samedi 26 septembre - par Jean-Luc ROBERT

Quand les frontières existent pour les autres : la préférence nationale existe partout sauf en France

Rendez-vous donc dans certains pays du Maghreb et essayez d’expliquer que, puisque vous êtes étranger, vous devriez bénéficier des mêmes priorités qu’un citoyen du pays en matière de logement, d’aides ou de prestations. Vous risquez de découvrir une chose assez surprenante : dans beaucoup de sociétés, il paraît parfaitement naturel que l’État commence par protéger les siens.

La frontière n’est pas seulement une ligne tracée sur une carte. Elle traduit aussi une appartenance. Elle signifie que l’État a des devoirs particuliers envers ses citoyens.

Et cela, beaucoup de pays l’ont parfaitement compris.

Ces sociétés peuvent être conservatrices, nationalistes, parfois très attachées à la religion et à leurs traditions. On peut ne pas partager leurs choix de société. Mais au moins, elles assument généralement l’idée qu’une nation a le droit de défendre ses intérêts et de préserver son identité.

En France, nous avons parfois développé une curieuse conception de l’universalisme : nous voudrions être le seul pays à considérer que défendre ses propres citoyens serait presque une faute morale.

Il faudrait accueillir, aider, indemniser, loger, accompagner… et surtout ne jamais demander qui doit être prioritaire.

Je trouve cette logique profondément préoccupante.

Car aimer son pays ne signifie pas détester les étrangers. Défendre les Français ne signifie pas mépriser ceux qui viennent d’ailleurs. Et considérer que l’État doit avoir une responsabilité particulière envers ses propres citoyens n’a rien d’extrémiste : c’est précisément la raison pour laquelle un État existe.

L’Angleterre a, elle aussi, connu ces dernières années une montée de la colère populaire autour de l’immigration, de l’intégration et du contrôle des frontières. Cela devrait au moins nous conduire à réfléchir plutôt qu’à traiter systématiquement de xénophobe celui qui pose ces questions.

Car une société peut accueillir. Elle peut être généreuse. Elle peut même être fière de sa tradition d’accueil. Mais elle doit aussi être capable de dire jusqu’où elle peut aller et quelles sont ses priorités.

Sinon, à force de vouloir effacer les frontières dans les esprits, on finit par créer une situation paradoxale : les frontières existent encore pour les autres, mais nous nous interdisons presque d’en parler chez nous.

Alors je pose simplement la question : combien de temps les Français accepteront-ils cette contradiction ?

Et surtout, que se passera-t-il lorsque la population estimera que la coupe est pleine ?

Il serait peut-être temps de répondre à cette question avant que la colère ne fournisse elle-même la réponse.

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2 réactions


  • jakem jakem 26 septembre 14:54

    Lu et approuvé !

    Régis Debay : Éloge des frontières , 4e de couverture : 

    « En France, tout ce qui pèse et qui compte se veut et se dit « sans frontières ». Et si le sans-frontiérisme était un leurre, une fuite, une lâcheté ? Partout sur la mappemonde, et contre toute attente, se creusent ou renaissent de nouvelles et d’antiques frontières. Telle est la réalité. En bon Européen, je choisis de célébrer ce que d’autres déplorent : la frontière comme vaccin contre l’épidémie des murs, remède à l’indifférence et sauvegarde du vivant. D’où ce Manifeste à rebrousse-poil, qui étonne et détonne, mais qui, déchiffrant notre passé, ose faire face à l’avenir. »


  • Com une outre 26 septembre 15:51

    Quand les gens ont voté pour des européistes comme Macron, ils ont choisi la dissolution de la France dans l’UE. Il n’est plus question de frontières nationales, mais de celles de l’Europe. La plupart des personnes votent sans lire les programmes des candidats, comme si elles jouaient au loto. A chacun de prendre ses responsabilités, et ceux qui ont voté Macron en porte une très lourde.


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