâle s’apercevra que l’argent ne se mange pas.

    "

    disait sitting bull y’a un bail déja .

    Ce n’est pas tout à fait la même chose que ce que vous dites, mais c’est pas si loin . Je suis moi même fasciné, ou attéré par le nombre croissant de gens qui pensent que si il y a de l’argent il y a de la richesse . J’ai discuté il y a peu avec un type qui essayait de me vendre une cryptomonnaie quelconque . Il était vraiment persuadé qu’avec ça tout le monde pouvait devenir riche sans pour ainsi dire rien faire . J’ai creusé un peu et ce n’était pas que pour la vendre, il en était vraiment persuadé de ça : sans rien produire d’utile, on peut tous devenir riches .

    En même temps, au vu de la vie quotidienne de presque tout le monde, on peut comprendre que cette affirmation puisse paraitre vrai : vous n’avez pas à produire de choses utiles pour pouvoir vous les procurer, il faut juste de l’argent . On constate même assez facilement que ceux qui produisent les choses les plus utiles sont ceux qui ont le moins d’argent, et qui peuvent donc le moins facilement se les procurer . On pourrait quasiment en tirer une règle de ( nos) société : si vous voulez profiter de la richesse, ne la créez pas

    Mais ces biais existaient déja avec l’étalon or et même avant . Dire on a beaucoup d’or donc on est riche est quasi aussi abstrait que de dire on a beaucoup d’argent donc on est riches


    • Marc Dugois Marc Dugois 4 juin 2020 11:19

      @sylvain

      Je voulais vous remercier car vous m’avez donné l’image d’un ressort compressé qui est pour moi très exactement ce qu’est un billet de banque, ou plutôt ce qu’il devrait être puisque la fausse monnaie légale ne véhicule aucun ressort compressé.


  • Claude Simon Claude Simon 21 avril 2020 10:06

    Une bonne grève générale le 11 mai, et l’âne pourra avaler son foin.


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